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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 08:47

Cette année, nous avons d'abord fêté Noël chez mes beaux-parents, puis chez mes parents.

Le 22 décembre au soir donc, a eu lieu notre premier réveillon. Alors que tout le monde terminait de passer en revue ses cadeaux, ma belle-mère vient s'assoir près de moi et en désignant le jeu offert à ma fille, déballé quelques minutes plus tôt, elle m'explique :

- "J'ai eu du mal à trouver ce que je voulais pour l'Iroquoise. Nous sommes allés chez Oxybul et j'ai dû demander au vendeur. "Vous n'avez pas de jouets sexués pour les petites filles ?" Et il a fini par trouver ça mais il m'a dit qu'effectivement, il y en avait peu pour les moins de 18 mois, ça reste assez mixte."

 

petite-fille-tu-seras-mere.jpg

Bien sûr, la maman et son lit sont roses. Pour le papa, touche d'originalité : il porte un habit vert. Mais son lit est bleu quand même, faut pas pousser.

 

J'étais tellement scotchée que je n'ai rien trouvé à dire.

Parce que perso, tant que les jeux sont mixtes, je trouve ça plutôt... génial !!!!

Comment lui dire poliment que moi, j'achète des jouets à ma fille dans une optique plutôt totalement inverse à la sienne ?!

Franchement, je n'ai pas compris. Elle qui m'a récemment confié que si c'était à refaire, elle aurait repris un travail et ne serait pas restée autant d'années à s'occuper uniquement de sa maison et de ses enfants... Mais peut-être ne fait-elle pas le lien avec les messages implictes que font passer à nos enfants les jeux qu'on leur offre ?

S'il s'agissait de lui trouver un jouet d'imitation, je pense qu'il y avait matière pour trouver autre chose - de la dinette ou une poupée par exemple, ahahah. En plus, le jour où les enfants entrent dans leur phase d'imitation et de "faire semblant", j'ai observé qu'ils trouvaient rapidement de quoi pratiquer, allant piocher dans les placards de la cuisine à leur portée ou attrapant le premier téléphone qui leur tombait sous la main.

 

Ah si, j'y repense ! Je dis que ça n'est pas son genre mais j'avais pourtant eu un indice avant Noël. Trop occupée à vaquer à mes journées bien remplies, je réalise que je ne l'ai pas tellement mémorisé.

Avant Noël donc, ma belle-mère est venue une journée garder les enfants et elle est arrivée avec une petite boîte de Playmobil pour chacun : pour Pti Tonique, un personnage qui promenait ses chiens (avec laisse en silicone et 2 petits chiens) ; pour l'Iroquoise, une mère qui promenait son bébé dans un landeau (sic).

L'Iroquoise n'y a jamais joué et passait son temps à piquer la laisse du Playmobil de son frère dès qu'il avait le dos tourné parce que c'était trop marrant de tirer sur ce machin rouge élastique. "Maaaaaiiiiiis, arrête l'Iroquoise, tu vas la casser !!!!!!!!!!". Bref.

Tu commences à comprendre le message ma fille ?

 

petite-fille-tu-seras-mere-2.jpg

A la couleur de sa couverture, j'en déduis que bébé souris doit être un garçon...

 

Entraînes-toi parce qu'un jour, tu pourrais devenir mère tu sais ! En tous cas, on compte vraiment sur toi pour ça, n'oublie pas que c'est un peu ta mission dans la vie.

Ca n'est pas comme si ton frère risquait de devenir père, lui !

 

[Ca me rappelle ce dessin humoristique qui circulait sur Facebook à une époque et sur lequel je n'arrive pas à remettre la main. Il me semble qu'on y voit deux pères discuter tandis que le petit garçon de l'un d'eux joue avec une poupée. L'autre père dit : "Tu le laisses jouer avec une poupée ?! Tu n'as pas peur qu'il devienne..."

L'autre lui rétorque : "Qu'il devienne quoi ?... Un père ?" C'était bien vu comme échange.]


D'ailleurs, Pti Tonique joue davantage avec ce jeu que sa soeur. Il range le landeau sur le flanc, dans la voiture-boîte-de-sardines puis place le papa et la maman devant et en avant, tout le monde part se promener !

J'avoue que ce matin, l'Iroquoise aussi a joué avec le landeau : elle le faisait avancer en imitant un bruit de moteur ;-)

 

Bref, c'est pas gagné...

 

Pour aller plus loin, je vous invite à lire une série d'articles passionnants publiés il y a quelques temps sur les Vendredis Intellos, au sujet d'un livre portant sur les jouets sexistes... tout un programme !

***

Au passage, j'ajoute un lien vers mon article du jour sur les Vendredis Intellos, sur un sujet tout aussi sensible et qui me turlupine beaucoup actuellement, l'école et la façon d'apprendre : L'apprentissage informel, l'IEF ou comment les enfants sont moteurs de leur apprentissage.

Bonne lecture et bonne journée !

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 08:39

Le stylo n'est pas bon. La mine roule mais seulement sous une pression suffisante, qui n'est pas confortable pour le processus d'écriture.

Il est 0h, je suis assise dans mon lit, le carnet bleu sur les genoux.

C'est une bonne heure pour renouer avec mon blog et y projeter la publication d'un article.

Aujourd'hui, le temps de formation a été décevant, pour la première fois. Trop de redites avec les fois précédentes. Les bouchons interminables pour quitter le 9e arrondissement. Heureusement, il y avait les "copines" de formation.

Demain, je bosse à la maison et la liste des réalisations à avancer est longue : articles de blog (pour les rencontres des Vendredis Intellos), supports de communication, entraînement sur divers nouveaux outils.... Il y a même cette possible opportunité pro qui ne se concluera sûrement pas. Parce que le timing n'est pas le bon - problème de statut. Déception.

 

automne-branche.jpg

 

Mais surtout, il y a ce bouleversement, qu'il m'est difficile de qualifier. Qui occupe en permanence environ 25% de mon cerveau en tâche de fond et grignote à la fois ma concentration, mon enthousiasme et ma confiance en l'avenir.

Rien de "vital" au sens propre du terme, mais les mois à venir s'annoncent tumultueux et psychologiquement éprouvants.

De quoi écrire un bouquin tiens ! comme on dit si bien... Sauf que je m'en passerais.

Une grosse envie de faire des scones, soudain ! Rien à voir mais cuisiner me fera du bien...

 

Article écrit le 21/10/2013 au soir.

C'est dire comme je manque de temps pour publier. Mais ça va bientôt s'arranger (enfin je l'espère)...

Les choses ont un peu évolué depuis ce "lâcher de mots" du tout début de semaine dernière. Je reviens avec un article "neuf" dans la semaine. A bientôt.

 

 

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 10:56

Je suis bouleversée.

Mes pensées partent de tous les côtés et je ne sais comment les organiser.

 

Ce matin, j’ai reçu dans ma boîte mail le dernier article de Sandrine (du blog professionnel S Comm C) : Une mère digne de ce nom ne ferait jamais ça. Son billet à travers duquel j'ai atterri sur les deux récents articles de Stadire, sur le BabyBlog. Le premier : Les mères monstres.

 

On entend bien volontiers qu'une mère puisse, selon l'expression populaire qui lui est consacrée « péter un plomb ». On entend facilement qu'une autre puisse être soumise ou manipulée par son conjoint.

On entend aussi la folie, la dépression, mais on ne VEUT PLUS comprendre quand il y a passage à l'acte.

 

Et puis surtout le 2e : La difficulté maternelle. Comme beaucoup de lectrices (lecteurs ?), le témoignage que Stadire cite m'a touchée.

Bien entendu, je me suis reconnue dans cette mère qui ne supporte plus les pleurs de son enfant, qui ne sait plus quoi faire, quoi LUI faire, quoi SE faire, où aller, comment le lui demander, à qui faire appel pour faire CESSER cela, pour ne pas perdre l'esprit ! S'occuper d'un tout-petit qui pleure, qui ne va lui-même pas très bien pour x raisons, peut être une véritable torture.

J'ai déjà dit à des proches, sûrement au cours de la première année de Pti Tonique, que l'idée m'est venue de passer mon fils par la fenêtre parfois et surtout, que je comprenais DANS QUEL ETAT D'ESPRIT et de NERFS pouvait être un parent qui en venait à secouer son enfant - tout en sachant les séquelles que cela pouvait entraîner.

Bien sûr, quand on est un parent digne de ce nom, on en arrive jamais là.

Ah bon ? Peut-on savoir ce qu'il fait ou ne fait pas d'autre le parent digne de ce nom ? Est-ce qu'il ne crie jamais, est-ce qu'il doit être disponible le mercredi, est-ce qu'il doit bosser 6j/7 pour montrer l'exemple ou au contraire être dispo jour et nuit à la maison, est-ce qu'il doit cuisiner des bons petits plats toute la journée ou acheter de l'industriel de temps en temps, est-ce qu'il doit .... etc ???

Il y a 1001 façons d'être parent, tout comme il y a 1001 façons de tenir le coup... ou de lâcher prise.

Je crois que c'est beaucoup plus complexe qu'un simple "c'est inimaginable, pendons les monstres haut et court !".

Bien sûr, moi aussi, les chiffres de la maltraitante et du nombre d'enfants qui meurent sous les coups de leurs parents chaque jour me font froid dans le dos. Mais vraiment. A tel point que je me torture très régulièrement à savoir si je dois ou non prévenir les services sociaux quand j'entends ce que j'entends chez mes voisins de derrière lorsque leurs fenêtres sont ouvertes...

Il y a cet éternel problème de l'ingérence, d'à partir de quand on se permet d'entrer dans les foyers, quand est-ce que c'est justifié - voir un article très intéressant de Working Mama à ce sujet, datant de juin dernier mais que j'ai découvert hier : Etre enfant et mourir sous les coups : l'infâme constat.

 

Mais revenons-en au parent "indigne".

Revenons-en à la grande question qui est tout de même, vous en conviendrez : comment empêcher ça ?

Voilà ce que dit Sandrine dans son article :

 

Et parce que les gens croient que la violence est le signe d’un problème mental, la plupart des parents essaient d’éteindre ce signal d’alarme en tentant de faire taire leurs pensées, leurs ressentis, leur fatigue, en se disant qu’ils doivent prendre sur eux pour être des parents « dignes de ce nom ».

Mais quand on essaie de faire taire un signal d’alarme sans s’intéresser à l’incendie qui l’a déclenché, il y a de fortes chances que la maison entière finisse par brûler et s’écrouler.

 

***

Pour tout vous dire, ma mère est assistante sociale. Dans le cadre de son travail, elle a été amenée, depuis près de 15 ans, à participer activement (doux euphémisme) à l'une des missions de l'Etat, via le conseil général : la protection de l'enfance. Une mission particulièrement difficile et éprouvante pour les agents qui l'ont en charge. Une mission qui les touchent personnellement chaque jour et ne les laisse certainement pas indemnes.

A plusieurs reprises, j'ai eu connaissances de situations familiales particulièrement douloureuses qu'elle me relatait - anonymement bien sûr. Des trucs inimaginables, sincèrement. Même dans les films et les livres les plus glauques, je n'ai jamais lu des situations aussi tristes.

Ce qui revient à chaque fois, ce n'est pas tant de pardonner l' "irresponsabilité" ou la violence des parents en cause, c'est plutôt qu'il y a des causes à tout ça. Des fragilités antérieures, des addictions, des chemins de vie particulièrement marqués, non pas qui doivent nous rendre indulgents mais qui permettent de comprendre l'incapacité de ces parents à prendre du recul à un moment donné, l'incapacité à assumer un autre être humain (qui plus est particulièrement en demande et dépendant) quand on ne parvient pas déjà à s'assumer soi-même. Il est quasiment impossible d'être bienveillant envers autrui (même son propre enfant) lorsqu'on est soi-même en souffrance, vide de toute énergie, de tout espoir et que l'on a plus rien à donner.

Je ne dis pas que tous les chemins de vie difficiles mènent à la maltraitance parentale - bien au contraire, nombre de parents acquièrent dans leur parcours la capacité de dépasser leur vécu pour offrir un autre possible à leurs enfants.

Mais de même, il y a des gens comme moi, qui ont eu leurs soucis, leurs blessures (qui est épargné ?) mais qui se sentent, se savent plutôt bien épaulés dans la vie, qui vivent dans des conditions matérielles privilégiées et qui pourtant, un jour, se retrouvent à éprouver l'envie de passer leur gamin par la fenêtre.

MAIS qui ne le font pas. (Qui le feront peut-être un jour ? Qui sait ? Je n'espère pas, je ne crois pas...)

 

Justement, personne ne sait. Personne ne sait jusqu'où il est capable de tenir. Enfin, parfois si - par exemple, moi, je sais que si je retombais enceinte aujourd'hui et avais un 3e enfant à 2 ans d'écart avec la dernière, je plongerai très certainement en pleine dépression post-partum, en burn-out complet, évité de justesse jusque là.

Mais parfois non. On ne sait pas trop ce qui nous fera déraper. On s'en rend compte au dernier moment. Ou on a beau savoir pourquoi, on n'est pas pour autant capable de se maîtriser.

Je le vois par exemple quand je me mets à crier le soir à table parce que tout le monde chouine, tout le monde se plaint et réclame ce qu'on est déjà en train de faire pour lui et que je ne parviens pas à finir ma phrase et à me faire entendre par mon conjoint. Je craque, je crie que c'est pas possible. Je sais que c'est nul, que ça n'est pas comme ça que je mettrai tout le monde dans de meilleures dispositions mais je ne parviens pas à prendre le recul nécessaire sur le moment pour m'y prendre autrement. Enfin, parfois si. Et parfois non.

 

Et comme l'être humain est une "machine" extrêmement complexe, on ne saura jamais - à coup sûr - ce qui fait déraper quelqu'un à un moment donné, et commettre l'irréparable sur l'être auquel il tient généralement le plus au monde.

 

Alors en attendant, PREVENTION ! Soutien, écoute, proposition de solutions concrètes sont les meilleures choses à faire.

Mais en même temps que j'écris cela, et j'y pensais en lisant le témoignage de Virginie chez Stadire :

 

Mon ambition pour l'année prochaine c'est de venir en aide aux mamans qui ont vécu ou vivent la même chose, en montant une association, ou un site web, parce que les professionnels ont beau dire ne pas juger, tant que tu ne le vis pas, tu ne peux pas comprendre...

 

en même temps, je me demande comment faire pour atteindre les personnes qui en ont le plus besoin. Celles qui sont isolées, qui n'ont pas accès à Internet, qui n'osent pas aller à la PMI, qui craignent de s'exposer, qui ont honte...?

C'est un peu ce qui me désole, comme avec les échanges que l'on essaie d'avoir sur les Vendredis Intellos. Finalement, les personnes touchées sont celles qui ont déjà le plus cette capacité à prendre du recul, à se regarder faire, à analyser leur comportement et à identifier ce qu'elles veulent changer en cherchant les ressources nécessaires pour cela (livres, associations, institutions ou entourage). Qui ont les capacités de chercher des ressources, ce qui est déjà énorme.

L'autre problème, c'est que les services gratuits d'aide à la parentalité (PMI, CMPP, ...) sont souvent débordés. Je le sais, j'ai moi-même appelé le CMPP dont je dépends en début d'année pour demander à voir un pédopsy et il y avait... 8 mois d'attente !!! (idem en cabinet privé, ceci dit). J'avais largement le temps de péter un plomb*, de me mettre à hurler de plus en plus souvent sur mon fils et à finir - peut-être - par le frapper. Bon, certes, je suis contre la violence à visée éducative. Mais en-dehors de la violence physique, il y a des mots et des actes dont je ne suis pas fière non plus. Et puis nous avons trouvé notre sas de décompression en passant par une psy en cabinet qui pratiquait la thérapie familiale, j'en avais rapidement parlé en avril dernier (Besoins en équilibre). Pour le coup, il y avait 1 semaine de délai. Mais tout le monde ne peut malheureusement pas se payer une séance tous les 15 jours pendant plusieurs mois...

Il y a des gens qui sont effrayés aussi à l'idée d'entrer dans le système, effrayés par ce que l'on pourrait découvrir d'eux, les jugements que l'on pourrait porter, leurs enfants que l'on pourrait pouvoir placer. Ca n'est pourtant pas toujours la pire chose à faire mais rares sont les parents qui y voient une solution bénéfique sur le moment. Qui voudrait se voir arracher ses enfants ??

 

Et puis il y a cet éternel tabou, le fait qu'il soit choquant d'avouer que par moments, nous éprouvons des sentiments négatifs et des pulsions violentes (la plupart du temps non assouvies) à l'égard de nos enfants, lorsque nous souffrons, lorsque nos besoins se trouvent exagérement niés. Cette idée reçue et entretenue de la parentalité qui devrait nous combler. Il n'y a qu'à voir la discussion que j'avais eue avec mon père à ce sujet... Cette incompréhension entre nous m'a vraiment laissée un goût amer.

Combien de médecins entendent vraiment la mère au bord du craquage ? Combien d'entre elles sont reparties avec une ordonnance pour une prise de sang, du fer, de la vitamine C et la recommandation de faire comme ci, de laisser pleurer, de faire comme ça, de ne pas trop s'écouter ?? o_O

  ***

Je remets quelques unes des pistes de soutien citées par Stadire (celles auxquelles je crois le plus) :

  • Allo Parents Bébé, par téléphone au 0800 00 3456 ou sur Internet.
  • Sur Mamans Blues
  • Chez son généraliste (NoteDeMmeSioux : en ne s'arrêtant pas à une ordonnance si c'est là sa seule réponse)
  • Auprès d'une assistante sociale
  • Aux Urgences (oui, si c'est urgent, ça relève donc des urgences)

***

Cet article n'ayant pas vraiment de fil conducteur - je l'ai dit en préambule, je suis bouleversée, beaucoup de choses tournoient dans ma tête suite à ces lectures -, je vais m'arrêter là.

Mais ces réflexions m'ont donné envie de pousser plus loin ma volonté d'aider les autres parents. Les parents-qui-rencontrent-des-difficultés... enfin, n'est-ce pas un pléonasme ?

Je ne sais pas quand ni comment mais je pense que l'idée va germer progressivement.

 

* idem pour les besoins d'aide psychologique aux adultes, où on obtient rarement de l'aide de manière rapide en dehors d'une tentative de suicide (je l'ai expérimenté aussi) (le fait de ne pas être prioritaire je veux dire. Ce qui est compréhensible vu les circonstantes mais on peut aisément en conclure qu'on manque de moyens... ou de volonté politique de les mettre en place, bonnet blanc et blanc bonnet)

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 07:52

En ce moment, j’ai envie de faire du tri. Dire que je m’abandonne totalement à cette envie serait mentir (et faire fi de ma procrastination latente) mais elle est bien là.

Au fur et à mesure que l’Iroquoise grandit, j’ai envie de me délester de nombreux articles de puériculture. Je ne suis pas dans le même état d’esprit que pour Pti Tonique au même âge, où je comptais le nombre de mois qui allaient s’écouler avant que tout ceci ne me serve à nouveau.

Aujourd’hui, par exemple, j’ai envie de revendre le parc : pas sûre de vouloir m’en servir pour le 3e , il faut avouer qu’il servait davantage de caisse à jouets qu’autre chose…Même si ce n’est pas pour tout de suite, j’ai hâte de ne plus avoir de table à langer dans la salle de bains et de récupérer de la place.

J’aimerais me débarrasser de l’énorme poussette 3 roues que nous avions acquise pour la naissance de Pti Tonique. Elle nous a rendu de fiers services, elle était super maniable et j’appréciais sa position surélevée et protectrice pour bébé ; mais elle est décidément trop encombrante, même pour notre monospace et notre vie de campagnards. Ma grande question du moment étant : que faire du cosy ? Le revendre et devoir tout racheter plus tard ou le garder, au risque qu’il ne soit pas adaptable sur une poussette d’une autre marque… Question existentielle, n’est-ce pas ?!

A la vente aussi la grosse chaise haute de bébé ! Place à une vraie chaise évolutive de grande pour l’Iroquoise, plus discrète et pérenne. Dégageons un peu notre horizon domestique de tout cet attirail qui nous encombre.

 

P1040551.JPG

 

Je réalise que contrairement à ce que je pensais, ce que je souhaitais, les tenues de bébé de Pti Tonique m’ont peu resservi pour sa sœur (j'ai reçu de nombreux habits en cadeau et OUI, j'ai finalement craqué sur des trucs plus féminins...) et je me demande si je ne devrais pas aussi faire du tri dans tout ça, avant que ça ne soit démodé.

J’ai envie de faire physiquement de la place dans notre vie, dans nos placards, dans les chambres des enfants, pour suivre leur évolution et marquer le temps qui passe, les préoccupations qui évoluent. Dans les cartons les affaires de nourrisson, les hochets, les pseudo peluches d'éveil... place à de petits bouts qui courent vers l’autonomie, aux cubes et aux Playmobil !

J’ai envie de savourer pleinement la vie de notre nouvelle équipe de 4, les marques enfin trouvées, leur complicité qui se renforce chaque jour, notre rythme libéré peu à peu des contraintes liées à un bébé. Vive la DME et l’Iroquoise qui mange de tout, n’importe où, qui s’adapte ! Vive mon Pti Tonique curieux de tout et qui, passée l’angoisse de la nouveauté et de l’inconnu, prend plaisir à découvrir la vie, où qu’on le mène !

Et puis vive moi, qui me retrouve et me suis donné un nouveau grand défi, pour lequel j’entends bien mettre en œuvre toutes mes compétences et ma motivation, toutes les parcelles d’esprit libre que je retrouve.

Enfin, vive mon couple ! Nous abordons un tournant, nous nous sentons de plus en plus prêts, voire impatients : nous évoquons l’idée de confier nos deux têtes blondes un week-end entier (wouhou, truc de fou !) à leurs grands-parents, de nous retrouver (presque) comme au temps de l’insouciance. Nous évoquons plus fréquemment nos souvenirs, nous échangeons sur les lieux où nous souhaiterions aller savourer cette parenthèse amoureuse de liberté.

De même pour les nuits de l’Iroquoise, j’espère ne pas nous saborder en disant que je pressens du changement prochain, après une première étape franchie - et qui semble pérenne - à savoir un seul réveil nocturne.

 

Pourtant, ce petit 3e est aussi un fréquent sujet de discussion. Nous le voulons, c’est certain.

Nous nous amusons à parler prénom, à imaginer s’il s’agira d’un frère ou une sœur pour ses aînés, comment la fratrie serait alors configurée, ainsi que l'organisation des chambres...

Mr Sioux, ce grand blagueur devant l'éternel, ne peut s'empêcher d'ajouter que si le 3e est trop "éloigné" des aînés, "tant pis, il en faudra un 4e" (sourire malicieux de Mr) pour lui faire un compagnon de jeu. "C'est cela, oui !!!!" est généralement ma réponse la plus polie(tiquement correcte).

 

Mais cette 3e - et certainement dernière - grossesse, je veux prendre le temps de la désirer tout autant que les précédentes, pour la savourer à sa juste valeur, m'émouvoir à nouveau des petits bonheurs qu'offre cet état. Or pour l'instant, avoir un 3e enfant demeure une envie "raisonnable" et non "passionnée", comme j'ai pu fébrilement attendre mon 1er test positif puis le 2nd. Pour l'instant, j'ai fait le plein de gros ventre, de nouveau-né fragile et dépendant, d'allaitement, de portage intensif, de promenage de cosy à bout de bras en gérant un aîné, de changement de couches à la chaîne, de coliques et de nuits hâchées menu. (=> la preuve, je vois encore beaucoup le négatif, c'est relativement évident)

Je veux me retrouver et profiter de mes deux "grands", des possibilités offertes par le fait qu'ils grandissent.

Je n'en reviens pas de ressentir si fort ce que j'ai déjà entendu certains parents exprimer mais que je ne concevais pas : ce sentiment d'être (au moins temporairement) au complet, cette envie de laisser aux autres le gros bidon et les nouveaux-nés... Mais oui, je le ressens très fort.

Alors nous allons prendre notre temps.

 

montagne-haute-tarentaise-riviere.JPG

 

***

J'ajoute 2 infos hors-sujet :

  • Vous avez encore quelques jours pour voter, si vous le souhaitez, pour ma nouvelle Orage et désespoir, soumise au prix littéraire Ecrire au féminin. Et un grand merci à celles et ceux qui m'ont déjà accordé leur soutien.
  • J'ai entrepris, lors du dernier Vendredi Intello, de partager ma récente lecture du passionnant ouvrage culinaire (et bien plus encore : spirituel, psychologique, informatif, ..) d'Isabelle Filliozat : Filliozat et la remise en question de l'alimentation familiale.
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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 12:21

Ca fait un petit moment que je ne suis pas venue ici, et a fortiori pour me défouler alors... allons-y !

 

L'Education Non Violente ne consiste pas à laisser faire et tendre l'autre joue. Non mais sérieux, est-ce qu'un peu d'honnêteté intellectuelle serait possible ??

Ou est-il écrit qu'expliquer, limiter par des paroles et des actes (et non par des coups, même "légers" et de la brutalité) consiste à se laisser marcher dessus ?

 

J'ai très envie de me défouler mais je ne sais pas comment parce que je ne veux pas incriminer de membres de ma famille ici. Mais franchement, je m'étrangle devant tant de mauvaise foi et d'incohérence dans les propos !

 

D'abord la justification :

  • Je ne vais pas laisser un enfant avoir de geste violent envers moi ! (il lui a poussé la main à plusieurs reprises et en criant pour récupérer un objet qu'il voulait)

=> ah bon parce qu'un enfant, c'est insignifiant / moins important qu'un adulte, c'est ça la logique ?

=> Et ça veut dire aussi que par un adulte, tu te laisses tabasser tranquillou ? Non, tu mets le hola en lui envoyant un gauche en retour ? Ah non, t'hésites parce que tu veux pas te retrouver avec une plainte sur le dos. Par contre, un enfant, tu risques rien et puis après tout, c'est pour lui "apprendre" à ne pas être violent hein... (SIC)

 

Comme dit en substance je ne sais plus qui : "frapper un adulte, c'est une agression ; frapper un enfant, c'est de l'éducation". Logique, n'est-ce pas ?

 

Puis la remise en question des choix (hors sujet) :

  • Et tu comptes l'élever dans un monde de Bisounours ? Tu veux lui apprendre à ne pas se défendre ?

=> non, t'as raison. Je préfère lui expliquer que les gens qui l'aiment le plus au monde vont lui faire mal pour le préparer à la vie, pour "son bien"...

 

Et enfin la contre-attaque :

  • La vraie question est plutôt : pourquoi ton enfant a eu ce geste violent à mon égard ? (sous-entendu : t'assures pas comme parent !)

=> oui c'est vrai ça, pourquoi ? On ne peut pas dire que le monde et les personnes qui l'entourent montrent et cautionnent la violence pourtant, c'est tellement étonnant... A commencer par les petites blagues anodines du style "ne m'arrose pas sinon, tu vas voir tes fesses !" ou encore (en parlant d'un autre adulte) "purée, s'il me cherche lui, je vais lui en mettre une la prochaine fois !!". Non non, aucune violence n'atteint nos enfants mais un jour, étrangement, on les retrouve à mordre et frapper : WTF les gosses ??! Vous êtes diaboliques, va falloir mater tout ça !!! (<= grosse ironie inside)

=> et puis j'oubliais que mon enfant vit dans une bulle, qu'il ne va pas à la crèche, qu'il ne s'est jamais fait bousculer ou taper voire mordre, qu'il n'est absolument pas en train d'apprendre les codes de la vie en société et que son cerveau est tout à fait arrivé à maturité pour gérer ses émotions avec raisonnement et en analysant finement la situation.

Purée, ça m'épuise tout ça...

 

Le problème, c'est de réagir avec un enfant d'une façon liée au fait qu'on lui prête les intentions d'un adulte.

=> Quoi, il croit qu'il va prendre la main sur moi ce petit merdeux ? il se croit où ? L'adulte qui se sent menacé par un enfant a des questions à se poser selon moi... (et je dis bien "menacé", ce qui est différent de dépassé, épuisé, et tout ce qui s'en suit).

Pour être claire :

  • oui, je réclame pour l'enfant le même statut d'être pensant et sensible que l'adulte
  • MAIS avec lequel il faut avoir davantage d'égards et des façons de communiquer adaptées parce qu'il est encore à la fois inexpérimenté (notre boulot est de lui apprendre à vivre harmonieusement en société, tout en s'y épanouissant, accessoirement hein !) et fragile (émotions décuplées, compréhension différente de ce qu'il voit, malléabilité).

 

Alors un petit effort de compréhension honnête, s'il vous plaît, ça serait appréciable !!!!

 

Et pourtant, c'est pas peu dire que mon fils m'épuise et met mes nerfs à rude épreuve en ce moment. Entre les "j'ai pas envie" à tout bout de champs, assaisonnés de "moi, je fais qu'est-ce que je veux !", je revois de plus en plus à la baisse la future taille de ma tribu et à la hausse l'écart d'âge avec le (potentiel) petit dernier...

***

Quelques uns de mes autres écrits sur le sujet (notamment pour ceux qui se poseraient la question du "on fait comment alors ??") :

 

Et désolée pour ceux qui trouveraient le sujet redondant... Promis, je reviens dès que possible avec notamment un petit texte poétique et un bilan de l'avancement de mon projet pro ! Sans oublier que l'Iroquoise aura 1 an (déjà !!!) samedi et que j'aimerais vous parler un peu d'elle à cette occasion .

Et merci pour vos réponses sur mon dernier article : je ne pensais avoir autant de témoignages, je compte vous répondre individuellement.

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 10:40

Un article laissé en suspens depuis quelques temps dans mes brouillons et qu'un très bel article - Etre parent rend-il heureux ? - paru aujourd'hui sur Les Vendredis Intellos m'a donné envie de terminer.

 

Il y a 2 mois, je déjeunais chez mes parents et à la fin du repas, il me semble que nous évoquions ma fatigue de mère, le manque de sommeil (comme c'est original), toussa...

J'ai fini par lâcher que vraiment, ça n'était pas aidant d'avoir entendu toute sa vie, avant d'être parent, que les enfants "c'est que du bonheur" (même si nous pourrions épiloguer sur : n'a-t-on entendu que ça ou n'a-t-on pas voulu entendre le reste ? héhé.... vaste sujet).

Mes deux parents étaient face à moi. Je voyais ma mère acquiescer et dans son regard, je voyais défiler les nuits chaotiques, les jounées enfant malade, les soirées seule avec 2 enfants en bas âge... Et puis il y avait mon père, qui ne disait rien et qui, enfin, a dit ne pas être d'accord.

Ok, c'est fatigant d'avoir des enfants mais franchement, c'est tellement génial ! Pour lui, c'était sincèrement "que du bonheur". Il a rapidement admis que même s'il ne s'était jamais levé la nuit quand nous étions petites et n'avait pas trop géré la période 0-6 mois voire 0-1 an (et je pourrais aussi ajouter qu'il n'a jamais pris de jour enfant malade ni dû passer une seule journée seul à s'occuper de 2 enfants en bas âge...), il pensait pouvoir dire que la balance penchait suffisamment du côté positif pour que l'assertion habituelle "C'EST QUE DU BONHEUR" prenne tout son sens.

***

Je crois que sur le fond - fond que nous pourrions résumer en "c'est pas toujours facile mais ça vaut le coup" - nous sommes d'accord. Je crois que nous savons tous les deux, mon père et moi, qu'une fois que tu as des enfants, quoiqu'il t'en coûte, tu ne peux plus imaginer ta vie sans eux (ou juste 2 ou 3 jours par ci par là pour souffler hein, quand même... svp !!!).

Je crois que mon père a été quelque peu choqué par mes propos, je crois qu'il ne comprenait pas.

Et moi, je pense que justement, la nuance se situe dans ce qu'il considère comme n'entrant pas en ligne de compte.

Sur la réalité des choses, je crois que plusieurs facteurs entrent en compte :

  • avec le temps, on oublie (beaucoup) pour ne souvent garder que le meilleur
  • il a vécu certains passages difficiles de la parentalité (éducation mais à partir de l'âge scolaire je dirais. Je crois qu'avant ça, c'était surtout ma mère qui posait les cadres en journée et choisissait comment aborder les choses) mais certainement pas l'épuisement physique et nerveux des premières années (que j'aurai peut-être oublié un jour, qui sait ?) (là j'ai du mal à y croire quand même...)
  • a un âge où il est en mesure de faire un bilan partiel de sa vie et que son épanouissement ne se fait plus du tout du côté professionnel, je crois qu'il a besoin d'investir et de positiver d'autant plus le pendant personnel de sa vie, et a fortiori la paternité.

Un peu frustrée par la réaction de mon père, qui manquait fortement de réalisme à mon goût, j'ai appelé à la rescousse Mr Sioux, assis à côté de moi, "nouveau père" comme on dit. Mr Sioux qui se lève la nuit, change les couches, nourrit ses enfants, passe (parfois) des soirées seul avec 2 enfants en bas âge, participe à l'éducation, aux soins et au portage dès les premières secondes de vie de ses enfants.

Et là, Mr Sioux nous sort un truc du genre "Oui, c'est vrai que c'est pas facile tous les jours mais bon, c'est chouette quand même !". Là, j'ai eu envie de le pulvériser sur place. [Mr Sioux, qui tout en ayant vécu les moments difficiles de cette première année à 4, veut toujours 4 enfants (argh !)].

En même temps, Mr Sioux, il sait ce que c'est une journée ou une soirée seul avec nos 2 enfants en bas âge MAIS ça n'est pas lui qui les vit la plupart du temps.

 

photo-nouveau-ne-pieds.JPG

Mais oui c'est choupi un nouveau-né !

 

Alors à quoi tient-elle, notre différence de point de vue à partir d'un même vécu ? Est-ce une question de nombre d'heures passées (à criser, pleurer, ramasser ses cernes, ...) avec les enfants ? Faut-il être celui qui a passé 3 mois 24h/24 à tenter d'apaiser des coliques tout en essayant de ne pas délaisser un aîné de 2 ans ?

Est-ce une question d'hormones ? (les hommes sont évidemment moins sujets à leur fluctuation, grossesse, allaitement et autres trucs obligent)

Est-ce une question de genre ? Le mâââââle est-il programmé pour garder plus facilement en mémoire le côté positif des choses

D'ailleurs, il n'y a qu'à voir : après une soirée passée seul avec les enfants, du retour de la crèche au coucher (enfin "aux couchers successifs" devrais-je dire), que se passe-t-il ?

  • moi, je n'ai qu'une envie : raconter par le menu à Mr Sioux TOUT ce qu'il s'est passé, en insistant sur les moments difficiles pour lui faire prendre conscience de combien j'en ai bavé et recevoir en retour un peu de compassion / reconnaissance ;
  • lui, me dit que ça va, tout s'est bien passé, c'était comme d'habitude. POINT.

Là, j'aurai limite tendance à culpabiliser.

Mais je me reprends vite parce que je sais que même s'il s'occupe seul des enfants de temps en temps, c'est quand même mon "boulot" la plupart du temps et tant qu'on aura pas pu inverser complètement la situation, on ne saura pas s'il finirait par dire lui aussi "non, ça n'est pas que du bonheur" ou s'il garderait cette même "positive attitude" (sic).

***

En disant tout cela, en évoquant les difficultés, l'épuisement, le fait "d'en baver", je ne crois pas tenir de discours convenu ou à la mode de "mère indigne mais qui assume, na !" ou que sais-je encore. Je parle juste en accord avec mon vécu, encore très frais, en accord avec ce que j'ai ressenti de plus puissamment beau comme dramatiquement dur. Avec toute l'honnêteté dont je suis capable.

Finalement, est-ce un discours d'hommes que de vouloir lisser la chose, de ne faire qu'admettre que "oui, c'est dur, la fatigue et le manque de sommeil... Mais ils sont géniaux quand même !" ?

Ou alors c'est encore simplement une question de tabou, une "libération de parole" que les femmes commencent à oser et que les hommes ne s'accordent pas encore - parce qu'ils n'ont que plus récemment commencé à "faire leur part du boulot" ?

Ou encore les pères (le mien en particulier) craignent-ils qu'en disant "ça n'est pas que du bonheur", cela sonne comme un désavoeu de leur amour ? Tandis que quoique disent les mères, l'amour qu'elles portent à leurs enfants paraît aller de soi ? Inégalité, inégalité...

Quoiqu'il en soit, je suis heureuse d'avoir pu maintenir mon point de vue lors de cet échange avec mon père, sans culpabilité aucune. Rien n'est parfait dans la vie et je ne crois pas pouvoir dire que la maternité fasse exception.

 

Même si c'est sans aucun doute l'une des plus belles choses qu'il m'ait été donné de vivre dans la vie.

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 10:05

Je réagis rarement à l'actualité et aux polémiques sur ce blog mais ce matin, au petit-déjeuner, j'ai été inspirée...

 

Avant d’avoir des enfants, je pensais que la violence pouvait être éducative. Par "violence", j’entends « fessée » (les gifles, par contre, ça m’a toujours paru humiliant et très violent – à chacun ses degrés dans la violence, donc). Héritière de mon éducation, je considérais la fessée comme la conséquence d’un comportement inapproprié et insupportable de l’enfant, à un moment donné. Comme un moyen de faire cesser un tel comportement, et éventuellement de se défouler au passage donc c’était parfait, « ça fait du bien à tout le monde ».

Puis j’ai eu mon fils. Et la question ne s’est plus jamais vraiment posée.

Tout d’abord, j’ai découvert que tout ce que je faisais pour prendre soin de lui m’était dicté par mon cœur, mes tripes. Je n’y voyais pas particulièrement l’impact de ce que j’avais vécu enfant mais j’en étais en fait très certainement héritière là encore : je pense que ma mère avait agi avec nous à peu près comme j’agissais avec Pti Tonique, c’est-à-dire avec bienveillance, sans nous laisser pleurer et surtout avec une grosse dose d’amour et d’admiration infinie, comme la grande majorité des mères.

Un jour, Pti Tonique devait avoir 13 mois et tandis que j’étais installée devant mon ordinateur à taper un texte (peut-être même un article pour ce blog il me semble), il n’a pas pu résister à l’envie d’appuyer sur le bouton on/off de l’UC. Le voyant tenté, je lui avais déjà dit non plusieurs fois mais franchement, les boutons, ça fascine les tout-petits et il n’y avait pas grand-chose de beaucoup plus attirant dans le bureau, tandis que je ne m’occupais pas de lui. Immanquablement, l’ordinateur s’est éteint et tout ce que je venais de taper était perdu. Cela a fait monter en moi une colère folle. Pour la première fois de ma vie, de sa vie, j’ai crié sur mon fils. Et je l’ai aussi attrapé sans ménagement pour l’éloigner de l’ordinateur (alors que finalement, « le mal était fait » hein…). Je n’ai jamais ressenti l’envie de le frapper mais il est certain que son comportement m’avait mise hors de moi et que cette colère avait grand besoin de sortir. J'ai alors préféré quitter la pièce et c’est plus le fait de me voir partir que mes cris qui ont dû le faire pleurer… ce qui a eu pour effet de faire fondre ma colère en un instant et de me faire réaliser que : « qu’est-ce qui était le plus important pour moi, dans le fond ? » (une des questions qu’évoque Isabelle Filliozat dans son livre « Au cœur des émotions de l’enfant »).

Etait-ce ce texte que j’étais en train de taper ou le fait que mon fils n’ait pas à me craindre ? Quel message étais-je en train de lui faire passer ?

***

Dans le cadre de la campagne 2013 de la Fondation pour l'Enfance contre les violences éducatives, je lis partout (comprendre « surtout sur Facebook ») des parents qui se font taxer de « parents parfaits » parce qu’ils préconisent une éducation « non-violente » et que les autres parents à qui il arrive d’administrer des fessées (et peut-être autre chose mais on va rester sur la fessée) à leurs enfants se sentent jugés/menacés/renvoyés à une certaine incompétence.

Personnellement, ayant déjà parlé à plusieurs reprises ici d’éducation non violente, je ne me vois absolument pas comme un parent parfait. L’éducation non violente, ça ne signifie pas être un monument d’airain 24h/24 et 7j/7 : c’est humainement impossible et ça n’est pas souhaitable. Et qu’enseignerions-nous à nos enfants en ce cas ? Que les émotions ne sont pas bonnes à être exprimées, que rien ne nous atteint tandis qu’eux sont en proie à des sentiments qui les dépassent bien souvent ?

Non bien sûr !

Les parents ont le droit d’être en colère, d’être excédés, de sentir monter en eux la frustration, de voir arriver les « bornes de leurs limites » et de dire STOP. Mais il est possible de le faire autrement qu’avec une fessée. Voilà ce que l’on dit.

Je ne suis pas un parent parfait qui fait la leçon. J'évoque juste un autre possible.

Moi par exemple, qui ne suis pas un parent parfait, je crie. Quand je suis seule avec mes deux mini Sioux (de 11 mois et pas tout à fait 3 ans) et que la situation devient très tendue, que je sens monter en moi le ras-le-bol maximum et que je suis au bord de l’implosion, je le dis clairement : prendre une grande inspiration et souffler, ça ne me parle pas du tout !!! Moi, j’ai besoin que ça sorte d’une façon plus « musclée » alors je crie. Pas sur mes enfants, qui ne sont bien souvent pas responsables de mon état (je vais y revenir) mais je crie « en l’air ». Je pousse un énorme soupir exaspéré en mode cri ou grognement, du style « POUUUUUUUUUHHHHH !!!!!!!!! ».

Voilà, c’est ma façon de faire redescendre la pression. Souvent, mes enfants s’arrêtent de pleurer/crier/demander-le-même-truc-en-boucle et me regardent interloqués. Je pourrais aussi aller taper dans un coussin (bof) ou m’isoler (mais c’est difficile avec une Iroquoise qui n’aime pas trop qu’on quitte la pièce) mais pour l’instant, je n’y parviens pas. Le but de la manœuvre, c’est de faire comprendre à l’enfant qu’on a atteint nos limites et qu’il va donc falloir que tout le monde fasse un effort.

En effet, bien souvent, ça n’est pas tant que l’enfant est « insupportable », même si c’est plus simple de le dire comme ça (et moi la première), c’est surtout que notre seuil de tolérance est extrêmement bas à un moment donné, pour une raison X ou Y. Par exemple, hier soir, je suis allée chercher mes enfants à la crèche à 18h, puis nous avons dû aller faire quelques courses et nous sommes arrivés à la maison à 18h40. Là, il fallait que je cuisine un truc vite fait avant de les emmener au bain. J’avais mis la petite par terre près de moi avec des jeux mais je la sentais fatiguée et prête à s’impatienter, et puis le grand n’arrêtait pas de me solliciter pour des choses qui me paraissaient futiles et je n’avançais pas…. Jusqu’à ce que je me rende compte qu’il venait de faire pipi sur le canapé !!! Grosse exaspération en moi, tout ce qui me venait à la bouche étant « MAIS POURQUOI ???? Pourquoi tu n’es pas allé aux toilettes ??? ». Je m’efforçais de ne rien lui dire de culpabilisant (pas la peine d’en rajouter une couche, je ne pense pas qu’il en était fier et la propreté est encore récente alors bon…) mais j’étais très énervée et en retournant à mes affaires en cuisine après avoir épongé le plus gros, je me suis dit que j’étais surtout énervée après moi-même. Parce que si je m’étais mieux organisée en amont, le repas aurait pu être prêt (d’autant plus que ça n’était pas si long à faire, finalement, j’aurais pu y consacrer 20 min en journée) avant que j’aille les chercher et on aurait gagné en zénitude. J’étais en colère de m’être mise dans une situation aussi tendue alors que je SAIS dans quel état de fatigue ils sont à cette heure-là et qu’après une journée de séparation, ils ont envie que l’on se retrouve et joue un peu ensemble.

Alors devant mon robot, là, j’ai pris conscience que si j’avais frappé mon fils d’énervement à ce moment-là, ça m’aurait peut-être fait du bien à moi sur le moment (parce que souvent on regrette après coup) mais personne n’en serait ressorti gagnant. Mon fils, qui n’aurait rien appris parce qu’il s’agissait d’un accident et que la prochaine fois qu’il serait à nouveau trop occupé ou très énervé pour aller aux toilettes, il y aurait un autre accident ; moi qui aurait regretté mon geste parce que mon fils n’a pas à être un objet de défoulement.

 

Non, je ne crois pas à la fessée « éducative ».

Vous pouvez le lire chez plein d’auteurs et à de nombreux autres endroits sur la toile mais ce que la fessée « apprend », c’est avant tout à éviter la fessée (et non pas à ne plus reproduire le comportement sanctionné… d’autant que cette notion est souvent floue à la fois pour l’enfant et à la fois parce que le parent aura frappé souvent par excès de colère plus que pour répondre à un acte en particulier qu'il sanctionnerait systématiquement).

Elle met aussi l’enfant face à une grande contradiction : « Moi je n’ai pas le droit de frapper mais en même temps, on peut aussi me frapper "pour mon bien" ?! ». La fessée lui dit qu’il est normal d’être frappé par plus fort que soi et il pourrait donc s’imaginer qu’il doit « se laisser faire » par tous les adultes (ce qui peut entraîner des dérives et non dénonciation en cas de sévices reçus par des personnes extérieures)… et si on lui explique que ce n’est pas le cas, une fois encore, où est la logique dans tout ça ? « Moi, ton parent, je te frappe pour ton bien mais les étrangers eux, n’ont surtout pas à lever la main sur toi ! »… quelle vision cela donne-t-il de l’amour ?

L’enfant la vit systématiquement comme injuste et aura bien souvent besoin de décharger cette violence reçue sur autrui (frapper le frère ou la sœur plus jeune, les camarades plus faibles) ou dans des activités qui lui donneront une illusion de pouvoir (jeux vidéo violents, comportements borderline). On peut considérer que je fais des raccourcis mais je n’en suis pas si sûre… L’avenir nous le dira en tous cas.

Ce n’est qu’à l’âge adulte que l’on commencera à légitimer les coups que nos parents nous ont administré en pensant bien faire. J’entends souvent des gens dire qu’aussi, ils en avaient bien besoin, qu’ils étaient difficiles, qu’ils remercient leurs parents de leur avoir mis des cadres parce qu’ainsi, ils n’ont pas mal tourné, etc. Et puis bien sûr, il y a ce bon vieux « je n’en suis pas mort-e ». Je ne m’attarderai pas sur cette dernière assertion car si l’on devait trouver normal d’endurer tout ce qui ne nous tue pas, on n’aurait jamais légiférer sur la cruauté, la torture physique et psychologique, et que sais-je encore... on vivrait dans un drôle de monde !

Pourtant, que se disaient ces mêmes adultes, qui valident les châtiments reçus étant enfants, au moment où ils les ont reçus ? Les jugeaient-ils normaux, mérités, proportionnés, pertinents et empêchant la récidive ?? Je ne crois pas. Personnellement, lorsque j’ai reçu des fessées, j’y ai surtout vu l’expression de l’énervement extrême dans lequel se trouvait mon père ou ma mère à ce moment-là. J’ai compris que je n’avais pas intérêt à revenir vers eux demander quelque chose pour l’instant parce qu'ils n'étaient pas en mesure de m'écouter et qu’il fallait que je me tienne à carreau pendant un temps (et encore, ça, c’est parce que je n’ai jamais eu un tempérament frondeur ou pas excessivement rebelle à ce moment-là). Mais je ne crois pas que cela m’ait jamais empêchée par la suite de suivre mes envies, qui n’ont pas toujours été au goût de mes parents. Parce que la seule façon d'apprendre, c'est d'expérimenter. On n'apprend pas dans la contrainte.

En fait, ce que je me disais hier soir dans ma cuisine et qui me semble être l’un des meilleurs arguments "anti violence éducative", c’est que le même comportement de notre enfant un jour où l’on se sent en harmonie avec nous-mêmes et un autre jour où on sera sous pression et sujet à de nombreux soucis, n’aura pas du tout le même impact sur nous. Mon fils qui a décidé de faire caca partout sauf dans le pot pour l’instant (dans son slip, par terre, etc), il y a des jours où je vais accueillir ça avec humour (tout en faisant passer le message qu’on ne fait pas caca par terre et que ça serait mieux dans le pot ou sur les toilettes la prochaine fois) et d'autres jours avec énervement (« mais pourquoi ???? je t’ai déjà dit de nous demander le pot quand tu as envie de faire caca, j’en ai marre de ramasser par terre, etc etc etc »). A partir du moment où cette dichotomie existe, comment penser que la fessée répondra à un besoin de l’enfant « d’être éduqué » et non plutôt à un besoin du parent « de se défouler » ?


C’est bien beau tout ça, mais comment faire ?

S’il n’y a plus que ça comme question de fond et que vous avez envie de faire autrement, je vous répondrai que ce ne sont pas les ressources qui manquent !

Mais avant de passer aux ressources, je voudrais évoquer un dernier point, que j’ai lu dans des commentaires hier sur Facebook et qui est un questionnement tout à fait pertinent, nous y avons certainement tous été confrontés un jour ou l’autre : « oui mais mon enfant, lui, me frappe ! comment faire ? ». Quelqu’un a répondu : lui expliquer qu’il ne faut pas le faire, lui dire non et le répéter inlassablement, ça finira par rentrer. Ce qui est tout à fait vrai.

Il est aussi fortement souhaitable d’exprimer à l’enfant notre douleur, notre ressenti pour qu’il identifie les conséquences de ses actes. Et puis s’il ne veut pas arrêter, dans la mesure où il est délicat de le ficeler (sic), il suffit de se mettre hors de sa portée. On lui enlève alors son moyen d’action. Bien sûr, ça risque de ne pas lui plaire. Je me souviens d’une fois comme ça où mon fils me suivait dans la maison parce qu’il voulait absolument me taper. J’ai fini par aller dans le bureau et je lui ai fermé la porte au nez (pas à clé mais ça a suffi) en disant que si c’était comme ça, je préférais m’isoler plutôt que d’être frappée. Il ne l’a pas bien pris et s’est mis à pleurer de frustration il me semble. J’ai alors pu revenir vers lui et lui disant que je refusais de me laisser frapper, en lui expliquant à nouveau pourquoi, en lui disant que quand il avait besoin de se défouler, il pouvait le faire sur un coussin par exemple mais qu’on ne frappe pas les autres. Nous avons ensuite fait un gros câlin.

Ca peut paraître long voire fastidieux mais je crois que ce sont là certaines des caractéristiques intrinsèques de l’éducation.


Les ressources

Ici-même, j’ai très récemment abordé la question d’accueillir les émotions difficiles des enfants : ces émotions qui nous excèdent justement parce qu’elles sont exprimées très fort, au moyen de cris, d’une manière qui nous paraît souvent disproportionnée, et qu’il est difficile de se faire entendre dans ces moments-là : quelques pistes de réflexion dans mon retour sur le premier atelier Faber et Mazlish que j’ai suivi.

Tout d’abord, une ressource gratuite et vite lue, accessible en ligne : le petit fascicule « Sans fessée, comment faire ? », qui contient lui-même une intéressante bibliographie à la fin.

Et puis les « grands » auteurs en la matière (du moins ceux que je consulte le plus et qui fournissent des outils que j'ai pu mettre en application réelle) :

  • Isabelle Filliozat, notamment le très bon et agréable à lire « J’ai tout essayé ! », que j’avais commenté ici (illustrations à l'appui)
  • Adèle Faber et Helen Mazlish : "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent", "Parents épanouis, enfants épanouis" (commenté sur ce blog, notamment au sujet de la question des étiquettes que l'on colle aux enfants)

J'aime aussi le blog de la communicante Sandrine, dont l'approche souvent pragmatique et riche d'outils me parle bien : S Comm C le blog.

Et il y a bien sûr de nombreux articles à ce sujet sur les Vendredis Intellos, dans la catégorie Education Non Violente.

 

Vous pouvez compléter ces références en commentaires si vous le souhaitez, et je ne doute pas qu'il y a plein d'autres bonnes lectures en la matière ! L'essentiel étant de trouver ce qui nous parle.

 

 

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 13:13

Vous n'en êtes pas vraiment conscients actuellement mais ces derniers mois, votre maman passe par une phase très intéressante de remise à plat professionnelle... qui n'est pas non plus sans incidence sur ses souhaits personnels, organisationnels, les priorités qu'elle souhaite se donner dans la vie.

Pour tout vous dire, j'en apprends beaucoup sur moi-même, je chemine, tout ceci constitue un bouillonnement perpétuel dans ma tête, dont émergent de temps à autre quelques bulles d'idées, que je m'empresse de noter pour en vérifier la faisabilité et me rappeler plus tard - dans les moments de creux - que je suis capable de créativité. Si je ne me découvre quand même pas totalement à presque 30 ans, je réapprends à tout le moins à écouter ce que je savais déjà au fond de moi-même sans oser en faire le coeur de ma vie.

Et cela me fait penser à tant de choses que j'aimerais vous dire lorsque vous serez en âge de les entendre mais aussi vous transmettre de manière différente tant que vous êtes tout petits.

 

lettre-a-mes-enfants.jpg

 

Souvent, je pense à vous, à vos personnalités encore plus ou moins formés, à vos traits de caractère que nous avons découverts à votre naissance et qui semblent bien pré-exister chez chacun de nous. Je me demande quelles personnes vous deviendrez, ce qui vous fera avancer dans la vie, ce qui vous rendra heureux, quelles difficultés vous pourrez rencontrer que ce soit dans vos rapports aux autres, à votre corps, à vos rêves, dans votre scolarité, dans vos rapports à nous, vos parents.

Je pense à vous quand vous serez grands, adolescents, que vos questionnements deviendront métaphysiques, existentiels, qu'il vous faudra trouver qui vous souhaitez être, comment vous positionner dans le monde et que certainement, vous n'oserez pas ou n'aurez pas envie de nous en parler.

Vous savez, la plus grande préoccupation des parents, c'est de faire en sorte que leurs enfants soient heureux. Cela passe par différentes façons de vous guider et de vous protéger tout au long de votre développement mais je pense que chacun de nous, parents, est plus ou moins sensible à des préoccupations en particulier, liées à son vécu.

Mes questionnements et découvertes actuelles, complétant mon histoire personnelle, me donnent des clés que j'aurais envie de vous offrir sur un plateau le moment venu. Même si j'ai conscience que "la connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information" comme disait Einstein.

J'aurais pourtant envie de vous dire, de vous promettre - même si on ne croit pas trop les grands quand on a le mal-être qui vous colle à la peau et qu'on surnage dans des émotions violentes et pétrifiantes - que vous pouvez être vous, à tout moment, que vous en valez la peine. Que dans la vie, il existe de nombreuses façons d'être heureux, autant que façons d'être tout simplement. Vous ne devez pas chercher à être ce que vous n'êtes pas. On peut être heureux même si l'on n'aime pas s'habiller comme les 3/4 des autres personnes de sa génération, on peut profiter de sa jeunesse même si l'on n'aime pas aller en boîte, on peut vivre l'amitié profondément et intensément même si l'on ne fait pas partie d'une joyeuse bande d'amis nombeux, on peut savoir vraiment qui l'on aime sans qu'il soit besoin de goûter à tous, on peut réussir sa vie et s'accomplir sans emprunter la "voie royale" des diplômes et autres grandes écoles renommées, on peut écouter ce que nous disent nos sentiments sans craindre de passer à côté de la vérité - car elle est infiniment personnelle.

Au contraire, découvrir qui vous êtes, au plus profond, vous faire confiance, devenir votre plus sûr allié sera le plus merveilleux des cadeaux que vous puissiez vous faire dans la vie.

Restez curieux de ce que vous n'êtes pas, découvrez chez les autres ce que vous ne "savez" pas être et apprenez ce que vous souhaitez apprendre mais n'oubliez pas que la diversité qui compose le monde est la condition de son équilibre (si tant est que l'on puisse le considérer à son équilibre...).

Je vous promets de m'efforcer, de tout temps, d'entendre vos souhaits et de vous aider à les réaliser autant que faire je pourrai. Si je n'y parviens pas, j'espère que je vous aurai suffisamment enseigné à croire en vous et à vous écouter pour que vous preniez la décision d'agir par vous-mêmes, selon vos propres besoins et convictions.

J'espère qu'un jour, ces mots arriveront jusqu'à vous, à point nommé et qu'ils seront tout à la fois une piqûre de rappel pour moi et le prélude à un échange enrichissant pour nous, entre parents et enfants.

Je vous souhaite d'être vous, toujours.

 

J'ai hâte de continuer à découvrir qui vous êtes.

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 08:40

Avec le moral qui revient et la fatigue qui s'atténue (et si le printemps pouvait vraiment arriver, ça serait parfait), je bouillonne de projets, d'envies, je suis avide de réalisations.

J'ai envie de savourer.

J'ai envie de vacances en famille, de découvertes pour mes petits bouts, de leur donner à voir le monde et ses curiosités, l'au-delà de nos frontières et la diversité, le dépaysement et l'exploration. J'ai d'ailleurs grand peine à concilier mes désirs d'escapade lointaine avec la réalité actuelle du voyage en voiture avec les mini Sioux.

Notre premier voyage en avion à 4, soit le baptême de l'air de l'Iroquoise (au même âge que son grand frère il y a 2 ans !) a eu lieu la semaine dernière et s'est bien passé (même alors qu'elle était bien malade au retour, cette petite bichette qui ne s'en plaignait même pas !). C'était un bon test pour évaluer le réalisme de mes "envies" de bougeotte, même s'il est peu probable que l'on parte en avion cet été.

 

les-savourer.JPG

 

Aujourd'hui, je ne me sens pas du tout prête à accueillir un autre enfant au sein du foyer, je me sens encore fragile de ce bouleversement d'être passés à 4, je veux savourer les bases que je suis en train de resolidifier.

Je veux être capable de profiter de chaque moment le visage niché dans le cou tout moelleux et tout chaud de ma magnifique petite fille. Je veux essayer de graver cette sensation de bonheur lorsque je vais la cueillir dans son lit après le réveil, blottissant contre moi cet adorable petit bébé qui grandit finalement si vite. Je veux être disponible et sereine pour la regarder évoluer, sourire, blaguer, saisir, grignoter et gigoter.

Je veux savourer les jeux de mots de mon grand garçon, le regarder dérouler ses explications avec son air concentré et des grands mouvements illustrant tantôt le tracteur-tondeuse de papi, tantôt le circuit de l'eau dans le système de filtration de la piscine ou encore le récent choc des titans avec son petit copain de crèche alors qu'ils se sont retournés simultanément. Je veux prendre le temps de le voir s'apaiser et que l'on apprenne à gérer ensemble ses tempêtes émotionnelles du moment.

Le quotidien avec eux me paraît savoureux tel qu'il est et je veux saisir quelques bribes d'épicurisme pour en profiter.

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 10:54

C'est un peu dingue d'en venir à se poser cette question - c'est en tous cas mon avis.

Dans ma quête actuelle pour me reconquérir et "m'honorer", me demander qui j'étais avant de devenir mère, avant de mettre au monde mon Pti Tonique et de me faire emporter par le cataclysme, est une question fondamentale.

Je crois que c'est une riche idée pour retrouver ce qui me faisait sourire et vibrer en-dehors des sourires (et des siestes) de mes bébés.

***

Avant d'être mère, je vivais dans un 49 m² de Lyon avec Mr Sioux. Tout à notre projet de construction de maison dans la campagne environnante, nous venions de quitter notre 47m² dans un immeuble et un quartier bien plus chers pour un home sweet home finalement plus cosy et mieux agencé - et surtout moins onéreux - dans le but d'économiser et de financer les intérêts intercalaires qui ne tarderaient pas a tomber.

Ce projet de maison occupait bien nos esprits et nous faisait courir les promotions de parquet et de canapé entre deux week-ends en vadrouille.

Nous étions des amoureux des petits week-ends à deux sur les routes, à découvrir les régions de France au gré des chambres d'hôtes de charme et des restaurants de tous poils, acquiesçant aux recommandations du Routard et savourant les caves que le hasard mettait sur notre chemin.

Pour autant, je n'oubliais jamais de "négocier" la conception (que j'espérais prochaine) de notre premier enfant, envie qui me taraudait depuis déjà fort longtemps... Moi, je le voulais à 26 ans au plus tard (chacun ses idées fixes), Mr Sioux voulait attendre d'avoir quelques années d'expérience professionnelle, afin de se sentir plus mature ou responsable pour le rôle de père (chacun ses repères, donc !). Finalement, l'installation dans la maison future est devenu le jalon sur lequel nous nous sommes accordés.

 

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L'une de nos récentes promenades dominicales (on s'y remet tout doucement)

 

En fin de journée, alors que j'aurais eu tout loisir de cuisiner sereinement et longuement (même sans Thermomix à l'époque), je n'y consacrais finalement pas autant de temps qu'aujourd'hui, préférant surfer sur Internet ou (je me souviens très bien de cette période) me repasser de À à Z les 10 saisons de la série Friends (que je n'avais jamais vues dans l'ordre). Perte de temps ? Pas sûre. Après tout, tout futile que cela puisse paraître, ce n'est plus une chose que j'aurais le loisir de faire aujourd'hui alors on peut dire que j'en ai "profité".

Les week-ends où nous restions à la maison, je faisais de longues grasses mat, nous traînions chez nous, nous surfions, nous regardions beaucoup de séries (au petit-déjeuner, le soir en mangeant), nous allions remplir les placards à Auchan (super sortie...), nous allions au cinéma, nous nous couchions tard et nous nous plaignions ensuite d'être fatigués la semaine (on ignorait alors ce que "fatigués" signifiait vraiment !!!).

Mr Sioux rentrait toujours trop tard à mon goût, autour de 20h. Aujourd'hui, je crois que ça ne me poserait plus de problème, trop heureuse de pouvoir profiter d'un si long "temps pour moi". Pourtant, à l'époque, l'ayant rejoint sur Lyon pour que nous soyons ensemble, je trouvais ça un peu "nul" que le travail lui prenne tant de temps.

Deux fois par semaine, j'avais donc trouvé des activités extra-professionnelles qui me plaisaient : chorale et atelier d'écriture. La chorale, je n'ai tenu qu'un trimestre et demi je crois. Si j'appréciais les moments de chant en choeur (d'une grande intensité), la moyenne d'âge était assez élevée et je n'ai jamais réussi à me lier avec personne - or, quand le volet social est aussi peu développé, j'aime autant être chez moi, finalement.

L'atelier d'écriture en revance, même s'il avait l'inconvénient de finir tard, était un vrai petit moment de respiration. Les contraintes et exercices proposés me donnaient matière à écrire, ce que je ne me faisais plus de moi-même, malgré mon grand attrait pour cela.

J'aimais beaucoup la photo et j'étais même capable de me fouler la cheville pour aller photographier un paysage toscan que je trouvais saisissant - c'est une anecdote de notre voyage en Italie mais c'est un peu moi... grande sportive dans l'âme !!

Suite à notre installation dans notre maison, j'avais fait l'effort de m'inscrire avec deux copines dans un club de gym, où nous allions une fois par semaine. Puis... je suis tombée enceinte ! Et je n'ai plus osé faire le moindre abdo (il faut dire que ça n'exigez pas de moi un sacrifice incommensurable non plus...).

***

Voilà à peu près ce qu'était ma vie AVANT. Que faire de tout cela aujourd'hui ?

Qu'aurais-je envie de reprendre, comment prioriserais-je le temps libre que je souhaite me dégager ?

Je ne peux pas l'occuper que de choses primordiales, le futile fait aussi du bien (par exemple, j'ai envie d'un vernis orange... sachant que je ne me manquille jamais, et ne me vernis encore moins quoi que ce soit... c'est donc une révolution ! lol).

J'ai des pistes, je réfléchis. A mes envies personnelles comme professionnelles...

Je reviens vous parler de tout ça quand ce sera plus clair.

 

Et vous, QUI étiez-vous avant d'être parent ? Avez-vous eu le sentiment d'une rupture nette au point d'avoir besoin de réfléchir à "ce qui vous faisez vous" auparavant... ou avez-vos réussi à garder le fil rouge de votre quotidien, de vos envies et besoins ?

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Une Indienne Dans La Plaine

  • : Madame Sioux
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  • : J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
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