J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Pourquoi certains parents trouvent-ils la perle du premier coup tandis que d'autres essuient des échecs à potentiel plus ou moins traumatique pour l'enfant (et les parents) ?
[Il ne sera pas question des cas de nounous ou autres baby-sitters clairement sociopathes qui en arrivent à de la maltraitance aux conséquences dramatiques.]
Le principal problème de ce métier, à mon sens, c'est qu'il est parfois exercé par des personnes qui n'ont pas la vocation pour ce faire. Nombre d’autres travailleurs exercent un métier qu'ils ne décriraient pas comme leur vocation : si cela est regrettable, les effets en sont aussi moins graves dans la mesure où il ne s'agit pas de sauvegarder la santé et l'équilibre d'enfants.
Je considère donc qu'il y a les assistantes maternelles qui aspirent vraiment à s'occuper d'enfants et celles qui aspirent simplement à gagner de l'argent en restant chez elles (avec leurs enfants ou pas) et choisissent donc le seul métier qui offre cette possibilité de façon relativement simple (autrement, le télétravail est possible dans d’autres métiers mais en général, cela suppose d’être tout de même salarié d’une entreprise ou d’avoir monté son activité commercial, ce qui sont des activités bien différentes de la garde d’enfants chez soi) .
Parmi cette deuxième catégorie d’assistantes maternelles, on trouvera donc beaucoup de femmes qui n'ont pas à cœur de plier leur quotidien et d'adapter leurs activités à ceux des enfants gardés. Ce qui a de multiple conséquence : mal-être fréquents des enfants gardés, parents qui se sentent trahis par rapport à l’image qu’ils s’étaient faits ou à celle qu’avait donné l’AM, parfois grave négligence voire problèmes de sécurité.
Comment le parent en quête du St Graal peut-il détecter ces personnes ?
L'autre jour en voiture, Papa Sioux et moi discutions encore des qualités des SuperNounous et de combien cela paraissait simple et normal de s’occuper « correctement » d’enfants lorsqu’on y assiste. A chaque fois dans ce type de conversation, nous ne pouvons nous empêcher de faire le comparatif avec NounouNulle, que ce soit dans la gestion de la journée avec Pti Tonique ou de son comportement (à elle) en général.
Nous avons tenté de nous remémorer les détails qui auraient dû nous mettre la puce à l'oreille chez NounouNulle, dès le premier entretien :
- elle nous a expliqué qu'elle avait arrêté de travailler pour c’était trop dur d’être séparée de son fils
- elle nous a parlé de ses anciens employeurs, ses contrats ratés, qu'elle avait l’impression de toujours « récupérer les parents qui avaient eu des problèmes avec leur précédente nounou et avaient dû la quitter pour cette raison ».
- elle nous a pas mal parlé de ses enfants pendant l'entretien et aussi par la suite. Chaque "mal" ou trait de caractère de Pti Tonique trouvait un écho dans le vécu de ses propres enfants, du coup, elle pensait avoir LA solution (plutôt que s'écouter ce qu'on lui disait) et n'a jamais voulu s'adapter à notre enfant (qui ne correspondait ni aux manuels de puériculture, ni à ce qu'elle avait déjà connu)
- le contact était bon mais elle n'était pas forcément très loquace en dehors des échanges standards
Je n’osais pas trop intervenir sur certains points de « détails » car je me disais qu’il était normal qu’elle ait une certaine marge de manœuvre dans son travail. Mais au final, certains « détails » devaient me déranger plus que je ne l’imaginais et ne me sécurisaient pas – ce que Pti Tonique devait ressentir.
Pourtant, à l'époque où nous l'avions choisie, nous avions aussi rencontré une des SuperNounous, et nous avions hésité. SN avait déjà un agrément pour 4 enfants alors nous craignions que le rythme de Pti Tonique, seul nouveau-né du groupe, ne soit pas forcément respecté. Aujourd'hui, nous réalisons notre erreur, d'autant plus que pratiquant le portage, elle l'aurait davantage sécurisé, il n’aurait pas du tout été délaissé ; de plus, la connaissant maintenant, je sais que mon bébé aurait toujours eu la priorité du fait de son jeune âge et qu'elle y aurait été attentive quoi qu'il arrive, par vocation et conscience professionnelle. Elle tenait à son mercredi et moi, à l'époque, je n'avais pas encore fait ma demande de 80%. De plus, je ne pensais pas pouvoir le garder plus de 6 mois donc ça aurait fini par coincer
[finalement, comme vous savez, je suis à 80% pour une durée indéterminée et ça convient aussi à mon employeur donc ça colle très bien avec l’emploi du temps de SN].
Finalement, plus je réfléchis, à l’aune de ma propre expérience, plus je suis convaincue que l’assistante maternelle, en plus de montrer un intérêt réel pour son travail, doit avoir à peu près la même philosophie que l’employeur en matière d’éducation – ou alors, il faut qu’elle ait une GRANDE ouverture d’esprit, un concept totalement inconnu à NounouNulle.
Mais, me dit Papa Sioux, il y en a aussi qui n'ont pas la vocation mais s'en occupent très bien.
Oui, c'est vrai. Tout comme lorsque j'ai par exemple exercé des jobs étudiants, qui étaient loin d'être ma vocation première mais par conscience professionnelle, je travaillais au mieux et respectait les directives de mon employeur, ce qui me paraissait être la base même du travail.
Les AM, même si leurs conditions de travail sont particulières, restent des employés avant tout. De même qu'il ne me viendrait pas à l'idée de dire à mon patron que je n'ai pas envie d'écrire tel rapport ou d'envoyer dans son dos un mail qu'il n’ait pas dans mes prérogatives d’écrire, l'AM a des obligations à respecter, d'autant plus importantes qu'il en va de l'éducation, du développement et de la sécurité d'êtres humains en construction. C'est d’ailleurs ce qui biaise fortement le rapport employeur/employé. Il y a beaucoup d'affect au sein de ce rapport, il y a ce que l'employeur a de plus cher au monde et certaines employées savent en jouer.
A nous, employeurs, d'apprendre à démêler tout cela [on y arrive rarement du premier coup malheureusement], pour autant que nous le puissions, en gardant toujours à l'esprit ces deux aspects fondamentaux : respect des choix de l'employeur et bien-être de l'enfant.