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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 09:45

* ENV = Education Non Violente

 

Comme chaque fois - mais celle-ci était la pire je pense (peut-être parce que j’ai maintenant moi-même un enfant et une théorie éducative qui s'affirme) - à la fin de la soirée, j'étais un peu éprouvée par tout ça. Je ne pouvais me départir de ce sentiment d'impuissance, de tristesse et de gâchis.

D'incompréhension aussi. Ces voisins/amis, je les connais depuis près de 2 ans maintenant, je les apprécie. Je les considère comme de bons parents. Ce sont des personnes agréables et équilibrées, qui font de leur mieux comme la plupart des parents et qui souhaitent le meilleur pour leurs enfants. Des parents capables de passer un long moment à caresser le dos de leur fille pour l'endormir tout autant que de la laisser crier s’ils ont décidé qu’ils avaient atteint leurs limites.  Mais cette fois, je les ai senti complètement dépassés ! Ou alors j’y ai fait davantage attention que les fois précédentes, comme je disais plus haut. Je ne sais pas comment tout cela a débuté mais je les ai toujours connus perturbés par le comportement de leur ainée, qui est une petite fille très très vive, active, s’exprimant beaucoup et sur tout, en quête d’échange, qui dit aussi beaucoup de mensonges d’après eux [un autre sujet à traiter pour les VI, ça !], ne sait pas s'arrêter, ne veut souvent pas comprendre ou respecter les limites que ses parents essaient de lui poser, etc.

Je crois aussi qu'ils ont du mal à lâcher prise sur certaines choses : ils vont donc s'accrocher, râler contre l'enfant, répéter, répéter, menacer, aller jusqu'à la punition pour des combats qui ne méritent selon moi pas toujours d'être menés (oui, je crois qu'il faut apprendre à s'économiser). Passer la soirée à houspiller la gamine pour qu’elle se tienne bien à table, finisse son gâteau ou le mange d’une traite et non en chipotant, dans la mesure où la petite n’a pas non plus un comportement totalement inadapté (c’est juste une enfant qui s’ennuie), mieux vaut chercher à l’occuper ou lui consacrer 5 minutes d’attention pleine et entière afin qu’elle passe ensuite à autre chose, s’occupe seule.

Et puis il y a ces menaces qui me font froid dans le dos « Si tu continues, tu vas te prendre un coup de pied au cul, je te promets que tu vas voler ! ». Je ne les avais jamais entendu proférer une menace aussi violente, tant dans la parole que dans l’image que l’on imagine de la sanction. Non seulement je ne cautionne pas la violence envers les enfants mais en plus, j’ai tendance à classer les formes de violence sur une échelle. Je sais que le plus répréhensible dans la violence faite à l’enfant, c’est l’humiliation inutile et le sentiment que dans la vie, c’est la loi du plus fort (le parent dans ce cas) qui s’applique. Mais tout de même, je différencie (peut-être à tort), les tapes sur la main que me donnaient parfois mes parents étant petite et les coups de pied « au cul » qui sont extrêmement violents et douloureux physiquement pour l’enfant et expriment d’autant plus fort que c’est la seule frustration de l’adulte que l’on cherche à soulager. Aïe !!!

Est-ce que lui faire redouter la sanction physique « ah non, pas la fessée, pas la fessée !!! », disait-elle en voyant son père en colère s’approcher, lui enseigne véritablement une conduite à suivre en société ? 

« Ils ne sont pas de la même génération ! » me dit Papa Sioux le lendemain quand je reparle de la soirée et du goût mitigé qu'elle m'a laissée (et à lui aussi). On a déjà parlé de cette histoire de génération dans les VI, pour la place du père par exemple. On sait qu'elle n'explique pas tout. Il faut aussi aller chercher du coté de l'histoire familiale, des modèles, de ... Je ne sais pas de quoi en fait !! Qu'est-ce qui fait qu'un jeune parent n'ayant pas DU TOUT été élevé dans un contexte d'éducation non violente et de communication épanouie (voire ayant carrément connu l’inverse, la maltraitance, les sévices…) va avoir l'idée puis la volonté d'aller dans cette direction ??

C’est une première grande question que je me pose. Pour les enfants ayant connu le pire, il y a la résilience qui permet de se reconstruire et de ne pas totalement reproduire ce dont on a été victime. Mais pour les enfants comme moi par exemple, qui ont connu une enfance plutôt heureuse (en tous cas en me sentant aimée par mes parents) mais une autorité parfois dictée par la crainte, quelques tapes sur la main, quelques fessées ? Est-ce que je me contente de suivre un courant de mode ? Si je n’avais pas lu les ouvrages qui sont publiés aujourd’hui, serais-je allée dans la même direction et aurais-je continuer à penser qu’après tout, « une fessée de temps en temps, dans des situations insupportables, ça fait du bien à tout le monde » ? Comment mes parents auraient-ils agi s’ils avaient été parents en 2010 ?

 

Ceci est le premier volet de questionnements que m’a inspirée cette soirée amicale. Le second est celui des rôles types dans lesquels nous enfermons parfois les enfants, sans le vouloir vraiment.

 

parents-epanouis-enfants-epanouis.jpg

 

Est-ce que ce n’est pas l’enfermer dans des cadres comportementaux que de dire sans cesse de cette même petite fille que « le problème avec elle, c’est qu’il ne faut rien laisser passer ». Ne va-t-elle pas se sentir obligée, à force, d’agir en conséquence, d’être cette petite fille tantôt insolente, tantôt en quête d’attention ? Est-ce que lui répéter d’arrêter sa « comédie », dire devant elle qu’elle est « difficile » [un autre sujet ça mais je ne pense qu’il soit judicieux de parler du comportement des enfants devant eux, quand on le fait avec d’autres adultes – c’est les mettre dans une situation de voyeur ou d’ « entendeur » de choses qui ne leur sont pas destinées, à mon avis] ne constitue pas, en plus, la négation récurrente des besoins qu’elle essaie d’exprimer ? [En tous cas, j’ai réussi à refourguer « J’ai tout essayé » de Filliozat à mon amie, j’espère qu’elle y trouvera des pistes.]

Hier soir, je cherchais dans le très enrichissant livre de Faber et Mazlich que je découvre actuellement, « Parents épanouis, enfants épanouis », un extrait qui aurait pu illustrer mon propos sur l’ENV, quand je suis tombée sur un passage qui m'a alors paru évident. Cela concerne les rôles ou comportements enfermant que l'on peut prêter à nos enfants (difficile de choisir un passage car tout le chapitre est passionnant mais… j’y tout de même parvenue, pour vous !!) :


Où commence l’histoire de cet enfant qui joue un rôle ? A quel moment dans sa vie devient-il le tyran, le pleurnicheur, le rêveur, l’érudit, le commandant, l’enfant problème ?

[…] De toute évidence, plusieurs facteurs échappent à notre contrôle, mais ils ont le pouvoir d’affecter un enfant. Mais de quelle façon les parents peuvent-ils modeler l’image de soi d’un enfant, pour le meilleur ou pour le pire ? […] Une femme a raconté qu’elle avait vu des parents, avec la meilleure intention au monde, nuire à l’estime personnelle d’un enfant en faisant des blagues. Elle a dit que son propre père avait l’habitude de la taquiner affectueusement. Il l’appelait Fainéante ou mademoiselle Pleine-de-pouces ou encore Grande-bouche. Il le fait toujours seulement par taquinerie, mais pour elle, ce n’était jamais amusant. Encore maintenant, devenue adulte, elle a dit qu’elle n’arrive pas à se défaire de ces mots. Il y a toujours des moments où elle s’estime paresseuse, maladroite ou tapageuse.

[…]

Une autre mère eut cette réflexion. « Je me demande si des parents peuvent pousser l’enfant à jouer en rôle en particulier, même s’ils ne s’en rendent pas vraiment compte. Je pense à deux de mes amies. L’une d’entre elles se plaint sans arrêt que son fils fasse tant de mauvais coups à l’école et qu’il passe la moitié de ses journées au bureau du directeur. Et pourtant, elle le prénomme affectueusement : Mon fils, la terreur du PS 47.

Mon autre amie déplore toujours le fait que sa fille est trop conscience, trop perfectionniste. Il paraît que cette enfant fait une crise de nerfs si les choses qu’elle entreprend ne tournent pas aussi bien que prévu. Mis j’ai noté que sa mère dira avec fierté, directement en sa présence : « Oh ! Jennifer n’est jamais satisfaite. Tout ce qu’elle fait doit être parfait ». »

Ginott a encore donné son assentiment. « Vous avez raison de redouter ce type de remarque. Dans les deux cas, les enfants entendent probablement le message sous-jacent des parents : « Ignore mes protestations. Continue d’être une petite terreur. Continue d’être perfectionniste. C’est ce que maman veut au fond ». Quand un enfant semble jouer un rôle en particulier, il y a lieu pour la mère ou le père de se demander : « Quel est le message que j’exprime vraiment ? » ».

 

Moi-même, ce chapitre m’a interpellée. Je me dis que je devrais prendre garde à ne pas enfermer mon fils dans un rôle d’enfant énergique et exigeant voire impatient. Il réagit comme il réagit, il s’agit d’un instant T, peut-être même d’une période de plusieurs mois mais il est important que je ne le réduise pas à ça, que je lui laisse le droit de changer si cela doit arriver. D’autant plus que je m’étonne chaque jour à quel point il comprend tout ce que nous disons : il n’est donc jamais trop tôt pour surveiller nos paroles, nos a priori, nos « jugements ».

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 11:38

Quand Mme Déjantée m’a confiée la tâche de débriefer ce thème des mères et de leur activité professionnelle, je me suis dit « chouette, ça c’est clairement un sujet qui me parle ! ». Puis j’ai lu attentivement les contributions qui s’y rattachent et je me suis dit : « zut ! le sujet a déjà été super bien traité, que vais-je bien pouvoir raconter d’autre ? ».

Alors j’ai choisi l’angle de la fameuse « conciliation » entre vie familiale et vie professionnelle. Vous savez, la conciliation que l’on voit s’afficher à tout bout de champ en couverture de magazines (féminins of course) « 10 truc pour concilier via familiale et vie pro », « comment concilier vie familiale et vie pro sans culpabiliser ! », etc. Accrocheur ? Certes ! Mensonger ? Clairement !

 

mere-jongle.jpg

c'est un peu ce qu'on nous demande, non ?

 

Car la culpabilité, si elle se manifeste à différents degrés selon nos tempéraments et nos situations, rares sont les mères qui y échappent, comme nous le rappelle Covima. Il n’est jamais simple d’assumer son choix à 100% quand l’organisation devient difficile à gérer pour une mère qui travaille ou que les finances sont dans le rouge pour une mère à la maison.

Pourtant, rappelons-nous 5 minutes notre vie d’avant (oui, je sais, ça fait mal, on va essayer de pas y penser trop longtemps) : pouvons-nous sans mentir prétendre qu’avant d’avoir des enfants, notre maison était toujours impeccable, nos finances au top niveau et sans écarts, notre relation de couple au beau fixe ? Personnellement, je peux vous affirmer que non. Ca permet de relativiser déjà, vous trouvez pas ? A l’époque, je me mettais déjà des bâtons dans les roues, de la pression ! Oh certes, c’était différent parce qu’il n’y avait pas cette insidieuse culpabilité du « pas assez s’occuper de son enfant », il n’y avait pas cette crainte que mon petit se sente délaissé ou que je ne réponde pas suffisamment à ses besoins parce que j’ai eu ma journée et que j’aimerais moi aussi me poser mais qu’en même temps, on ne fait pas des enfants pour les laisser livrés à eux-mêmes, n’est-ce pas ?

 

mere-ordi-enfant-fou.jpg

(sauf s'ils font juste gentiment les fous sur le lit comme ça)

 

Bref, ce qui me gêne vraiment dans cette histoire de « conciliation », c’est que je ne comprends pas pourquoi ce terme n’est toujours utilisé que pour les femmes ayant des enfants ? Les hommes aussi ont des enfants mais se demande-t-on pour autant systématiquement, à l’approche d’une naissance ou en apprenant que tel homme a 2 ou 3 enfants, comment ils vont concilier travail et paternité ? Bien sûr que non, jamais !

Et oui, ce réflexe m’exaspère, d’autant plus qu’il est aussi ancré en moi, que je le veuille ou non !

Heureusement, j’ai envie de dire, on rencontre de plus en plus de pères qui font le choix de réduire ou stopper momentanément leur activité pro pour s’occuper de leurs enfants… souvent, c’est aussi parce que leur situation pro n’est pas satisfaisante ou que leur salaire est le moins élevé du foyer (mais mieux vaut qu’ils en aient envie malgré tout)… Mais sont-ce là également les critères qui font que c’est le plus souvent la carrière des femmes qui pâtit de la naissance d’enfants (un salaire moindre, l’envie, un travail moins intéressant) ? La question me paraît très complexe. Car avant même d’être mères, les femmes sont souvent effectivement moins bien payées à travail égal, etc. La question prend donc ses sources en amont de la maternité, dans l’égalité des sexes me semble-t-il, au niveau professionnel et dans les attentes de la société par rapport à l’attitude et aux sources d’épanouissement des femmes. Oui, à l’arrivée d’un enfant, il y aura toujours quelqu’un pour demander à la mère si elle compte continuer de travailler ou pas, à temps partiel, etc. Jamais cette question ne sera posée au père, JAMAIS !! Suppose-t-on que les femmes ont toutes cette envie viscérale de s’occuper de leur progéniture ? Moi, je suis un très mauvais exemple (ou pas) : je suis passée à 80% dès le 1er enfant ! Ce qui a d’ailleurs surpris mon employeur, à qui je n’avais pas tenu ce genre de discours lors de mon embauche (à 2 mois de grossesse). Mais c’est vrai que la grossesse a peu à peu fait naître en moi des envies que je n’imaginais pas auparavant. Cependant, je sais que Papa Sioux aurait également adoré prendre un 80% si cela avait été faisable dans son travail. Nous l’avions même envisagé avant que l’envie me prenne de conserver mon 80% indéfiniment mais ça aurait été difficilement jouable avec ses impératifs professionnels… on en revient donc toujours là !

 

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"Ouais, papa est rentrééééé !!!" (impossible de trouver une image de père bossant à la maison !)

 

Par contre, même s’il aurait aimé passer plus de temps avec son fils, Papa Sioux culpabilise-t-il pour autant de le laisser en garde ou de ne pas le voir davantage ? Covima nous dit que dans son entourage, les hommes n’ont franchement pas l’air de culpabiliser plus que ça, cela paraît être l’apanage des femmes ! Personnellement, je crois que Papa Sioux culpabilise, oui. Différemment de moi (qui, ayant plus de temps avec mon fils, culpabilise davantage de ne pas arriver à gérer la maison en même temps) mais je crois que cela le préoccupe beaucoup aussi. Est-il un cas à part ? Je l’ignore.

A propos de temps partiel justement, Magali Evasion nous rapporte une étude INSEE qui a étudié la corrélation entre nombre d’enfants (à partir de 3, ça craint pour votre boulot Mesdames !) ou présence d’enfants en bas âge et taux d’activité des mères. En effet, bizarrement, l’impact que les enfants en bas âge ont sur le travail des mères aujourd’hui est plus faible qu’au début des années 90. S’agit-il d’une nouvelle vision de son rôle par la mère (qui souhaite davantage rester avec ses tout-petits) ou du marché de l’emploi qui ne motive plus autant ou ne laisse pas de place aux mères de famille ?

Il n’y a en réalité par de réponse préconçue puisque même les études ne savent plus par quel bout analyser cette thématique : Anaïs l57 cite ainsi une autre étude qui conclue que travailler encouragerait à la procréation. Pour quelles raisons ? Je vous laisse aller le découvrir. Pour ma part, si le travail devait encourager la procréation, ça serait simplement d’un point de vue financier, en me disant que notre aisance financière acquise grâce à 2 salaires nous permet d’espérer offrir un cadre de vie agréable puis des études longues à nos enfants s’ils le souhaitent… Mais en dehors de ça ? On peut tout aussi bien considérer que ne pas travailler permet de profiter chaque jour davantage de ses enfants… et donc nous donner envie de faire d’autres enfants ?

En tous les cas, Kiki The Mum a un avis très argumenté sur la question et nous propose de nombreuses pistes pour aider les mères qui ont choisi de travailler à s’épanouir au mieux et l’esprit serein dans leur métier, mais également pour valoriser les mères qui choisissent de rester à la maison pour que leur choix ne soit pas synonyme de parents préoccupés par le sacrifice financier ainsi engendré. Je vous propose d’aller découvrir ses propositions et de voter toutes ensemble pour Kiki, Ministre de la Famille, à la prochaine réorganisation du Gouvernement ! (oh bin oui, on peut rêver un peu, hein ?)

Au final, toutes ces contributions posent la question de nos choix personnels et de comment nous les vivons, nous les mères mais aussi les pères, qu’il serait intéressant de questionner vraiment à ce sujet.

Qui parmi vous pense avoir trouvé le bon équilibre ?

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 10:32

Je crois que je vais utiliser l’extrait du livre présenté par le Chat Botté comme fil conducteur de ma réflexion (pour autant que j’arrive véritablement à en tisser un avec ce vaste sujet). Non non, ça n’est pas parce que le Chat Botté est notre premier « mâle » intervenant dans les VI (je dis pas de bêtise au moins ?), point de sexisme amies lectrices et amis lecteurs, surtout avec un tel sujet reposant sur mes épaules !!

« Le XIXe siècle était celui des mesures physiques du crâne ou du cerveau, qui ont été utilisées pour expliquer la hiérarchie entre les sexes, les races et classes sociales. Les critères modernes du XXe siècle sont les tests cognitifs, l'imagerie cérébrale et les gènes. Et derrière se profile toujours le spectre de voir utiliser la biologie pour justifier les inégalités entre les sexes et entre les groupes humains. Le devoir de vigilance des scientifiques et des citoyens face aux risques de détournement de la science est plus que jamais d'actualité. » Cerveau, Sexe et Pouvoir, de Catherine Vidal et Dorothée Benoit Browaeys

Nous y voilà donc. Le déterminisme, la construction des rôles sociaux. [Merci Mme Déjantée pour le sujet au passage, cette 3e contribution en tant que Marraine est la première qui me file carrément l’angoisse de la page blanche !]

J’ai personnellement adoré les explications fournies par ce livre, particulièrement celles réfutant la thèse de la répartition des rôles femme/homme au sein du foyer, qui remonte soi-disant à des temps immémoriaux… mais je ne vous en dis pas plus, je vous laisse aller lire la contribution qui s’y rapporte !

Finalement, que l’on cherche à détourner la science ou à faire valoir ce que l’on considère comme étant des rôles « naturels » et établis, la même question sous-jacente revient : comment faire pour que chaque individu, homme ou femme, se sente libre d’évoluer et de s’affirmer dans toute son unicité ? Cela ne débute-t-il pas avec la manière dont on prendra soin et dont on appréhendera les réactions des filles et des garçons dès le plus jeune âge ? C’est sur cette question que se sont penchées Lucky Sophie et Aubergine, nous offrant les deux visions intéressantes suivantes :

  • Existe-il des différences innées entre garçons et filles auxquelles il conviendrait simplement de s’adapter, pour agir en toute équité mais dans le respect de ces particularités (jeux différents, méthodes de règlement des conflits, interaction avec l’adulte référent,…) ? Ne pas chercher à les gommer à tout prix ne signifiant pas attribuer des rôles enfermant à chaque sexe. [Cela rejoint le courant actuel des écoles et éducations sans genre, cherchant à promouvoir l’individu avant son appartenance à un genre donné].
  • Ou bien doit-on considérer que les tempéraments culturellement inculqués à chaque genre constitue le fléau de l’autodétermination et doivent être enrayés en séparant dès l’école – au moins lors de temps définis – filles et garçons, afin que chaque « groupe » puisse agir spontanément, que ce soit dans les jeux ou les interactions sociales plus formatées (repas, etc) ?

Et comme il semble que même à l’âge adulte, une fois que l’individu est supposé plus moins définitivement construit, il ne soit toujours pas à l’abri des comportements que l’on attend de lui (ici en tant que parent), cette semaine, deux contributions ont abordé de façon complémentaire la question de l’homoparentalité. Toutes deux s’attachent à détruire les idées reçus courantes sur le sujet, elles évoquent de même l’adoption par les couples homosexuels, avec un passage en revue de la législation et de la jurisprudence françaises actuelles pour Sandy – Les Bébous, tandis que Tayiam soulève la question des points de comparaison sur lesquels on semble vouloir s’appuyer pour quantifier la « normalité » du développement et du bonheur d’enfants élevés dans des familles homoparentales. En effet, la grande question non résolue est bien de savoir : à qui prétend-on comparer ces couples pour juger de l’impact que leur sexualité (après tout bien personnelle) aura sur le développement de leurs enfants ? Quelle famille peut prétendre être « normale » dans la mesure où l’image du schéma familial « standard » et donc du rôle social de ce schéma évolue chaque jour ? Qui peut prétendre avoir la recette miracle donnant à coup sûr des enfants équilibrés, qui réussiraient plus tard (mais réussirait quoi, sur quels critères ?), seraient heureux dans la vie ?

Il y a en effet autant de façons d’être heureux que d’être(s) humain(s). Tout comme il y a par exemple autant de façon d’être père, mère, parent, que de couple parents/enfants et d’individus. Ainsi, quel rôle veut-on assigner au père qui prend en charge ses enfants, au même titre que la mère ? Doit-on considérer qu’il « fait la mère » se demande Marie 3 en 2 ? A-t-on attribué à la mère autant de prérogatives pour que le père ne puisse changer une couche ou bercer son enfant sans être qualifié de 2e mère pour ses petits ? Et dans ce cas, la gémellité serait-elle un facteur normalisant l’implication du père, l’autorisant à prendre en charge des tâches que la société ne lui attribue normalement pas, de préférence ? La solution pour laisser chacun exprimer sa façon d’être serait-elle d’agir en situation d’ « urgence » [j’ai peut-être une vision étriquée de la prise en charge de 2 nouveaux-nés en même temps mais j’imagine que ça doit être encore moins « cool » au quotidien qu’avec un seul bébé, non ?], forçant le lâcher prise – lâcher prise pour la mère qui accepte de ne pas être la seule à « savoir » faire ; liberté de mouvement pour le père sans surveillance et libre de construire le rapport de son choix avec son enfant ?

 

Vous pouvez retrouver les autres mini débriefs ainsi que le débrief général (qui sera publié ce soir), ici, comme toujours !

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 15:14

Les livres de puériculture, les sites Internet dédiés, débordent de conseils ou de « repères » concernant le développement et l’éducation des enfants, en particulier des bébés. Car c’est bien connu, ceux-ci ne peuvent pas encore s’exprimer de façon intelligible, donc les parents ont besoin d’un décodeur, qu’on leur propose souvent clés en main dans les sources précédemment citées. Il pleure ? S’il a mangé depuis moins de 3h, impossible qu’il ait faim (ce n’est pas l’écart type recommandé pour le rythme alimentaire du nouveau-né), il doit donc encore réclamer les bras et franchement, ne commencez pas déjà à céder à ses caprices !

Côté alimentation donc, Cécilie a abordé pour nous cette semaine la vision normalisée actuelle (en France du moins) de l’allaitement, qui en fait une pratique de « sacrifice nécessaire ». De même, celui-ci étant souvent difficilement compatible avec la reprise du travail de la mère, il faudra prendre garde à sevrer à 3 mois, sous peine d’ « esclavage » de la mère et de « dépendance » de l’enfant. Des visions imposées bien dommageables en elles-mêmes pour le manque de latitude qu’elles offrent au couple mère/enfant mais aussi parce qu’elles parasitent toute communication d’informations complètes et neutres, offrant un choix véritable.

Mais la normalisation ne s’arrête pas là ! Outre le type d’alimentation, se pose également la question de son impact sur le poids de l’enfant. Maman Poussinou nous livre sa lecture des conseils dispensés aux parents dont les enfants seraient plus gros (appelons un chat un chat) que la norme – c’est-à-dire que la courbe du carnet de santé ! Dans la prime enfance, toute forme de régime est bien évidemment à proscrire, la seule attention devant être portée sur une alimentation équilibrée et lors de repas définis. La vision imposée du poids de l’adulte (et même de la femme enceinte) retombe assez vite sur les épaules de l’enfant, qui n’est encore qu’un individu en construction – et ce à tous les stades – et doit donc être traité comme tel : aucune pression ne s’impose dans la grande majorité des cas !

La norme, ou vision imposée, est présente dans tous les domaines, y compris celui de la santé et du développement (moteur, psycho-affectif, etc.) de l’enfant. Ainsi, La Mère Cane nous fait part de son étonnement face à ceux (personnes croisées dans la rue, sur Internet, professionnels de la petite enfance) qui s’effraient du comportement d’enfants (en plein développement, rappelons-le ! et encore incapable de gérer/inhiber leurs émotions) jugés turbulents, coléreux, bagarreurs ou simplement trop en retrait car ils ne correspondent pas au comportement jugé « normal » pour leur âge ou l’environnement dans lequel ils se trouvent, ou encore jugé acceptable par des adultes qui semblent avoir oublié ce qu’être « en construction » signifie.

Pour continuer dans la tyrannie de l’enfant parfait, deux autres contributions cette semaine. Tout d’abord celle de Mme Faust qui nous fait part de son expérience et de ses lectures autour de l’autisme. Là encore, point de généralisation, de norme : chaque enfant, autiste ou non (et je dirais même « atteint d’une pathologie reconnue ou non), doit être appréhendé dans sa particularité, son caractère et son histoire propres – plutôt que comme l’individu d’un « groupe » que la norme aurait créé en carcan autour de l’une des choses qui le définissent.

Mais il y a aussi la tyrannie que tout parent s’impose. La pression du parent qui souhaite le meilleur pour son enfant, qui veut (tout en sachant cela impossible) lui éviter toute souffrance, expérience douloureuse et principalement celles que le parent a lui-même subies. C’est ainsi que Kiara nous avoue sa crainte à l’idée que sa future descendance soit atteinte de la même maladie qui l’a faite souffrir toute sa vie. Elle nous apprend à reconnaître les signes de la migraine chez le tout-petit, une maladie bien peu reconnue s’il en est, et qui fait pourtant beaucoup souffrir. Bien sûr, chaque parent est porteur de son histoire, de ses propres troubles ou handicaps qu’il risque de communiquer à son enfant mais qui peut prétendre ne léguer que du positif à son enfant ? Et n’est-ce pas ce qui fera de lui la personne qu’il sera – un enfant souffrant d’une pathologie donnée mais que ses parents auront pris grand soin de soulager, un enfant pris en compte et aimé donc, ce qui est certainement le moyen le plus doux de grandir, non ?

Pour faire le lien avec la contribution de ZazaOfMars, quoi de plus merveilleux également qu’un parent qui, sachant s’affranchir de la norme qui distribue des comportements types, des couleurs de vêtements mais également des jeux dédiés aux enfants selon leur sexe (puis des professions à l’âge adulte !), qui se sentira la force de se détacher des visions imposées pour laisser son enfant aller sans a priori vers les jouets ou activités de son choix ! Nous vivons en société, ce qui implique déjà bien assez de lois, règles et conventions, sans que nous nous enfermions – tous seuls la plupart du temps – et que nous enfermions nos enfants dans des fonctionnements contraignants et qui ne nous/leur correspondent pas, enfants si avides de découvertes et de liberté !

 

Et pour les autres débriefs, c'est par ici !

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 05:48

Aujourd'hui, je m'excuse mais je suis une feignasse, j'ai scanné la plupart des passages que je voulais vous faire partager. Parce qu'il faut que j'optimise mon temps et que c'est quand même long à recopier.

Alors 2 pages pour commencer, concernant les soins au nourrisson, juste après la naissance, comprenant sa toilette et également le soin du cordon :

conseiller jeune femme soins BB001

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Et puis un petit extrait sur les "Premiers besoins de l'enfant" :

La fatigue, le besoin de sommeil et l'action excitante de l'air font que la faim ne se manifeste pas chez le nouveau-né immédiatement après la naissance ; pendant les quatre ou cinq premières heures, il n'a besoin que de sommeil. On évitera donc de le gorger d'eau sucrée qu'il ne peut digérer et qui l'empêche de dormir jusqu'à ce qu'il l'ait vomie. L'addition d'eau de fleurs d'oranger si aimée des commères n'empêche pas les nausées.

On ne doit jamais donner à boire à la cuiller : c'est accoutumer l'enfant à boire sans sucer. Or, la succion est une oeuvre assez rude qu'il est fort aise de ne pas faire pour peu que vous lui montriez qu'il peut s'en passer. L'enfant doit téter et non boire ; au bout de quatre ou cinq heures, il est mis au sein où il trouve un premier lait aqueux, peu abondant et laxatif (colostrum) qui faicilite sa première selle et l'expulsion du contenu de l'intestin (méconium).

Si l'expulsion de ce liquide épais, brun-verdâtre, se fait attendre, on donne un peu d'eau miellée, ou une cuillère à café de sirop de chicorée composé ; mais il est extrêmement rare que cette médication soit nécessaire et on en abuse siyvent beaucoup trop, ainsi que des lavements.

  Deux points qui retiennent mon attention ici : j'adore l'histoire des "commères" !!! Et un point qui a bien changé aujourd'hui : on considère au contraire que donner du lait à la cuillère ou à la pipette, sont des moindres maux, qui ne devraient pas perturber l'apprentissage de la succion au sein par le nouveau-né. Autre temps, autres convictions !

 

Toilette quotidienne et coucher de l'enfant :

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Enfin, un petit passage sur la vaccination :

Le vaccin ou virus de la vaccine peut se recueillir soit chez la génisse atteinte de cow-pox, soit chez le génisse inoculée (vaccin animal), soit chez le cheval (horse-pox), soit chez l'enfant du cinquième au septième jour après l'inoculation vaccinale.

Il est bon d'employer le vaccin de génisse inoculée, recueilli dans des tubes capillaires obturés à leurs extrémités et qu'on débouche au moment de s'en servir. Avec une lancette ou une aiguille sépciale, on fait des piqu^res ou des scarifications, soit aux bras (chez les garçons), soit aux cuisses (chez les cuisses), trois pour chaque membre, en ayant soin de bien tendre la peau, de faire pénétrer le virus sous l'épiderme, en évitement l'écoulement du sang.

Les revaccinations doivent être pratiquées tous les dix ans et à toutes les périodes de la vie.

Encore un truc qui fait rêver, hein ? Par contre, je n'ai pas bien compris contre quelles maladies les enfants étaient vaccinés, si ce n'est contre la variole, qui est évoquée un peu plus haut.

Et pour finir sur l'allaitement maternel, juste ceci :

 

conseiller-jeune-femme-soins-BB005.jpg

Ca c'est un bouquin qui se ferait bien taxer de culpabilisation par les non-allaitantes, n'est-ce pas ?

Et quand même, le passage sur la fréquence des tétées, pour voir ce qui était dit à l'époque !

On ne doit pas donner le sein à l'enfant chaque fois qu'il pousse des cris. On reconnaît qu'il a faim lorsqu'il agite vivement les bras, qu'il tourne la tête à droite et à gauche, en ouvrant la bouche comme pour chercher le sein, lorsque enfin il saisit avidement le bout du doigt et le suce.

La fréquence des tétées varie selon la force et l'âge de l'enfant. Pendant les premiers jours, on lui donne le sein au premier cri. Au bout de dix jours, on essaie d'éloigner les tétées. Dès la fin du premier mois, on doit exiger la réglementation des tétées toutes les deux heures pendant la journée, toutes les quatre heures pendant la nuit.

Bon, ç'aurait pu être pire, hein ? Même si à ce rythme, Pti Tonique aurait été bien malheureux parce qu'à 1 mois, c'était encore la fête du lait toutes les heures parfois (sans parler du pic de croissance, qui ne devait pas être très bien satisfait à l'époque si on ordonnait des tétées toutes les deux heures à cette période fatidique) !

 

Je m'arrête là dans la restranscription des passages que j'ai jugés intéressants de ce livre. Je reprendrai peut-être à l'occasion (un jour de manque d'inspiration) mais pour le prochain Vendredi Intello, j'aimerais aborder d'autres thèmes.

De plus, si La Maman Oiseau est toujours intéressée, bien que l'époque de cet ouvrage soit assez antérieure à la période qu'elle affectionne tant, je lui en ferai parvenir quelques passages inédits (car nous n'en sommes là qu'à la moitié), que vous pourrez peut-être ensuite retrouver chez elle !

Allez, juste un p'tit dernier pour la fin !

 

conseiller jeune femme soins BB006

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 10:07

En tant que Marraine des Vendredis Intellos, je vous fais partager le mini débrief que Mme Déjantée m'avait chargée de rédiger en ce début de semaine, en attendant qu'elle nous livre le défriefing global d'ici ce soir il me semble :

 

Est-ce parce que les parents d’aujourd’hui ont pris conscience des contradictions permanentes que s’escriment à leur promulguer les « puériculteurs » en tous genres, que nombre d’entre eux se tournent, en désespoir de cause ou par le miracle d’une louable clairvoyance, vers les valeurs et méthodes d’autrefois ? Sont-ils simplement fatigués d’être considérés par les manuels de puériculture comme d’immatures débutants  à qui chaque geste doit être inculqué ? Ou bien ce retour aux sources n’illustre-t-il pas plutôt une marque d’intérêt pour des méthodes « ayant fait leur preuve » tout en respectant les besoins de chacun, parents et enfants ? N’est-ce pas dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes ? (j’avais envie d’employer  cette charmante et désuète expression)

Car si les accessoires évoluent avec leur temps, s’améliorent pour le confort des parents et le bien-être des enfants (exemple : les couches lavables d’aujourd’hui comparées à celles d’il y a 50 ans), on constate que la méthode demeure inchangée et produit les mêmes effets. C’est ce qu’évoque Tournicoti Tournicoton en nous faisant partager son expérience de l’emmaillotage des bébés. Elle nous rappelle par ailleurs en quoi consiste la technique et de quelle façon s’y prendre, afin de sécuriser son enfant et de lui permettre, notamment, de dormir plus sereinement (et donc plus longtemps ! avis aux insomniaques forcés). La chaleur apportée par l’emmaillotage pourrait même soulager d’autres maux, je vous laisse aller vous faire une idée mais personnellement, ça me paraît tellement évident une fois que c’est dit – une façon supplémentaire de recréer la sécurisation du cocon utérin.

A ce sujet, le portage est également une méthode qui a fait ses preuves, et ce davantage hors de nos frontières qu’à l’intérieur, où il n’a fait des adeptes que depuis quelques années (je serais d’ailleurs curieuse de savoir combien – 10, 20 ans ? – et dans quelles proportions). Cette semaine, Home Sweet Môme nous propose donc de partir sur les traces des parents porteurs de tous les continents, en questionnant, à l’aune de sa propre expérience et de celles richement relatées et illustrées dans le livre dont elle parle, les bienfaits et avantages de cette pratique.

Et comme le rappelle Home Sweet Môme, le portage étant souvent lié à l’allaitement, nous ne pouvons ignorer l’insistance actuelle, dans certaines sphères mais également en termes de politique de santé publique, visant à promouvoir l’allaitement maternel, cet acte immémorial et « naturel ». Ce même allaitement dont on met bien souvent en avant les bienfaits sur la santé pour convaincre les futures mères de l’adopter alors que, les mères allaitantes le savent, il s’agit de bien davantage que de nourriture et d’anticorps. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Sandy – Les Bébous nous indique que les femmes qui deviennent mères grâce à l’adoption peuvent elles aussi tenter de créer ce lien si intime et particulier avec leur tout nouvel enfant, en démarrant avec lui (avec force motivation tout de même) un allaitement tout aussi singulier, source de réconfort et favorisant l’attachement.

Cet attachement qui, biologiquement, est supposé commencer à se créer dès les premiers temps de vie commune, c’est-à-dire pendant la grossesse puis dès les premiers instants suivant l’accouchement. L’accouchement qui n’échappe pas, lui non plus, à cette conviction de plus en plus répandue qu’en respectant la physiologie du corps de la femme, les étapes et la durée « naturels » de cet évènement si riche en émotions et bouleversements divers, nous gagnerions en bien-être de la mère et du bébé, en efficacité et en qualité de ressentis, nous minimiserions les interventions médicales invasives et parfois inutiles, etc. C’est pourquoi Maman Sioux (je parle de moi à la 3e personne, c’est pour les besoins du débrief) nous montre que dès le début du 20e siècle, nombre de connaissances physiologiques utiles à un accouchement sauvegardant autant que faire ce peut la parturiente et son corps, étaient connues – et mériteraient de ne pas être aussi vite enterrées sous couvert de progrès et de précaution médicales.

Enfin, j’évoquerai la contribution de Madame Zaza Of Mars qui nous a permis cette semaine de nous questionner dans la même optique, pour savoir si le progrès médical et la technologie qui l’accompagnent étaient à coup sûr garants d’une procréation facilitée. Elle dresse pour nous un panel assez complet des méthodes et conseils (diététique ou autres) actuellement à la portée des femmes (sans problème de fécondité avéré) désirant tomber enceintes, pour conclure que l’observation et l’écoute de son corps sont souvent les méthodes les plus efficaces.

 

Toutes les contributions des Vendredis Intellos sont disponibles ici, ainsi que les mini débriefs et le débrief final.

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 05:45

Aujourd'hui, comme promis, je continue ma saga entamée vendredi dernier, sur les conseils et informations donnés par un médecin des années 1900 à la jeune femme - mère ou nourrice, dans le (très) vieux livre que voici et que j'ai en ma possession :

 

conseiller de la jeune femme

 

II - Pendant l'accouchement

 

Morceaux choisis :

 

"Moment où la parturiente doit se coucher

Pendant la période de dilatation du col utérin, la parturiente a pu se promener dans sa chambre, aller, venir, se coucher, s'asseoir. Elle a fait cent fois la tour de son appartement cherchant une place, une position capable de la soulager des douleurs préparantes, douleurs énervantes, ne faisant guère avant le travail qui se continue d'une façon lente et régulière. Bientôt les douleurs se succèdent, plus rapprochées, puis deviennent plus forte et plus longues. L'accoucheur pratique le toucher vaginal et constate que la dilatation du col de la matrice est complète. La période d'expulsion va commencer.

[...]

On soutient le périnée pour éviter sa déchirure

De nouvelles contractions utérines, plus violentes et plus fortes, vont pousser la tête jusqu'au plancher périnéal. A ce moment, l'accoucheur redouble d'attention. il porte l'index dans les voies génitales de manière à se rendre compte de l'état d'engagement de la tête, des progrès et du sens dans lequel d'effectue la rotation. Le périnée se développe, s'allonge, s'étale, s'amincit, bombe et se tend à chaque douleur. La tête va sortir, il faut que son dégagement se fasse sans entraîner de déchirures du périnée et de délabrements de la vulvue fréquents chez les primpares, c'est-à-dire pour celles qui accouchement pour la première fois.

La statistique évalue les déchirures du périnée à 25% en France où les femmes accouchent sur le dos, tandis qu'on ne les évalue qu'à 4% en Angleterre où les accouchées se placent sur le côté gauche. En Allemagne, on est éclectique : les primipares accouchent sur le côté et les multipares, c'est à dire celles qui accouchent pour la deuxième ou troisième fois, sur le dos."

 

Alors là, je dis STOP. Comment ça, on le sait depuis tout ce temps que le périnée est davantage protégé en accouchant sur le côté ??? (Voir ma 2e contribution aux VI ici, qui en parlait un peu). Alors en échange des progrès de la médecine (parce que je vous le dis clairement, je suis bien contente d'accoucher à mon époque, hein !), on a oublié nos savoirs basiques sur la physiologie de la naissance et les pratiques facilitant le travail tout en préservant le corps de la parturiente autant que possible ??

 

"Anesthésie

La plupart du temps les douleurs de la parturition, quoique très vives, sont assez facilement supportées, parce que les périodes de repos qui les espacent sont d'une longueur suffisante. Mais pour peu que la douleur semble provoquer une réaction trop grande et que les phénomènes nerveux deviennent inquiétants, qu'il y ait de l'exaltation ou du délire, l'accoucheur n'a pas le droit de refuser de donner du chloroforme. Il en tirera quelques fois un grand profit, dans les cas, par exemple, de résistance du périnée, de contracture du releveur de l'anus, de spasme et de rigidité du col.

Le chloroforme donné avec soin et méthode ne fait courir aucun danger."

 

"Durée de l'accouchement

Cette durée est très variable. En cas d'obésité, elle est plus longue qu'à l'état normal. L'hérédité paraît jouer un rôle en cette circonstance : la durée de l'accouchement est analogue à celle des accouchement de la mère ou de la grand-mère paternelle de la parturiente, suivant la ressemblance physique de cette femme avec sa mère ou avec son père.

En faisant partir le début de l'accouchement des premières douleurs sérieuses et non des coliques légères du début, on peut fixer la durée ordinaire de l'accouchement à : douze heures chez les primipares et à six heures chez les multipares, en dehors de toute complication, bien entendu."

 

Je vous livre juste encore un petit morceau du paragraphe suivant :

 

III - Après l'accouchement

 

et après j'arrête parce que ça va être trop long.

 

"Repos absolu nécessaire à l'accouchée

[...]

Les premiers jours après les couches, la jeune mère doit défendre l'entrée de sa chambre aux importuns qui voudraient lui rendre visite [...] qu'elle écarte toutes les personnes qui désirent la voir par curiosité plutôt que par sympathie, bien plus soucieuses de se rendre compte de l'ornementation du berceau et de l'ameublement de la chambre que de la santé de la mère et de l'enfant."

Ah, tiens, ça me rappelle un article ça...

 

"Régime alimentaire

Autrefois, on infligeait à l'accouchée une diète presque absolue pendant huit jours. On ne prescrit plus maintenant un jeûne aussi prolongé et l'on permet, le jour même de la délivrance, le régime des opérés : bouillon de boeuf et de poule à volonté.

Dès le lendemain, s'il n'y a pas de fièvre, on autorise des potages, du lait, un oeuf peu cuit. Le troisième jour, une côtelette à midi et un oeuf le soir, avec un peu de pain et d'eau rougie. La traditionnelle tisane de tilleul et feuilles d'oranger sera bue entre les repas, si la soif se fait sentir."

Youhou ! Veinarde l'accouchée !

 

La semaine prochaine, je clôrai (peut-être temporairement parce qu'il y a encore matière) cette plongée dans les années 1900 sur des extraits concernant les soins à donner au nouveau-né et l'allaitement.

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 05:27

En lisant une contribution à la rigolote rubrique participative de La Maman Oiseau, je me suis rappelée qu'une petite merveille chinée et offerte par ma mère dormait dans ma bibliothèque.

Il s'intitule "Le conseiller de la jeune femme - mères et nourrices" par le Docteur Léon Cassine (dans la collection "Petite Encyclopédie Médicale") et ressemble à ça :

 

conseiller-de-la-jeune-femme.jpg

vous le trouverez pas sur Amazon celui-là !

 

La préface dit notamment ceci :

"Bien des ouvrages ont été faits sur l'hygiène de la première enfance. Celui-ci a été conçu dans un esprti spécial : il n'a pas été écrit pour les médecins ; il s'adresse aux mères.  

J'ai voulu simplement résumer en quelques pages claires et précises, évitant les termes techniques, les conseils demandés par celles qui ont le désir de soigner leurs enfants avec intelligence."

Il s'agit apparemment plus ou moins d'une première, de vouloir informer les femmes en direct, via un document écrit. Je crois que nous tenons là l'un des plus vieux ancêtres du Pernoud !! Ca a l'air plein de bonnes intentions.

Mais penchons-nous maintenant sur les premiers paragraphes des "Préliminaires" (équivalent de l'introduction), pour vous donner le ton :

"La femme est née pour être mère ; la maternité est l'expansion réelle de son être. Elle doit obéir à la loi naturelle de la procréation qui exige d'elle la perpétuation de l'espèce.

La mère aime son enfant, joie du foyer. La même cause qui la rend féconde pour produire la rend tendre pour aimer. Sachant que la manière dont on l'élève influe beaucoup sur la durée de sa vie, la mère soigne elle-même son enfant, le voit grandir dans ses bras, sous ses baisers et ne confie sa chère existence à personne. Sa sollicitude ne peut se suppléer et les soins incessants que réclame le nouvea-né ne sont bien donnés que par elle."

La toute fin n'est pas fausse (à mon humble avis) mais on voit bien qu'il n'est point question ici de femmes qui travaillent ; ou en tous cas, à la lecture du premier paragraphe, on comprend que ça ne serait pas du tout leur rôle, selon l'auteur ! Voyons Mesdames, vous êtes faites pour enfanter, un point c'est tout ! Faîtes-le et faîtes-le bien !

J'appréhende donc la suite du livre avec quelque réserve - mais également une certaine curiosité archéologique, causée par la plongée dans un ouvrage d'un autre siècle, qui en a l'odeur et la fragilité des pages.

Je ne l'ai pas encore lu en entier, il est tout de même assez long mais je vous cite un autre passage, issu du Chapitre Second "Soins à donner à la mère avant, pendant et après l'accouchement" :

 

"I. - Avant l'accouchement

Choix d'un médecin

[...]

Voyons maintenant la marche à suivre au moment de l'accouchement qui sera fait par un médecin, de préférence à une sage-femme, car s'il y a 29 accouchement sur trente qui se font d'eux-mêmes sans danger, il y en a un qui réclame tout l'art et toute la science d'un praticien instruit et expérimenté."

Voilà où a commencé le dénigrement du travail des sages-femmes !

"Aliments

Pendant la période de dilatation du col utérin, quelques aliments légers sont autorisés ; ce sont le thé, le café, le lait, quelques grogs. On peut sucer des morceaux d'orange, mais on doit s'abstenir de vin et de limonade, qui provoquent souvent des vomissements."

C'est presque moins strict que les consignes de certaines équipes médicales de nos jours !

"Antispesie

[...]

[Le médecin] pratique le palper abdominal et l'auscultation qui lui indiquent la position et l'état de santé du foetus. Puis il se prépare à faire le toucher vaginal qui le renseigne sur le degré de dilatation du col utérin. Il se lave les mains encore une fois dans de l'eau très chaude, les rince dans la solution de formol, les conserve humides plutôt que de les essuyer à un linge qui lui paraîtrait d'une propreté douteuse. Il enduit son doigt d'une pommade antiseptique (vaseline boriquée) qu'il doit préférer à l'huile à manger offerte par la famille. Cette huile, surtout si elle est conservée depuis un certain temps dans la traditionnelle soucoupe e exposée à l'air, recueille toutes les poussières et devient un agent d'infection. Si un pot de vaseline antiseptique ne se trouve pas sous la main, on fait le toucher les doigts ruisselants de la solution formolée.

Il s'agit maintenant de procéder à l'antisepsie de la parturiente. La vulve présentant de nombreux plis et replis qui peuvent devenir le siège d'impuretés, il est nécessaire d'en pratiquer la désinfection. On savonne toute la région, on lave à l'eau bouillie chaude et on termine en arrosant la vulve de la solution phéniquée ou de formol. Après la vulve, on nettoie le vagin au moyen d'une injection de deux litres d'eau antiseptique, puis on applique une couche épaisse d'ouate hydrophile au salol, au-devant des parties génitales."

Alors, vous voyez à quels "préparatifs antiseptiques" on échappe aujourd'hui, quand même ? Moi, ça me fait bien plaisir !! (dans cet extrait, on comprend que les accouchements se passent encore à la maison)

Je pourrais vous recopier des passages pendant des heures tellement je trouve ça instructif. Ce qui me surprend, c'est la modernité des propos. Bien sûr, les choses on évolué (en 1 siècle, heureusement !) mais je ne pensais que les conaissances médicales étaient telles à l'époque - en même temps, je ne suis pas une spécialiste de l'histoire de la médecine alors il y a peut-être des gens mieux informés que moi que ça ne surprendrait pas.

J'espère ne pas avoir fait trop de coquilles en recopiant car c'est un peu fastidieux (et que je n'aime toujours pas me relire). J'attends vos réactions avec impatience !

Et si ça vous intéresse, la prochaine fois, j'ai bien envie de vous citer des passages de "Pendant l'accouchement" !

 

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 05:45

Caro m’a fait découvrir les précieuses éditions Jouvence, de petits livres qui traitent de sujets tournant autour de la famille et de l’enfant. Sur ses recommandations, j’ai commencé par en acheter (d’occasion ! oui, je suis fière de moi parce que je n’y pense pas souvent et que ça économisons le papier !) deux. Aujourd’hui, dans le cadre des Vendredis Intellos (au fait, ça y est, j'ai intégré le petit widget de Mme Déjantée dans la colonne à droite), je voulais vous livrer un extrait de l’un deux, à savoir Porter bébé – avantages et bienfaits, écrit par Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau*.

 

porter-bebe---livre.jpg

 

J’adore le style de cette auteure, ses livres (oui, elle en a écrit plusieurs chez ces éditions) sont précis, courts, ils vont à l’essentiel en peu de phrases et toujours en justifiant leur propos à l’aide d’études scientifiques ou d’avis de spécialistes (pour ceux que ça rassurerait) mais aussi à l’aide de comparaisons anthropologiques que je trouve très parlantes.

Voici donc le fameux extrait :

« Dans les années 50, la pédopsychiatre Marcell Geber a ainsi observé pendant un an des nourrissons bagandas vivant en Ouganda dans un milieu rural traditionnel. Elle a montré la surprenante avance du développement de l’enfant africain comparé à celui d’enfants européens ou américains du même âge. Cette avance remarquable concernait surtout le développement intellectuel et affectif. Portés constamment par leur mère, ces enfants pouvaient se tenir droits, sans soutien, quelques minutes à 17 semaines ; tenaient assis, stables, le dos bien droit dès 4 mois ; tenaient debout sans appui à 7 mois ; marchaient à 9 ou 10 mois ; pouvaient courir à 12 mois (en moyenne, l’enfant européen peut courir à 24 mois) ; donnaient un coup de pied dans un ballon à 18 mois » (ça, je précise que Pti Tonique le fait ! hihi – bon OK, peut-être pas avec la vigueur et la stabilité qui était sans doute sous-entendue mais suffisamment pour que son père le voit déjà footballeur - grrrrr).

Suite de l’extrait :

« Elle a aussi constaté que les petits Ougandais étaient moins précoces à mesure que notre approche scientifique envahissait la culture ougandaise. L’étude d’un groupe d’enfants de milieu aisé, de parents universitaires, qui n’étaient pas portés au dos par leur mère, n’a pas retrouvé cette précocité.

Pour Marcelle Gerber, « la position au dos de la mère entraîne une avance de développement des muscles commandant la tenue de la tête, la station assise, la locomotion. C’est aussi un poste d’observation privilégié pour voir et entendre tout ce qui se passe et se dit. Les massages et manipulations de la mère dès le début de la vie, le contact peau à peau, sont de tel stimuli qu’ils concourent non seulement au développement moteur, mais aussi à la pleine possession de toutes les capacités. La préhension du tissu qui maintient le bébé au dos, ses jeux de doigts avec ce tissu ou avec le mamelon de sa mère lors des fréquents et longs allaitements et, plus tard, l’imitation des gestes de sa mère et la tolérance de celle-ci le laissant manier tout objet à sa portée sont la cause de sa remarquable habilité manuelle. »

[…] Les stimulations kinesthésiques et vestibulaires ainsi induites peuvent occuper plus de 40 de la journée pour des enfants bambaras (Mali) de 2 à 5-6 mois, contre 10 à 15% pour les enfants français ».

Et celui-là, juste pour le fun (eh oui, ce livre était fait pour moi !!)

« Les bébé sioux, quant à eux, passaient leurs premiers mois dans un berceau vertical, en bois et en peau, ressemblant à une hotte, porté sur le dos de la mère ou suspendu à une branche d’arbre » (pour le protéger des prédateurs). C’est-y pas mignon ça ? Je savais bien que les enfants Sioux avaient besoin d’être portés ! ;) 

Et la suite parce que c’est intéressant (mais je pourrais vous citer tout le bouquin à ce rythme-là) :

« A Bali, Margaret Mead avait observé, il y a plus de cinquante ans, que l’enfant n’était pas censé toucher le sol avant 9 mois. On considérait en effet que la vraie naissance se situait quand l’enfant pouvait lui-même appréhender la terre, c’est-à-dire marcher et se déplacer seul. Jusque là, il était constamment porté par sa mère ou d’autres personnes. »

Intéressante vision des choses, non ?

 

 

*Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau s’intéresse depuis près de trente ans à la naissance, à l’allaitement et à tout ce qui touche la parentalité. Elle est rédactrice en chef de la revue de La Leche League France Allaiter aujourd’hui, et est l’auteur de nombreux ouvrages : L’allaitement maternel, Pour une naissance à visage humain, Pour une parentalité sans violence, Anthropologie de l’allaitement maternel, Allaiter, c’est bon pour la santé et Partager le sommeil de son enfant, tous parus aux Editions Jouvence (encore quelques Vendredis Intellos en perspective donc !)

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 05:31

Ceci est ma contribution aux 5e Vendredis Intellos de Mme Déjantée.

 

vendredis intellos

 

Je n'avais plus de livre à présenter pour ces Vendredis - je n'ai tout de même pas tant de temps que ça à consacrer à la lecture, mais un autre type de lecture est venu me frapper la semaine dernière et m'a inspiré quelques mots.

Il sagit d'une page du magazine Egg de juin-juillet-août 2011, où une dame, "Annabelle", dont je ne connais d'ailleurs pas la formation ni les compétences exactes, répond aux questions des lectrices. Elle répond à une maman qui pose la question suivante : "Ma fille, je l'aime. C'est mon rayon de soleil quotidien. Mais tout est réglé à la minute près. Les matins, les journées, les soirées. Les jours se succèdent et se ressemblent trop. Avec la fatigue qui s'accumule de jour en jour, j'en suis à croire parfois, que le travail est incompatible avec une vie de famille équilibrée... Comment sortir de tout ça ?"

Et la dame d'Egg de répondre pas mal de choses, mais notamment ceci : "La vraie prison, [...] c'est bien souvent notre mental, c'est-à-dire notre évaluation de la situation et non la situation elle-même. [...] Car c'est bien ta perception qui est limitante et emprisonnante. Certainement dois-tu pratiquer aussi la comparaison avec "avant" ou "comment ce serait si..." : c'est tout cela qui crée de la déception, de la frustration et des envies de compensation".

Tu m'étonnes, John (ah non, c'est Annabelle, pardon) !!! Quel parent ne s'est jamais dit "avant, j'aurais eu le temps de faire ça, j'aurais dormi une nuit d'affilée, j'aurais passé mon dimanche à glander, j'aurais manger en même temps que mon conjoint, j'aurais eu une vie sociale, j'aurais décidé sur un coup de tête d'aller au resto ce soir, etc".

Moi, frustrée ? Not at all cher lecteur, tu n'y es pas !!

Non mais c'est vrai, en ce moment, j'ai aussi ce genre de coups de mou (c'est la fête chez les Sioux en ce moment, décidément ! y'a du soleil et du positif plein le tipi !!!). Surtout quand je regarde l'état de ma maison. Je n'ai qu'un seul enfant et je suis déjà incapable de repasser mon linge régulièrement (je fais ça fringue par fringue à l'arrache le matin), de passer la serpillère toutes les semaines (bouhhh, y'en a qui oseront plus venir mettre un pied dans le tipi), de ranger les énormes piles de papiers et objets divers qui s'amoncèlent sur mon bureau, sur le meuble de l'entrée et sur le buffet du salon, etc...

Et en-dehors de tous ces trucs qu'il faut faire, il y a aussi toutes les choses moins fondamentales mais que j'aimerais tant faire, par plaisir : le livre de naissance de Pti Tonique avant d'avoir tout oublié, l'album photo de sa 1ère année, me vernir les ongles, décorer ma maison (2 ans après avoir emménagé, faut pas désespérer), cuisiner et tester plein de nouvelles recettes alléchantes que je vois partout, faire du sport, aller au ciné...

La solution pour ne pas vivre tout cela comme des privations quotidiennes, serait de "développer une certaine souplesse par rapport à nos besoins, afin d'éviter d'être dans le tout tout de suite qui peut créer du malentendu et du conflit, d'autant que l'enfant n'est pas, lui, encore capable de souplesse." Ainsi, "Evaluer nos besoins et leur degré de satisfaction régulièrement permet d'être au clair avec nos émotions et les choix que nous voulons faire pour être bien dans notre vie. Et en prenant ce RDV avec soi-même, on s'aperçoit que le bien-être, le bonheur ne dépendent finalement pas tant de facteurs extérieurs que du regard que nous portons sur nous-mêmes, nos actes".

Qui veut commencer la mise en oeuvre de ce vaste programme ?

Sincèrement, c'est un peu ce que je fais déjà, ne serait-ce que par manque de solution alternative : mon enfant a besoin d'un rythme - je le lui donne, il a besoin de ma présence et de jouer avec moi de telle heure à telle heure - je m'y prête (avec plus ou moins de motivation selon les jours)... et donc par élimination, je suis bien obligée de repousser mes envies (mes besoins ?) à plus tard. Reste à l'accepter suffisamment, à être convaincue que c'est la seule organisation possible et viable en ayant un enfant, pour ne pas le vivre comme une privation... c'est en cours !

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