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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 06:53

Il y a une remarque de ma mère, maintes fois répétée depuis que Pti Tonique est né, qui me trotte toujours dans la tête, à défaut d'avoir pu en trouver le sens : "Aujourd'hui, l'enfant est le centre de tout" ou encore "Les parents sont beaucoup plus centrés sur leur enfant qu'avant".

Well well well... Que faut-il comprendre par "l'enfant est au centre de tout" ??

Que l'on fait chaque jour en sorte de répondre au mieux à ses besoins, quitte à se sacrifier un peu au passage (c'est ce la maternité m'a appris de plus géant, le "don de soi"... et pas qu'un peu !) ? Je ne suis pas sûre que ça soit ça, étant donné les souvenirs de l'investissement parental de ma mère, je pense pouvoir dire que nos besoins passaient souvent avant tout, même si elle-même ne le formulerait peut-étre pas comme ça.

Alors de quoi s'agit-il? Demande-t-on trop son avis à l'enfant sur tout ? C'est sûrement un peu vrai et je suis convaincue que l'enfant ne peut pas être décisionnaire dans de nombreux domaines (vêtements, alimentation, etc) avant un certain âge - même si je me surprends à questionner mon fils lors des repas pour lui proposer plusieurs choix tellement il est difficile de le faire manger en ce moment (mon excuse, c'est que je m'adapte à la situation pour qu'il ait quelque chose dans le ventre avant d'aller au lit mais dès que possible, on redresse la barre hein !!). Mais pour autant, cela ne signifie pas lui imposer notre choix aveuglément et sans prise en compte de ses sentiments.

Cela signifie-t-il donc que l'on adapte nos activités et le rythme de nos journées à celui de l'enfant pour lui permettre de prendre du repos et lui éviter la sur-stimulation? Personnellement, ça me parait être du bon sens que d'agir de cette façon, je ne vois pas comment faire autrement - à quelques exceptions près - pour élever un enfant sereinement (mais ça n'engage que moi).

Alors quoi ?

J'ai voulu plusieurs fois faire des recherches sur cette notion mais je ne savais pas comment m'y prendre ni à quelles sources me vouer.

Et puis il y a quelques jours, je suis tombée sur un passage du livre "Relations frères-sœurs" qui abordait cette question en quelques phrases. Ca me paraît être un début...

Voyons ce que Catherine Dumonteil-Kremer nous dit :

 Dans son livre The continuum concept, Jean Liedloff fait référence à une idée difficilement traduisible, le "child centerdness". En Occident, nos enfants en sont fréquemment victimes. Plutôt que de vire avec nous, contre nous, tout en participant à nos activités quotidiennes, nos petits sont au centre de la famille, observés sans cesse, cibles d'attentes quelquefois surréalistes. Ils se nourrissent, dorment, jouent aux heures décidées avec soin par les adultes alors qu'ils pourraient très bien vivre au même rythme que leurs parents tout en manifestant ce dont ils ont besoin. L'effet "chil centeredness" peut être amplifié lorsque nous n'avons qu'un seul enfant. Nous nous focalisons sur lui parce qu'il est seul. Il réveille nos vieilles souffrances de différentes manières. Il est alors possible qu'il reçoive une plus grande quantitié de violence de la part de parents qui ne savent pas encore coment faire autrement, ces derniers ignorant peut-être do'ù leur vient cette immence colère. Ils sont également fragilisés par leur entourage familial qui s'attend lui aussi à ce que les parents s'en sortent naturellement très bien et sans soutien.

Relations frères-soeurs - du conflit à la rencontre, Catherine Dumonteil-Kremer, Poches Jouvence, page 16.

A la lecture de cet extrait, la première chose qui m'est venue à l'esprit, c'est : "Faudrait savoir !!!". Les parents qui, à la naissance de leur enfant, poursuivent leur vie "comme si de rien n'était", gardant leur propre rythme et attendant de l'enfant que celui-ci se calque dessus, sont taxés d'irresponsables, immatures incapables de prendre en compte le rythme biologique d'un nouveau-né. Et là, on nous dit, si j'ai bien compris, que c'est ce qu'il faut faire, et que l'enfant saura réclamer ce dont il a besoin en temps voulu ?! Mouais... En plus, je sais pas de quelle tranche d'âge on parle mais moi, mon fils, ça m'arrange bien qu'il aille se coucher à un moment donné et que nos rythmes soient en décalé pour que je puisse souffler !!

 

enfant-au-centre.jpg

et comment on fait pour continuer à vivre à son rythme quand on en a un comme ça qui réclame jeux et attention permanente ?

 

D'un autre côté, j'ai lu le Concept du continuum, c'est un livre qui m'a beaucoup confortée dans ma vision de la parentalité et je comprends le fait que l'enfant doit participer à la vie et non pas être le centre de l'attention de ses parents, parce que c'est anxiogène et parce qu'il s'ennuie dans ce cas, lui qui veut découvrir le monde.

Malgré toutes ces réflexions, je reste perplexe lorsque je connecte tout ça à mon cas de figure. J'ai sûrement été hyper centrée sur mon fils les premiers temps, perdue et angoissée que j'étais, mais depuis, j'ai plutôt l'impression de chercher à le faire participer au grand cycle de la vie (rien que ça !) et non de l'enfermer dans sa position d'enfant (premier né qui plus est), centre du monde de ses parents.

N'ai-je pas le recul nécessaire sur ma façon de faire ?

Et vous, que comprenez-vous dans cette expression, qu'avez-vous l'impression de faire avec vos enfants ?

En tous cas, c'est décidé, la prochaine fois que ma mère me sort cette phrase, je lui demande d'expliciter, d'exemplifier, et à mon tour je ressortirai ma vision de mon enfance, pour voir si la comparaison tient ou non la route. En plus, on aime bien les joutes oratoires avec ma maman .

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commentaires

cleanettte 19/01/2012 14:24


Voilà en effet un excellent sujet. Ici j'étais parti au départ dans l'idée que je continuerais ma petite vie peinard avec en plus un enfant en plus dans les pattes. Mais c'était sans compter sur
le tempérement particulier de Fiston. Bébé aux besoins intenses, enfant hypersensible et incapable de s'occuper seul. Il y avait sacrément intérêt à ce que tout tourne autour de lui sans quoi il
nous le faisait savoir bruyament ou avec des bétises des plus inventives et irrécupérables. Du coups ma politique est devenue continuer de vivre "normalement" malgré mes enfants dans la mesure ou
ça ne s'oppose pas radicalement à leurs besoins. Alors effectivement je fais parfois des compromis pour les enfants mais finalement pas tellement plus que je n'en fais pour répondre aux besoins
de z'hom ;-)

Elodie 16/01/2012 18:09


Aaah jsusi dégoutée, j'avais écrit un bon gros roman et ça a beugué aaaaah!


Euh bon j'ai la flême de tout retaper mais en gros : je pense qu'il faut trouver le juste milieu : ni être trop égoïste et ne faire qu'en fonction de soi, ni agir que pour son enfant et
passer en dernier. Comme dans un couple finalement : on fait des compromis, on pense aux 2, là pour le coup, on pense aux 3...


Ouais je sais dis comme ça, ça fait tout bidon mais là, pfff j'ai pas le courage de tout ré écrire!!! Demain peut être!!!

Luplume 14/01/2012 14:48


Comme toujours, passionnante question. Je crois que sans le vouloir, j'ai mis ma fille au centre de ma vie pendant plusieurs mois, sans doute l'effet congé parental. Et c'est vrai que pendant
trèèèès longtemps, toute la vie se concentre sur cet enfant, qui vient bouleverser nos vies. On blogue pour parler de ce bébé, on va voir des sites consacrés à ce bébé, on achète des vêtements,
de la musiques, des jeux pour ce bébé. Et on passe au second plan. A mon avis, toute la difficulté de la maternité, c'est bien de trouver sa place, son juste équilibre: ne surtout pas s'oublier
en tant que femme, mais garder à l'esprit que son enfant a besoin d'être entouré, protégé et bien sûr, aimé.


Et pour ce qui est de l'élever à notre rythme, je dois bien avouer que nous nous sommes laissés entrainer (ou peut-être moi seule, j'ai entrainé ma famille) dans une surveillance accrue qui fait
que maintenant, ma fille ne mange que des petits pots (qu'elle refuse souvent en ce moment, comme ton fils apparemment) sans morceaux, et elle n'ose rien goûter (ou c'est moi qui n'ose rien lui
proposer de nouveau). Les peurs qu'il arrive quelque chose, ou de mal faire, ou de mal s'adapter à son enfant, tout ceci n'est pas évident à gérer.


Je pourrais en faire des tartines, mais je vais m'arrêter là. Merci pour ces belles réflexions, qui en amènent beaucoup d'autres.

Sissi 14/01/2012 10:18


Je n'ai pas lu ses livres donc je n'aurai pas d'avis mais je sais que la laloutte est au centre de notre vie parfois trop mais je (nous) fais comme on le sent et à savoir si c'est la meilleure
des solutions personne ne le sait .. Quant à caler le ryhtme de nos enfants sur le nôtre, cela semble possible dans un monde où les parents n'auraient pas non plus de rythme ni de contraintes, or
de nos jours, c'est très rare .. par contre, je n'insiste pas, si c'est pas l'heure c'est pas l'heure, et le matin c'est cool, tant pis si on part avec 10 mn de retard chez la nounou et le soir
idem, je ne joue pas la montre, on prend notre temps .

PurpleNessa 13/01/2012 13:44


Super article, merci, vraiment !


Je pense que l'auteure du premier extrait veut dire qu'au lieu qu'on se dise "bon, il FAUT le coucher à telle heure, le réveiller à telle heure, le faire manger, lui changer sa couche, donner son
bain à tel moment, de telle façon, etc..." Bref, au lieu d'avoir une "horloge à bébé" dans la tête, on vive un peu comme avant, en prenant en compte l'enfant quand il se manifeste (pour la faim,
la couche, la sieste/le coucher, etc.)


Je traduis hein, parce que même si je suis d'accord en partie, j'ai du mal à cerner jusqu'à quel point elle veut qu'on aille.
C'est comme le Continuum, c'est vraiment super intéressant et à lire à tout prix à mon sens, mais pour le réadapter ensuite à notre vie occidentale. 

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