J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Jeudi, je réalisais que Pti Tonique n'avait pas tété depuis quasiment une semaine.
La dernière fois, il me semble que c'était le mercredi de la semaine dernière, où je l'avais levé de sa sieste ronchon puis en pleurs, incosolable, sans que je ne comprenne pourquoi. En désespoir de cause et obéissant à ce réflexe ancré depuis sa naissance, j'ai sorti mon sein. Sein que je ne lui avais pas donné le matin même et que je culpabilisais donc moins de lui donner à une occasion supposée révolue, ne craignant pas de "risquer de relancer un peu la lactation" alors que ça n'était pas le but dans la situation actuelle.
J'ai offert mon sein à mon bébé, qui l'a pris avec autant d'avidité et de plaisir que le premier jour. Il y est resté suspendu un moment, bien après avoir épuisé les quelques 10 ml qu'il devait contenir, dans un instant de réconfort câlin. Nous étions dans le canapé, comme avant.
Comme au début...
Comme ensuite...
Mais pas récemment.
Comme au début, lorsque je tenais ce miniscule bébé de quelques kilos contre moi et en hauteur, pour qu'il parvienne à prendre le sein sans effort.
Comme ensuite, quand il était tellement grand qu'il lui suffisait de s'assoir sur mes genoux pour que sa bouche soit à la bonne hauteur et que je n'avais plus qu'à caler son dos contre mon bras pour qu'il soit bien.
Mais pas récemment puisque la seule tétée encore d'actualité, il la prenait dans le lit, le matin, dans la pénombre, tirant un peu trop sur mon sein pour le garder en bouche alors qu'il n'avait plus le volume suffisant pour s'étirer confortablement jusqu'à lui.
Etait-ce donc notre dernière tétée, cette tétée volée du mercredi après-midi ?
Et puis au début de la semaine, je me souviens avoir trouvé mes seins plus lourds qu'à l'accoutumée. Une idée a tout de suite germé dans ma tête, cette toile de fond qui ne disparaît jamais vraiment ces derniers mois : signe (très prématuré) de grossesse ?? Puis je me suis rappelée : mais non, Pti Tonique n'a pas tété depuis plusieurs jours, c'est pour ça, il doit y avoir un peu plus de stock que d'habitude [enfin ça reste léger hein, pas de quoi remettre un seul de mes soutifs tous trop grands à présent, même ceux d'avant la grossesse !!!].
Et l'autre soir, sous la douche, je n'ai pas résisté à l'envie d'effectuer une petite vérification : j'ai pressé mon sein, pour voir si quelque chose en sortait encore. Et j'ai été ravie de voir une petite goutte blanche perler.
Est-ce bien fini ?
Pti Tonique ne réclame plus du tout, même lorsqu'il se trouve bien niché contre moi, lors d'un jeu ou d'un câlin. Je sais par contre que si je lui proposais, il ne refuserait pas. Mais à qui ferais-je le plus plaisir ?
En tous cas, c'était une très belle histoire. Qui m'émeut encore beaucoup.
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