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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 11:38

Quand Mme Déjantée m’a confiée la tâche de débriefer ce thème des mères et de leur activité professionnelle, je me suis dit « chouette, ça c’est clairement un sujet qui me parle ! ». Puis j’ai lu attentivement les contributions qui s’y rattachent et je me suis dit : « zut ! le sujet a déjà été super bien traité, que vais-je bien pouvoir raconter d’autre ? ».

Alors j’ai choisi l’angle de la fameuse « conciliation » entre vie familiale et vie professionnelle. Vous savez, la conciliation que l’on voit s’afficher à tout bout de champ en couverture de magazines (féminins of course) « 10 truc pour concilier via familiale et vie pro », « comment concilier vie familiale et vie pro sans culpabiliser ! », etc. Accrocheur ? Certes ! Mensonger ? Clairement !

 

mere-jongle.jpg

c'est un peu ce qu'on nous demande, non ?

 

Car la culpabilité, si elle se manifeste à différents degrés selon nos tempéraments et nos situations, rares sont les mères qui y échappent, comme nous le rappelle Covima. Il n’est jamais simple d’assumer son choix à 100% quand l’organisation devient difficile à gérer pour une mère qui travaille ou que les finances sont dans le rouge pour une mère à la maison.

Pourtant, rappelons-nous 5 minutes notre vie d’avant (oui, je sais, ça fait mal, on va essayer de pas y penser trop longtemps) : pouvons-nous sans mentir prétendre qu’avant d’avoir des enfants, notre maison était toujours impeccable, nos finances au top niveau et sans écarts, notre relation de couple au beau fixe ? Personnellement, je peux vous affirmer que non. Ca permet de relativiser déjà, vous trouvez pas ? A l’époque, je me mettais déjà des bâtons dans les roues, de la pression ! Oh certes, c’était différent parce qu’il n’y avait pas cette insidieuse culpabilité du « pas assez s’occuper de son enfant », il n’y avait pas cette crainte que mon petit se sente délaissé ou que je ne réponde pas suffisamment à ses besoins parce que j’ai eu ma journée et que j’aimerais moi aussi me poser mais qu’en même temps, on ne fait pas des enfants pour les laisser livrés à eux-mêmes, n’est-ce pas ?

 

mere-ordi-enfant-fou.jpg

(sauf s'ils font juste gentiment les fous sur le lit comme ça)

 

Bref, ce qui me gêne vraiment dans cette histoire de « conciliation », c’est que je ne comprends pas pourquoi ce terme n’est toujours utilisé que pour les femmes ayant des enfants ? Les hommes aussi ont des enfants mais se demande-t-on pour autant systématiquement, à l’approche d’une naissance ou en apprenant que tel homme a 2 ou 3 enfants, comment ils vont concilier travail et paternité ? Bien sûr que non, jamais !

Et oui, ce réflexe m’exaspère, d’autant plus qu’il est aussi ancré en moi, que je le veuille ou non !

Heureusement, j’ai envie de dire, on rencontre de plus en plus de pères qui font le choix de réduire ou stopper momentanément leur activité pro pour s’occuper de leurs enfants… souvent, c’est aussi parce que leur situation pro n’est pas satisfaisante ou que leur salaire est le moins élevé du foyer (mais mieux vaut qu’ils en aient envie malgré tout)… Mais sont-ce là également les critères qui font que c’est le plus souvent la carrière des femmes qui pâtit de la naissance d’enfants (un salaire moindre, l’envie, un travail moins intéressant) ? La question me paraît très complexe. Car avant même d’être mères, les femmes sont souvent effectivement moins bien payées à travail égal, etc. La question prend donc ses sources en amont de la maternité, dans l’égalité des sexes me semble-t-il, au niveau professionnel et dans les attentes de la société par rapport à l’attitude et aux sources d’épanouissement des femmes. Oui, à l’arrivée d’un enfant, il y aura toujours quelqu’un pour demander à la mère si elle compte continuer de travailler ou pas, à temps partiel, etc. Jamais cette question ne sera posée au père, JAMAIS !! Suppose-t-on que les femmes ont toutes cette envie viscérale de s’occuper de leur progéniture ? Moi, je suis un très mauvais exemple (ou pas) : je suis passée à 80% dès le 1er enfant ! Ce qui a d’ailleurs surpris mon employeur, à qui je n’avais pas tenu ce genre de discours lors de mon embauche (à 2 mois de grossesse). Mais c’est vrai que la grossesse a peu à peu fait naître en moi des envies que je n’imaginais pas auparavant. Cependant, je sais que Papa Sioux aurait également adoré prendre un 80% si cela avait été faisable dans son travail. Nous l’avions même envisagé avant que l’envie me prenne de conserver mon 80% indéfiniment mais ça aurait été difficilement jouable avec ses impératifs professionnels… on en revient donc toujours là !

 

pere-retour-maison.jpg

"Ouais, papa est rentrééééé !!!" (impossible de trouver une image de père bossant à la maison !)

 

Par contre, même s’il aurait aimé passer plus de temps avec son fils, Papa Sioux culpabilise-t-il pour autant de le laisser en garde ou de ne pas le voir davantage ? Covima nous dit que dans son entourage, les hommes n’ont franchement pas l’air de culpabiliser plus que ça, cela paraît être l’apanage des femmes ! Personnellement, je crois que Papa Sioux culpabilise, oui. Différemment de moi (qui, ayant plus de temps avec mon fils, culpabilise davantage de ne pas arriver à gérer la maison en même temps) mais je crois que cela le préoccupe beaucoup aussi. Est-il un cas à part ? Je l’ignore.

A propos de temps partiel justement, Magali Evasion nous rapporte une étude INSEE qui a étudié la corrélation entre nombre d’enfants (à partir de 3, ça craint pour votre boulot Mesdames !) ou présence d’enfants en bas âge et taux d’activité des mères. En effet, bizarrement, l’impact que les enfants en bas âge ont sur le travail des mères aujourd’hui est plus faible qu’au début des années 90. S’agit-il d’une nouvelle vision de son rôle par la mère (qui souhaite davantage rester avec ses tout-petits) ou du marché de l’emploi qui ne motive plus autant ou ne laisse pas de place aux mères de famille ?

Il n’y a en réalité par de réponse préconçue puisque même les études ne savent plus par quel bout analyser cette thématique : Anaïs l57 cite ainsi une autre étude qui conclue que travailler encouragerait à la procréation. Pour quelles raisons ? Je vous laisse aller le découvrir. Pour ma part, si le travail devait encourager la procréation, ça serait simplement d’un point de vue financier, en me disant que notre aisance financière acquise grâce à 2 salaires nous permet d’espérer offrir un cadre de vie agréable puis des études longues à nos enfants s’ils le souhaitent… Mais en dehors de ça ? On peut tout aussi bien considérer que ne pas travailler permet de profiter chaque jour davantage de ses enfants… et donc nous donner envie de faire d’autres enfants ?

En tous les cas, Kiki The Mum a un avis très argumenté sur la question et nous propose de nombreuses pistes pour aider les mères qui ont choisi de travailler à s’épanouir au mieux et l’esprit serein dans leur métier, mais également pour valoriser les mères qui choisissent de rester à la maison pour que leur choix ne soit pas synonyme de parents préoccupés par le sacrifice financier ainsi engendré. Je vous propose d’aller découvrir ses propositions et de voter toutes ensemble pour Kiki, Ministre de la Famille, à la prochaine réorganisation du Gouvernement ! (oh bin oui, on peut rêver un peu, hein ?)

Au final, toutes ces contributions posent la question de nos choix personnels et de comment nous les vivons, nous les mères mais aussi les pères, qu’il serait intéressant de questionner vraiment à ce sujet.

Qui parmi vous pense avoir trouvé le bon équilibre ?

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commentaires

louloute 10/10/2011 12:14



Passionnant ton article... Je suis en train de me dire que les garçons aujourd'hui sont éduqués pour moins avoir peur des taChes ménagères etc... Mais sont ils éducqués pour prendre soin de leur
vie personnelle, s'épanouir  sans forcemment penser à cette sacro sainte idée: "je dois ramener de l'argent au foyer"? Nous on nous pousse en temps que femme à faire des concession du type,
j ai un boulot de m...e sous payé... Il vaut mieux que je m'efface et que j'élève mes enfants. Comme le pouvoir d'achat est en baisse constante, notre pouvoir de choisir l'est aussi.



Maman Sioux 10/10/2011 13:32



C'est intéressant ce que tu dis, je n'y avais jamais pensé. Quelles façons de se réaliser dans la vie suggère-t-on aux garçons ? On ne leur a sûrement jamais dit "fais des études pour être
indépendant" ou "peut-être que tu auras envie de rester chez toi t'occuper des enfants ?" ça fait limite science-fiction d'y penser tiens !


J'espère que quand mon fils sera grand, il y a aura davantage d'hommes au foyer, que les choses s'équilibreront petit à petit...



marine 29/09/2011 13:39



la fameuse thématique de la conciliation des temps...J'ai travaillé sur le sujet dans le cadre de mon travail...avant d'avoir des enfants! maintenant je suis en plein dedans !


je ne suis pas un exemple de militantisme, après 1 an de congé parental et une reprise à 60%, on peut dire que je mets carrément ma carrière entre parenthèse pour élever mes enfants. Mais je ne
m'en plains pas, c'est mon choix, et je préfère que ce soit moi qui soit plus à la maison que le papa (surtout si on compare nos salaires de base..)


je pense qu'on saura à moyen et long terme si on a pris les bonnes décisions. En attendant on tente de trouver notre équilibre...



Maman Sioux 30/09/2011 11:43



L'important n'est pas de militer mais d'avoir le choix et d'être soutenue dans ce choix (par son entourage, la société) sans être jugée. Je pense que je ne pourrai pas passer ma vie à la maison
mais en même etemps, prendre 1 an pour mes enfants me plairait aussi énormément ! Il faut accepter que les femmes ET les hommes puissent choisir et ne pas les brimer ou considérer comme
non-investis lorsqu'ils reviennent travailler.


Si vous le sentiez comme ça à l'instant T, c'est forcément la bonne décision pour vous.



Kiki The Mum 28/09/2011 23:09



Le travail et les mères, tout le monde commence à en parler. S'il est difficile de trouver des solutions, peut-être nous, les mères, on peut faire bouger les choses.


Quant au poste de ministre, j'y avais jamais songé ^_^


Je crois que ce thème risque de revenir sur le tapis plus d'une fois dans les VI.



Maman Sioux 30/09/2011 12:23



Oui, on peut tenter de faire bouger les choses en bousculant un peu les idées reçues des gens autour de nous.



Magali Evasion 28/09/2011 22:00



Merci pour ce debrief Maman Sioux !


Chez nous, l'équilibre n'est pas encore trouvé... Le côté financier pèse pas mal sur nos choix... Mon chéri a fait le choix de passer à 80% pour s'occuper de la logistique de la maison et moi je
suis en train de créer mon entreprise. J'ai fait ce choix à la fois pour être dispo pour mes enfants (petite maladie, vacances, grève, sortie d'école...) mais aussi parce que j'avais besoin de
m'épanouir dans ma vie professionnelle. J'avais besoin de mettre à profit mon expérience de maman qui m'a apporté de la confiance en moi et un certain sens de l'organisation et de la gestion
d'imprévus !


Cet équilibre un peu fragile va être modifié d'ici quelques semaines puisque j'ai choisi de suivre une formation pour mon futur métier et c'est à 100% pendant 1 an... Chéri de son côté va
reprendre à 100% pour à la fois renflouer les caisses mais aussi changer de poste. On va voir ce que ça donne... Les enfants ne sont pas contents, depuis la naissance de n°1 j'ai toujours été là
les mercredi et ça leur change considérablement la semaine du coup.


Rendez-vous dans un an pour une nouvelle réorganisation et peut-être un équilibre plus profitable à la clef...



Maman Sioux 30/09/2011 23:30



Je te comprends à 100%. Tu fais exactement ce que je souhaite faire à terme ! Sauf que je ne sais pas encore dans quelle activité me lancer. Je trouve que c'est le compromis parfait. Je suis
désolée pour le changement occasionné pour tes enfants mais ça peut être l'occasion de nouvelles activités qui leur plairont, avec d'autres enfants : centre aéré ou autre ? En tous les cas, vous
savez pourquoi vous le faîtes, pour le bonheur et l'équilibre du foyer à long terme alors 1 an, ça n'est pas si long de ce point de vue là !


Tu montes ton entreprise dans quel domaine au fait ?



koala 28/09/2011 21:06



Ton article est très intéressant.


L'équilibre vie professionnelle-vie privée ne se pose en général que pour les femmes pour une excellente raison qui tient aux chiffres. Un nouvel enfant pour une femme c'est 9 mois de grossesses
et 16 semaines (jusqu'à deux enfants) ou 6 mois (pour les suivants) de congé maternité. Pour un homme c'est 10 jours de congé paternité, soit pas plus que des congés classique. L'impact initial
sur l'entreprise est donc extrèmement faible. Même si la mère travaille autant avant et après le congé maternité et que les deux parents prennent à part égal des jours pour les différentes
maladies des enfants, une mère reste en dehors de l'entreprise beaucoup plus longtemps qu'un père. Tant que les deux congés (paternité/maternité) ne seront pas plus équilibrés, il y aura toujours
ce déséquilibre homme/femme dans le monde du travail.


Je fais partie des femmes qui ont un métier intéressant qui aime leur métier. Avant mon premier enfant, j'avais le même salaire que mon mari (même formation et même métier). Aujourd'hui, il est
bien mieux payé que moi. Cependant, je ne mets pas entièrement cela sur le compte de la maternité. Même sans enfant, il gagnerait plus aujourd'hui. Je ne mets pas cela non plus entièrement sur
une quelconque discrimination. J'ai commencé à un salaire plus élevé que mon mari. Il y a un autre facteur très important dans notre rémunération. Il s'agit du secteur d'activité. Mon mari, par
choix, est dans un secteur d'activité qui paye très bien. J'aurais très bien pu y bosser aussi, mais par choix, j'ai décidé que non. Ces paramètres ne sont pas pris en compte dans les études de
différence de salaire homme-femme. Je reste sceptique sur les chiffres présentés sur ce sujet.



Maman Sioux 30/09/2011 23:37



Oui, je t'avoue que je me suis toujours posé la question des critères pris en compte pour calculer les différences de salaire entre femmes et hommes à postes égales car il y a tellement de
facteurs qui font varier : expérience antérieure (même si elles sont de même longueur, elles ne sont pas forcément comparables pour autant), secteur d'activité, etc. Mais j'ai l'impression qu'on
a toujours l'impression qu'une femme peut "faire faux bond" à tout moment, pour la question de la maternité comme tu dis, où elle reste absente au moins 4 mois, donc inconsciemment, on commence
par lui en tenir rigueur dès le départ (ça dépend aussi des métiers je pense).



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  • : Madame Sioux
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  • : J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
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