Partager l'article ! La saison des dons: Je ne sais pas si on peut parler de « saison », mais ces derniers jours, les articles sur les dons ont fleuri sur ...
Je ne sais pas si on peut parler de « saison », mais ces derniers jours, les articles sur les dons ont fleuri sur les blogs que je lis et l’invitation de LMO à faire de même m’a poussée à écrire cet article.
Mercredi, c’est Maman Sur Terre qui parlait du Don de sang de cordon ombilical, qui peut sauver des vies et aider la recherche, et qui est encore trop peu connu des mères, même si le principal problème reste celui de son recueil, pour lequel peu de maternités sont encore équipées.
Jeudi, c’est LMO qui nous parlait du Don de sang.
Je voulais vous raconter ma petite expérience à ce sujet (je suis bien là pour parler de moi, hein ?). Je n’ai jamais particulièrement craint les piqûres (sauf quand j’avais 6 ans et que j’ai fait mon premier gros œdème de Quincke, j’en reparlerai un jour, de mes allergies), j’ai toujours été habituée à faire des prises de sang, parfois 5 ou 6 dans la même matinée (c’était jour de fête, test de glycémie intensif quand j’avais 12 ou 13 ans).
J’ai souvent vu mes parents donner leur sang donc pour moi, c’était une évidence, quelque chose de simple et utile, et j’étais bien frustrée qu’il faille attendre d’être majeure pour le faire. D’autant plus que je me savais donneuse universelle, je me disais que c’était vraiment dommage. Quelques jours après mes 18 ans, je prends donc mon vélo (c’est dire ma motivation, moi la « grande sportive »), suivie par ma petite sœur et nous descendons à la collecte organisée ce jour dans mon village. Lorsque je passe en revue le questionnaire avec le médecin, le sujet des allergies et des réactions que je fais lors de mes allergies alimentaires, poussent le médecin à m’expliquer qu’il va devoir refuser mon sang. En effet, s’il était transfusé à un patient ayant déjà un terrain allergique, celui-ci risquerait de faire une réaction à la mesure des miennes, et elles peuvent être mortelles (dans le pire des cas, bien sûr). Alors sur un patient déjà affaibli par une transfusion, ça ne serait pas très recommandé… Je l’ai compris mais j’avais les larmes aux yeux de déception et de frustration, même si je les ai contenues le temps de quitter les lieux.
Lors de mon année de prépa, mon lycée a organisé une collecte dans l’établissement, à destination des étudiants. J’ai re-tenté ma chance (je suis grave !) en expliquant les raisons du refus la dernière fois que j’avais voulu le faire. Le médecin n’était pas très sûr de lui mais il a préféré refuser aussi. Devant ma nouvelle déception (bon ça va, j’ai arrêté d’essayer depuis, hein !), il m’a dit que je pouvais peut-être donner des plaquettes par contre… avant de réaliser que le même problème serait sûrement soulevé.
Ma mère ne peut plus donner pour les mêmes raisons que moi. Mon père et ma sœur sont, eux, inscrits sur les registres de l’EFS : ils donnent plusieurs fois par an et peuvent être appelés en cas de pénurie (dans la mesure où cela respecte le délai d’attente entre chaque don). Je trouve ça chouette.
Il y a quelques temps, je vous avais aussi parlé du Don de lait maternel.
Enfin, je voulais vous parler d’un autre don, qui ne concerne que les femmes : le Don d’ovocytes (et les hommes sont aussi les bienvenus pour donner leur sperme, bien entendu... mais je laisserai des hommes blogueurs parler de ça, hein !).
Quand j’attendais fébrilement de tomber enceinte et commençait à psychoter sur mon infertilité possible (il y a tellement de couples qui galèrent de nos jours, avec ma paranoïa naturelle, je me suis dit que je pouvais potentiellement en faire partie, d’autant plus qu’aucun de mes accidents de pilule n’avait jamais eu de conséquences et je trouvais ça louche – quand je vous dis que je suis grave…), j'ai réalisé combien je me sentirais mal si je ne pouvais pas avoir d'enfant naturellement. Et dire que je me serais sentie "mal", c'est franchement un doux euphémisme. Je me serais plutôt sentie vide et inutile, ça aurait été très très dur - et je comprends, dans la mesure du possible, la douleur de celles qui traversent ça.
Du coup, une fois que j'ai été rassurée sur ma fertilité, je me suis dit que ça ne coûtait pas grand-chose d'offrir cette chance à d'autres (futurs) parents. C'est une envie tellement viscérale, un besoin tellement important dans une vie que je ne pouvais pas, égoïstement, garder cette chance pour moi.
(Attention, je précise que ces propos n'engagent que moi, je ne porte pas de jugement sur les choix des autres, d'autant plus qu'il s'agit d'un sujet beaucoup plus sensible que de donner son sang)
Je suis donc allée me renseigner et j'ai découvert le parcours de la donneuse d'ovocytes... J'ai aussi été obligée de réfléchir aux implications d'un tel don.
Pour vous informer sur le don d'ovocytes, le site de référence est là.
En résumé, pour pouvoir faire un don d'ovocytes, il faut remplir 3 critères :
Une fois les étapes administratives, la réflexion et l'éventuel frein psychologique franchis, la récolte des ovocytes se passe comme pour une fécondation in vitro : il y a une phase de stiumlation puis de récolte. Lorsque j'ai lu ces informations, je me suis dit que ça n'était quand même pas anodin comme don, ça demande de prendre vraiment sur soi, son temps (arrêt maladie pour le prélèvement et un peu de repos ensuite, au minimum), un peu sa santé, etc. Je vous avouerai que maintenant que je connais et lit Faithfullyyours, je prends vraiment conscience des aspects concrets de la démarche et ça m'effraie un peu. C'est très lourd.
D'un côté, on n'a pas le poids, la pression et l'angoisse de la réussite que subissent les futurs parents engagés dans un processus d'AMP - mais ceux-ci ont en contrepartie une réelle motivation. D'un autre côté, on fait précisément ça sans être directement concernée par la phase finale, malgré les petits bouleversements que le don va occasionner dans notre vie et dans notre corps.
En plus, comme je disais, ça n'est pas anodin sur le plan psychologique. Il s'agit tout de même de donner une partie de son patrimoine génétique, de façon anonyme, puis de vivre en sachant que sûrement, quelque part, vivra un enfant qui nous ressemble. C'est une pensée très étrange, valable également pour les hommes donneurs de sperme.
C'est la raison pour laquelle c'est aussi une décision qui doit se prendre en couple, à mon avis.
En ce qui me concerne, c'est un don que j'ai toujours envie de faire, mais j'ai tellement peur des bouleversements que cela pourrait engendrer dans mon corps, dans ma capacité à procréer - même si cela ne compromet en rien les chances de tomber à nouveau enceinte par la suite, et heureusement ! - que je pense attendre d'avoir au moins 2 enfants pour le faire. Mais il ne faut pas trop attendre non plus, puisqu'il faut être âgée de moins de 37 ans !
En conclusion, c'est une chose à laquelle je pense régulièrement et dont il faudra que je reparle avec Papa Sioux le moment venu.
Crédit photo : www.enceinte.com
Mon tipi a le Wifi. Ecris-moi !