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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 10:32

Je crois que je vais utiliser l’extrait du livre présenté par le Chat Botté comme fil conducteur de ma réflexion (pour autant que j’arrive véritablement à en tisser un avec ce vaste sujet). Non non, ça n’est pas parce que le Chat Botté est notre premier « mâle » intervenant dans les VI (je dis pas de bêtise au moins ?), point de sexisme amies lectrices et amis lecteurs, surtout avec un tel sujet reposant sur mes épaules !!

« Le XIXe siècle était celui des mesures physiques du crâne ou du cerveau, qui ont été utilisées pour expliquer la hiérarchie entre les sexes, les races et classes sociales. Les critères modernes du XXe siècle sont les tests cognitifs, l'imagerie cérébrale et les gènes. Et derrière se profile toujours le spectre de voir utiliser la biologie pour justifier les inégalités entre les sexes et entre les groupes humains. Le devoir de vigilance des scientifiques et des citoyens face aux risques de détournement de la science est plus que jamais d'actualité. » Cerveau, Sexe et Pouvoir, de Catherine Vidal et Dorothée Benoit Browaeys

Nous y voilà donc. Le déterminisme, la construction des rôles sociaux. [Merci Mme Déjantée pour le sujet au passage, cette 3e contribution en tant que Marraine est la première qui me file carrément l’angoisse de la page blanche !]

J’ai personnellement adoré les explications fournies par ce livre, particulièrement celles réfutant la thèse de la répartition des rôles femme/homme au sein du foyer, qui remonte soi-disant à des temps immémoriaux… mais je ne vous en dis pas plus, je vous laisse aller lire la contribution qui s’y rapporte !

Finalement, que l’on cherche à détourner la science ou à faire valoir ce que l’on considère comme étant des rôles « naturels » et établis, la même question sous-jacente revient : comment faire pour que chaque individu, homme ou femme, se sente libre d’évoluer et de s’affirmer dans toute son unicité ? Cela ne débute-t-il pas avec la manière dont on prendra soin et dont on appréhendera les réactions des filles et des garçons dès le plus jeune âge ? C’est sur cette question que se sont penchées Lucky Sophie et Aubergine, nous offrant les deux visions intéressantes suivantes :

  • Existe-il des différences innées entre garçons et filles auxquelles il conviendrait simplement de s’adapter, pour agir en toute équité mais dans le respect de ces particularités (jeux différents, méthodes de règlement des conflits, interaction avec l’adulte référent,…) ? Ne pas chercher à les gommer à tout prix ne signifiant pas attribuer des rôles enfermant à chaque sexe. [Cela rejoint le courant actuel des écoles et éducations sans genre, cherchant à promouvoir l’individu avant son appartenance à un genre donné].
  • Ou bien doit-on considérer que les tempéraments culturellement inculqués à chaque genre constitue le fléau de l’autodétermination et doivent être enrayés en séparant dès l’école – au moins lors de temps définis – filles et garçons, afin que chaque « groupe » puisse agir spontanément, que ce soit dans les jeux ou les interactions sociales plus formatées (repas, etc) ?

Et comme il semble que même à l’âge adulte, une fois que l’individu est supposé plus moins définitivement construit, il ne soit toujours pas à l’abri des comportements que l’on attend de lui (ici en tant que parent), cette semaine, deux contributions ont abordé de façon complémentaire la question de l’homoparentalité. Toutes deux s’attachent à détruire les idées reçus courantes sur le sujet, elles évoquent de même l’adoption par les couples homosexuels, avec un passage en revue de la législation et de la jurisprudence françaises actuelles pour Sandy – Les Bébous, tandis que Tayiam soulève la question des points de comparaison sur lesquels on semble vouloir s’appuyer pour quantifier la « normalité » du développement et du bonheur d’enfants élevés dans des familles homoparentales. En effet, la grande question non résolue est bien de savoir : à qui prétend-on comparer ces couples pour juger de l’impact que leur sexualité (après tout bien personnelle) aura sur le développement de leurs enfants ? Quelle famille peut prétendre être « normale » dans la mesure où l’image du schéma familial « standard » et donc du rôle social de ce schéma évolue chaque jour ? Qui peut prétendre avoir la recette miracle donnant à coup sûr des enfants équilibrés, qui réussiraient plus tard (mais réussirait quoi, sur quels critères ?), seraient heureux dans la vie ?

Il y a en effet autant de façons d’être heureux que d’être(s) humain(s). Tout comme il y a par exemple autant de façon d’être père, mère, parent, que de couple parents/enfants et d’individus. Ainsi, quel rôle veut-on assigner au père qui prend en charge ses enfants, au même titre que la mère ? Doit-on considérer qu’il « fait la mère » se demande Marie 3 en 2 ? A-t-on attribué à la mère autant de prérogatives pour que le père ne puisse changer une couche ou bercer son enfant sans être qualifié de 2e mère pour ses petits ? Et dans ce cas, la gémellité serait-elle un facteur normalisant l’implication du père, l’autorisant à prendre en charge des tâches que la société ne lui attribue normalement pas, de préférence ? La solution pour laisser chacun exprimer sa façon d’être serait-elle d’agir en situation d’ « urgence » [j’ai peut-être une vision étriquée de la prise en charge de 2 nouveaux-nés en même temps mais j’imagine que ça doit être encore moins « cool » au quotidien qu’avec un seul bébé, non ?], forçant le lâcher prise – lâcher prise pour la mère qui accepte de ne pas être la seule à « savoir » faire ; liberté de mouvement pour le père sans surveillance et libre de construire le rapport de son choix avec son enfant ?

 

Vous pouvez retrouver les autres mini débriefs ainsi que le débrief général (qui sera publié ce soir), ici, comme toujours !

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commentaires

Mme Déjantée 21/09/2011 15:38



Et ben BRAVO!!! Un sacré sujet, je sais... à la hauteur de son auteure tout simplement!! Merci d'avoir accepté de relever le défi!! Et que vivent nos prises de tête neuronales!!!



Maman Sioux 21/09/2011 20:26



Merci


Et si j'arrivais à faire ça en étant moins speed, le plaisir sera doublé... mais j'aime déjà beaucoup ça !



Maritournelle 21/09/2011 14:50



Je trouve ce débat passionnant et le résumé que tu as fais de tous ces articles est extrêment bien écrit et amené. Bravo pour ce mini débrief de qualité qui relance sur un sujet qu'on devrait
évoquer plus souvent :)



Maman Sioux 21/09/2011 21:02



C'est super gentil à toi


Moi aussi ce débat me paraît super intéressant maintenant que j'ai le nez dedans ! J'espère trouver des lectures sur la question pour un prochain VI peut-être.



sophie 21/09/2011 11:41



La télé, la pub, les jouets,  la littérature enfantine de notre enfance (le Club des 5 par ex....) ... nous offrent une vision cliché des rapports entre les sexes dépassée, terriblement
sexiste. En tant que parents, il faut décrypter ces images et en parler à nos enfants pour que enfin on progresse un peu. Mais en même temps, on ne peut pas nier les différences et essayer des
les gommer pour faire de nos enfants des êtres asexuées (l'expérience du petit Storm me choque beaucoup, tout d'abord parce qu'on ne fait pas d'expériences avec ses enfants...). 


Un père que change des couches n'est pas une mère bis, c'est juste un parent qui s'occupe de ses enfants. L'accouchement, l'allaitement ça c'est forcement féminin, le reste n'est pas genré.



Maman Sioux 21/09/2011 21:00



La difficulté étant de savoir quelles différences en sont vraiment et lesquelles sont dues à notre intervention, à notre comportement... Mais bon, on cogite et on agit comme on peut. Pas facile
de lutter contre ses propres réflexes conditionnés.


En tous cas, j'espère parvenir à donner à mes enfants l'esprit critique, du recul et une vision différente de celle encore présentée par tous les biais que tu cites (télé, jouets, etc).



Eve petite souris 21/09/2011 11:08



Je peux à nouveau commenter!!!! youhou!


Je suis partisane pour ma part de la pensée de Simone de Beauvoir : nous sommes conditionnés par la société pour reproduire des comportements et des addictions ou intérêts plus ou moins marqués.
Et j'ai l'impression que de plus en plus, ce ne sont pas les parents qui transmettent certaines valeurs à leur progéniture mais de plus en plus les médias notamment par le biais de la télé...
d'où notre positionnement.



Maman Sioux 21/09/2011 11:23



Je comprends bien votre positionnement. C'est pour ça que quand on regarde un truc à la télé avec Papa Sioux, je pense mon temps à faire des commentaires du style "et là, évidemment, la nana,
elle fait ça" ou alors "comme si le type il pouvait pas faire ça !", etc. Espérons que malgré la télé (avec laquelle ils ne risquent rien s'ils autant le temps que nous de la regarder), nous
permettrons à nos enfants de développer un sens critique aigü grâce à tout ce qu'on leur apprendra à côté.


(youhouuu pour les commentaires ! faudra que je vois si ça marche pour moi aussi)



Une Indienne Dans La Plaine

  • : Madame Sioux
  • Madame Sioux
  • : J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
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