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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 05:56

Je ne sais pas si on peut parler de « saison », mais ces derniers jours, les articles sur les dons ont fleuri sur les blogs que je lis et l’invitation de LMO à faire de même m’a poussée à écrire cet article.

 

Mercredi, c’est Maman Sur Terre qui parlait du Don de sang de cordon ombilical, qui peut sauver des vies et aider la recherche, et qui est encore trop peu connu des mères, même si le principal problème reste celui de son recueil, pour lequel peu de maternités sont encore équipées.

 

Jeudi, c’est LMO qui nous parlait du Don de sang.

Je voulais vous raconter ma petite expérience à ce sujet (je suis bien là pour parler de moi, hein ?). Je n’ai jamais particulièrement craint les piqûres (sauf quand j’avais 6 ans et que j’ai fait mon premier gros œdème de Quincke, j’en reparlerai un jour, de mes allergies), j’ai toujours été habituée à faire des prises de sang, parfois 5 ou 6 dans la même matinée (c’était jour de fête, test de glycémie intensif quand j’avais 12 ou 13 ans).

J’ai souvent vu mes parents donner leur sang donc pour moi, c’était une évidence, quelque chose de simple et utile, et j’étais bien frustrée qu’il faille attendre d’être majeure pour le faire. D’autant plus que je me savais donneuse universelle, je me disais que c’était vraiment dommage. Quelques jours après mes 18 ans, je prends donc mon vélo (c’est dire ma motivation, moi la « grande sportive »), suivie par ma petite sœur et nous descendons à la collecte organisée ce jour dans mon village. Lorsque je passe en revue le questionnaire avec le médecin, le sujet des allergies et des réactions que je fais lors de mes allergies alimentaires, poussent le médecin à m’expliquer qu’il va devoir refuser mon sang. En effet, s’il était transfusé à un patient ayant déjà un terrain allergique, celui-ci risquerait de faire une réaction à la mesure des miennes, et elles peuvent être mortelles (dans le pire des cas, bien sûr). Alors sur un patient déjà affaibli par une transfusion, ça ne serait pas très recommandé… Je l’ai compris mais j’avais les larmes aux yeux de déception et de frustration, même si je les ai contenues le temps de quitter les lieux.

Lors de mon année de prépa, mon lycée a organisé une collecte dans l’établissement, à destination des étudiants. J’ai re-tenté ma chance (je suis grave !) en expliquant les raisons du refus la dernière fois que j’avais voulu le faire. Le médecin n’était pas très sûr de lui mais il a préféré refuser aussi. Devant ma nouvelle déception (bon ça va, j’ai arrêté d’essayer depuis, hein !), il m’a dit que je pouvais peut-être donner des plaquettes par contre… avant de réaliser que le même problème serait sûrement soulevé.

Ma mère ne peut plus donner pour les mêmes raisons que moi. Mon père et ma sœur sont, eux, inscrits sur les registres de l’EFS : ils donnent plusieurs fois par an et peuvent être appelés en cas de pénurie (dans la mesure où cela respecte le délai d’attente entre chaque don). Je trouve ça chouette.

 

Il y a quelques temps, je vous avais aussi parlé du Don de lait maternel.

 

don_ovocytes.jpg

 

Enfin, je voulais vous parler d’un autre don, qui ne concerne que les femmes : le Don d’ovocytes (et les hommes sont aussi les bienvenus pour donner leur sperme, bien entendu... mais je laisserai des hommes blogueurs parler de ça, hein !).

Quand j’attendais fébrilement de tomber enceinte et commençait à psychoter sur mon infertilité possible (il y a tellement de couples qui galèrent de nos jours, avec ma paranoïa naturelle, je me suis dit que je pouvais potentiellement en faire partie, d’autant plus qu’aucun de mes accidents de pilule n’avait jamais eu de conséquences et je trouvais ça louche – quand je vous dis que je suis grave…), j'ai réalisé combien je me sentirais mal si je ne pouvais pas avoir d'enfant naturellement. Et dire que je me serais sentie "mal", c'est franchement un doux euphémisme. Je me serais plutôt sentie vide et inutile, ça aurait été très très dur - et je comprends, dans la mesure du possible, la douleur de celles qui traversent ça.

Du coup, une fois que j'ai été rassurée sur ma fertilité, je me suis dit que ça ne coûtait pas grand-chose d'offrir cette chance à d'autres (futurs) parents. C'est une envie tellement viscérale, un besoin tellement important dans une vie que je ne pouvais pas, égoïstement, garder cette chance pour moi.

(Attention, je précise que ces propos n'engagent que moi, je ne porte pas de jugement sur les choix des autres, d'autant plus qu'il s'agit d'un sujet beaucoup plus sensible que de donner son sang)

Je suis donc allée me renseigner et j'ai découvert le parcours de la donneuse d'ovocytes... J'ai aussi été obligée de réfléchir aux implications d'un tel don.

Pour vous informer sur le don d'ovocytes, le site de référence est .

En résumé, pour pouvoir faire un don d'ovocytes, il faut remplir 3 critères :

  • avoir au moins un enfant,
  • être âgée de moins de 37 ans,
  • être en bonne santé

Une fois les étapes administratives, la réflexion et l'éventuel frein psychologique franchis, la récolte des ovocytes se passe comme pour une fécondation in vitro : il y a une phase de stiumlation puis de récolte. Lorsque j'ai lu ces informations, je me suis dit que ça n'était quand même pas anodin comme don, ça demande de prendre vraiment sur soi, son temps (arrêt maladie pour le prélèvement et un peu de repos ensuite, au minimum), un peu sa santé, etc. Je vous avouerai que maintenant que je connais et lit Faithfullyyours, je prends vraiment conscience des aspects concrets de la démarche et ça m'effraie un peu. C'est très lourd.

D'un côté, on n'a pas le poids, la pression et l'angoisse de la réussite que subissent les futurs parents engagés dans un processus d'AMP - mais ceux-ci ont en contrepartie une réelle motivation. D'un autre côté, on fait précisément ça sans être directement concernée par la phase finale, malgré les petits bouleversements que le don va occasionner dans notre vie et dans notre corps.

En plus, comme je disais, ça n'est pas anodin sur le plan psychologique. Il s'agit tout de même de donner une partie de son patrimoine génétique, de façon anonyme, puis de vivre en sachant que sûrement, quelque part, vivra un enfant qui nous ressemble. C'est une pensée très étrange, valable également pour les hommes donneurs de sperme.

C'est la raison pour laquelle c'est aussi une décision qui doit se prendre en couple, à mon avis.

En ce qui me concerne, c'est un don que j'ai toujours envie de faire, mais j'ai tellement peur des bouleversements que cela pourrait engendrer dans mon corps, dans ma capacité à procréer - même si cela ne compromet en rien les chances de tomber à nouveau enceinte par la suite, et heureusement ! - que je pense attendre d'avoir au moins 2 enfants pour le faire. Mais il ne faut pas trop attendre non plus, puisqu'il faut être âgée de moins de 37 ans !

En conclusion, c'est une chose à laquelle je pense régulièrement et dont il faudra que je reparle avec Papa Sioux le moment venu.

 

Crédit photo : www.enceinte.com

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commentaires

Maman de Boumbette 20/06/2011 19:38



Oui ma soeur sait qu'elle ne peut pas avoir d'enfant sans aide car elle a eu une leucémie, traitée entre autres par radiothérapie, tous ses ovocytes ont été grillés. A vrai dire, j'avais donné ma
moelle pour elle pour la soigner (avec succés!). J'ai donc déjà l'impression qu'on partage plus que des soeurs. Bizarrement, je fais un parallèle entre le don de moelle qui lui a permis de vivre
avec une part de moi en elle et le don d'ovocyte qui lui permettrait d'avoir une famille grace à une part de moi aussi. J'ai l'impression que comme on est compatible niveau moelle, c'est que
finalement on est trés proches génétiquement et que mes ovocytes pourraient être les siens (du moment que ce n'est pas le même père pour l'enfant ça me va!). J'ai donc le sentiment que je ne
ferai pas d'amalgame. Pour moi finalement, ce qui compte ce n'est pas de savoir que l'ovocyte vient de moi mais de savoir qu'elle a porté l'enfant et qu'il est donc sien. Je ne pourrais pas
porter un enfant pour elle, même avec un ovocyte qui ne soit pas à moi... Je ne sais pas si je suis trés claire mais grosso modo pour moi un ovocyte n'est pas un enfant, c'est une graine et c'est
le jardinier qui compte plus que le semencier ^^' (Vla la métaphore!).



Maman Sioux 22/06/2011 17:08



Quelles épreuves vous lient, c'est une situation très particulière. Je suis très heureuse que tu puisses faire ça pour elle, c'est beau, d'autant plus si les choses sont claires dans ta tête.


Je suis d'accord, le fait de porter l'enfant créent énormément de liens et je pense que c'est pour ça que les parents qui bénéficient de dons d'ovocytes ou de sperme, parviennent à s'approprier
leur enfant. Pour ma part, je ne serais pas capable non plus de donner un bébé que j'aurais porté pendant 9 mois, à mon avis.


Chouette métaphore en effet :-)



Prune 20/06/2011 13:30



Ici je songe sérieusement à un don d'ovocytes depuis quelque temps...


J'avais mis cette idée en stand by parce qu'il n'y avait pas de centre pour le don d'ovocytes à Lyon, il fallait aller à Clermont Ferrand (pas trop pratique qd même....). Mais apparemment, ça a
rouvert à Lyon depuis qq mois.


j'attends juste que ma 2ème se sèvre parce que le protocole de stimulation est "incompatible" avec l'allaitement...


Mon homme n'est pas trop pour. En même temps, légalement je n'ai pas besoin de son autorisation car nous ne sommes pas mariés. Je ne comprend pas bien d'ailleurs ce besoin d'autorisation du
conjoint pour les couples mariés, ça me semble plus un archaïsme machiste qu'autre chose.


Effectivement mon homme a plus de mal avec l'idée qu'il aurait des enfants "à lui" qq part... moi je ne vois pas les choses comme ça, pour moi ce ne seront pas mes enfants, je donne un gamète,
c'est un couple qui en fera son enfant, même s'il me ressemblait un peu physiquement, un lien parent-enfant c'est tellement plus que de la ressemblance. Etant donné que ce sont MES ovules, j'ai
du mal à comprendre en quoi mon conjoint devrait se sentir concerné ? (d'ailleurs lui ne se sent pas spécialement concerné par mon projet, il refuserait de donner lui, ce qui n'est pas pareil)



Maman Sioux 20/06/2011 15:38



Merci pour la précision, je ne m'étais pas encore suffisamment renseignée pour savoir s'il y avait ou non un lieu pour ce faire sur Lyon.


Il est vrai que le consentement du conjoint prive en quelque sorte la femme de son libre-arbitre (et qu'on peut y voir un vieux relent de machisme, je te l'accorde), alors qu'il s'agit de son
corps, ses ovules, son "matériel génétique".


Cela dit, de mon côté, si mon conjoint décidait de donner son sperme, je serais contente qu'il m'en parle et qu'on prenne cette décision ensemble, parce qu'elle pourrait nous affecter tous les
deux, psychologiquement.


Il est évident qu'une relation mère/enfant, c'est bien plus que du patrimoine génétique mais dans ma représentation des choses, je ne peux me détacher complètement de cette impression d'un
"demi-moi" qui existerait quelque part. Cela dit, ça ne me traumatise pas au point de ne plus envisager ce don donc c'est l'histoire d'un cheminement qui va se faire petit à petit...


En tous cas, il y a quand même des personnes qui envisagent ce don, c'est chouette.



La Ptite graine folle 18/06/2011 07:31



tiens, ça fait des années que je me dis que c'est quelque chose que je ferais quand je le pourrais (pas encore d'enfant, donc infaisable jusqu'ici)....ton article me conforte dans mon idée. Je le
ferais!


C'est vrai qu'en comparaison au don de sang ou d'une inscription pour un eventuel don de moelle osseuse (d'ailleurs il faut que je pense à les appeler pour qu'il suspendent mon dossier le temps
de la grossesse!!!! j'avais zappé!!!), ben c'est vraiment pas anodin. Mais c'est un cadeau que je ferais volontier! Merci de confirmer ce que je pensais



Maman Sioux 20/06/2011 14:41



Contente de t'avoir confortée. Les témoignages des autres me confortent aussi


Pour ma part, je n'y connais pas grand-chose en don de moelle osseuse, je vais aller voir comment ça marche.



BonneEtoile 17/06/2011 16:47



Merci pour ce bel article sur le don. Depuis que je suis passée par la FIV, je me demande si, un jour, je ne sauterai pas le pas pour aider d'autres couples. Il est un peu tôt car je suis encore
enceinte et, comme toi, j'aimerais bien en faire un second.


Bref, c'est aussi quelque-chose qui me questionne. Une amie a fait ce don car en le faisant, elle réduisait de 2 ans le temps d'attente de ses amis en attente d'un don d'ovocyte. J'ai trouvé que
c'était un très très beau geste.



Maman Sioux 20/06/2011 12:32



C'est indéniablement un très beau geste. Reste à résoudre tous les freins pshychologiques que l'on peut rencontrer dans cette démarche.


Bonne fin de grossesse alors et félicitations



LMO 17/06/2011 15:04



Merci pour ce très bel article!


Je comptais justement me renseigner sur le don d'ovocytes.


Pour les raisons psychologiques que tu exposes, je ne me sentais incapable d'un tel don, j'avais comme l'impression d'abandonner l'un de mes futurs enfant (c'est stupide mais bon...) là je
commence à vaguement me sentir prête... Mais c'est un don vraiment difficile. Autant donner son sang, sa moelle osseuse (je suis inscrite sur le registre aussi), c'est assez "anodin" même si ça
peut être dur physiquement.


Alors que donner ses ovules, c'est vraiment donner une partie de soi, c'est une autre démarche.



Maman Sioux 20/06/2011 12:31



Tout à fait, c'est un don de son potentiel de reproduction, de futurs "mini nous" d'une certaine façon. C'est bien pour ça que c'est compliqué et que je trouve ça bien que le conjoint soit aussi
impliqué dans le processus. C'est aussi pour ça que je préfèrerais presque avoir fait mon "quota" d'enfants avant, pour ne pas avoir l'impression de "donner" celui qui aurait pu être le mien.
Oui, vraiment pas évident comme don !



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  • : J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
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