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Le sommeil partagé, ou cododo, chez nous, ça n'avait pas du tout été réfléchi ni planifié.

La seule question que l'on s'était posée avant l'accouchement, c'était de savoir combien de temps nous garderions la nacelle de bébé dans notre chambre et à quel moment nous le mettrions seul dans sa chambre.

Puis Pti Tonique est né. Déjà à la maternité, j'ai vite remarqué qu'il s'endormait beaucoup mieux contre moi. Et quand il s'endormait au sein (allaitement en position allongée), il était en position latérale. Nous avons donc commencé à en déduire qu'il dormait mieux sur le côté, n'en déplaise aux sage-femmes ou puéricultrices un peu directives de la maternité.

De retour à la maison, nous avions placé Pti Tonique dans sa nacelle à côté de notre lit, de mon côté (plus facile pour le prendre et l'allaiter la nuit). Mais en fait, je ne dormais quasiment pas. Déjà parce qu'il se réveillait à peu près toutes les 20 ou 40 min de sommeil et ensuite parce que quand il dormait, il faisait tellement de petits bruits que j'étais sans cesse aux aguets, dans l'attente qu'il se réveille et que je doive à nouveau bondir de mon lit. Sauf que non, il dormait et qu'au final, quand je commençais à lâcher prise et à m'endormir moi-même, son cycle de sommeil était terminé et il se réveillait pour de bon. L'enfer... (il n'y a rien de pire que de ne pas dormir)

Au début, je m'étais installé un joli fauteuil en osier à côté de mon lit, dans lequel m'assoir pour l'allaiter puis le reposer une fois endormi dans mes bras. Pendant que Pti Tonique tétait, je m'effondrais de sommeil sur lui. En plus, j'avais choisi ce fauteuil parce que je l'avais déjà et le trouvais esthétique mais il n'était pas du tout pratique pour allaiter. Je me retrouvais rapidement à l'étroit et il n'y avait pas moyen d'y caser mon coussin d'allaitement.

Quand j'y repense, dire que les tétées pouvaient alors durer jusqu'à 45 minutes... je ne sais pas comment je faisais, surtout la nuit ! (la journée, j'avais un livre ou mon iPhone, huhu !)

Enfin si, j'ai fini par faire de façon à m'économiser : j'allaitais systématiquement Pti Tonique allongée et m'endormais bien souvent avant qu'il ait fini de téter, d'épuisement. C'est comme ça que le cododo est entré dans nos vies. Et qu'est-ce qu'on y a gagné en sommeil ! De plus, je ne sais pas si c'était moi qui m'endormait plus profondément ou lui qui était silencieux (ou avait la bouche pleine !) mais ainsi, je n'entendais plus du tout mon bébé faire de bruits nocturnes parasites.

Malgré moi, je culpabilisais un peu de cet état de fait. Enfin, ma mère m'envoyait fréquemment des informations, recueillies sur le net ou ailleurs, au sujet des avantages et inconvénients du cododo (un jour, elle m'a même envoyé quelques paragraphes de ce que j'ai plus tard identifié comme un extrait du Concept du Continuum). Il ne s'agissait pas pour elle de juger mon choix mais plutôt de se questionner, de m'aider à me documenter face à cette pratique. Mais moi, ça me questionnait plutôt dans le sens : zut, est-ce que je risque de ne plus jamais arrover à mettre mon bébé seul dans son lit ? Dois-je faire un effort et me lever tout de même la nuit pour l'allaiter assise puis le reposer dans sa nacelle ? Je lisais tous les paragraphes parlant du cododo dans les quelques livres de puériculture que j'avais chez moi. Aucun ne se positionnait vraiment mais chacun faisait sa liste des avantages et inconvénients, de la façon la plus neutre possible, les inconvénients me paraissant toujours plus nombreux (intimité des parents, sécurité de l'enfant, etc).

Une chose est sûre, je n'ai jamais craint pour la sécurité de mon bébé. Pourtant, je n'ai absolument pas aménagé mon couchage de façon particulière : je n'ai pas banni nos oreillers, nous n'avons pas investi dans un lit de cododo (au début, je n'en connaissais même pas l'existence), nous n'avons pas enlevé notre couverture, etc. Instinctivement, j'adoptais une position visant à préserver de l'espace autour de mon fils, tout en passant mon bras derrière lui de telle sorte qu'il ne puisse pas tomber ou s'éloigner. Nous ne remontions pas le drap trop haut pour ne pas risquer qu'il en soit recouvert.

Papa Sioux aussi aimait cette proximité et profiter de son fils tout près de lui le matin au réveil. De mon côté, le matin, je ressentais comme autant de marqueurs de mon attention inconsciente nocturne les courbatures qui perclusaient chaque parcelle de mon corps, surtout mon abdomen tordu et mon bras replié au-dessus et derrière lui, pour le protéger et l'empêcher de s'approcher du bord du lit.

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Bon alors nous, si vous avez bien suivi, on avait pas du tout cette position, hein !

A 2 mois et demi, je me suis laissée guider par les suggestions de ma mère, lors d'un de ses séjours. Pour la convaincre que Pti Tnique n'était pas prêt, je l'ai posé dans son berceau un soir, afin de lui prouver qu'il était encore incapable de s'endormir seul, sans les bras. Et là, bien sûr, il s'est endormi ! J'étais scotchée.

Ensuite, ç'a été moins simple mais je parvenais à l'endormir au sein et à le poser dans son berceau. Par contre, quand je me levais la nuit pour aller le chercher et le faire téter, nous finissions bien souvent la nuit ensemble dans mon lit, car je me rendormais avant qu'il ait fini sa collation.

Parfois, je me réveillais 1, 2 ou 3h plus tard et allais délicatement le remettre dans son lit. Parfois je ne me réveillais pas et nous retrouvions les réveils matinaux à 3...

Certains soirs, il était impossible de le déposer dans son berceau, même en rusant. Je le prenais donc avec moi dès le coucher et il passait une nuit complète à nos côtés.

Peu m'importait, j'ai arrêté de me poser des questions quand il avait 4 ou 5 mois et nous avons suivi nos ressentis, ceux qu'exprimait Pti Tonique. La transition s'est ainsi faite en douceur, à son rythme.

Depuis qu'il est plus grand, depuis qu'il a 7 mois je dirais, même les soirs "difficiles" où il ne veut pas dormir, nous ne parvenons plus à l'endormir entre nous. Il est trop éveillé, trop content d'être là et va jouer indéfiniment à nous coller ses mains sur la figure tandis que l'on fait de dormir - espérant qu'il nous imite -, parler pour attirer notre attention, se retourner, ramper, escalader la tête de lit. Bref, à présent, ces soirs-là, nous l'endormons dans nos bras, plus le choix.

 

Ce qui n'a pas changé, c'est qu'à son réveil le matin, son père va le chercher et me l'amène. Pti Tonique prend sa tétée du matin allongé contre moi. Quand il a fini, il gigote et se met sur le ventre, me regarde en rigolant puis part à l'aventure sur le lit. Si c'est le week-end, nous prenons le temps de jouer tous les trois, c'est un moment chaleureux, familial, plein de rires et de cabrioles, de parents qui fondent et de bébé qui sourit, de main potelée balancée en pleine figure et de regards coquins !

Le cododo, jamais vraiment fini ?

(enfin si, à 15 ans, j'espère hein !)

Mardi 31 mai 2011 2 31 /05 /Mai /2011 05:44
- Par Maman Sioux - Publié dans : Mme Sioux se raconte - Laisser un avis sur cette ruse - Voir les 13 calumets de la paix
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  • Madame Sioux
  • : J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 2 ans et demi, et l'Iroquoise 10 mois), ex- salariée en cours de reconversion, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.

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