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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 09:46

Les filles, mes fidèles et sympathiques lectrices, allaitantes ou non, j'ai un petit dilemme actuel, pour lequel votre avis serait le bienvenu. Bon après, je dis pas que je suivrai vos conseils - c'est un sujet trop sensible et personnel - mais ils pourraient m'aider à cheminer et faire avancer ma réflexion.

Hier, comme tous les mercredi, je passais la journée avec mon Pti Tonique. En général, il tète le matin et le soir - ma lactation s'est accoutumée à ce rythme et ne produit pas plus que nécessaire - et quand on est ensemble en journée, il tète parfois un petit coup de temps en temps, pour le câlin. Dans ce cas-là, j'ai généralement moins de lait à lui proposer le soir mais ça n'est pas dramatique en soi puisqu'il a un repas complet le soir, destiné à le caler pour la nuit ; la tétée reste alors essentiellement un moment de tendresse partagée, à défaut d'être nourrissante.

Depuis 2 ou 3 jours, je sens que j'ai moins de lait. Le matin au réveil et le soir en sortant du boulot, moments habituels où mes seins ont "refait le plein" tout doucement, mes seins ne sont plus tendus comme d'habitude. Au début, je me suis dit que c'était un problème de fatigue, car je sais que ça influe sur ma lactation, ou que c'était dû aux tétées plus fréquentes de Pti Tonique le week-end (d'où le "moins de lait" dimanche soir) mais je n'ai pas l'impression que ça revienne malgré le sommeil (ou alors, il me faudrait une nuit de 9 ou 10h peut-être... mais c'est pas pour tout de suite je crois !).

Hier soir, je parlais à Papa Sioux de la commande que je venais de passer chez Bambinou. J'avais hésité au moment de la finaliser et puis je me suis dit que oui, j'allais le prendre ce petit produit miracle dont a parlé Maman Sur Terre l'autre jour, on verrait ensuite si je m'en servais - et au pire, ça pourrait m'être utile pour mon prochain allaitement (et puis dans le doute, j'avais aussi mis du basilic sur mes gnocchis hier midi ! huhu).

coup-de-pouce-allaitement-neobulle.jpg
Hier soir, je racontais donc à Papa Sioux que j'avais commandé ce petit article magique.

Mais avant cela, je lui ai raconté ma journée. Le matin, Pti Tonique s'était réveillé tôt (vers 5h du mat') : Papa Sioux me l'avait amené, bébé avait tété puis j'étais allée le remettre dans son lit. Il avait redormi jusqu'à 7h45. J'étais retournée le chercher, il avait tétouillé ce qu'il pouvait parce que mes deux seins étaient plutôt vides (et quand je dis ça, je ne parle pas du fait qu'ils étaient mous mais aucune montée de lait ne se produisait au bout d'1 ou 2 minutes de tétée) puis était allé jouer à escalader la tête de lit (comme d'hab), pas l'air perturbé. A 9h30, il râlait et j'ai fini par compendre qu'il voulait téter. Je le mets au sein mais je lui dis "désolé mon chéri, tu vas pas aller loin, j'ai pas grand-chose à te proposer là". Il tète, lâche, re-tète, re-lâche, tète encore puis arrête mais sans s'énerver. 1/2h plus tard, il réclame à nouveau le sein. Là, je me dis, mince alors, mon bébé a vraiment faim ! Je le remets mais, bien sûr, quasiment pas de lait et un bébé qui râle un peu. Je lui dis "tu veux un biberon mon pauvre bébé ?... allez, maman va t'en faire un pour voir si ça te dit".

Il faut savoir que Pti Tonique a eu un allaitement mixte de 3 à environ 7 mois chez la nounou. Puis, avec l'introduction d'un repas solide, nous n'avions plus besoin de lait en poudre, celui que je tirais suffisait. Il n'a donc plus eu un seul biberon de lait artificiel et moi-même, je ne lui ai jamais donné de biberon - ça ne me disait pas, je préférais rester celle qui nourrit au sein et le papa était ravi de nourrir son fils à son tour.

Donc hier, avec mon bébé sur le bras, je commence à ouvrir une boîte neuve de lait en poudre et à préparer un biberon. Pti Tonique a l'air très intéressé par ce que je fais et quand il aperçoit le biberon plein que je secoue, il commence à émettre ses petits cris d' "appel à la bouffe" - qu'il fait aussi quand il veut le sein ou voit que sa purée est prête.

Je m'installe dans le canapé et lui donne. Une fois que je suis arrivée à trouver le bon réglage sur la tétine, Pti Tonique tète avec plaisir les 120 ml que j'ai préparé - je voulais pas en faire trop au cas où. Puis il en veut encore, je recommence l'opération et il en boira encore 50 ml de plus.

Si je vous raconte tout ça en détails, c'est parce que c'est tout nouveau pour moi. Je n'avais auparavant jamais donné un seul biberon à mon fils, ni ressenti l'impression que mon lait pouvait ne pas lui suffire. Je commence même à me demander si ça n'est pas pour ça que le matin, chez la nounou, il est ronchon comme elle dit (parce qu'il aurait faim du coup !!! je me sens mauvaise mère tout à coup mais quand même, je n'ai jamais eu vraiment l'impression qu'il était affamé, je l'aurais vu !) alors qu'il joue plus facilement et tranquillement l'après-midi.

Ce matin, j'ai donc réitéré l'opération et donné un petit biberon à Pti Tonique après la tétée - qui était franchement symbolique. Il n'a bu que 90 ml mais bon, c'est déjà ça, s'il avait faim !

 

Hier soir, Papa Sioux me disait que c'était peut-être le signe que l'allaitement arrivait à son terme - le genre de trucs que j'aime entendre !! Moi, ça ne me dérangerait pas que l'allaitement s'arrête maintenant, parce que j'ai le sentiment d'en avoir bien profité. Mais je préfèrerais que ça vienne de mon fils, que ça soit lui qui décide qu'il n'a plus envie, plus besoin de mon sein. Bien sûr, arrêter parce qu'on n'a de moins en moins de lait et en remplaçant peu à peu une tétée par un biberon, c'est aussi une solution naturelle, qui se fait en douceur. Mais moi, j'ai l'impression d'imposer l'arrêt à mon fils à cause de l'insuffisance de mon corps à le nourrir. Vous voyez ce que je veux dire ?

Je disais à Papa Sioux que bien sûr, si le produit miracle fonctionne, je ne vais pas m'en servir pour booster et maintenir ma lactation à coup de cures pendanr des mois. Mais plutôt pour m'aider à voir si je peux tenir encore un tout petit peu (comme Maman Sur Terre, j'ai toujours visé le cap des 1 an de mon fils), pour laisser encore un peu de temps à Pti Tonique pour se détourner de lui-même.

Là, je me sens aux portes de la fin de l'allaitement, ce seuil que j'imaginais beaucoup plus lointain, qui me paraissait flou et incertain, et que je ne me voyais pas franchir pour cause de défaillance de mon corps à produire du lait.

C'est une sorte de deuil que je me vois entamer. Je le vis d'autant moins bien quand je repense à la bouille de mon petit garçon accroché au sein de sa maman, les yeux fermés de plaisir... j'aime cette image, j'aime ces moments. Est-ce que j'en veux encore... et pour combien de temps ? Comment fait-on pour savoir qu'on est prêtes à arrêter d'allaiter ? Dois-je, ou non, relancer ma lactation ? Si ça ne fonctionne pas, je saurais au moins que j'ai tout essayé mais si ça marche... combien de temps le ferais-je ?

 

dilemme-d-allaitante.jpg

 

Mon fils a l'air d'y trouver tellement de réconfort - et sûrement que moi aussi -, je m'en voudrais de lui enlever ce réfuge, de nous priver tous deux de nos jeux d'allaitement (tirage de cheveux, caresse sur le sein, petite main dans la mienne, tête renversée et savourant la boisson tiède et apaisante, maman comblée qui se sent tellement utile...) et de ces instants si particuliers...

 

Edit : oh la la, tout à mon empressement de publier et d'avoir vos avis, j'ai oublié un point important de mes hésitations. L'arrêt de l'allaitement me permettrait certainement de voir (enfin) revenir mes cycles et ainsi, la possibilité de concevoir BB2... une idée que j'affectionne tout particulièrement ! En même temps, je me suis toujours dit que je ne voulais pas sacrifier l'allaitement de mon petit bout d'amour à une hypothétique grossesse, qui pourrait tout aussi bien mettre 1 an à se concrétiser !

 

Edit 2 : la question est judicieuse donc je précise que Pti Tonique a actuellement 10 mois et demi. Il ne tète que le matin et le soir car il a des repas solides (avec beaucoup de laitages, qu'il adore !) le midi, au goûter et le soir. En fait, il n'y a que le matin où il doit se contenter du sein et où ça a l'air de faire un peu "juste" pour lui.

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 05:26

Hier soir, en quittant le boulot, j'avais sous le bras ma grosse caisse à outils. Non, en vrai, j'avais mon tire-lait électrique Medela Lactina ancienne génération (voir cet article pour la photo de la caisse et mes débuts de tire-allaitante), loué à la pharmacie lorsque Pti Tonique avait 2 mois, pour la reprise du boulot.

7 bons mois que je tire mon lait au boulot. J'aurais jamais cru tenir autant.

Les premiers jours, je trouvais ça franchement barbant et contraignant. S'enfermer 2 fois par jour pour tirer pendant 20 à 30 minutes, est-ce que je devais tirer un sein après l'autre (ce qui me permettait d'avoir une main libre pour bosser... ou pour surfer !) ou les deux en même temps (plus rapide mais pas de main libre), est-ce que mes boss étaient conscients que je bossais quand même en même temps, est-ce que je le règle pas trop fort - il m'aspire carrément les tétons ce truc ! etc.

Puis je me suis posée de moins en moins de questions et je l'ai pris comme une pause dans mon travail, l'arrivée de mon "moment à moi" pour souffler où je m'autorisais très clairement à bloguer ou twitter, et ou je regardais - pas peu fière - au bout de quelques minutes, combien le tire-lait se remplissait, avant de comparer ma production avec celles des jours précédents et de me dire que j'étais une bonne laitière ! (faut bien s'encourager)

Personne ne m'a jamais fait de remarques sur mon lieu de travail, alors même qu'il était clair que je tirais depuis maintenant plusieurs mois. Je n'avais rien annoncé donc je ne sais pas combien de temps ils s'imaginaient que ça allait durer mais ils n'en ont jamais rien montré. Ma chef se montrait même tout à fait compréhensive quand je demandais vers quelle heure on se donnait rendez-vous parce que je devais caser mon moment tire-lait dans tout ça... (sourire gêné).

Puis Pti Tonique s'est mis à prendre un repas solide le midi et n'a plus eu besoin de le compléter par un biberon de lait. J'ai alors petit à petit réussi à diminuer ma lactation pour ne tirer qu'une fois par jour, entre midi et deux. Là, j'étais sereine, je faisais à présent cela sur mon temps de pause et m'accordait encore plus aisément quelques instants de surf en même temps.

Ensuite, Pti Tonique a réduit la quantité de son biberon du goûter, jusqu'à ne plus en vouloir du tout. Nous sommes passés aux petits suisses à la place. Moi, je me retrouvais quand même avec des seins plein la journée. Je ne souhaitais pas réduire à nouveau ma lactation et je n'y serai pas arrivée parce que mon bébé tétait encore matin et soir, mais surtout la nuit ! J'ai donc continué à tirer et quand mon congélateur a commencé à déborder, je me suis dit qu'il devait bien être possible de faire quelque chose d'utile de tout ce lait dont mon fils n'avait plus besoin. C'est ainsi que j'en suis venue à contacter le lactarium.

Mais quelques temps après, Pti Tonique s'est mis à faire ses nuits. Alléluïa ! Tout commençait à s'équilibrer. Je n'avais plus très souvent besoin de tirer le midi ou alors les quantités récoltées diminuaient.

Aujourd'hui, j'ai réalisé qu'à part un mini tirage la semaine dernière pour un engorgement passager, je n'avais plus tiré de lait avec ma "caisse à outils" depuis 2 ou 3 semaines.

Il était donc temps de faire le point.

Je remballe le matériel. Je le ramènerai à la pharmacie lyonnaise où je l'ai loué samedi prochain, afin qu'une autre jeune maman puisse avoir le bonheur de se "traire doublement". J'emmènerai au boulot mon bon vieux tire-lait manuel Avent pour soulager d'éventuels engorgements les jours où je sentirai que ça peut être nécessaire.

Je vais annoncer au lactarium que mon allaitement se termine (pas complètement bien sûr, je n'en suis pas au sevrage mais je n'ai plus de quoi tirer en quantité - simplement de quoi offrir de belles tétées-câlins à mon fils matin et soir) et que je ne suis malheureusement plus en capacité de leur fournir de lait. Mais la prochaine fois, c'est sûr, je m'y prendrai plus tôt (si je le peux) ! Dommage, je venais juste d'avoir ma carte de "mère donneuse", c'était migon !

Allez va, grosse boîte bleue, tu m'auras rendu un fier service. Pti Tonique et moi te remercions chaleureusement et te souhaitons bon vent !

 

tire_lait_Medela_Lactina.jpg

 

 

Je suis vraiment émue en terminant ce billet, c'est étrange... vivement la prochaine tétée que je me rassure !

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 05:09

Depuis que Pti Tonique n'a plus besoin que je tire de lait en journée pour lui, j'ai décidé de conserver un tirage le midi, puisque cela ne me pèse pas trop, et de le donner au lactarium. Cela permet aussi de maintenir ma lactation pour les journées où je suis avec lui et de ne pas manquer de lait pour les moments où il a envie de téter.

J'avais déjà pensé il y a plusieurs semaines au don de lait mais le lactarium étant à Lyon (pas dans le quartier le plus accessible en plus) et moi dans l'Isère, avec pas mal de route, je voyais mal comment ça allait fonctionner. Impossible pou rmoi de faire le trajet pour tirer mon lait au lactarium plusieurs fois dans la semaine.

lactarium.gif

Il y a 3 semaines, à tout hasard, j'ai tout de même appelé, pour me renseigner.

En fait, chaque lactarium couvre un secteur géographique très large - celui de Lyon couvre toute la région Rhône-Alpes, soit quand même 7 départements et une très grande superficie. Les personnes chargées de la collecte font de nombreux kilomètres en voiture pour passer récolter le lait chez les mères qui le donnent (ou dans les maternités pour les mères de bébés hospitalisés), et en profitent parfois pour en déposer du reconditionné dans les maternités qui en ont besoin.

Le lait sert aux très jeunes bébés ou aux prématurés surtout, qui ont besoin des "qualités particulières [du lait maternel] sur le plan nutritif" pour leur croissance.

 

Voici comment est ensuite traité le lait avant de servir aux tout-petits (informations issues de la plaquette du lactarium de Lyon) :

Le conditionnement

  • Lait de mères d’enfants hospitalisés : le lait placé en biberons stériles est daté et étiquetté au nom de l’enfant. Quelle que soit la quantité de lait donné par la mère, l’ensemble sera transmis uniquement à son enfant en fonction de la prescription médicale.
  • Lait de mères exédentaires : la compositon du lait est en évolution permanente dans le temps. En conséquence, le lait de plusieurs mères est mélangé, puis conditionné pour constituer un volume de 2 litres de lait de composition homogène.

Les contrôles
Ils sont indispensables pour assurer la qualité finale du lait et la sécurité des enfants qui en bénéficient.
Il s’agit d’examens sérologiques maternels (Hép B, Hép C, HIV, HTLV), ainsi que de contrôles bactériologiques sur le lait recueilli, afin de vérifier la conformité aux normes législatives.

 

La pasteurisation
Le lait subit un chauffage d’une heure à la température de 58° C, puis est rapidement refroidi.
Un ultime contrôle de stérilité est effectué avant la congélation puis le lait est conservé en chambre froide (-20° C).

 

La distribution du lait (arrêté du 1/2/2002)
Le lactarium régional Rhône-Alpes distribue le lait ainsi traité aux services de néonatologie, de gastroentérologie pédiatrique, de chirurgie, de pédiatrie générale et pour certains enfants à domicile dans le cadre d’une prescription médicale.

 

La puéricultrice passe toutes les 3 semaines récolter le lait à domicile et pour moi, c'est aujourd'hui ! Elle récupère les biberons que j'aurais remplis pendant ce laps de temps. Il s'agit de biberons de 240 ml pré-stérilisés qui sont fournis par le lactarium et que l'on doit étiqueter avec nom de la mère donneuse, date et heure de prélèvement ainsi que quantité.

Honnêtement, les conditions d'hygiène pour le prélèvement sont assez contraignantes. C'est compréhensible puisque le lait est destiné à des enfants qui sont déjà très fragiles et qu'il serait dommage de l'avoir tiré "pour rien".

Mais c'est tout de même compliqué, d'autant plus que moi, je tire toujours à mon boulot, le midi, et doit donc stériliser mon matériel chaque matin avant de partir (sachant que je suis déjà à la bourre à la base). Tirer du lait pour son propre bébé, c'est quand même plus simple (surtout quand, comme moi, on ne stérilisait rien).

Il faut également disposer d'un congélateur pour stocker le lait tiré pendant les 3 semaines et vérifier tous les jours la température de son congélateur.

Hier soir, je suis allée faire ma prise de sang, afin de s'assurer des bons résultats de mes examens sérologiques, qui détermineront si je peux continuer à donner ou non.

 

Cela dit, je ne suis pas sûre de parvenir à donner encore longtemps. Déjà parce que c'est contraignant en termes d'organisation et d'hygiène, ensuite parce que depuis que Pti Tonique ne réclame plus le sein la nuit, ma lactation peut s'équilibrer sur le rythme tétée le matin + tétée le soir et je pourrais donc supprimer le tirage du midi.

Enfin, c'est ce que je croyais et m'apprêtais à faire. Sauf que ce week-end, je me suis aperçue qu'il l'avait bien relancée, ma lactation, à force de "câlins"... Lundi et mardi, j'ai été absolument obligée de tirer pour cause de fort taux de remplissage mammaire (bin oui, pas encore de lactation automatique par ici... c'est possible que ça ne vienne jamais ?) !

A suivre donc...

 

Edit : une réponse à ma propre question, suggérée par Eve : Pour en finir avec le mythe de la lactation automatique

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 08:00

Le mercredi, c'est ravioli !

 

Non, en vrai, le mercredi, c'est journée privilégiée entre Maman Sioux et son Pti Tonique donc pas le temps (vous me comprendrez) de bloguer. Je vous ressers donc mon récit d'allaitement initialement rédigé en réponse à l'appel à témoignages de Maman Sur Terre, qui l'a aimablement publié il y a environ un mois.

Bonne lecture !

 

 

Maman sur Terre a lancé un appel à contributions sur l'allaitement, je suis très heureuse d'y répondre. J'espère être un exemple supplémentaire qu'il existe autant d'histoires d'allaitements que de couples mère/enfant et qu'il est donc important de se faire confiance et d'aller au bout de son envie.

 

Depuis que j'ai commencé à réfléchir à la question et à voir des bébés dans mon entourage, je me suis dit que j'allaiterais. Ca me paraissait évident et beau, en plus d'être "naturel". C'était un rituel et des gestes que je me voyais déjà faire, en peau à peau avec mon bébé, je sentais que ça serait magique.

 

Pendant ma grossesse, quand on me posait la traditionnelle question (enfin, UNE des traditionnelles questions auxquelles les futures mères n'échappent pas, en plus de "t'as pris combien de kilos ?" et "vous avez trouvé le prénom ?"), "tu vas lui donner le sein ou le biberon ?", je répondais donc que je comptais allaiter.  Et là, j'avais tout de suite droit aux histoires les plus catastrophiques connues de mes interlocuteurs, entre celle qui n'avait "pas de lait", celle dont le lait "n'était pas assez nourrissant", dont le bébé ne grossissait pas, etc etc. Bref, on ne peut pas dire que cela me rassurait mais je restais convaincue de mon choix, seulement je commençais à comprendre que cela constituerait peut-être un combat !

 

(au passage, j'en profite pour recommander le livre du Dr Marie Thirion à celles qui ne le connaitraient pas, mais également le site Santé allaitement maternel dont la plupart des contenus ont été rédigés par l'auteure précitée)

 

Quand Pti Tonique est né, dès la salle de naissance, j'ai voulu le mettre au sein, comme recommandé pour "donner les meilleures chances à l'allaitement" (la phrase qui rassure, déjà...). Ca ne l'intéressait pas du tout, tout ce qu'il voulait, c'était regarder autour de lui et sucer son pouce (ce qu'il n'a jamais refait pendant les mois qui ont suivi !!).

Puis dès qu'il pleurait et manifestait l'envie (selon moi) de manger, je lui reproposais le sein. Il paraissait en avoir envie mais n'arrivait pas à le prendre et s'énervait, pour finir par pleurer encore plus. Au début, les puéricultrices et sage-femmes de la maternité me disaient de ne pas m'en faire parce que de toutes façons, il n'avait pas particulièrement besoin de manger pendant les premières 24h, il avait ce qu'il fallait.

Au bout de 24h, ça ne marchait toujours pas et je commençais à ne pas très bien le vivre... Je me remémorais les phrases des bouquins qui expliquaient que le réflexe de succion était inné chez le nouveau-né, que c'était par ailleurs nécessaire à sa "survie", que dès la sortie du ventre, il rampait en direction du sein de sa mère qui avait la même odeur que le liquide amniotique, etc. C'était peut-être censé rassurer celles qui craignaient ne pas savoir comment faire mais quand c'est le bébé qui n'a pas l'air au courant que "ça dépend de sa survie", ça commence à plonger la maman hyper accro à l'allaitement (genre si j'y arrive pas, je le vivrai comme un cuisant échec) en plein désarroi.

 

J'ai donc à nouveau demandé de l'aide.

La sage-femme qui était disponible à ce moment-là a donc tenté de faire comprendre à mon bébé comment téter en me prenant le sein d'une main (et en le pinçant dans sa main pour rendre l'extrémité plus facile à attraper... super agréable) et en prenant la tête de mon bébé de l'autre pour l'amener sur le sein.

Je vous laisse imaginer le succès d'une telle technique, surtout avec un bébé comme Pti Tonique qui allait s'avérer fortement réfractaire à toute forme de contrainte...

 

Pour finir, elle m'a proposé un bout de sein en silicone, plus facile à attraper pour bébé. Mais ça ne l'inspirait guère plus, il ne savait pas quoi en faire. Avec une seringue, la sage-femme a  glissé quelques gouttes de lait maternisé liquide à l'intérieur du bout de sein et sur la langue de mon bébé. Il a fini par comprendre et se mettre à téter, faisant (enfin) couler mon lait jusqu'à lui, via le bout de sein ! Mais ça a pris quelques tétées pour qu'il se rappelle à chaque fois quoi faire de ce bout de silicone qu'on voulait lui fourrer dans la bouche...

 

Je précise que mes seins n'avaient pas de malformation particulière comme on peut l'entendre parfois (certaines auraient des bouts de sein pas assez "saillants" ou je ne sais quoi, voire le livre précité pour la destruction ou du moins l'atténuation de toutes ces idées reçues), simplement mon bébé ne parvenait pas à ouvrir la bouche suffisamment grand pour englober tout le mamelon et avait tendance à relever sa langue au moment de l'attraper, au lieu de la placer sous le mamelon pour le stimuler. Il avait apparemment pris l'habitude de téter sa langue in utero et ça n'aidait pas..

 

En sortant de la maternité, j'étais contente que mon bébé puisse avoir mon lait malgré tout mais je craignais aussi beaucoup qu'en prenant l'habitude du bout de sein artificiel, il ne parvienne jamais à téter mon sein, qui n'a quand même pas tout à fait la même forme ni la même texture !

 

Ameda_Bout_de_sein.jpg

 

En plus, pour me rassurer, on m'avait répété que l'allaitement mettait nécessairement quelques jours à se mettre en place (au début, on m'avait dit 3 jours, puis c'est devenu 1 semaine), mère et bébé devant trouver leur rythme, leur mode de fonctionnement et de communication, etc. Mais le temps passant, j'avais largement dépassé la semaine de "mise au point". Et dans ces moments-là (i.e., les premières semaines avec un premier bébé), le temps paraît évidemment toujours plus long que rétrospectivement...

Je me voyais aussi obligée de nettoyer mon bout de sein artificiel après chaque tétée, ce qui n'était pas dramatique mais un peu contraignant, pour moi qui voyait également dans l'allaitement l'avantage de ne pas avoir de préoccupation matérielle de ce type lors des repas, ni de biberonnerie à nettoyer/stériliser.

Je devais également emmener mon bout de sein partout et je ne trouvais pas ça très pratique pour allaiter en public ; ça enlevait un peu de son "charme" initial à l'allaitement.

 

Je reproposais régulièrement le sein à mon bébé et même si ses tentatives étaient plus poussées que les premiers temps, il finissait toujours par s'énerver dessus et pleurer de frustration (et de faim). Finalement, un jour où je l'avais laissé s'énerver un peu sur moi (au niveau de mon cou), il a glissé un peu et s'est retrouvé au niveau de mon sein. Et là, dans cette position de petit crapaud ramassé, il a attrapé mon sein et s'est mis à le téter avidement. J'étais aux anges !!!

Sauf que pendant les 2 jours suivants, il n'y est plus arrivé.

Bref, cela a pris encore quelques jours à alterner entre bout de sein et proposition de sein en direct (qu'il acceptait ou refuser selon les fois) pour que finalement, 3 semaines après sa naissance, il parvienne enfin à téter "normalement", pour mon plus grand bonheur !!

 

Par contre, un conseil qui m'a été utile pour ses débuts de tétée "en direct", c'était de vider un peu (3 ou 4 mouvements d'extraction) le sein avant de le donner au bébé parce qu'avec la montée de lait, les seins sont tendus et les bouts s'en retrouvent effectivement aplatis. Cela aidait mon bébé qui n'était pas encore très assuré.

Mais par la suite, je n'ai plus eu besoin d'effectuer cette manipulation, la faim le motivait suffisamment pour qu'il arrive à prendre le sein dans n'importe quelles conditions et quel que soit son état de tension !

 

Et heureusement, les débuts ne présagent pas forcément de la suite puisque maintenant, Pti Tonique est le roi de la transition sein/biberon, biberon/sein, un vrai jeu d'enfants pour lui et je l'en remercie !

J'ai effectivement dû reprendre le travail quand il avait 2 mois et demi et j'ai donc pris le rythme de tirer mon lait 2 fois par jour au boulot pour le confier à sa nounou. De cette façon, non seulement il a toujours mon lait (et toutes les bonnes petites choses qu'il y a dedans !) mais en plus, je maintiens la lactation et peux lui donner le sein les jours où nous sommes ensemble, autant de fois que nécessaire.

 

Je m'étais promis de l'allaiter (exclusivement) au moins 6 mois pour des raisons de gros antécédents allergiques familiaux puis de continuer le temps de la diversification et puis que je verrais.

Finalement, comme le disait quelqu'un sur ce blog il y a quelques temps, c'est vrai qu'après quelques mois, on pratique un allaitement très différent des débuts (qui sont contraignants en termes de disponibilité "corporelle" si je puis dire) où l'on savoure d'autant plus chaque tétée que celles-ci sont plus espacées (4 ou 5 par jour actuellement). Je dois dire que parfois, quand Pti Tonique "torche" ça en 10 minutes, c'est presque moi qui reste sur ma faim !

 

Il a donc 6 mois et demi aujourd'hui et je souhaite continuer à l'allaiter aussi longtemps que j'y prendrai du plaisir, que lui le souhaitera, que cela nous fera du bien à tous les deux.

C'est vraiment une expérience formidable, que j'espère pouvoir réitérer aisément pour ses futurs frères/soeurs !

 

Un dernier point pour que mon témoignage soit complet... Je ne veux pas lancer de débat parce que comme pour le choix sein/biberon, chaque choix est respectable (et le meilleur choix est celui qui permet à la mère et au bébé de s'épanouir), mais j'ajouterais que dans mon cas, le cododo m'a aussi permis de tenir le coup sur la durée. Nous l'avons pratiqué jusqu'à ses 2 mois et demi et ça m'a permis de me fatiguer (un peu) moins la nuit : lui tétait pendant que moi je me rendormais.

 

Pour finir, je voulais juste dire que si on a très envie d'allaiter, il ne faut pas hésiter à demander conseil, il est nécessaire de s'entourer de personnes bienveillantes, de mamans qui ont eu des allaitements dits "réussis" (forcément, c'est plus encourageant) et ne pas hésiter à faire appel aux conseillères en lactation de votre région.

 

Bonne continuation à toutes.

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 09:09

Ici, il ne sera question que de tirage de lait ou "traite" pour celles que ça fait rire. L'allaitement est un postulat de base et pour ce qui est de parler de ses joies, je vous renvoie à l'excellentissime artikeul de Marie.

Pour ce qui est d'allaiter en travaillant, il y a aussi ces très sympathiques billets : lui et lui.

Moi, je vais juste parler de ma propre petite expérience, histoire de !

 

Commençons par le commencement... Comme je l'ai dit, "Pti Tonique" a débarqué dans ma vie il y a 6 mois.

J'ai toujours su que je voulais l'allaiter, même si les débuts n'ont pas été évidents (mais cela fera l'objet d'un autre post).

Puis, Pti Tonique ayant une famille avec des antécédents allergiques, il convenait de le nourrir exclusivement de lait pendant 6 mois, de préférence le lait de sa môman bien sûr.

En bonne Maman Sioux, je m'étais renseignée et avait demandé à mon gygy préféré de me faire une ordonnance pour louer un tire-lait électrique en pharmacie, avec lequel je pourrais m'éclater tirer mon précieux lait 2 fois par jour, une fois que j'aurais repris le travail.

 

Alors au début, moi aussi je me disais "ouh la la, tirer son lait au boulot, 2 fois par jour, My God... comment vais-je présenter ça à ma direction ? Comment vais-je concilier ça avec une journée de travail normale ?" "Tout le monde va voir mes pots de lait dans le frigo de la cuisine commune, bonjour l'intimité..."

Mais bon, j'étais quand même un peu motivée et je me suis dit "faut essayer, on verra combien de temps je tiens".

 

En sachant qu'au pire, Pti Tonique aurait eu du lait en poudre la journée chez la nounou et j'aurais pu conserver les tétées du matin et du soir... et de la nuit (eh oui, vous croyez quand même pas qu'il allait faire ses nuits à 2 mois et demi... et il ne les fait toujours pas à 6 mois !! Mais bon, je ne suis pas encore la plus à plaindre semble-t-il).

 

A mon retour de congés mat', j'ai donc annoncé ça à ma direction (bon, je travaille dans une PME donc ma direction, c'est pas non plus un nombre incalculables de n+1, n +2, etc. C'est juste 2 ou 3 personnes qui travaillent dans les bureaux à côté du mien et à qui je parle 10 fois par jour) que j'allais devoir tirer mon lait 2 fois par jour. Finalement, ça ne les a pas défrisés du tout (limite s'ils s'en tapaient pas !) même si personne ne l'avait fait avant moi donc c'est cool de ce côté-là.

Après, il fallait avertir les collègues...

Il y a donc :

 

1/ les collègues qui savent

Mes voisins de bureau, je me suis empressée de leur expliquer (ça, c'est fait) que 2 fois par jour, ma porte de bureau serait fermée (oui, je suis une privilégiée, pas d'open space mais un bureau à moitouteseule... cela dit, j'en connais qui ont tiré leur lait en open-space. Mais perso, je sais pas si j'aurais pu !) et que j'allais tirer mon lait parce que j'allaite.

A quoi j'ai récolté un morne "ok", genre "elle est obligée de me raconter sa vie ou bien ? Toutes façons, j'y vais jamais dans son bureau".

 

Mais il y en a aussi qui par la suite, non contents de savoir, font leurs curieux et de te demander :

"Et sinon, tu tires combien de ml ?" (déjà, pour quelqu'un qui n'a pas d'enfants, il a le mérite de savoir que c'est en millilitres)

Moi, je préfère devancer la blague vaseuse (que celle qui n'y a jamais eu droit lève la main) :

"Tu veux savoir si je suis une bonne laitière ?!"

(en passant, j'aurais jamais cru sortir cette phrase-là à mon - cool mais néanmoins - boss, un jour)

"Ouais, reprend-il, parce que moi, j'avais une amie, elle tirait 80 ml".

"Ah ah, ne puis-je m'empêcher de m'exclamer, moi, mon record, c'est 250 ml sur une traite un tirage."

 

Bin oui quoi, quitte à être vue comme une vache, autant en tirer un peu de gloire. et bien ce jour-là, j'ai vu de l'admiration sur le visage de mon boss !

 

2/ et pour finir, il y a ceux qui ne savent pas

Parce qu'en temps normal, ils n'ont rien à faire dans mon bureau et que bon, je ne vais quand même pas convoquer une réunion pour l'annoncer à toute la boîte... (et qu'à amener dans une conversation individuelle avec un collègue mâle d'une cinquantaine d'années... je voyais pas trop quoi !).

 

Donc ceux-là, comme par hasard, la seule fois de ta vie où ils vont venir te voir, la porte sera fermée.

Ledit collègue frappe donc, essais d'entrer. Comme ça ne s'ouvre pas et qu'il n'est pas une mauviette, il insiste et avec force s'il vous plaît !

"c'est fermé ???"

(je crois bien que oui)

"oui, je suis occupée"

C'est pas grave, il essaie encore une fois. Puis repart.

 

Un autre jour, c'est un autre qui après 2 essais lance aussi "c'est fermé ??"

"oui, c'est normal" (Je ne vais pas crier "oui, je suis en train de tirer mon lait !!" à la cantonnade)

"hein ?"

" c'est normal...." (je vois pas quoi dire d'autre là)

Il se lasse et part.

 

En plus, limite ils m'ont réveillée !!

Et oui, parce que comme la nature fait bien les choses, quand bébé boit ton lait ou que tu le tires, ton corps produit je ne sais plus quelle hormone qui stimule la lactation mais favorise aussi l'endormissement. Ca, c'est pour aider les mamans crevées à se rendormir après la (chouette) tétée de 3h du mat'.

Mais pour le tirage du 10h du mat au boulot, avec un contrat de 20 pages à relire, comment dire... c'est moins adapté !

 

Enfin, le conseil Sioux du jour :

 

Quand tu iras chercher ton tire-lait à la pharmacie avec l'ordonnance de gentil gygy, regarde ce qu'ils ont en stock, pour avoir de préférence ça :

symphony2.jpg

le beau tire-lait de la working maman "dans le vent".

 

Et pas comme moi le gros tire-lait électrique LactinaPlus

medela-lactina-electric-plus.jpg

avec sa magnifique mallette de transport (seyante, non ?)

Mallette LACTINA

que tes collègues se demandent si tu viens bosser avec ta caisse à outils ou quoi !!

(et autant dire que maintenant, il y est, il y reste au boulot... vive le petit tire-lait manuel Avent pour la maison).

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Une Indienne Dans La Plaine

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  • : J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
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