Partager l'article ! S'écouter, être reconnue, culpabiliser...: J'avais échappé à sa gastro mais dimanche soir, je n'ai visiblement pas su résister à la rhino- ...
J'avais échappé à sa gastro mais dimanche soir, je n'ai visiblement pas su résister à la rhino-pharyngite de Pti Tonique et la gorge commençait à me picoter, tandis que les éternuements et mouchages réglementaires s'installaient.
Hier, au boulot, malgré un rendement en paquets de mouchoirs assez élevé et une sensation de congestionnement pas bien agréable, ça allait. Hier soir, rendez-vous du 4e mois à la maternité, un très bon moment dont je vous reparlerai demain, ça allait encore. De retour à la maison, je sens la faiblesse et la fébrilité me gagner. Je passe une nuit pourrie, mais pas à cause de Pti Tonique cette fois, puisqu'il nous fait le bonheur de dormir d'une traite.
Ce matin, 38° au compteur. J'ai connu pire mais je me sens pas fière, je suis fébrile, je transpire. C'est clair que je me sens pas du tout en état d'aller bosser. J'appelle ma chef à 7h20, elle ne répond pas donc je lui laisse un message, que je double d'un email au cas où.
Dans le message sur son répondeur, je ne suis pas très à l'aise, comme toujours quand je dois annoncer à mon boulot que je ne viendrai pas. J'ai toujours l'impression de tirer sur la corde, que l'on va croire que je m'écoute trop, que c'est du flan, etc... Je ne sais pas pourquoi. Du coup, dans mon message, je ne peux m'empêcher d'ajouter "mais bon, c'est juste un gros rhume donc la fièvre ne devrait pas trop traîner et je serai sûrement de retour jeudi". Je me sens obligée de rassurer, de compenser. De dire "Vraiment désolée de ne pas pouvoir être là, je vous assure que je ne me sens pas tip top mais vous savez, dès que ça va mieux, je me remets en selle, je suis pas du genre à tirer au flanc, vous en faîtes pas !"
Le coup des 2 grossesses relativement rapprochées me fait aussi culpabiliser. Initialement, mon employeur m'a embauchée lors du 1er trimestre de ma grossesse lorsque j'attendais Pti Tonique, et ce en connaissance de cause. Malgré moi, je me sens en quelque sorte redevable, d'autant plus que je repars en congés maternité environ 1 an et demi après mon retour du précédent congé.
En plus, folie suprême, j'ai réussi à me décider, à m'autoriser même, de prendre 2 mois de "congé parental" (je le mets entre guillemets parce que je vaix même pas avoir le temps de toucher quoi que ce soit de la CAF au titre de ce pseudo congé parental) pour profiter de mon petit oeuf Sioux. Je l'ai même annoncé à mon employeur et ça s'est bien passé.
Globalement, ça se passe toujours bien d'ailleurs. Mais c'est moi, je culpabilise, je m'imagine ce qu'ils doivent penser. C'est vrai, quand j'y réfléchis, les boss (il y a une femme, celle que j'ai appelée ce matin, et un homme), eux, ils ne sont jamais absents pour maladie. Pourtant, le boss, je l'ai déjà vu en piteux état mais il était là quand même. La boss, elle est jamais malade, c'est flippant. [J'allais ajouter : "et puis de toutes façons, c'est pas le genre à s'écouter". Mais du coup, ça veut bien dire que moi, en m'autorisant une absence, je "m'écoute" trop. C'est bien là que ma façon de voir les choses est biaisée.] Mais bon, eux, ils doivent faire tourner la boîte tu vas me dire. Ca doit être le corollaire des responsabilités, des bons salaires et des RTT que je n'ai pas. Si c'est ça, finalement, je veux bien qu'ils ne me passent jamais cadre à la réflexion [toutes façons, j'y ai sérieusement renoncé lors de mon dernier entretien, je ne serai jamais à la hauteur de ce qu'ils attendent de moi et qui n'est pas assez clair ou alors pas en accord avec ce que j'ai à présent envie de donner].
Bon voilà, tout cela pour dire QUE : je suis parfaitement convaincue que personne n'est indispensable à son boulot. Je sais même que dans 3 ans maximum, je ne serai certainement plus dans cette boîte [pour diverses raisons, notamment le fait que je me lasse vite, que j'ai d'autres envies, que l'état d'esprit me correspondra de moins en moins, etc]. Je sais que ma priorité dans la vie, c'est clairement ma famille et non pas mon gagne-pain, dans la mesure où celui-ci n'est ni une vocation ni une passion (ce qui ne m'empêche pas d'y passer de bons moments, je n'y suis pas malheureuse). Je pense savoir que quelques jours de plus ou de moins en arrêt ne changeront pas la façon dont mon employeur me perçoit ni les "plans" qu'il a pour moi. Tout cela pour dire que malgré tout, j'ai une certaine conscience professionnelle, un besoin de reconnaissance extérieure à ma cellule familiale, je ne peux m'empêcher de rechercher l'approbation de ma hiérarchie, d'attendre un "ne t'en fais pas, tout va bien, tu reviendras quand tu iras mieux" bien utopiste.
Oui parce que ce que j'ai oublié de préciser, c'est que le médecin m'a arrêtée pour la semaine, a fortiori parce que je suis "en état de grossesse" (c'est marrant, il est un peu vieille France !) alors que normalement, demain, je ne devrais plus avoir de fièvre. Donc, je devrais pouvoir retourner bosser, comme je le fais toujours lorsque j'ai une simple rhino-pharyngite quoi. Il a dit qu'il me faisait quand même l'arrêt pour la semaine et que je verrais ce que je fais.
Et moi, je sais déjà à 95% ce que je vais faire...
Une maison à la barrière originale, au milieu de la campagne écossaise.
On devrait tout plaquer et retourner là-bas tiens !!
Mon tipi a le Wifi. Ecris-moi !
Dernier lâcher de neurones : L'attachement : un remède anti-violence, indispensable à l'autonomie ? [débrief]
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