Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 09:01

Le pavé du jour de Linosqui sur la "compétition des bébés" (compétition créée par des "adultes frustrés" comme elle dit) m'a fait penser à la pression que l'on a finalement, toute notre vie sur les épaules. Pour être le meilleur sans cesse. A défaut de l'être partout (mais c'est bien dommage quand même, un petit effort !), au moins dans un domaine (si possible prestigieux - c'est-à-dire pas le concours du cracher de noyaux de cerises hein !), ça serait souhaitable.

Je repense immédiatement à la pression que mes parents (surtout mon père) m'ont mise, toute ma scolarité et qui se résumait ainsi : "Il ne suffit pas d'être bon, il faut être le meilleur". Donc quand je revenais avec une note correcte, voire moyenne, et m'en "excusait" en précisant qu'elle était tout de même au-dessus de la moyenne de la classe, on me demandait quelle avait été la meilleure note. Et immédiatement, la conclusion s'imposait : c'est cette note que j'aurais donc pu avoir.

D'un côté, je comprends que l'on ait cherché à me préparer à l'ambiance de la vie. D'un autre côté, j'ai toujours vu plein d'enfants réussir leur scolarité sans avoir de telle pression (affichée, en tous cas) sur les épaules. Beaucoup de mes amis qui réussissaient à l'école n'avaient pas des parents qui leur demandaient sans cesse où ils en étaient de leur devoir, est-ce qu'ils étaient bien sûr qu'une fois terminés les devoirs demandés, ils ne pouvaient pas en faire "un peu plus", pour être les meilleurs, etc. Alors avais-je personnellement besoin de cette pression-là pour travailler ? Je me le demande encore sincèrement aujourd'hui.

En faisant ce qu'il fallait mais guère plus, je m'en suis toujours pas trop mal sortie.Généralement, j'étais dans le groupe de "tête" de la classe mais je n'ai jamais été LA première de la classe - celle qui en plus réussissait non seulement en cours mais aussi en sport, était belle, bien habillée et avait un mec à tomber (pétasse ! oups). Bref, je m'égare... Oui je m'en sortais pas mal et de nombreux parents, je crois, auraient peut-être été heureux que leur enfant ait ce "niveau"-là en cours, et n'auraient pas cherché à leur mettre sans cesse la pression pour "aller plus haut" [Tina Arena, sors de ce corps !].

On aurait dit que mon apparente facilité à "m'en sortir" [y'a beaucoup de guillemets dans cet article dis donc !] était la cause de la pression que je recevais, la preuve que je pouvais donc faire encore mieux, en m'investissant un tout petit peu plus. L'impression que ça n'était jamaus suffisant, au lieu d'être stimulante, avait plutôt pour effet de me démoraliser - même si en dehors de la sphère scolaire, mes parents savaient nous valoriser pour ce que nous étions.

La vérité, c'est aussi que j'avais des parents assez angoissés de façon générale et que mon père connaissant d'assez près le monde du travail, je pense qu'il angoissait d'autant plus pour mon avenir professionnel, un avenir pour lequel il est toujours préférable d'afficher les meilleurs résultats, les meilleurs écoles, les meilleurs je-ne-sais-quoi. C'est pourquoi il fallait viser une bonne prépa puis Sciences Po, etc... car bien sûr, ainsi, c'était un bon job assuré.

Je n'ai fait qu'une année de prépa et je n'ai jamais décroché Sciences Po (et un essai m'a suffi pour ne pas vouloir re-tenter). J'ai finalement emprunté une voie beaucoup moins royale - la fac (bouh !!!!) - pour arriver à un job convenable (mais que je n'avais jamais envisagé avant que mon parcours m'y mène) et qui paie mes factures. Pas l'extase, non, mais en même temps, l'extase se trouve-t-il forcément dans le travail ?! Ces dernières années ont achevé de me convaincre que non [Mr Sioux et Pti Tonique (et mini squaw), si vous me lisez !].

 

pression-reussite.jpg

 

Tout ça pour dire que je me suis très souvent demandée de quelle façon j'accompagnerais la scolarité de mes enfants. Légère pression, simple disponibilité, regard bienveillant, proposition d'aide récurrente, un mélange de tout ça ? J'ai en tête l'exemple de mes parents, dont je n'ai pas envie de reproduire la pression. D'un autre côté, n'ayant connu que ça, je ne sais pas comment on fait pour motiver un enfant sans le presser ainsi. J'ai tout de même l'exemple de Mr Sioux, dont les parents n'ont jamais été derrière lui, qui est d'un naturel sérieux et a tracé un peu seul son chemin, avec détermination mais sans acharnement (je crois ?), pour un résultat satisfaisant il me semble (à ses propres yeux avant tout). Qu'est-ce qui fait qu'un enfant saura se motiver seul, trouver de l'intérêt à court ou long terme à ce qu'on lui demande de faire ? L'éveil au monde et la curiosité qu'on l'aide à développer dès le plus jeune âge ? Un tempérament inné ? Le fait d'évoquer avec lui la sélection scolaire et la dure réalité du monde du travail ? D'autant qu'il faut tellement plus que de bonnes notes et une bonne école et de beaux diplômes pour "réussir" !!! Des tas de gens se sont réalisés avec un simple bac (et encore) mais avec beaucoup de volonté, d'imagination, une vision précise de ce à quoi ils aspiraient, beaucoup de motivation, etc.

Par "réussir", j'entends se réaliser dans quelque chose qui nous corresponde et nous permette d'en vivre (soyons quand même réaliste), de concilier tous les aspects de notre vie qui nous paraissent importants.

Comment fait-on pour être heureux, pour mettre toutes les chances du côté de notre enfant pour qu'il le soit ? Cela ne se construit pas uniquement au travers de la scolarité (heureusement !) mais je pense quand même qu'une scolarité qui se déroule bien ("dans le cadre", en somme) doit contribuer à trouver, l'esprit plus libre, ce que l'on souhaite faire pour "être heureux plus tard".

Qu'en pensez-vous ? Est-ce que ma réflexion est vraiment biaisée par mon vécu (forcément un peu d'ailleurs, c'est le principe...) ?

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Prune 07/07/2012 23:00


Elle est dans une école à "pédagogie nouvelle", sachant que sous "pédagogies nouvelles" on regroupe tout le courant de pédagogies actives du début du XX° s : Freinet, Montessori, Decroly,
Cousinet, etc.  Donc concrêtement, il n'y a pas un type de pédagogie utilisé de façon exclusive, le projet d'école ici est assez marqué par Freinet et sa déclinaison actuelle (pédagogie
coopérative), mais pas que... par ex certains enseignants utilisent du matériel Montessori, d'autres pas. Les points essentiels sont le fait que l'enfant soit acteur de ses apprentissages,
l'encouragement de la coopération, la co éducation parents/enseignants, l'ouverture sur le monde.

Prune 19/06/2012 22:25


Je suis très sensible à ça aussi, pour avoir vécu une situation relativement similaire à la tienne : grosse pression sur les études, compétition, parents (enfin mon père surtout) jamais
satisfaits alors que nous étions, pour 3 enfants sur 4, tout le temps premiers de classe, parcours prépa grande école plus ou moins contraint qui m'a menée à un boulot dans lequel je ne
m'épanouissais pas du tout... Avec de la casse au passage : j'ai très mal vécu mes années de prépa, j'ai mis longtemps à m'en remettre. Perso je ne veux pas de ça pour mes enfants.


Le seul point vraiment positif de ce parcours, c'est que le fait d'avoir eu un très bon job pendant mes premières années de boulot m'a permis d'avoir les finances pour envisager une reconversion,
et donc d'expérimenter, un peu sur le tard, le fait de faire des études qui me passionnent et de pouvoir exercer un boulot qui me convient et dans lequel je me sens "à ma place".


Je pense que c'est bien de garder en tête que rien n'est définitif, que si on se plante on peut recommencer, que si nos enfants ne font pas des études poussées quand ils sont jeunes, ça
n'empêchera pas qu'ils les fassent plus tard, etc. Comme tu dis, il n'y a pas que les notes, les diplomes qui font la réussite, il y aussi tellement d'autres choses, et qui ne s'apprennent pas
forcément à l'école !


Après sur la question de la motivation, j'ai vraiment confiance dans la curiosité et la soif de savoir naturelles des enfants, et je me dis que mon rôle de parent n'est pas de les pousser à tout
prix, mais plutôt de ne pas les décourager... De créer un climat propice à l'apprentissage, de proposer des choses intéressantes, d'encourager leurs découvertes et surtout de ne pas trop
interférer.


Après, pour l'instant c'est facile, elles sont petites (une en petite section de maternelle, l'autre pas en âge d'être scolarisée), il n'y a pas trop de pression "sociale", notamment familiale,
autour de la scolarité...


Mais pour avoir eu l'occasion d'en discuter lors d'une réunion à l'école récemment, ce n'est pas toujours simple pour les parents dont les enfants réussissent "moins bien" que les autres. Même
dans notre école (à pédagogie "nouvelle") où il n'y a pas de notation des élèves, il y a des formes de comparaison des enfants entre eux, et les enfants peuvent se mettre la pression "tous seuls"
(tous mes copains ont réussi telle chose et pas moi). Même si en fait, ce n'est jamais complètement "tous seuls".


Certains parents disent aussi que bien que conscients de la nécessité de laisser chacun aller à son rythme (c'est un peu la principale motivation à choisir ce genre d'école), ça peut être
inquiétant de constater que son enfant est "en retard" par rapport à sa classe d'âge. Que ce n'est pas facile de défendre ce genre de choix vis-à-vis de son entourage. Enfin bref, on n'évite pas
non plus ce genre de questions (mais on a plus d'espace pour en parler, et essayer de trouver des solutions ensemble).


 

Madame Sioux 04/07/2012 23:47



Merci pour ton témoignage. Je partage tout à fait ton avis, tout est ratteapable, d'autant qu'il y a pas mal d'aides pour ça mais c'est vrai que si on peut s'éviter un raté de départ qui fasse en
plus de la casse, comme tu le dis, c'est préférable.


J'espère aussi que l'accompagnement fournit dès le plus jeune âge, l'encouragement à la curiosité seront de bonnes bases pour leur donner envie d'apprendre par la suite.


Quel type de pédagogie applique l'école de ta petite au fait ?



Elodie 19/06/2012 18:11


Wah, j'imagine que ça devais être assez dur psychologiquement d'avoir des parents qui espèrent toujours mieux, et au final de ne jamais les satisfaire (scolairement parlant).


Mes parents n'exigeaient de moi que le minimum, alors je ne fournissais que le minimum (oui oui, je suis une grosse flemarde!!!)! Sauf que la pression était ailleurs. Elle l'était de la part
des instits et profs, et ce, toute ma scolarité. Ok, je savais que je ne faisais que le minimum, mais les "peut mieux faire" etc., ça faisait sur moi l'effet inverse! Au lieu de me motiver ça
faisait rien qu'à m'énerver (ouais j'étais trop rebelle même à 6 ans!). Le pire, c'est quand, en primaire, les instits qui avaient eu ma soeur avant me comparaient à elle (ma soeur était la 1ère
de la classe). Je pense que c'est pour ça que je n'ai jamais aimé l'école. Par contre, qu'est ce que j'ai regretté après!!!  


Au final, j'ai réussi les examens que je voulais, et j'étais bien contente. Bon, c'est pas mon job actuel, mais ça, c'est plutôt parce que c'est un secteur archi bouché, mais c'est une autre
histoire!


C'est pour ça que pour ma fille, je ne veux surtout pas lui mettre la pression, certes, mais aussi être attentive à ce que vont lui dire ses professeurs. Je ne veux pas que, comme moi elle soit
dégoutée de l'école, tout ça parce qu'on espère mieux d'elle, même si les résultats sont satisfaisant. Après, elle ne le prendra peut être pas comme moi, je sais que ce genre de "reflexions"
motivent certains (toi?) mais moi, non.

Madame Sioux 04/07/2012 23:50



Ouh là, les instits qui comparent les frères et soeurs, y'a rien de plus idiot (et dévalorisant), j'ai entendu ça aussi lors de ma scolarité mais ça ne me concernait pas (heureusement).


Oui, je pense que le "peut mieux faire" m'aurait motivée mais parce que je n'aime pas donné une mauvaise image de moi, ce que pensent les autres a toujours eu beaucoup d'importance à mes yeux
(surtout étant jeune), malheureusement. Cela dit, je ne crois pas que ce type de remarque soit vraiment utile sur le fond, il y a sûrement moyen de s'y prendre autrement pour comprendre où aller
chercher la motivation d'un élève (mais bon, encore faut-il avoir du temps pour ça !).



linosqui 18/06/2012 16:51


Olalala mais je suis touchée que tu cites mon article et qu'il t'est inspiré, merci.
Pour la pression scolaire, c'est sur que ton expérience aiguillera tes choix, en revanche tu peux faire pareil comme radicalement opposé.
Je n'ai pas eu de grosses pressions ni de suivi très poussé et je m'en suis toujours sorti. En revanche un peu d'intérêt aurait été le bienvenue quand même je me dis.
Je ne pense pas faire une grosse pression sur mes monstrouilles, mais elles sont encore bien jeunes, et c'est sur que j'aimerais mieux qu'elles réussissent sans trop de difficultés car souvent ça
peut aider mais comme tu le dis pas toujours donc je n'en ferais pas un drame non plus (enfin j'espère!)

sophie 18/06/2012 14:54


Je pourrais en parler pendant des heures ... Pour faire bref, ma mère nous a mis un pression de dingue pendant toute notre scolarité de manière totalement pathologique, resultat des courses on a
tout les 4 un parcours professionnel et/ou personnel cahotique et très loin des ambitions maternelles. On était dans l'ambivalence pas très confortable : bonnes notes =maman heureuse mais comme
maman chiante on n'a pas envie d'entrer dans son jeu = culpabiblisation de rendre sa mère malheureuse.... je simplifie à l'extrême bien sûr ;). Donc pour mes filles j'ai d'autres ambitions !!
Leur donner les moyens de ne pas être des cancres et ne pas les forcer à être dans le peleton de tête, leur donner une curiosité intellectuelle (vaste challenge !). Je suis intimement persuadé
que plus on connait de choses (dans n'importe quel domaine) plus on a envie de savoir et c'est ça qui m'importe. Bon n°1 entre en CP en septembre ça va être le crash test  !

Une Indienne Dans La Plaine

  • : Madame Sioux
  • Madame Sioux
  • : J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
  • Contact

On communique ?

Mon tipi a le Wifi. Ecris-moi !

Chercher Une Ruse

Archives

La cuisine de la semaine

La cuisine de la semaine, c'est maintenant un blog dédié... par ici !!


bandeau blog

Suivez les signaux

 

logo-rss.png

 

badge_mapage_hellocoton_160x55_white.gif

Je ruse aussi pour les VI

 

Dernier lâcher de neurones : Le chemin de la maternité [mini débrief]

Nounou-top.fr

http://www.madamesioux.fr/wp-content/uploads/2014/11/nounou-top-logo.png

<script>
  (function(i,s,o,g,r,a,m){i['GoogleAnalyticsObject']=r;i[r]=i[r]||function(){
  (i[r].q=i[r].q||[]).push(arguments)},i[r].l=1*new Date();a=s.createElement(o),
  m=s.getElementsByTagName(o)[0];a.async=1;a.src=g;m.parentNode.insertBefore(a,m)
  })(window,document,'script','//www.google-analytics.com/analytics.js','ga');

  ga('create', 'UA-44080416-1', 'over-blog.fr');
  ga('send', 'pageview');

</script>