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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 05:35

Cet article constitue ma contribution aux 4e Vendredis Intellos de Mme Déjantée. Même si le thème desdits Vendredis est le "vaste domaine de l'éducation, de la psychologie enfantine mais aussi plus largement, de l'enfance", je pense que les thématiques de soins aux femmes et de grossesse qui y sont abordées impactent directement notre façon d'être mères ensuite, donc le champ de l'éducation (qu'en penses-tu Mme Déjantée, je relie correctement les domaines ou pas ?).

 

vendredis intellos


Actuellement et sur la recommandation de La Ptite Graine Folle qui couve, je dévore le livre "Le Choeur des femmes" de Martin Winckler. Pour être sobre et clair : ce type est un génie de la relation patient / soignant et de ce que devrait être le système de soin français, particulièrement pour tout ce qui concerne les soins faits aux femmes.

Comme il le dit en avertissement "Ce livre est un roman : les personnages, l'Unité 77, la ville de Tourmens, son CHU et les évènements qui s'y déroulent sont imaginaires. Mais presque tout le reste est vrai."

Oh oui, je peux vous dire que ça sonne dramatiquement vrai. Le récit est une fiction dont je vous livre le résumé ci-dessous, à laquelle se mêlent les voix, les récits, les anecdotes de vies de 1001 femmes. Au moins l'une de ces voix parlera à chacune d'entre nous tant les problématiques évoquées sont réelles, tant les réponses qui y sont apportées par certains médecins pressés, imbus et dédaigneux sont insatisfaisantes en même temps que parfois humiliantes.

Ce livre devrait inscrit au programme de médecine, il devrait être lu et envisagé à tête reposée par chaque étudiant qui se destine à soigner autrui, cet ouvrage devrait être imposé au même titre que la connaissance par coeur d'un cours d'anatomie. Car où se trouve le bénéfice d'engranger tant de savoir si ce n'est pour soigner humainement et restituer par des explications appropriées et respectueuses ledit savoir aux patients qui en ont besoin ?

 

Résumé au dos de l'édition Folio :

Je m'appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpiaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m'oblige, au préalable,  à passer six mois dans une minuscule unité de "Médecine de la Femme", dirigée par un barbu mal dégrossi, qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste ! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit ? Qu'il va m'enseigner mon métier ? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors je ne peux pas - et je ne veux pas - perdre mon temps à écouter les bonnes femmes épancher leur coeur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre.

 

le-choeur-des-femmes.gif

Or on se doute bien que Jean Atwood va apprendre des choses, ne serait-ce que parce qu'elle finira par rédiger, dans un mouvement de colère, le petit manifeste suivant, dont la thématique est symptomatique de ce que les femmes vivent aujourd'hui, tout en ne constituant qu'une infirme partie de toutes celles extrêmement pertinentes qui sont abordées dans ce livre :

Aujourd'hui les femmes ne se plient plus aux désirs des hommes.

Elles ne devraient plus se plier aux diktats des médecins !!

Aujourd'hui, en France, les femmes ont le droit de vote, elles sont majeures et responsables au même titre que les hommes. Elles ont les mêmes droits et les mêmes obligations devant la loi. Elles décident seules d'avoir des rapports sexuels ou de les refuser, de prendre une contraception, d'avorter, d'enfanter ou de se faire stériliser. Personne n'a le droit de les asservir ou de les infantiliser.

Aujourd'hui, pourtant, lorsqu'elles sont enceintes ou ne désirent pas l'être, lorsqu'elles veulent pratiquer un dépistage du cancer du col ou faire soigner un symptôme gynécologique, les femmes sont encore systématiquement contraintes de s'allonger sur le dos, cuisses écartées, sexe exposé, dans une position humiliante imposée par les médecins sans aucune nécessité médicale.

La posture dite "à l'anglaise" (sur le côté, ou "en décubitus latéral") permet tous les gestes gynécologiques courants ; elle permet également de procéder à des accouchements en toute sécurité, si la femme le désire ; dans de nombreux pays du monde, c'est dans cette position que les femmes sont examinées, soignées ou accouchées. Dans cette même position, elles peuvent choisir de voir, ou non, ce que les médecins leur font.

 

J'ai bien l'intention de me pencher sur les autres ouvrages de Martin Winckler et si ça vous dit, je vous en ferai part le moment venu.

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 07:20

Ceci est ma participation aux Vendredis Intellos de Mme Déjantée.


vendredis-intellos.jpg


Le titre de cet article, c'était un peu le credo de NounouNulle. J'aurais sûrement dû lui offrir le bouquin dont je vais vous parler, si seulement j'avais eu un réel espoir qu'il change quoi que ce soit à sa façon de penser - mais aussi si j'avais eu la moindre envie de dépenser quelques euros pour elle... Bref.

 

j-ai-tout-essaye.gif

Ce livre, c'est mon nouveau livre de chevet (enfin, l'UN d'entre eux car je ne sais pas me contenter d'un livre à la fois) et il me fait un bien fou ! J'ai bon espoir de pouvoir appliquer les attitudes qui y sont décrites pour désamorcer des situations nerveusement titillantes à l'avenir, ayant déjà bien compris que mon fils ne gérait pas la frustration de façon aisée et qu'il avait fréquemment besoin d'être contenu et rassuré.

Je laisse l'auteure, Isabelle Filliozat, présenter la démarche de ce livre, elle le dit mieux que je ne pourrais le paraphraser :

 

Batailles autour de l’habillement, du rangement, disputes au moment du départ pour l’école ou pour le lit… Les parents autoritaires y voient souvent des manifestations de mauvaise volonté, d’insolence, voire de mauvais penchants.

De leur côté, les parents permissifs culpabilisent et se dévalorisent.

Et s’il y avait d’autres causes ? En tant que maman, j’ai vécu des moments de grand bonheur mais aussi des instants de grande détresse.

Je me suis souvent sentie impuissante, pleine de doutes.

J’aurais aimé trouver un livre qui me donne des informations sur ce que pouvait vivre mon enfant dans telle ou telle situation, et des pistes pour savoir quelle attitude adopter.

Mon hypothèse de travail est que les comportements des enfants sont d’abord au service de leurs propres besoins de croissance.

Les récentes découvertes de la neurophysiologie ainsi que les expériences menées dans les laboratoires de psychologie le confirment.

L’imagerie cérébrale, nos connaissances sur les neurones, les hormones du stress, l’intelligence, la mémoire, nous montrent sans équivoque qu’il est urgent de choisir un mode éducatif non-violent.

Outre les séquelles affectives, les conséquences physiologiques et neurologiques sont désormais indéniables.

Dans cet ouvrage, des dessins campent une situation du quotidien et une réaction parentale classique.

Une ampoule, représentant l’éclairage scientifique, nous raconte ce qui se passe alors dans le cerveau de l’enfant.

Ce dernier prend parfois aussi la parole pour décrypter ses sentiments, son vécu.

 

Et notamment une présentation de l'état d'esprit qui me plaît beaucoup : "Garçon et fille alterneront pour respecter la parité [dans les illustrations]. Cette parité sera aussi respectée dans l'alternance des pronoms il ou elle. Ce choix peut dérouter le lecteur français, habitué à la dominance du masculin. Mais la langue n'est pas neutre, elle imprime nos inconscients et entérine les stéréotypes. Il nous paraît important que le masculin ne l'emporte plus toujours sur le féminin."

 

Voici quelques extraits choisis (cliquez pour zoomer) :

j-ai-tout-essaye-1.jpg

 

j-ai-tout-essaye-2.jpg

j-ai-tout-essaye-3.jpg

j-ai-tout-essaye-4.jpg

 

Je suis bien consciente qu'au quotidien, il me sera difficile d'agir 365 jours/365 dans la droite ligne de ce qui est préconisé, dans le respect de la psychologie si immature et changeante (pour des raisons physiologiques comme on l'apprend dans ce livre) de mon enfant.

Je suis clairement convaincue par 99% de ce qui est expliqué et conseillé dans ce livre mais ne perdrais-je pas tout de même patience un jour quand mon fils refera la même bêtise expérience pour la Xe fois en me regardant droit dans les yeux ? Je saurai qu'il est trop jeune pour chercher à me défier et qu'il teste seulement sa capacité à faire revenir sur mon visage une réaction qu'il a mémorisée comme étant attachée à l'action qu'il entreprend... mais n'aurai-je tout de même pas envie de lui dire que maintenant, ça suffit, je lui ai dit de ne pas arracher les feuilles de la plante, zuuuuut à la fin, STOP !!! Dans ces moments-là, c'est bien d'être deux et surtout d'être deux à avoir lu et assimilé la théorie, pour être capables de se faire des rappels mutuels, nous aidant à tenir le coup, pour le plus grand bénéfice de nos enfants.

En tous cas, ça m'a aussi pas mal questionnée sur ma propre éducation, que je considère comme ayant été quasi non-violente (tapes sur la main et quelques fessées mais aucune gifle) et basée sur la communication, même si ça n'était pas parfait. Je revois certaines situations et à l'aune de ma lecture d'aujourd'hui, je me questionne : est-ce pour cette raison, comme décrit dans le livre, que je suis aujourd'hui une personne à tendance anxieuse ? Est-ce ma personnalité (inné) ou ceci est-il le fruit des choix éducatifs de mes parents (acquis) ? Et si l'on suit scrupuleusement les attitudes à adopter pour respecter les émotions et réactions de nos enfants, dues à leur cerveau en permanente construction et restructuration, quel type d'êtres humains deviendront-ils ? Non bien sûr, leurs traits de caractère et névroses éventuelles ne peuvent pas être la seule conséquence du fait que maman aura haussé le ton un soir de grande fatigue et qu'ils auront alors eu le sentiment de ne plus être aimés, l'espace de quelques minutes... Du moins je l'espère !

Bon, je suis partie un peu loin dans mes questionnements mais moi, quand je me mets à cogiter pour de bon, je ne m'arrête plus.

 

Donc, en 2 paragraphes, je dirais que :

  • On ne nous donne pas de solution toute faite, je pense notamment aux derniers chapitres. On trouve surtout des éléments de compréhension et des pistes de réflexion pour trouver nos propres idées et méthodes de résolution des conflits. Parfois, c'est un peu frustrant, on a l'impression qu'il ne reste pas beaucoup de solutions - je pense notamment au fait que même la technique du "tu vas te calmer dans ta chambre 5 min" qui évite de péter les plombs et de dire ou faire des choses que l'on pourrait regretter, n'est pas vraiment recommandée. Mais je pense que si l'on arrive à se mettre dans l'etat d'esprit nécessaire (ne pas laisser l'enfant seul avec ses idées noires, chercher a comprendre ce qui a déclenché ses situations de stress - et parfois ça peut être un simple mot de notre part, ...), les solutions viendront d'elles-mêmes, et avec elles une façon de s'adresser a l'enfant qui sera moins directive tout en lui donnant davantage d'éléments pour comprendre son environnement et se comporter comme on souhaite le lui apprendre.
  • J'ai particulièrement aimé la conclusion, qui, en 4 dessins, nous résume tout ce qui compte, au fond (et je m'y suis bien reconnue d'ailleurs - il faut apprendre à vivre chaque instant pleinement)... Mais je vous laisse la découvrir, ainsi que l'ensemble de ce petit livre que j'ai trouvé "magique".

Et ce qui est encore plus magique, c'est quand j'entends Papa Sioux parler à son fils en appliquant l'une des attitudes préconisees par le livre (parce que j'ai réussi à lui donner envie et il le lit aussi) : c'est super mignon !

  Une chose est sûre, comme m'avait dit ma cousine et pour l'avoir compris aussi récemment : "Avant d'être mère, jamais je n'aurais cru me poser autant de questions sur l'éducation de mes enfants !".

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