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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 19:10

Ca y est, nous l’avons fait. Je considère que nous avons à présent vécu notre baptême du feu de parents sérieusement inquiets pour leur enfant. Pas inquiet pour sa vie, mais presque.

Jusqu'à ce jour, nous avions connu le spectre de la mort subite du nourrisson, la peur de la chute de la table, la crainte de la noyade dans le bain. A présent, j’ai vécu la terreur de ne jamais retrouver mon bébé tel qu’il est né, tel que je l’ai toujours connu et tel que je l'aime.

sticker-elephant-vert---piknic.jpg


Dimanche soir, retour de week-end, arrivée à la maison à 19h. Coucher de Pti Tonique à 21h, sans problème particulier.

0h20 : réveillés par les pleurs de Pti Tonique, nous constatons une grosse poussée de fièvre (39.8°C). La nuit se passe entre température en montagnes russes, tentatives de sommeil pour bébé et pour nous. Malgré tout, son comportement ne semble pas modifié donc nous restons relativement sereins, nous observons et prévoyons de l'emmener chez le médecin à la première heure de ce lundi matin. Après tout, Pti Tonique est en train de s'aggriper à notre tête de lit pour se hisser en position debout en chouinant : quoi de plus normal, le connaissant ?

Doliprane. Déshabillage. Bébé-bouillotte en couche.

A 5h30, nous le laissons jouer un peu entre nous dans le lit. Je laisse d’ailleurs Papa Sioux s’en occuper, essayant de grapiller l’heure de sommeil qu’il me reste encore potentiellement avant le réveil et le boulot.

C’est alors que Papa Sioux m’annonce que Pti Tonique est à 4 pattes, sans réaction, en train de le fixer les yeux écarquillés. Je prends bébé dans mes bras et constate son absence de réaction aux stimuli. Je lui parle et il regarde fixement dans le vide. Je le repose sur le lit. Il se positionne sur le côté, se cambre, ses membres sont raides et immobile, il regarde en l’air à gauche, comme s’il se dévissait le cou pour apercevoir quelque chose. Je ne comprends pas tout de suite ce qu’il se passe. Papa Sioux est au téléphone avec son père, pédiatre, qui nous apprend (je crois, je ne me souviens plus très bien) qu’il s’agit là d’une convulsion, que nous devons éviter de le stimuler le temps que la convulsion passe.

Aussitôt que le mot est dit, une anecdote me revient en mémoire.

Depuis la naissance de Pti Tonique, ma mère s’étonne que le pédiatre ne nous ait pas prescrit de Valium en gouttes à donner à notre bébé en cas de forte fièvre, comme c’était le cas à son époque, en prévention des convulsions que la fièvre peut intraîner et qui peuvent avoir de graves conséquences. Elle en veut pour preuve la sœur d’une petite copine d’école de ma sœur à l’époque, restée handicapée à vie des suites de convulsions nocturnes que les parents n’avaient pas entendues.

(en quoi le Valium leur aurait-il servi puisqu’ils ne se sont pas aperçus des convulsions ? je l’ignore, peut-être effectivement en prévention si les parents avaient détecté la fièvre avant la nuit, mais je ne connais pas toute l’histoire)

 

Alors je regarde mon bébé figé qui ne réagit pas quand je l’appelle et tout de suite, cette crainte m’étreint. Ca n’est pas possible. Ca ne peut pas nous arriver à nous.

Faîtes que ce soit bénin.

Il ne peut, il ne DOIT rien arriver à ce petit bout. C'est MON bébé. Un bébé si vivant et si parfait.

Je veux le connaître encore et le voir grandir tel qu’il est et a toujours été depuis sa naissance. Je ne veux pas qu’il en soit autrement. Il est trop unique, trop merveilleux pour qu’il en soit autrement.

Ca serait trop injuste. Trop brutal et imprévisible, vraiment trop injuste.

Je veux mon bébé râleur et souriant, je veux mon petit chou tonique et curieux, je ne me plaindrai plus jamais, c’est promis.

Je le veux entier, pour toujours.

 

La crise cesse. Pti Tonique se met à râler tout en gardant la même position. Par moments, il remue un membre de façon désordonnée. Au bout d’une dizaine de minutes, il s’agite vraiment, est à nouveau capable de communiquer avec nous, change de position.

Il a l’air normal.

Vite un ENORME câlin…

 

Puis la fièvre remonte, sans incidence apparente sur son comportement. Les pompiers arrivent, je charge ma précieuse petite bouillotte dans le camion, le tient farouchement contre moi.

J’expérimente ensuite une série de premières fois à l’attrait discutable :

  • 1er trajet en camion de pompiers
  • 1ère fois que je dois épeler mon adresse 10 fois et le nom de Pti Tonique 20 fois (le pompier qui note est un peu lent et peine à enregistrer les lettres tant qu’il ne les a pas écrites… c’est long, c’est lourd. J’ai d’autres préoccupations que de blaguer avec lui)
  • 1ère fois que je dois empêcher mon bébé de dormir (dixit le pompier, pour pas que les médecins le réveille sans ménagement et à cause des examens à venir… mouais), alors qu’il est enfin capable de le faire puisque sa fièvre a chuté. Ses yeux se ferment quelle que soit la position dans laquelle je le mets. J’ai beaucoup de mal à maintenir éveillé et ça me fait d’ailleurs mal au cœur. D’habitude, je le supplie plutôt de fermer les yeux.
  • 1ère visite aux urgences du côté « parents inquiets » (je devine qu’il y en aura d’autres)
  • 1ère hospitalisation de Pti Tonique


Sommeil exténué sur maman dans la salle d’attente des urgences, emmitouflé dans une serviette de toilette emportée à la hâte, alors qu’il est parti en couche et que sa température a considérablement baissé. Nous attendons papa et les affaires.

Passage en priorité devant d’autres enfants arrivés plus tôt que nous mais un peu plus âgés, ayant des parents aussi inquiets et fatigués que nous le sommes. Moment de gêne.

Utilisation des box d’urgences pédiatriques « Winnie et ses amis » et « Capitaine Haddock ».

Examens et auscultations, déshabillage, rhabillage, prélèvements, pose de patchs, sondes, etc. Grosses crises de larmes, angoisses, fatigue, mal-être fiévreux.

Long moment de solitude lorsque je tente, sans succès, pendant plus d’1/2h de l’endormir contre moi, alors qu’il a la tête couverte de capteurs pour l’électroencéphalogramme (EEG)… qui se révèlera heureusement normal.

De 9 mois à 5 ans, les convulsions sont « acceptées », elles peuvent accompagner régulièrement la fièvre chez certains enfants. Mais de 9 à 12 mois, les médecins s’en méfient tout de même. D’où batterie de tests (EEG) et hospitalisation pour observation.

 

Aller-retour à la maison pour chercher quelques affaires me permettant de passer la nuit le plus à mon aise possible, aux côtés de Pti Tonique, tandis que son papa reste à ses côtés à l'hôpital. Appel de proches, ravalement de larmes quand je réalise en le racontant à quel point la convulsion de Pti Tonique m’a effrayée, renvoyée à mes pires appréhensions de mère.

 

Longues heures nocturnes à arpenter les couloirs de l’hôpital pour endormir bébé contre moi, dans le Manduca. Ses yeux se ferment, il tète vigoureusement sa sucette, puis il les rouvre dans la seconde suivante, alerté par une voix, le passage d’une puéricultrice ou le simple besoin de rester éveillé, je ne sais pourquoi.

Toutes les sensations des 3 premiers mois de Pti Tonique me reviennent : agacement, épuisement physique, incompréhension, malaise, manque de ressources (imaginatives)… et aussi de moyens (les chambres seules sont réservées aux enfants contagieux, dommage pour nous et pour nos voisins de chambrée, le petit garçon de 5 ans et sa mère qui dormiront peu) dans le cas présent.

 

Bilan

  • Pas de nouvelle convulsion durant l'observation. Fièvre yoyo qui a cessé en fin de soirée lundi. Aucune explication trouvée, pas de maladie ou infection dépistée. Sortie mardi en fin de matinée.
  • Service d’urgences pédiatriques plutôt au point lors de notre séjour. Du personnel aimable au comportement adapté à des tout-petits. Des locaux égayés.

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  • Manduca et sucette, grands vainqueurs pour une hospitalisation « gérable » de bébé. Le sein aussi, comme toujours ; j'ai même reçu des compliments à 2 ou 3 reprises pour mon allaitement (sa durée je suppose), une des techniciennes de l'EEG m'a même demandé si j'avais encore du lait (Pti Tonique était au sein) puis m'a dit "bravo". Je ne sais pas ce qu'il faut en conclure... Des réactions positives, c'est toujours bon à prendre. Mais les félicitations sont-elles dues au fait que le personnel médical sait que les allaitements longs ne sont pas légions (en comparaison du nombre d'allaitements commencés à la maternité) ou au contraire au fait qu'ils ne savent pas qu'ils sont quand même assez répandus (une fois l'allaitement installé) ?
  • L’hôpital, c’est fait pour être surveillé et soigné, clairement pas pour se reposer et récupérer (3 réveils nocturnes de Pti Tonique pour auscultation et prise de constantes… 1h à 1h30 pour le rendormir à chaque fois).
  • 2 quasi nuits blanches.
  • Le Valium n'est plus d'actualité (sauf enfants convulsifs multi-récidivistes) par précaution (rapport risques/bénéfices). Que ferons-nous s'il reconvulse et que cela dure ? Entre le temps pour constater une durée inquiétante des convulsions et le temps d'arrivée des secours... il se sera écoulé facilement 40/45 minutes, le temps de convulsion qui peut s'avérer fatal.
  • Difficulté à mettre de côté les évènements des dernières 36h lors de mon retour au travail mardi après-midi (heureusement que c’est son papa qui veille sur Pti Tonique). Sensation d’être encore dans une bulle hors du temps, focalisée sur mon bébé à 100%. A la limite de l'endormissement devant mon écran, productivité limitée.
  • Une sorte de sentiment de l’avoir échappé belle qui ne m’a pas encore quittée… 

 

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Published by Maman Sioux - dans Tout sur Pti Tonique
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commentaires

fleur 07/06/2011 13:52



Fiou, dur meme très dur cet épisode avec ton petit homme, je n'ose imaginer ton ressenti après une expérience aussi flippante!J'espère que vous vous remettez bien tous les 3!


Grosse pensées



Maman Sioux 07/06/2011 15:11



Sincèrement, quand j'y repense, on a eu une vraie frayeur mais maintenant ça va mieux.


On comprend d'où peuvent venir les convulsions et on a de quoi les gérer (mon beau-père nous a rédigé tout un protocole personnalisé en plus de nous avoir prescrit le médicament nécessaire, c'est
sympa) donc on se sent plus sereins, on appréhende moins la prochaine fois, s'il doit y en avoir une.


Et le plus rassurant, c'est que notre Pti Tonique est égal à lui-même, actif, rigoleur et déterminé : c'est le meilleur antidote ! :-)



stephaline 26/05/2011 16:53



comme je te comprends .... c'est térrible de voir so enfant malade .. On est telement impuissant face a tout ca !


Charline a été hospitalisé 4 jours en décembre dernier suite a une double infection (pulmonaire et rénale). Les pédiatres nous donneront la phrase habituelle "c'est viral" .. N'empeche que de
voir son enfant branché de partout pendant 3 jours et vous regardant dans les yeux pleins de larmeset  avec des phrases du genre "je veux plus qu'on me touche" (en référence au piqure et
co), ca fout la rare ...


J'espère que tout ceci restera un souvenir et qu'il n'y aura pas d'autre crise ...


C'est vaiment pire que tout !



Maman Sioux 30/05/2011 09:08



Comme tu dis, ça a beau être pour les soigner ou comprendre ce qu'ils ont, ça fout la rage de les voir piqués et embêtés non stop à l'hôpital, on se dit que c'est pas juste, pour nos petits bouts
si fragiles et qu'on aimerait leur éviter tout ça et le supporter à leur place.


Enfin, heureusement, dans notre cas, je crois que ça n'a pas été si terrible que ça.


Courageuse ta petite Charline !



mamanwhatelse 26/05/2011 16:13



quelles émotions.... je me serais mise dans le même état que toi... à quel hosto avez-vous été? Trousseau? Debré?



Maman Sioux 30/05/2011 09:06



Je ne suis pas parisienne. Donc pour nous, c'était l'hôpital Femme Mère Enfant à Lyon !



aggie 26/05/2011 13:58



Ouhlala, mais j'avais râté tout ça! Mon dieu comme vous avez dû avoir peur.


Quelle frayeur!



Maman Sioux 30/05/2011 09:02



Et oui, c'était notre première vraie angoisse de parents... pas rigolo



sophie 25/05/2011 14:23



Mon Dieu, quel cauchemar qui heureusement se finit bien, j'imagine que trop bien que tu en trembles encore.  En tout cas vous avez super bien réagi et vite ! Douces pensées pour vous 3 !



Maman Sioux 25/05/2011 23:29



En effet, nos craintes ne sont pas encore totalement dissipées mais ça va venir. Oui, une fois qu'on sait que ça n'est pas grave, tout le ramdam pompiers/urgences me paraît un peu too much mais
bon, sur le moment, mieux vaut employer les grands moyens au cas où.


Bises



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  • : Madame Sioux
  • Madame Sioux
  • : J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
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