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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 11:00

Bonjour chers détenteurs de neurones !

 

Nous voilà à moins de 2 semaines de la tenue des 2e rencontres IRL des Vendredis Intellos : il est temps que je vous en parle !

En 2013, nous avons choisi de centrer notre débat interactif et les interventions de nos invités sur le thème suivant :

La co-éducation : parents, grands-parents, famille élargie, école, associations de parents, institutions de soutien à la parentalité… vers une nouvelle communauté éducative ?

Comme l'an dernier, les rencontres ont lieu à Lyon où nous avons établi quelques partenariats qui nous facilitent grandement l'organisation de l'évènement.

Mais comme nous n'avons pas peur de bouger et souhaitons aller à la rencontre de tous nos lecteurs et contributeurs, j'ose vous révéler que les rencontres 2014 auront lieu à Toulouse !!!

Inscriptions en ligne jusqu'au 25 octobre 2013

 

chorale-copie-1.png

 

Mais pour l'heure, nous disions donc... Co-éduquons !

Dès le vendredi 1er novembre, nous accueillerons les premiers arrivants et participants locaux autour d'un buffet dinatoire sur les lieux même de la rencontre : la Maison de l'Education et de la Jeunesse de Lyon 4e.

Samedi 2 et dimanche 3 novembre 2013, on entre dans le vif du sujet, grâce aux interventions de nos 4 invités.

N'hésitez pas à consulter l'intégralité du programme sur le blog des Parents 2.0 :

Le programme

Comme l'an dernier, nous avons pensé à ceux qui ne pourraient pas venir mais que ces conf'ateliers intéressent : nous organiserons un live-tweet à l'aide du hashtag #VI2013 => notez-le bien !

Ce qui m'amène logiquement au fameux concours mentionné dans le titre de ce billet.

 

L'idée, c'est de vous proposer de poser la question de votre choix à l'un des invités.

Pour cela, nous nous sommes répartis le travail :

  • chez Mentalo, vous pourrez préparer une question pour Christine Castelain-Meunier, au sujet de son intervention 
  • chez Une Jeune Idiote, vous pourrez questionner Brigitte Farjas sur son intervention intitulée "Ces histoires qu’on raconte aux enfants: la subjectivité et l’imagination comme fil conducteur de la transmission et co-éducation au sein de la famille élargie"
  • chez  LMO, vous pouvez déposer une question pour Jean-Pierre Lepri

Ici, vous pouvez vous adresser à Marie-Christine Blanc, qui interviendra sur le rhème "La co-éducation : un enjeu de société ?". marie-claude-blanc.jpg

Marie-Christine Blanc est chargée de mission à l'ACEPP. 

L'Association des Collectifs Enfants - Parents - Professionnels (ACEPP) est issue du mouvement pour les crèches parentales, né dans les milieux étudiants des années 70. Elle promeut l'implication citoyenne des parents. Son champ d'action privilégié est l'accueil des jeunes enfants, mais l'association développe également une thématique plus large autour de la parentalité tout au long de la vie, notamment via les Universités Populaires de Parents (UPP).

 

En effet, la mise en oeuvre de la coéducation renforce les parents dans leur place de citoyens, interlocuteurs des institutions, des collectivités territoriales pour favoriser le vivre ensemble et produit des bénéfices pour chacun des acteurs (enfant, parent et professionnel).
Aujourd’hui les politiques publiques encouragent la participation des habitants et toutes les institutions chargées d’éducation doivent engager une réflexion sur la place des parents et des usagers. Nous aborderons alors comment cette place peut être facilitée et surtout « comment les parents peuvent prendre la place qu’ils souhaitent »…

 

Curieux, inspirés ? Dîtes-nous ce que cela vous inspire, faîtes nous part de vos expériences de l'accueil des jeunes enfants (en crèches parentales ou pas), de vos réflexions autour de cette idée de co-éducation, du fait qu'on n'élève pas seuls nos enfants, qu'on le veuille ou non.....!

 

Alors, comment ça marche ?

  • Pour participer, laisser un commentaire sous ce billet, avec votre question,
  • au plus tard le lundi 28 octobre inclus.
  • Nous tirerons une question au sort et annoncerons le-a gagnant-e le mardi 29 dans la journée.

Tous les partages et retweets sont les bienvenus : nous en avons vraiment besoin. MERCI !

 

Neuronement votre, à bientôt !

 

 

macaron-2013-J-en-suis.jpg

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 10:58

Il y a quelques mois, je me suis décidée à m'inscrire aux ateliers Faber & Mazlish, organisés par Sandrine de S Comm C, sur le (vaste) thème : "Parler pour les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent".

J'avais découvert les auteurs du livre éponyme grâce à mes lectures bloguesques il y a quelques temps et j'avais acheté, il y a un certain temps l'un de leurs ouvrages : "Parents épanouis, Enfants épanouis". J'en avais d'ailleurs déjà parlé pour l'un des premiers Vendredis Intellos (wahou, c'était en septembre 2011, déjà !!) : ENV et rôle de l'enfant.

Si, en théorie, je suis assez adepte et réceptive à cette vision de la communication parents-enfants, je dois avouer que la mise en pratique au quotidien m'a toujours paru peu instinctive, voire carrément laborieuse. D'où l'intérêt des ateliers, avec le grand espoir de remplacer peu à peu les automatismes hérités de mon enfance par des automatismes que je juge plus positifs et respectueux.

 

parents-epanouis-enfants-epanouis

 

Des résumés ou avis concernant les ouvrages comme les ateliers qui en sont issus, je pense que l'on peut en trouver beaucoup sur Internet - et notamment ces articles sur les Vendredis Intellos (liste non exhaustive) :

*** 

Les ateliers sont donc organisés en 7 séances à thèmes. Le premier de ces thèmes a trait au fait d'aider les enfants aux prises avec leurs sentiments pénibles.

Je ne veux pas "spoiler" les ateliers - même si je reste persuadée que peu importe ce que je dirai, rien ne vaut d'y participer soi-même - mais surtout raconter combien leur mise en pratique à la maison avec Pti Tonique me paraît parfois spectaculaire (oui, rien que ça) (je te vends du rêve, je sais !).

Parmi les outils évoqués lors de cette première séance, il y en a 2 que j'utilise maintenant régulièrement :

  • décrire le sentiment plutôt que le nier (en réalité, je connaissais déjà cet outil depuis qq temps, je m'efforçais de l'utiliser notamment pour reconnaitre la peur et la colère mais jamais cela n'avait autant porté ses fruits),
  • et utiliser l'imaginaire pour donner à l'enfant ce qu'il ne peut pas avoir. Un outil que j'ai également utilisé pas plus tard qu'hier soir non pas pour donner à mon fils ce qu'il ne pouvait avoir mais pour tempérer son impatience (exemple à suivre...).

***

Situation 1 : reconnaissance des sentiments

C'est l'heure du bain. Tandis que je déshabille sa soeur sur la table à langer, Pti Tonique n'est pas trop pressé de se déshabiller lui-même et a trouvé beaucoup mieux pour s'occuper : le vieux tuyau de vidange de la baignoire de bébé, avec lequel je ne veux pas qu'il joue parce qu'il est sale et tout moisi à l'intérieur (oui, j'aurais aussi pu le laver et le mettre à ailleurs mais bon... hein... voilà quoi !!) (si si, je suis sûre que vous comprenez). Commence donc le (passionnant) dialogue suivant :

  • Pti Tonique, laisse ce tuyau ! Arrêtes de jouer avec, il est sale !

Il continue à trifouiller l'embout. Je lui demande de se déshabiller. Il me répond :

  • Mais !!! Je veux pas te parler ! (phrase type du Pti Tonique pas content)

Et continue de tripatouiller l'embout. Et là, JE TENTE (sans grande conviction) :

  • Oui, tu es frustré parce que tu voulais jouer avec le tuyau.

Aussitôt, il se tourne vers moi, tend les bras en l'air et me répond :

  • Est-ce que tu peux m'enlever mon t-shirt ?

Je ne dirais qu'une chose : WA-HOU !!!! Mais avec plaisir mon chéri !!!!!

Là, on vient juste de s'économiser 10 min de palabres, énervement, menace et frustration, je vous le garantis. Yessss !

 

Situation 2 : imagination

Nous sommes tous les 4 en voiture, on rentre à la maison et c'est l'heure du déjeuner. Pti Tonique a faim et dit qu'à midi, il veut manger de la pizza. Manque de bol, j'ai prévu un gratin de gnocchis. Je commence à lui expliquer, je reformule et reconnais son envie de pizza mais réaffirme que nous n'en mangerons pas à midi, ce sera des pâtes. Pti Tonique n'est pas satisfait et continue à réclamer (en boucle) de la pizza.

Je me dis que c'est le moment de tenter le coup de l'imagination.

  • Je vois que tu as envie de manger de la pizza. Tu voudrais quoi sur ta pizza si tu en mangeais ?
  • Du jambon !!!
  • Ok, du jambon. Et quoi d'autre ?
  • Que du jambon !
  • Peut-être aussi du fromage ?
  • Non, de la pizza et du jambon !!
  • Ok... (well well well, on rebondit comment déjà, après ?!)

Là, je ne sais plus comment poursuivre. Je sens qu'on a pas trop atteint le degré de l'imaginaire mais plutôt celui du "passage de commande". Je crains qu'il n'ait compris qu'on allait vraiment acheter ue pizza mais pour l'instant, il ne réclame plus. 10 min après, Mr Sioux a le malheur de reprononcer le mot "pizza" et là, Pti Tonique ayant l'oreille fine (et la voiture étant un espace clos relativement restreint), il se remet à réclamer. Pas de solution trouvée, il râle. => ECHEC.

 

Entre temps, je me suis rendue à l'atelier n°2 et lors du débriefing, notre formatrice a bien insisté sur le fait que pour utiliser l'outil de l'imaginaire, il fallait vraiment mettre le paquet, ne pas hésiter à partir dans de gros délires : "plus c'est gros, plus ça marche"... et plus ça les détourne (au moins temporairement) de la frustration initiale.

 

Situation 3 : imagination (try again !)

Nous sommes à nouveau en voiture. Nous sommes allés rendre visite à une gentille maman (lectrice du blog - Coucou Anne-Laure !) à 45 min de chez nous. A l'aller, j'avais vu des poules sur le bord de la route mais Pti Tonique n'ayant pas un temps de réaction assez court, il les avait loupées, le temps que je lui dise de regarder. Du coup, on s'était promis que je les lui montrerai à nouveau au retour. Manque de bol, pour la même raison qu'à l'aller, il les rate.

Of course, la première fois, ça passe. La 2e fois, c'est trop. Grosse frustration, déception, début de pleurs, il VEUT voir les poules. En plus, sa soeur s'est endormie et j'ai tout sauf envie qu'il la réveille avec ses gémissements et râleries (tu le sens là, le stress qui monte?)

Après avoir tenté de le raisonner : "Attends, peut-être qu'on va en voir d'autres, bla bla bla, etc", je tente le tout pour le tout :

  • Bah oui, c'est vrai ça, elles sont où les poules ?!
  • Oui, elles sont où ? reprend-il en se redressant dans son siège et en regardant de tous côtés
  • Bah alors les poules, vous êtes où ? On vous cherche nous ! Pti Tonique n'a même pas eu le temps de vous voir ! Allez, venez les poules ! Nous on veut les poules ! Nous, on veut les poules !!

Là, c'est l'extase, il se met à réclamer les poules avec ferveur et en rigolant. Je continue dans mon délire :

  • Oh nooon ! Mais les poules elles n'arrivent pas à nous rattraper, elles ont de trop petites pattes !

Et il enchaîne, à ma grande surprise :

  • Bah faut prendre une voiture les poules !

Et le délire continue de plus belle : je m'étonne de ce que les poules aient une voiture, il répond qu'elles vont aller en acheter une. Je demande si les poules ont des sous, il répond que oui. Puis on se demande si toutes les poules vont pouvoir tenir dans une voiture, il répond qu'elles vont aller acheter un camion. Puis qu'il va aussi falloir un camion pour les coqs.

A un moment, j'ai un (petit) doute, je me demande s'il ne s'attend pas (vraiment) à voir les poules nous suivre en camion. Mais c'est alors qu'il me dit en pointant le doigt par sa fenêtre "Oh regarde, sont là les poules, elles nous suivent !!!"

Après ça, il a été question que les poules nous suivent jusqu'à la maison, qu'elles viennent prendre le bain avec nous et qu'elles dorment dans le salon. Pti Tonique leur avait d'ailleurs acheté un lit qui était dans notre coffre. Etc etc.

Bon, faut pas manquer d'énergie hein, c'est sûr !! Parce que Pti Tonique, il adore les délires et après, il lâche plus. On a parlé des poules pendant un bon moment et il les a même à nouveau évoquées pendant les jours qui ont suivi, comme de nouvelles amies imaginaires.

Et franchement, le trajet en voiture fut bien plus agréable que si l'échange était resté sur un dialogue de sourd "j'essaie de le raisonner/il s'en fout, il est frustré" puis "il râle/je m'énerve" et enfin "sa soeur se réveille et pleure/je suis encore plus énervée et on finit le trajet dans les cris et les pleurs"...

[Attention, séquence honnêteté : je ne suis pas capable de jouer le jeu tous les jours, à n'importe quel moment. Il y a des jours où je n'ai pas le courage de me lancer là-dedans, c'est clair ! Des jours où les idées ne viennent pas, où je ne suis pas d'humeur. MAIS je sais que j'ai cet outil à ma disposition et il marche plutôt bien. C'est franchement salvateur de l'avoir toujours "à portée de main".]

 

Situation 4 : reconnaître les sentiments / envies

C'est l'heure du bain. Je suis dans la cuisine et je prépare à manger. Pti Tonique joue non loin de moi, par terre, avec les accessoires de l'aspirateur. Mr Sioux est monté au bain avec l'Iroquoise et attend Pti Tonique, qui ne semble pas trop décidé à monter tant son occupation lui plaît.

Son père l'a déjà hélé d'en haut plusieurs fois et je réitère la consigne comme quoi il faut aller au bain, c'est l'heure, etc. Il s'en fiche. Je tente :

  • Je vois bien que tu préfèrerais continuer à jouer avec les trucs de l'aspirateur.

A ces mots, il se lève et me dit :

  • Tu les touches pas maman ! D'accord ? Tu les laisses là !!
  • Oui mon chéri.
  • Tu les bouges pas comme ça je les reprendrai après le bain ! D'accord maman ?
  • Ok mon chéri, pas de problème.

Et il part au bain !

C'est beau, hein ?! Moi ça me bluffe.

 

Et en même temps, en y réfléchissant, rien de plus logique. Je crois que nous avons plus ou moins les mêmes réactions en tant qu'adultes, en tant qu' "êtres humains", tout simplement.

Déjà, à la base, peu de gens aiment s'entendre dire ce qu'ils doivent faire. Pourtant, il y a des règles dans la vie, des moments de la journée pour chaque chose, on s'y conforme bon gré mal gré. Et quand on sent "juste" que les autres entendent nos sentiments, qu'ils ne cherchent pas à en faire fi, même s'ils n'y répondent pas par des conseils ou de solutions, on se sent exister, tout simplement.

 

sticker pingouin coeur - piknic

 

Situation 5 : imagination/exagération (contexte "impatience")

C'est le repas du soir. Pti Tonique veut son morceau de Cousteron, mais il ne le veut pas coupé en petits morceaux comme d'habitude, il le veut "gros", pour mordre dedans. Et comme toujours, nous n'avons pas eu le temps de nous lever pour nous rendre au frigo prendre le fromage qu'il est déjà en train de se lamenter et de réclamer son morceau en geignant et en boucle. Usant pour les nerfs.

Hier soir, plutôt que de l'exhorter pour la énième fois à patienter, parce que tu vois bien qu'on est en train d'aller le chercher de le couper ton fromage (b*rd*el de m*rde !!!!!), je lui ai dit :

  • Toi tu veux un GROS bout de fromage.
  • Oui, un GROS !
  • Un ENOOORME même, non ?
  • Ouiiiii !!! (joie, excitation)
  • Tu veux un bout gros comme la chaise ?
  • Hihihihi, oui, gros comme la chaise !! (humeur joyeuse, il s'éclate)
  • Non, je sais : plutôt un bout gros comme la voiture !!!

Là, il est trop content, il trouve ça super rigolo et (heureusement), quand je lui ai coupé son morceau, il ne m'a pas dit qu'il n'était pas aussi gros que la voiture et que ça n'allait pas. Il était juste content d'avoir son fromage dans les mains.

Et moi, j'avais évité de râler. Et lui, il s'était amusé. Et personne n'avait crié. Et on était tous détendus (jusqu'à ce qu'il renverse son verre d'eau mais... PASSONS !! C'était un accident hein).

***

Je trouve que l'intérêt de ces ateliers, c'est que le nombre de séances permet d'avoir un retour sur sa mise en pratique personnelle, afin de se réjouir des succès et de comprendre ce qui n'a pas fonctionné lors des tentatives d'utilisation des outils. 

Cela permet aussi de mieux comprendre certains éléments psychologiques des rapports humains, applicables pas seulement dans les rapports parents-enfants mais aussi dans les rapports quotidiens entre adultes.

Cela permet de comprendre pourquoi le fait d'accompagner le sentiment est plus rassurant pour celui qui l'éprouve que de l'entendre nier

Exemple vécu : "il ne faut pas avoir peur, le chien est gentil tu sais, etc" => CERTES, mais l'enfant a peur quand même et en essayant de le rassurer, on ne fait que lui dire "tu ne DEVRAIS PAS avoir peur". Il ne s'en trouve pas vraiment aidé. Si on lui dit "je vois que tu as peur du chien, viens, je te porte et on va se mettre un peu plus loin", il y a fort à parier qu'à force, il finira par se rendre compte de lui-même que le chien ne lui fait rien et fera des tentatives d'approche, à son rythme.

***

Le week-end dernier, en voiture, j'ai enfin eu le temps de commencer à raconter les ateliers à Mr Sioux. Du coup, il s'est immédiatement mis à l'application (et vu la longueur du trajet, la fatigue de tout le monde et les frustrations, ce n'était pas du luxe) et il s'est même amusé à le faire "sur moi". A un moment, j'étais retournée vers la banquette arrière et je fouillais dans le sac au pied de Pti Tonique, dans lequel il venait de faire tomber sa sucette. Je commençais à m'énerver parce que je ne la trouvais pas et que c'était franchement le b*rdel dans ce sac. Et Mr Sioux m'a dit : "C'est vrai que c'est le bazar dedans !!". Et bin ça m'a fait tout drôle ! Je me suis retournée et je l'ai regardé, surprise! Moi-même, dans la situation inverse, je lui aurais plutôt dit d'arrêter de s'énerver parce que ça ne servait à rien (et que ça me stressait). Et là, de sentir qu'il était d'accord avec moi, qu'il "reconnaissait" ou "légitimait" mon énervement, ça a instantanément fait baisser la pression... je vous jure ! J'ai fini par démonter mon appui-tête pour y voir mieux et j'ai trouvé la sucette 30 sec plus tard. 

***

Ce qui n'est pas inné chez moi, c'est de me dire que de nommer le sentiment, de le reconnaître, ne va pas l'amplifier ou donner l'impression à mon interlocuteur que je remue le couteau dans sa plaie, comme l'évoque très bien cet extrait du livre : 

Il semblait y avoir une limite interne à cette tendre théorie qui suggère d'accepter les sentiments de nos enfants. Ca fonctionne certainement pour les petits problèmes, comme un doigt égratigné, un jouet perdu ou une déception à la suite de l'annulation d'un pique-nique pour cause de pluie. Mais que faire en cas de blessures graves, comme une vraie perte, la mort d'un animal de compagnie adoré, ou un rejet de la part d'une amie ? Est-ce approprié ou même utile de revenir sur ces sentiments ? Ne cause-t-on pas plus de tort que de bien en rouvrant ces blessures ?

[...] [Haim Ginott a dit] J'aimerais connaître le moyen de convaincre les parents que la souffrance peut entraîner de la croissance, que la lutte peut renforcer le caractère. Les parents veulent tellement le bonheur de leurs enfants qu'ils les privent souvent des expériences de maturation associées à la déception, à la frustration et au deuil. "Ne pleure pas, disent-ils, nous irons te chercher un autre chien".

Si seulement les parents savaient qu'on donne des forces aux enfants quand on reconnaît leurs émotions pénibles, [...] Quand votre enfant se coupe, rien sur la terre ne peut guérir la blessure immédiatement. On applique de l'antiseptique et un pansement, et on sait que le temps va se charger du reste. Pour les blessures de l'âme, c'est la même chose.

[...] le pouvoir de la mère ou du père qui admet la douleur de l'enfant, qui n'est pas détruit par cette douleur... le pouvoir d'un père fort, d'une mère forte, qui entend l'angoisse, qui comprend la peine et qui donne à son enfant, par le simple fait d'écouter, le message le plus profond de tous : c'est supportable. En effet, pourvu qu'une personne dans le monde puisse vraiment nous entendre, être vraiment attentive à nous, c'est supportable.

A. Faber et E. Mazlish, Parents épanouis, Enfants épanouis (pages 48 et 49)

 

J'ai toujours une petite appréhension avant de le faire, la crainte de décupler des émotions que je ne saurai pas gérer ensuite. Mais en fait, pourquoi croire systématiquement que je vais devoir les "gérer" ? Les émotions ne sont-elles pas faites pour être vécues, à fond, avant de naturellement s'apaiser (lorsqu'il s'agit d'émotions négatives surtout) parce qu'elles auront été évacuées ? Ce qui doit être encadré et limité, disait en d'autres mots Haim Ginott, ce sont les actes, non les émotions.

Et ça, je devrais me le placarder sur les murs de la maison. Pour ne pas l'oublier, pour me détendre plus souvent à l'approche de ce que j'identifie par avance comme une "tempête" de mon fils, pour ne pas croire que repose sur moi la nécessité de canaliser quoi que ce soit.

Les émotions sont faites pour être vécues. Elles ont toujours un début et une fin, même les plus positives après tout. Tout comme la joie, tout comme le fou rire s'apaise de lui-même, tout comme un moment câlin n'est pas éternel non plus.

Même si ce n'est pas évident lorsqu'elles s'entrechoquent avec les notres (fatigue, agacement, ...), nous tentons de laisser vivre les émotions de nos enfants, quitte à leur demander d'aller les exprimer plus loin si nous ne sommes pas capables de les supporter.

 

Les émotions doivent être vécues et non tues, elles évacuent un trop-plein intérieur, elles permettent de rééquilibrer la balance "émotions/intellect" dans une situation donnée.

(Qu'il en) Soit (ainsi).

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 14:23

Quand même, il serait temps que je prenne 2 min pour vous parler de cet évènement dont l'organisation occupe une partie de mes journées actuellement (et celles de nombreuses autres bénévoles, dont son initiatrice notamment !) :

les 1ères rencontres des Vendredis Intellos, sur le thème

"Parents 2.0 - Ce qu'Internet a changé"

qui se tiendront à Lyon très bientôt : les 3 et 4 novembre 2012 !!

 

Le but ? C'est expliqué ici mais je vous économise un clic :

Les rencontres Parents 2.0 c’est avant tout une volonté de traduire « grandeur nature » l’initiative à succès du blog participatif des Vendredis Intellos.
Comme sur le blog, les discussions prendront appui sur des textes, extraits d’ouvrages, articles de presse, études scientifiques et autres publications…
Comme sur le blog, les participant-e-s et leurs préoccupations seront placés au coeur des discussions et des échanges…
Comme sur le blog, des experts seront convoqués, non dans le but unique de dispenser leur savoir mais avant tout dans la perspective de permettre à chacun de s’enrichir, de trouver des réponses à ses questions, de se forger sa propre opinion dans une dynamique d’éducation populaire…
Comme sur le blog, chacun d’entre nous aura sa place, avec ou sans enfant, avec ou sans diplôme, avec ou sans expérience….
Comme sur le blog, il s’agira avant tout de proposer un espace bienveillant où chacun pourra exprimer son point de vue dans le respect de celui de l’autre, sans parti pris ni militantisme…

 

Nous avons donc mis en place un blog dédié pour présenter l'organisation de ce chouette petit week-end d'échanges neuronales IRL : http://parents2point0.com

Vous pouvez notamment consulter le programme pour découvrir :

  • le détail des thèmes abordés avec nos invités - notamment Claude Didierjean-Jouveau (the famous one !!!).
  • l'organisation d'une soirée d'accueil des participants le vendredi soir, qui sera aussi l'occasion d'une petite rencontre entre blogueurs lyonnais qui souhaitent venir ! Un moment très sympa en perspective donc, que vous pouvez relayer à volonté !

Si vous le souhaitez, vous pouvez partager ce billet (ou directement l'URL du blog des rencontres !!) et nous aider à faire connaître cet évènement, notamment si vous habitez en région lyonnaise.

Il est utile de s'inscrire (et effectuer le paiement) d'ici la fin de la semaine si vous souhaitez 1/ venir le vendredi soir ou 2/ bénéficier du panier repas le samedi midi, ceci afin que nous prévoyons la bonne quantité de victuailles !

Dans tous les cas, si vous vous décidez au dernier moment, on va trouvera toujours une place, soyez-en sûrs !

Merci par avance pour toute la pub que vous pourrez faire à l'évènement et en espérant avoir le plaisir d'y retrouver certains d'entre vous !

A très bientôt !!!

 

test-logo-rencontres4.png

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 00:01

Les Vendredis Intellos, c'est une initiative lancée par Mme Déjantée il y a déjà 1 an et dont elle a, pour la première fois, présenté les modalités ici  !

Le jour du lancement, j'ai raté le coche, parce que j'étais sûrement un peu occupée par les préparatifs de la Tipitouz (déjà 1 an aussi !) mais dès que j'ai eu vent de l'histoire, j'ai tout de suite été emballée par le concept !

En arrivant dans la blogosphère, j'ai notamment découvert des tas d'auteurs écrivant (ou ayant écrit il y a quelques temps mais que je ne connaissais pas) autour de la parentalité, l'éducation, le "maternage" (dont j'ai aussi découvert le concept en arrivant), des auteurs différents de ceux habituellement médiatisés ou des "classiques" comme Dolto dont on entend parler assez tôt autour de soi.

Je me suis donc empressée de partager - avec enthousiasme - mes nouvelles lectures (à commencer par Filliozat), d'abord en présentant des oeuvres de façon générale puis j'ai compris que mes articles pouvaient aussi porter sur de simples citations d'oeuvres, des thématiques particulières et même sur d'autres types de supports (articles de presse, revues, extraits de sites Internet, etc). Bref, l'idée, c'est de partager des choses qui nous ont touchées ou enrichies donc le champ des possibles est large.

 

anniversaire-des-vi.jpg

 

J'aime l'idée de contribuer à deux blogs distincts - celui-ci et celui des Vendredis Intellos - même si parfois, je suis frustrée de ne pas partager directement avec mes lecteurs d'ici tout ce que j'écris là-bas (mais ça ferait vraiment doublon et je n'ai plus le temps de tout dupliquer).

Et puis surtout, participer au blog des Vi, c'est aussi écrire autrement. C'est m'obliger à fournir un certain effort intellectuel, une certaine rigueur, à problématiser des idées - à croire que les études me manquent finalement ! - particulièrement pour la rédaction des mini débriefs et ça, c'est très stimulant. C'est différent des choses plus personnelles et plus "libres" que j'écris ici.

C'est surtout pour cela que je m'escrime à trouver le temps d'écrire en ces deux lieux, même si c'est parfois un peu compliqué au niveau timing et que ces temps-ci, j'étais plus présente dans les débriefs que dans les articles du vendredi (qui demandent du temps pour parcourir des sources et en reproduire des extraits).

L'une de mes craintes concernant les thématiques et le rythme de publications des VI, c'était de voir certains thèmes se répéter, certains auteurs revenir fréquemment... tourner en rond, en quelque sorte ! Or, s'il est vrai que certains auteurs phares reviennent régulièrement (mais toujours avec l'analyse et la sensibilité de chacun, d'autant plus que je trouve intéressant de voir que beaucoup de parents les découvrent et y trouvent un écho à leurs propres ressentis et questionnements), je trouve que ces derniers temps, d'autres types de contributions voient le jour, relevant davantage des mini enquêtes sur des thèmes donnés, avec plusieurs sources à l'appui et cette diversité me plaît beaucoup.

Comme vous le savez peut-être, Mme Déjantée a récemment décidé d'élargir l'horizon des VI - ou plutôt de les faire évoluer dans une 2e direction, en parallèle - en créant une association, dont je vous invite à découvrir le but en parcourant la page qui y est dédiée.

Une très belle première année pour les VI, auxquels je souhaite longue vie parce que personnellement, je m'y retrouve beaucoup.

Et encore bravo à Mme Déjantée pour ce projet d'ampleur et l'énergie qu'elle met à la mener !

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 11:18

Depuis quelques mois, l’une de mes amies (que nous appellerons Sophie) et son conjoint, parents d’une petite fille de 3 ans, se sont lancés dans l’aventure de l’adoption. Ils sont donc ce qu’on appelle un couple « fertile », ce qui ne les empêche pas d’avoir choisi de concrétiser une envie très forte : celle d’agrandir leur famille en y accueillant un enfant venu d’ailleurs, un enfant qui ne serait biologiquement pas le leur.

[...]

Si je suis au courant du projet de mon amie, j’avoue n’avoir jamais osé lui demander précisément ce qui l’avait guidée vers cette envie. Aussi je suis ravie qu’elle ait accepté de répondre à mes questions et j’espère que son témoignage intéressera d’autres que moi.

 

Adoption-fertilite.jpg

 

Sophie, saurais-tu expliquer, décrire, comment l’envie d’adopter un enfant t’est venue ? A-t-elle précédé ou suivi celle d’avoir un enfant biologique ? Ton conjoint a-t-il toujours eu cette envie également ou avez-vous fait ce cheminement ensemble ?

Cette envie nous l’avions séparément et nous l’avons partagée dès les premières semaines de notre relation, en nous disant qu’un jour, nous adopterions un enfant. Sans pour autant que ça interfère sur notre envie d’enfant biologique, présente également. De longues années plus tard, nous avons eu notre petite fille, qui nous a comblés et il y a un an, alors que beaucoup pensent alors à concevoir un deuxième enfant, c’est cette envie d’adopter qui nous est revenue comme une évidence : nous avons décidé de nous lancer!

C’est une chose difficile à expliquer et qui ressemble d’ailleurs à l’envie de concevoir un bébé, un sentiment qui “prend aux tripes”.

 

Peux-tu expliquer, en quelques mots, les différentes étapes de la procédure d’agrément ? Où en êtes-vous dans cette procédure ?

La procédure d’agrément est départementale, tout est géré par le Conseil Général local. Le délai est de 9 mois (et ça n’est pas anodin) après la date de dépôt du dossier administratif. Il y a plusieurs entretiens avec un/une psychologue et un/une assistante sociale qui sont chargés de nous interroger et de définir selon des critères bien précis si nous sommes aptes à accueillir un enfant issu de l’adoption. Les deux rédigent un rapport et la Commission Départementale d’agrément statue et rend une décision.

Nous avons réalisé tous les entretiens en famille, tous les trois, notre fille fait partie intégrante de ce projet et nous lui avons toujours expliqué ce que nous faisions, en nous mettant le plus possible à son niveau.

Actuellement nous sommes titulaires de l’agrément et nous commençons à faire les démarches vers les OAA (Organismes Autorisés pour l’Adoption ) ainsi que l’AFA (Agence Française d’Adoption).

.../...

** L'ingralité de cet article, c'est par ici sur les Vendredis Intellos ! **

***

En passant, si cela vous intéresse, je voulais vous informer que les Vendredis Intellos se sont récemment constitués en association, à laquelle il est possible d'adhérer (cotisation normale ou réduite), afin de profiter des projets qu'elle va s'attacher à développer. Toutes les explications : par ici !!

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 12:26

Je ne prends plus le temps de publier mes articles pour les Vendredis Intellos en doublon ici mais sachez, pour ceux qui ne les suivent pas directement, que l'aventure continue !

A défaut de trouver le temps de publier le Vendredi, je réalise toujours quelques débriefs de temps en temps.

Les 3 derniers portaient sur :

L'école et l'enfant (19/04/2012)

Sacré sujet que Mme Déjantée m’a chargée de débriefer. J’ai trouvé ces 3 contributions autour de l’école passionnantes et je ne me sens pas super à la hauteur pour les commenter… mais je vais tout de même vous les présenter, ça vaut le détour !

L’idée forte qui se dégage de ces contributions, c’est qu’aujourd’hui, l’école semble fonctionner à côté de l’enfant, selon sa logique propre, qui non seulement ne prend pas en compte le rythme biologique de l’enfant mais ne lui permet pas non plus de s’exprimer dans toute sa personnalité, son individualité.

Individualité ? Mais ça n’a pas de sens ! Comment peut-on imaginer avoir le temps de laisser s’exprimer 30 petits individus avec un programme et un espace de classe aussi chargés ? Kiki The Mum nous apporte un début de réponse en évoquant le rôle des pairs dans l’apprentissage des enfants : qui mieux qu’un autre enfant, ayant saisi une notion ou une manoeuvre, peut l’expliquer ou la montrer à un autre enfant ? Avec leur propre langage, leur compréhension propre, les enfants sont souvent très à même de s’entraider – ils le feraient même beaucoup plus spontanément que nous ! – libérant peut-être ainsi du temps à l’instituteur mais surtout valorisant ainsi le potentiel d’enrichissement que constitue chaque enfant pour le groupe, “chacun ayant à un moment donné la possibilité d’aider un autre” nous dit Kiki en commentaires. Les prémices de la pédagogie coopérative (notion évoquée en commentaire par Prune)?

 

L'épuisement parental (26/04/2012)

Extrait :

L’ “épuisement parental”… ENCORE ce sujet, allez-vous me dire ??!!

En même temps, difficile de ne pas en parler, difficile de passer au travers, même si on fait tout pour que ça soit temporaire. Il s’agit effectivement du “marronnier” du moment, comme je le lisais je ne sais plus où, un thème traité largement, partout et à toutes les sauces, notamment depuis la sortie du livre de S. Allenou sur le sujet.

Pour autant, s’agit-il d’une mode ?! Je ne crois pas ! Le “phénomène” était peut-être moins visible, peut-être mieux accepté par les générations précédentes, lorsque la femme au foyer était la norme et qu’épuisée ou pas, c’était là son travail quotidien, à effectuer sans se poser trop de questions, dans la mesure où les alternatives étaient peu nombreuses…

 

Le "risque" de l''accouchement (10/05/2012)

Extrait :

L’accouchement, un moment de notre vie aussi intense que risqué ?

En tous cas, difficile d’ignorer le risque médical, le risque de l’imprévu qui vire au drame, tant on croule très tôt dans sa vie (et a fortiori pendant sa grossesse) sous les récits tous plus effrayants les uns que les autres.  Raison pour laquelle des protocoles se sont mis en place, visant à limiter ces risques-là par la généralisation de certains actes et examens, pendant la grossesse puis l’accouchement.

Heureusement, l’accouchement, ça n’est pas que ça.  L’accouchement peut représenter une autre forme de risque, celui du choix, celui d’être suffisamment informée ou non, d’être bien accompagnée ou pas. Afin d’avoir toutes les cartes en main le jour J pour faire un choix éclairé, d’être en capacité d’écouter son corps et ses capacités, de s’opposer à l’équipe médicale si on ne se sent pas entendue.

 

Si ça vous dit... bonne lecture !

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 15:44

A partir d’un article de Sciences Humaines, Madame Koala résume les différents poids qui pèsent aujourd’hui sur les épaules des mères (principalement) et qui contribuent à les conduire à l’épuisement, tout en offrant une palette d’idées pour éviter d’en arriver à ce point de rupture (et je vous invite à parcourir les commentaires, qui m’ont personnellement beaucoup intéressée !). Je cite un extrait de l’article dont son analyse est issue :

Les mères sont désormais culpabilisées car elles craignent de créer des « carences affectives ». Elles sont persuadées que l’avenir de leurs enfants est entre leurs mains et qu’à ce titre elles doivent tout faire pour eux. Quoi qu’il leur en coûte.

Je crois que cela résume effectivement très bien le pourquoi de l’auto-pression du « parent parfait ». Et qu’ajouté à tout le quotidien que l’on souhaite gérer au mieux (donc en en faisant toujours plus), cela aboutit à de plus en plus fréquentes situations d’épuisement parental – principalement maternel, ceci dit.

Ainsi, quand notre enfant va mal, nous avons (quasiment) tous à présent le réflexe « psychologue », d’autant plus que ceux-ci sont financièrement abordables à tous par le biais des CMPEA par exemple. Et bien souvent, qui dit psychologue dit recherche des causes du trouble du côté de l’enfance, des (non) soins apportés par les parents et fréquemment, tout cela retombe sur la mère. C’est en tous cas une partie des retours que j’ai dans mon entourage de jeunes parents.

La remise en question est donc permanente pour les parents d’aujourd’hui. Leur quotidien est déjà épuisant car ils s’efforcent d’être présents et de s’épanouir sur tous les fronts (père comme mère bien souvent) mais en plus, leur temps de cerveau disponible est fortement réduit car ils n’ont de cesse d’analyser leurs actes quotidiens, pour en mesurer la portée à long terme sur leur progéniture.

Or parfois, il faut savoir lâcher prise, regarder en face la balance bénéfices pour notre enfant / capacité de gestion (de survie ?) pour nous. C’est ainsi que Dreiss (pour sa première contribution aux VI !), nous livre la méthode d’endormissement qui a permis à son mari et elle de retrouver un équilibre plus vivable en tant que couple et parents.

Lâcher prise, c’est aussi savoir s’entourer. Madame Koala l’évoquait dans la palette de solutions concluant son article, Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau le développait plus avant lors de sa récente et enrichissante participation sur les alloparents. Il est donc important de pouvoir compter sur d’autres « donneurs de soin » pour nos enfants, parmi lesquels les grands-parents sont bien souvent « en première ligne »… et pour de bonnes raisons ! (lorsqu’ils sont encore là bien sûr et qu’ils ont de bonnes relations avec les parents). Une Mère Ordinaire évoque la relation qui lie grands-parents et petits-enfants, au-delà de toute autorité et permettant tout autant aux enfants d’en apprendre plus sur leur histoire et leurs parents quand-ils-étaient-petits qu’aux parents de se reposer sur des aidants (a priori) fiables.

La contribution de Kiki The Mum m’a beaucoup parlée parce que nous approchons actuellement de cette fameuse phase du Terrible Two avec Pti Tonique et que l’auteure qu’elle cite donne plein de solutions rigolotes pour sortir des moments de crise en les dé-dra-ma-ti-sant, ce qui fera du bien tout autant à l’enfant submergé par de violentes émotions qu’au parent imparfait qui se sent au bout de l’explosion face à tant de bruit et d’incompréhension. J’ai quasiment hâte d’être en face de ma première vraie grosse colère pour pouvoir m’amuser un peu ;-) (oui, je prends ça à la légère, c’est bien la preuve que je n’ai pas encore été vraiment confrontée à la CHOSE).

Enfin, pour achever notre réflexion collaborative du jour sur la pression du parent parfait, celui qui se pose mille questions en permanence, se regarde faire pour mieux se battre la coulpe 10 minutes plus tard, je vous invite à vous questionner autrement quant à l’éducation de votre progéniture, en allant jeter un œil à la contribution d’Ilse… qui m’a personnellement faite rigoler ! Non pas que je ne l’ai pas prise au sérieux mais j’ai aimé le côté brut de décoffrage qui concluait l’article anglais qu’Ilse partage. Ca a le mérite de faire réfléchir sur la façon de s’y prendre et le « but à atteindre ». Non pas que nous cherchions à modeler absolument nos enfants dans un sens ou dans un autre, mais pour penser autrement certains qualificatifs, en les mettant en rapport avec l’âge adulte par exemple : quelle impression cela provoquerait-il chez nous, un adulte « obéissant »?

***

Sérieusement, toutes ces contributions ainsi que les commentaires nombreux et riches qui les alimentent m’ont énormément faite cogiter… sachant que je suis déjà dans une période de grosse « cogitation perpétuelle ». Une phrase de Kiki The Mum l’illustre assez bien d’ailleurs : « Parce qu’au quotidien, qui se met une pression monstre, qui bouquine une somme indigeste d’articles et autres livres pour trouver des clefs afin de faire face à des situations et qui se morfond de ne pas toujours y arriver ? La mère bien sûr !! »

Bon ok, j’arrête de faire ma pauvre femme et mère éplorée et je vous laisse aller vous enrichir de toutes ces lectures, si ce n’est pas déjà fait !

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 08:09

Je poursuis aujourd'hui, et termine, ma petite présentation du livre Relations frères-soeurs de Catherine Dumonteil-Kremer, entamée il y a 3 semaines.

 

livre relations frères soeurs

 

Pour nous aider à comprendre la demande d’attention de nos enfants, l’auteure développe le concept du « réservoir affectif » de l’enfant :

« Quand ce réservoir est plein tout va bien pour lui, il est aimant, joyeux et coopératif.  Ce réservoir se vide assez vite : nous passons souvent à côté de ces demandes ; les enfants sollicitent des câlins, des jeux, des massages, notre présence, etc. Notre différons la réponse à ces besoins quelquefois parce qu’il y a d’autres enfants, d’autres tâches à effecteur, que nous sommes fatigués et soucieux - donc peu disponibles – et le réservoir de notre enfant continue à se vider. Or, plus son réservoir se videra, moins sa façon de demander sera appropriée, et plus il aura tendance à nous repousser tant il est en colère, en rage, même ! » (page 85)

En-dehors d’un actuel frère ou sœur qui accaparerait mon attention, je reconnais bien là le type de colère que Pti Tonique peut parfois développer, nous repoussant de rage parce qu’il n’a pas été compris ou entendu en temps voulu – ledit temps voulu étant parfois relativement court, étant donné son degré de patience  . Dans ces moments-là, je commence à essayer de monter un peu la voix (sans m’énerver pour autant) pour l’interpeler, capter son attention. Puis je plaisante, je le chatouille, je le prends dans mes bras et même si ça ne lui plaît pas et qu'il se débat en râlant, je me débrouille pour faire un truc qui le fera rire. Et ça marche ! Je peux ensuite reprendre avec lui une activité de son choix, ayant ainsi été rappelée à l’ordre pour lui porter l’attention qu’il réclame. Après, je ne dis pas que ça sera aussi facile lorsque mon petit œuf Sioux sera là aussi mais pour l'instant, ça marche.

L’auteure cite toute une liste d’évènements qui peuvent vider le réservoir affectif de l’enfant… et il y en a beaucoup ! Il peut s’agir de gros bouleversements (naissance, déménagement) comme de choses qui nous paraîtront plus mineures (le travail des parents, un départ en vacances, une séparation temporaire, etc). En sachant cela, le but est non pas d’éviter ces évènements – souvent incontournables – mais d’être attentif aux besoins manifestés par l’enfant et d’y répondre le plus justement possible… et toujours en fonction de nos limites ! Car l’auteure est consciente que les parents vivent eux aussi des situations qui les vident parfois de toute énergie, de toute capacité de « parenter » sereinement. Elle précise :

« Nos enfants n’ont pas besoin de parents qui se sacrifient, mais plutôt qui savent se dépasser lorsque le besoin s’en fait sentir et prendre soin d’eux-mêmes quand c’est nécessaire » (page 91)
 

La relation aîné-second

« J’entends fréquemment les mères parler du second comme d’un enfant « facile » et sans histoires, alors que l’aîné est devenu si difficile à gérer quelques fois ! […] Lorsque les enfants ont trois ans d’écart, le second arrive en pleine période d’explosion de puissance de l’aîné, moment où il commence à montrer sa volonté propre à ses parents. Il commence à agir seul, s’agace lorsqu’il n’y arrive pas. Il est très proche de ses émotions et les décharge fréquemment. Malheureusement parfois il n’est pas compris par ses parents, qui comparent son attitude avec celle du bébé. Le bébé est tellement plus calme lui, il est si proche de sa mère, il ne pose pas beaucoup de soucis. Alors que lui est si réactif à tout ce qui l’entoure et en plus il lui arrive de s’en prendre au bébé, ce qui a le don de nous mettre très en colère, et de nous attrister. Le premier geste de violence que l’aîné reçoit de ses parents fait souvent suite à une agression du plus jeune par l’aîné. »

Cette dernière phrase a attiré mon attention et j’espère être suffisamment maîtresse de moi-même pour ne jamais en arriver là, même si je me doute que se partager entre deux enfants très en demande risque d’être nerveusement très éprouvant.

L’auteure indique qu’il n’est pas souhaitable non plus de ne pas réagir aux gestes de violence potentiels de l’aîné, mais « punir l’aîné parce qu’il a agressé son frère ou sa sœur ne peut que dégrader encore plus les relations qu’il aura avec ce dernier. Dans son esprit, il est puni à cause de son cadet et les relations entre eux ne risquent pas de devenir paisibles ». Il convient donc d’être vigilant, d’anticiper autant que possible les risques de dérapage de l’aîné, de formuler son désaccord et empêcher physiquement l’aîné d’agir.

Elle propose également un jeu :

« Quand un enfant vient de naître dans une famille et que l’aîné s’en prend à lui, proposez un jeu avec un poupon. Prenez-le poupon, et sautez dans le rôle d’une mère gâteuse à l’excès, prenez le dans vos bras et faites-lui des câlins : « Comme il est mignon ce bébé, tu as vu ? » Il y a des chances pour que votre enfant vous arrache le poupon et lui fasse subir des traitements divers. Poussez alors des cris de mère ou de père floué, des cris grossiers, il ne s’agit pas de jouer des rôles proches de la réalité, mais de déclencher l’hilarité. » (pages 116-117)

 

La gestion des conflits dans la fratrie

Lorsque les enfants sont plus âgés et en âge de se disputer franchement, l’auteure donne des pistes sur les moments où il convient d’intervenir ou pas et propose à nouveau une approche de leurs conflits permettant de préserver au mieux les liens entre frères et sœurs.

Elle évoque les phrases qui nous viennent habituellement : « J’en ai marre de vous entendre vous disputer toute la journée ! », « Toi, tu files dans ta chambre ! », « Puisque vous n’êtes pas d’accord sur le choix du film, vous n’en regarderez aucun ! », avant de dire :

« Soyons lucides, c’était la manière de régler les querelles qu’adoptaient nos parents. En fait, il n’y avait pas de résolution du conflit, ce qui empêchait complètement les enfants de trouver des solutions par eux-mêmes ou avec le soutien des adultes. Les émotions étaient bloquées en nous parce qu’elles n’étaient pas acceptées […] Ils doivent se confronter à l’autre pour en tirer des conclusions sur ce qu’il est, se demander s’ils sont d’accord ou pas ce qu’ils peuvent accepter de lui. Les relations aux autres l’aide à se construire, à se connaître lui-même à s’affirmer. Dans ce contexte, évitons d’intervenir ! Mais restons vigilants, les yeux et les oreilles ouverts. » (pages 107-108)

« Pourquoi vouloir que nos enfants se disputent sans émotions ? Est-ce votre cas ? Quand vous vous disputez avec votre conjoint, le faîtes-vous placidement, sans colères, ou agacements ? » (page 118)

Une façon d’intervenir…

« Il se peut que les enfants fassent appel à vous – avant même que vous ne leur proposiez quoi que ce soit – pour vous prendre à témoin, vous demander de faire justice. Une façon de faire consiste à être présent, à poser des questions à chacun, à montrer son intérêt pour les protagonistes et pour leur histoire, sans jugement et sans idées préconçues. On peut leur demander ce qui pourrait aider à résoudre le problème, s’ils ont des idées sur la question. Immiscez-vous le moins possible dans le processus, soyez présent, attentif et subtil. Evitez de proposer votre solution comme la seule valable : « Seriez-vous d’accord pour que je propose moi aussi une solution ? » est une question que vous pouvez poser afin d’être sûr de ne pas vous imposer avec votre savoir et votre expérience d’adulte.

Il est évident que vous avez beaucoup d’idées sur ces questions, mais vos enfants veulent faire leur propre expérience. Et même si vous trouvez la solution choisie par eux totalement farfelue et que vous êtes convaincu que cela ne fonctionnera pas, ne commentez pas ! » (page 113)

 

Je pourrais encore recopier plein de passages de cet ouvrage mais s’il vous intéresse, je vous laisse vous le procurer et y piocher ce qui vous conviendra.

De mon côté, je pense que ma prochaine lecture sur le sujet sera le livre de Faber et Mazlich… et je vous en reparlerai !

 

Et pour d'autres découvertes, allez-voir les contributions du jour sur le site des Vendredis Intellos !

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 12:30

Ma principale angoisse actuelle concerne la réaction de Pti Tonique à l’arrivée prochaine de notre bébé dans la famille ainsi que mon temps disponible, que je vais devoir partager entre mes deux enfants, en sachant pertinemment que le nouveau-né aura des besoins qui vont m’absorber énormément. Je culpabilise d’avance du manque d’attention que risque de ressentir mon fils.

C’est pourquoi j’ai commencé ma quête de réponses (et de ruses !) avec le livre “Relations frères-soeurs – du conflit à la rencontre” de Catherine Dumonteil-Kremer. J’y ai trouvé plein de pistes pratiques mais surtout des éléments psychologiques pour mieux comprendre les réactions futures de mon aîné.

J’avais envie de vous les faire partager. Mais comme de nombreux d’extraits m’ont paru importants, je ferai cela en 2 articles : le 1er aujourd’hui, le 2nd la semaine prochaine.

livre-relations-freres-soeurs.jpg

L’aîné est-il “grand” ?

Par la force des choses, l’aîné devient le “grand” de la fratrie. Mais quand le grand a moins de 3 ans , il reste un tout petit enfant avec des besoins d’attention encore très forts et cette promotion ne lui paraît guère profitable. Au-delà de 3 ans, la problématique est légèrement différente mais elle n’est pas plus aisée car l’enfant a longtemps pu profiter de ses parents pour lui seul, le bouleversement en termes d’attention est donc considérable également. 

 

Plus grand que votre bébé mais encore petit

[...] Quoiqu’il en soit, ce n’est pas le moment pour votre grand de franchir les étapes que vous voudriez peut-être lui voir franchir. Il aura besoin que vous le considériez encore comme un bébé pendant un certain temps. Tentez de résister à la tentation de lui imposer un changement d’importance coïncidant avec la naissance. S’il a trois ans au moment où le dernier vient au monde, ce n’est pas forcément le bon moment pour lui d’aller à l’école, car il pourra alors se sentir complètement exclu. Attendez qu’il soit prêt avant de l’installer dans sa chambre, ou de lui faire vivre une promotion qui vous estimez valorisante parce qu’elle l’apparente à un grand.

Il devient clair que notre idée d’offrir à Pti Tonique un lit de grand l’été prochain risque de mal tomber. Nous comptions ainsi récupérer son lit à barreaux pour le nouveau-né. Mais si ce dernier partage notre lit quelques temps, le changement sera moins urgent pour Pti Tonique et nous pourrons peut-être, en installant les deux lits dans sa chambre, le laisser évoluer quelques temps de l’un à l’autre, de lui-même, au gré de ses envies et de sa maturité.

Ce que veut votre enfant plus que tout, c’est votre amour et votre attention. Les promotions ne l’intéressent pas vraiment dans une circonstance telle que la naissance de son frère ou de sa soeur. Au contraire, il vous faudra trouver un équilibre entre ses besoins qui pourront vous sembler régressifs et sa dignité humaine. En effet, il ne souffrira pas d’être considéré comme un petit, mais plutôt comme un grand qui a des besoins de petites et qui veut que cela soit respecté sans commentaires humiliants, désapprobateurs, ou ironiques. (page 60)

[...] Quand nous nous attendons à ce que notre enfant soit autonome, nous voudrions qu’il agisse seul. (page 61)

[...] Il a encore un très fort besoin de notre présence, de notre contact, de tout ce qui fait notre attention aimante, et il se retrouve quelquefois tout simplement hors jeu. Il était le premier et surtout l’unique enfant et subitement sa position change. Mais c’est surtout notre disponibilité à lui qui évolue, alors que son besoin est toujours le même et se manifeste avec d’autant plus d’acuité qu’il est différé sans cesse au profit du dernier. (page 63)

 

 

Sur le concept de “jalousie”…

Une fleur magnifique au parfum irrésistible

Vous ne devinez pas qui est cette belle plante ? C’est vous. Selon Bernard This et Hélène Sallez dans leur livre “Tous jaloux”, vous exhalez l’odeur de la vie par le biais de la sécrétion hormonale et votre enfant est littéralement attiré par ces effluves qui lui rappellent son vécu passé. C’est pour cela qu’il veut être proche de vous plus que d’habitude. Ce n’est pas parce qu’il est déjà “jaloux”, ne lui prêtez pas des intentions qui heurtent quelquefois sa dignité, c’est simplement pour retrouver de délicieux souvenirs qu’il se rapproche ainsi. (pages 48-49)

Je comprends mieux l’attitude “crampon” de mon fils depuis quelques semaines… Je ne l’avais pas pris pour de la jalousie anticipative mais plutôt pour une réaction au changement en moi qu’il sent certainement. Cependant, je ne m’étais pas fait une image aussi poétique de l’attirance semble-t-il irrésistible que lui procure mon “état” !! 

Sortir de l’optique de compétition

Ce n’est pas l’arrivée d’un deuxième enfant qui met votre premier en insécurité, c’est votre disponibilité réduite et les attentes qui pèsent sur lui à partir du moment où vous vous mettez en tête qu’il est grand. Notre corps, par le biais des hormones, mais aussi notre tête accordent la priorité au dernier-né. Il est plus petit, plus fragile, il peut difficilement différer la satisfaction de ses besoins. Tout ceci est très juste, mais quand l’aîné a trois ans, ces règles-là lui sont également applicables.  Il a, lui aussi, des besoins impérieux, même s’il peut attendre un peu plus. Il a toujours autant besoin de contacts, d’attention exclusive, et toutes ses demandes se manifesteront d’autant plus sur le mode “bébé” qu’il aura l’impression de vivre une véritable pénurie d’attention et de soins. (page 68)

 

Comment réagir aux phénomènes de régression

Dans chaque situation de régression, essayez de voir ce que vous pourriez faire pour sauvegarder la dignité de votre enfant, et facilitez-lui la tâche. [...l'auteure cite l'exemple du pipi au lit...] Résistez à la tentation de lutter contre les manifestations de régressions, car elles ont une fonction, accompagnez-les plutôt. Si votre enfant veut à nouveau être habillé par vous comme un bébé, et bien prenez-vous au jeu, et habillez-le en prenant bien soin de lui comme vous le feriez de votre nourrisson. C’est en le soutenant et en l’aidant qu’il traversera ces étapes en toute confiance. (page 78)

 

Des exemples de solutions

Dormir ensemble

Sur le plan matériel le “cododo” vous demandera un effort supplémentaire d’organisation. Votre lit est peut-être trop petit pour accueillir un bébé et un bambin. De plus, il est déconseillé de faire dormir un grand enfant directement aux côtés d’un nourrisson de moins d’un an, ce dernier pourrait être étouffé. Les bébés dorment généralement aux côtés de leur mère. Cette dernière peut se placer entre ses deux enfants, mais il y a d’autres formes d’organisation : le père peut dormir avec le plus grand et la mère avec le plus petit, ou bien le plus grand peut dormir sur un matelas au sol tandis que ses parents et le bébé dorment dans le lit.

Je rajouterais la possibilité de mettre le nouveau-né – le plus fragile – dans un lit de cododo (si on a fait le choix d’en acheter un) et de placer le grand entre les parents. Bien sûr, ces conseils s’adressent aux parents ayant fait le choix du cododo. Personnellement, je me posais justement des questions à ce sujet car lors d’angoisses nocturnes ou de maladies, Pti Tonique finit encore de temps en temps sa nuit entre son père et moi et je me questionnais sur l’organisation (et la place surtout !!! malgré notre lit en 160 de large) dans le lit pour protéger le nouveau-né du sommeil pour le moins agité de son frère !!! Nous verrons donc à l’usage mais j’ai à présent quelques pistes…

Le meilleur allié de l’aîné :  son père

Dans un couple, c’est la personne qui donne le moins de soins au bébé qui deviendra l’allié du grand. L’aîné a besoin d’un adulte qui prenne sa défense, qui soit son avocat, et qui l’aime inconditionnellement. Pour le bébé, la personne-ressource naturelle est la mère, qu’elle l’allaite ou pas. Il a passé neuf mois dans son ventre, et il a besoin d’elle.  (page 79) 

Les parents qui travaillent

Donnez la priorité absolue aux besoins affectifs de vos petits (et de vos grands), c’est cela qui fera d’eux des adultes, de vrais adultes, pas d’éternels enfants blessés dans des corps d’adultes. par contre, il importera bien peu qu’ils aient pris un bain chaque jour et qu’ils aient eu une maison reluisante. Jamais, dans les groupes que j’ai animés je n’ai entendu : “Ma mère était très ordonnée, notre maison était très propre, c’était génial.” Ce que j’entends c’est plutôt : “Je n’ai aucun souvenir de ma mère et moi faisant des câlins, je ne me vois pas sur ses genoux, à aucun moment, elle était très occupée avec la maison et les autres enfants, toujours en train de faire quelque chose…”. (page 81)

 

Cet extrait m’a faite sourire… c’est pas faux quand on y réfléchit ! Même si dans le fond, c’est surtout nous qui n’aimons pas trop vivre dans le désordre et la saleté et souhaitons éviter les regards désapprobateurs qui pourraient en découler. Mais finalement, mis à part qu’il vaut mieux éviter que notre enfant mange des moutons de poussière à tous les coins de porte, c’est bien notre attention à lui qui restera gravé dans sa mémoire.

D’ailleurs, cela achève de me déculpabiliser de la fréquence à laquelle on fait la poussière… ma priorité, c’est que les sols et nos vêtements soient propres ! Et bien sûr de répondre aux demandes de mon fils – mais là, impossible de faire l’impasse dessus, il sait très bien se rappeler à nous.

***

La semaine prochaine, j’aimerais poursuivre ce partage en abordant la 2e moitié du livre et plus particulièrement la gestion des relations dans la fratrie, quand intervenir ou pas dans les conflits des enfants, comment régler ceux-ci par le jeu ou encore les difficultés que nous pouvons rencontrer en tant que parents lorsque certains évènements de la vie de la fratrie nous renvoie à notre propre enfance.

***

Si vous le souhaitez, vous pouvez aussi aller lire mon débriefing d'hier sur le site des Vendredis Intellos : Parents adaptables, enfants épanouis ?

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 09:44

Depuis plusieurs mois maintenant, certains mots et expressions ponctuent notre quotidien :

  • « non »,
  • « c’est dangereux »,
  • «c’est fragile »,
  • « ne touche pas ça Pti Tonique, c’est pas pour toi »,
  • « j’ai déjà dit que le four n’est pas un jeu !!! » [il joue pas à mettre la tête dedans hein (appelez pas le 119 tout de suite), juste à l’allumer en appuyant sur les boutons car le four est en bas dans notre cuisine – mais il peut pas l’ouvrir !],
  • « Pti Tonique, on ne marche pas sur les livres ! »,
  • « Arrête de taper sur le radiateur, tu vas casser ton jouet » (et aussi le radiateur accessoirement)
  • etc (je vous laisse compléter...)

Bref, heureusement, il y a aussi beaucoup de moments où on se marre, où on discute (si si) et tout, mais c’est sûr que les rappels des interdits sont monnaie courante.
Par moments, on est un peu excédés et les phrases du style « Mais je t’ai déjà dit qu’ON NE JOUE PAS AVEC LE FOUR !!! Tu le sais en plus !!!!!! »  finissent par sortir en même temps que notre patience s’amenuise. Oui, il le sait que c’est interdit, puisqu’après avoir allumé le four, il pointe le doigt dans sa direction en disant « non non non !!! » et qu’il s’en va en courant et en rigolant quand on s’approche (d'ailleurs, il est trop mignon quand il fait ça !!!).

Il le sait MAIS il le fait quand même. Pourquoi ?

La réponse, je l’ai lue il y a quelques temps, quand Pti Tonique avait 10 mois et que je découvrais « J’ai tout essayé » d'Isabelle Filliozat. Je sais que l’enfant comprend l’interdit, qu’éventuellement même, il reproduit le geste à ne pas faire en même temps que l’on explique l’interdit, pour nous montrer qu’il a compris de quoi nous parlions.

Mais il réitère l’action défendue parce qu’il n’a pas encore la capacité de retenir sa main/son pied/sa tête [quand je dis la tête, je pense aux mini bouts qui aiment bien donner des coups de boule et se marrer ensuite - vous en avez pas des comme ça, vous ?].

En effet, la capacité d’inhibition n’arrive que tardivement chez l’enfant. Tardivement à notre goût en tous cas. En attendant, on peut avoir l’impression que l’enfant nous provoque, notamment lorsque l’on constate, comme l’exemple de Pti Tonique ci-dessus, que l’enfant a parfaitement mémorisé l’interdit – ou en tous cas la réponse de ses parents (« NON ! ») en lien avec son action (« allumer le four »), mais comprend-il pour autant ce que l’on attend de lui (à savoir, ne plus allumer le four) ?

 

Dans le cerveau des enfants de moins de 4 ans, les zones des impulsions (agir, aller vers) et celles de l’inhibition (s’empêcher d’agir, stopper) ne sont pas encore bien connectées ! (page 48, chapitre de 12 à 18 mois)
[…]

Pour l’enfant, il s’agit surtout d’exercer sa coordination motrice. L’action le fascine. Il n’a pas encore la possibilité d’inhiber seul ses impulsions et est tout entier dans l’ici et maintenant de l’action. De plus, il n’a pas d’image mentale stable dans sa tête et ne réalise le résultat de ses actes que lorsque vous intervenez.

Si vous pouvez alors être tenté de croire que l’enfant sait qu’il fait une bêtise parce qu’il semble honteux [ou parce qu’il dit lui-même « non non non » en agissant dans le cas de Pti Tonique !], en réalité, à deux ans, même si vous l’avez grondé pour la même bêtise la veille, il ne s’en souviendra qu’après l’avoir faite.

Ce n’est qu’à partir de quatre ans qu’il pourra se sentir coupable en dehors du regard de l’adulte, c’est-à-dire qu’il aura intériorisé l’image du parent mécontent et percevra le lien entre ses actions et ce mécontentement.

Décrire ce que vous voyez est une bonne façon de prendre le temps de calmer votre émotion en découvrant la bêtise ! Le temps de définir votre objectif « Qu’est-ce que je veux enseigner à mon gamin ? » Et de choisir une option pertinente.  Puisqu’il n’a pas sorti les livres pour sortir les livres, mais pour exercer son habileté motrice, il adorera tout autant remettre les livres s’il y voit une occasion d’exercer ses compétences plutôt qu’une punition. Et pour éviter les bêtises, mieux vaut ne pas laisser un enfant de moins de quatre ans sans surveillance. Son cerveau ne lui permet ni de faire la différence entre bien et mal, ni d’inhiber ses impulsions à agir, et il y a tant de tentations… (pages 67-68 – chapitre de 18 à 24 mois)

 

Selon les expressions que l’on emploie pour formuler l’interdit, il y a aussi le problème de la négation, que le cerveau de l’enfant n’est pas en capacité de gérer avant environ 18 mois.

En interdisant, c’est comme si le parent donnait une consigne. L’enfant entend « ne mange pas ce bonbon » comme un ordre, « mange bonbon », et obtempère rapidement pour ne pas vous fâcher. La négation oblige à deux gestes mentaux : l’évocation, donc la construction d’une image mentale, puis la négation de cette représentation. Le petit enfant ne peut jongler ainsi dans son esprit.
[…] Vous lui simplifiez la vie en lui indiquant ce qu’il peut faire et non ce que vous ne voulez pas qu’il fasse. De plus, il vit dans le présent, inutile d’imaginer qu’il s’en souviendra longtemps. Et encore une fois, malgré son désir de vous faire plaisir, il ne peut encore inhiber ses impulsions à partir de sa seule décision.
(page 49-51 – chapitre 12 à 18 mois)

 

Au quotidien, l’application n’est pas toujours systématique. Si j’ai tendance à toujours commencer par une négation « ne tape pas sur le radiateur !! », je me reprends la fois d’après et lui proposant plutôt de poser le jouet sur la table et de prendre tel autre jouet pour faire ceci ou cela. Le détournement de l’attention vers une activité dont je sais qu’il l’apprécie fortement est la meilleure parade que j’ai trouvée pour l’aider à cesser sans entrer en opposition et à comprendre rapidement ce que je lui demande de faire. C’est assez basique et ça ne marchera pas toujours mais bon… on s’adapte sans cesse, n’est-ce pas ?

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Une Indienne Dans La Plaine

  • : Madame Sioux
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  • : J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
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