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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 13:14

Vous connaissez tous le fameux adage : "Avant, j'avais des principes. Maintenant j'ai des enfants".

Ca illustre bien le changement de point de vue qui s'opère à la naissance du 1er enfant. C'est vrai qu'on voit les choses différemment, c'est vrai que les priorités ne sont plus ce que l'on pensait qu'elles seraient, c'est vrai que certains anciens "principes" nous paraissent à présent dérisoires, d'autres sont venus les remplacer et pour certains, on hésite encore sur la façon de procéder...

En ce moment, je suis fatiguée. Je suis déboussolée, je doute. Je suis aussi à fleur de peau, je manque un peu de patience. Les larmes ne sont jamais loin, quelle que soit le type de contrariété (rater un train ou me sentir dépassée par l'énergie de mon fils). Je suis à la fois dans le présent et beaucoup dans l'avenir proche (naissance prochaine). Je passe mon temps à stresser (jusqu'en rêves) parce que les vêtements de la petite squaw ne sont pas propres et que je crains d'accoucher tôt et qu'elle n'ait rien à se mettre.

A côté de ça, je me prends des remarques de ma mère sur ma façon d'élever mon fils - renforcées par sa frustration de ne pas l'avoir vu depuis un moment -, je lis toujours pas mal et me questionne d'autant plus. Je finis par me demander si le plus simple, à un moment donné, ça n'est pas de fermer ses yeux et ses oreilles à tout et d'avancer droit devant, comme on le sent. A trop se questionner, ne s'y perd-on pas un peu ? En cohérence et en spontanéité ?

Et en même temps, je sais que non, ça n'est pas la bonne solution. Pas celle qui me convient quand je suis en état de tout gérer en tous cas.

Par exemple, j'avais toujours dit que ça n'était pas aux enfants de choisir, sûrement pas avant plusieurs années en tous cas, aussi bien choisir ce qu'ils vont porter que ce qu'ils vont manger. Ce n'est pas leur rendre service que de les mettre très jeunes face à trop de choix : ils ne sont pas en mesure de savoir ce qui va constituer un repas équilibré et en plus, trop de choix peut s'avérer source d'angoisse. Pourtant, j'ai très vite adopté, histoire que mon fils mange quelque chose au final - donc par facilité peut-on dire -, l'habitude de lui proposer entre fromage et yaourt, entre tel et tel fruit en voyant qu'il refusait le premier, etc [sauf certains jours où ça me fatigue, je me montre plus inflexible et ne propose pas de choix mais il finit par manger tel truc sur mes genoux parce qu'il ne veut pas le manger dans sa chaise ]. Je ne veux pas que mon fils sorte de table le ventre vide, je ne veux pas qu'il se braque face à la nourriture parce que je lui aurai imposé un truc (finis ton assiette de pâtes sinon tu n'auras rien d'autre), je ne veux pas que les repas deviennent des rapports de force. Oui mais je ne suis pas non plus persuadée que ma façon de faire lui rende service sur le long terme. Je suis perdue quoi.

Autre exemple : j'ai envie de répondre à ses demandes, à ses désirs, de satisfaire sa curiosité dans tous les domaines. Je me dis que je lui rends service et que je l'encourage dans son désir de découverte en le faisant participer à toutes les choses du quotidien (jusqu'à appuyer sur le bouton de la machine à café, ranger tel ou tel truc dans la cuisine, laisser des choses en libre accès pour qu'il soit autonome). Pourtant, quand il est à table et que son père va allumer la cafetière, je veux qu'il comprenne que cette fois-ci, il est à table donc il ne peut pas aller appuyer sur le bouton et suivre les préparatifs, parce que ça n'est pas le moment - même s'il en a très envie. S'en suit un grand moment de frustration, des yeux plein de larmes... et je me demande alors : "suis-je cohérente ?", "est-ce temporaire, acceptera-t-il mieux ces contraintes passé le Terrible Two, peut-il compendre ces différences un coup oui / un coup non, selon le contexte ?".

Ai-je raison de négocier pour tout : pour changer la couche, pour aller se laver les mains, pour ci ou pour ça (histoire que les choses soient faites mais sans pleurs, quitte à différer légèrement, à accepter de lire une histoire avant ou de faire telle autre chose) ?! Ai-je raison de lui proposer d'emmener un livre pour qu'il accepte de s'allonger sur la table à langer, ai-je raison de le laisser s'essuyer un peu lui-même avec la lingette pour qu'il accepte que je lui nettoie les fesses ? Dans quelle mesure dois-je lui "imposer" des choses ? J'oscille entre la "mise de cadres", le fait de lui faire comprendre qu'il y a des impératifs dans la vie, qu'on ne fait pas toujours ce que l'on veut, et le fait de ne pas lui imposer des choses sous prétexte que je suis plus "forte" que lui (je ne veux pas qu'il croit qu'on résoud les situations par la force), l'envie de lui faire faire les choses par goût, par persuasion (mais c'est pas forcément idéal non plus selon Thomas Gordon !! ah les bouquins...).

Sans parler de l'endormissement... Je le connais, je sais que je fais ce qu'il faut pour qu'il apprenne à s'endormir serein mais il est loin de savoir s'endormir seul. Si j'en crois tous les livres sur le sommeil, à son âge, c'est limite pathologique !! Pourtant, je sais que je ne suis pas le seul parent à procéder ainsi, à accompagner son enfant de la sorte, je sais que d'autres ont fini par obtenir des résultats de cette façon, tout en douceur et en accompgnement. Je mise aussi beaucoup sur le passage au lit de grand, passage imminent.

Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdue (comme dit la chanson).

 

Bref, ça tombe bien. J'avais commandé ce livre il y a quelques temps :

 

livre-poser-des-limites.jpg

 

Je crois que c'est le moment de l'attaquer sérieusement... en attendant que mes nerfs et mes hormones se calment, que je retrouve confiance en mes choix - en NOS choix, car heureusement, Mr Sioux et moi sommes sur la même longueur d'onde pour tout ça - et en notre façon de faire, que je puisse à nouveau répondre sereinement aux remarques et critiques (même si je suis de plus en plus persuadée que ça ne sert à rien, chacun restant toujours sur ses positions au final).

***

J'ai écrit ce billet hier et là, au moment de le publier, je viens de vivre un vrai calvaire de repas avec mon fils - le truc un peu récurrent en fait. Alors c'est quoi la technique pour gérer les repas spécial Terrible Two : on le laisse manger juste du fromage, refuser tout ce qu'il y a avant (sauf si c'est du jambon ou de la viande bien sûr !), refuser les légumes et on essaie de le vivre de façon super détendue, parce qu'il paraît que ça va passer, et sans craindre de passer pour un parent démissionnaire auprès des gens chiants qui veulent absolument vous dire de "cadrer votrre enfant" ?!!!

Je craque là, si vous saviez... On en est à 2 coupelles cassées depuis ce matin, le plaisir de faire tous les trucs idiots possibles à table. Je vais quand même pas passer la semaine de vacances de la nounou à alterner les cris et les pleurs parce que j'ai les nerfs qui lâchent ?! Sans parler de mon ventre qui tire encore plus, de mon envie de solitude et de silence.

Bref, je m'arrête là, ça sert à rien d'en tartiner encore des tonnes.

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Published by Madame Sioux - dans Mme Sioux se raconte
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commentaires

Eve petite souris 18/06/2012 10:44


Concernant ta mère, rien d'étonnant à ce qu'elle ne comprenne pas... pour ma part j'explique parfois à mes parents l'intérêt de certaines choses pour l'enfant ou pour nous mais pas tout le temps
sinon ça prend la tête!


Après nous sommes les parents donc nous n'avons pas à nous justifier en permanence...


Pour ce qui est des repas je ne pense pas que donner à l'enfant uniquement ce qu'il veut bien manger est bénéfique (tu vois de quoi je veux parler!). Souvent la Miss a des légumes, un féculent
dans l'assiette... si elle ne mange pas l'un ou l'autre, tant pis elle n'a pas autre chose à la place. Idem si le choix du dessert (souvent choix entre fruit ou crème au chocolat) ne lui convient
pas. Si elle avait vraiment faim, elle mangerait...


On en parle si tu veux! Bisous

Madame Sioux 19/06/2012 23:12



C'est ce que je disais à ma mère : que j'en avais marre de devoir sans cesse justifier mes choix auprès de tout le monde, depuis que je suis mère ! Et elle de me sortir "mais peut-être que c'est
toi qui as cette impression. Moi, je n'attends pas que tu te justifies, je veux juste pouvoir discuter, échanger, bla blab la". Ouais bin moi, desfois, j'ai pas envie d'échanger là-dessus, point
!!!! C'est vrai quoi ! En plus, je vois mal comment on peut discuter sans virer dans la justification en expliquant pourquoi on a choisi de faire ceci ou cela, etc.


Pour les repas, c'est aussi la position que l'on est en train d'adopter. Tu ne veux pas ce qu'il y a dans ton assiette ? Et bien tu attends la suite pendant que nous, on le mange. Evidemment, il
râle mais bon... ça devrait être constructif à long terme !


Oui, on en reparlera à l'occasion ! (vu que demain, je pars 5 jours chez mes parents, héhé )



WandaP 17/06/2012 19:38


Un dernier mot (je te lâche plus héhé): je crois qu'il faut faire confiance  nos enfants, aussi :) Sinon, courage et pas courrage et précisément et pas préciee,t  chais pas quoi!!

WandaP 17/06/2012 19:36


Bonsoir Madame SIoux,


je suis ton blog depuis un moment et partage beaucoup de tes valeurs et questionnements, aujourd'hui je sors de l'ombre car j'ai vécu ce que tu vis il y a pas si longtemps: mon aîné avait 22 mois
quand son frère est né il y a 3 mois! Et je me souviens très bien de cette fin de grossesse, qu'est-ce que j'étais mal... Je crois qu'au fond de moi la peur de trahir mon fils, de ne plus pouvoir
avoir une relation spontanée avec lui suite à la naissance  du 2ème était pour beaucoup dans ce mal-être. C'est une épreuve physique et psycholgique une fin de grossesse avec un bébé ex
utero trèèèèès pénible à gérer en sus! Au  final, j'ai beauuuucoup pleuré après lanaissance de mon deuxième, mais tout est très vite rentré dans l'ordre, parce que préciséene,t je respecte
mon fils et qu'il me le rend bien ;) Courrage!

Madame Sioux 17/06/2012 23:19



Enchantée WandaP !


Merci pour ce retour d'expérience dans une situation très similaire à celle qui m'attend. Je crois effectivement que parfois, l'attitude de mon fils doit être liée à l'angoisse de sentir cette
naissance arriver et moi qui ne suis pas toujours au top de ma forme pour avoir la patience et le recul nécessaire (sans parler de la forme physique).


Consciemment, je ne me sens pas coupable mais c'est certain que je me pose beaucoup de questions sur la gestion de 2 bébés, comment n'en frustrer aucun et surtout, mon fils étant très accro à sa
mère en ce moment, j'angoisse qu'il se sente bientôt délaissé lorsque je devrais m'occuper de sa soeur.


Voilà, disons que si je devais avoir une crainte pour cette nouvelle naissance, c'est celle là. Cela dit, j'essaie de ne pas trop y penser et je me dis qu'on peut toujours avoir de bonnes
surprises : une adorable petite fille qui dormirait pas mal (me laissant le temps de me reposer et de m'occuper de son frère) et un petit gars compréhensif, qui prendrait plaisir à découvrir sa
soeur et à m'aider pour les soins. Faut rester positive, hein ?


(en tous cas, la date approche : bientôt le retour de vécu !!)



sophie 14/06/2012 10:37


J'ai l'impression que le côté "gagnant-gagnant" est perçu par la génération de nos mères comme "tu fais un effort=je te récompense" genre "tu fais pipi dans le pot je te donne un bonbon" alors
que ça n'a rien à voir. Laisser son enfant prendre un jouet pour être changé, ce n'est pas le récompenser, c'est juste trouver un accord entre les 2 "je fais une concession, et de ton côté tu en
fais une aussi" et tant que ce n'est pas dangereux, nocif pour sa santé ni trop salissant, ou contrevenant à une règle de la maison (on ne dîne pas toute nue, ou on ne regarde pas la télé le
matin des jours d'école...), pourquoi dirait-on "NON" ? Pour le plaisir de montrer qu'on est les + forts ? Forcement on a 30 ans (enfin + ou - ;)) de plus ...Qu'on a de bons petits soldats à la
maison ? Le pouvoir et l'autorité ça ne me fait pas triper du tout et je préfère règler les soucis mineurs en rusant et user de mon autorité souveraine pour les vrais problèmes ;). Parce qu'au
fond c'est juste savoir cibler ses priorités, l'important c'est mon enfant mange/aille au bain/soit changé ... ou qu'il m'obéisse au doigt et à l'oeil ?


 

Madame Sioux 14/06/2012 11:49



Tout à fait. En fait, même le fait d'accepter de faire une concession pour que l'enfant fasse ce qu'on lui demande de bon gré, c'est vu par l'ancienne génération comme donnant déjà une trop
grande marge de manoeuvre à l'enfant. Alors que comme tu dis, je préfère aussi exercer mon autorité "bête et méchante" pour les situations à risque genre : tu me donnes la main pour traverser la
route -> je peux t'expliquer pourquoi mais ça n'est nullement négociable parce que là, il y a un vrai danger en face que toi, enfant, n'est peut-être pas en mesure de comprendre à ton âge mais
moi, adulte, je sais que c'est bien pour toi.


Et c'est vrai que parfois, j'aimerais que mon fils m' "obéisse" davantage ou sans avoir à négocier et en même temps, pour moi, docilité est contraire à esprit autonome alors je ne veux pas non
plus qu'il soit absolument "sage" et obéissant.


Mais y'a des jours, j'ai vraiment pas envie d'expliquer tout ça à ma mère !!! ça sonne comme une justification de ce que je fais et ça me fatigue !!



Mamandarine 14/06/2012 09:20


Moi aussi je me me remets en questions par période et j'ai commencé à lire des livres sur l'éducation, les limites, l'autorité. Notre fils a commencé à se déplacer vers 8/9 mois et il touchait à
tout, voulait tout découvrir. Je me suis interrogée à ce moment là sur quoi lui permettre, quoi lui interdire, que pouvait-il comprendre si petit. Puis rebelote vers 12 mois. Il commençait à
faire des petites crises et je me suis aperçue qu'il comprenait plus de choses. C'est à ce moment là que j'ai lu le livre de Catherine Dumonteil-Kremer. Si tu veux voir mon avis sur le bouquin,
c'est ici: http://littlefripouilles.com/blog/poser-des-limites-a-son-enfant-et-le-respecter/


Là, ça va mieux. On attend les terrible two ;-) J'ai vu chez mon frère et chez ma voisine ce que ça peut donner. Pas facile effectivement. En tout cas j'aime bien lire les conseils pour savoir ce
qui nous attend.

Madame Sioux 17/06/2012 23:25



Bonjour et merci pour le lien. J'ai beaucoup aimé ton compte-rendu (j'irai commenter ton article d'ailleurs), il est critique.


Je pense que chez nous, il doit y avoir un mélange de Terrible Two et d'angoisse par rapport à la naissance à venir, toute proche maintenant. Pas facile de tout démêler et surtout de garder du
recul quand soi-même, on se sent très fatiguée, voire un peu coupable à l'avance du temps en moins qu'on aura pour l'aîné... Mais on s'accroche, on reprend confiance. On va y arriver !!



Une Indienne Dans La Plaine

  • : Madame Sioux
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  • : J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
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