J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Je ne suis pas coquette. Je suis plus du style nature, simple. Je suis à l'aise en jean, débardeur, baskets pour vous donner une idée.
Je ne suis pas très branchée bijoux, je ne me maquille jamais (ou alors une fois par an, pour de grands évènements type mariage par exemple). De toutes façons, avec mes problèmes de peau et d'allergies, je ne supporterais pas de maquillage quotidien ni de bijoux trop longtemps en contact avec la peau. Le jour où je me marierai, je sais déjà que j'ai peu de chances d'arriver à garder mon alliance en permanence, comme la plupart des gens. Papa Sioux le sait, il ne m'en voudra pas. De toutes façons, ça sera ça ou me déclencher de l'eczéma à l'annulaire gauche - ça n'est pas le but d'un tel engagement, n'est-ce pas ?!
Ma pointure pas très féminine (42) n'a jamais joué en ma faveur et je trouvais plus facilement à me chausser dans les modèles de chaussures mixtes puisque les chaussures pour femmes s'arrêtent au 41... difficile d'assortir des Doc Marteens ou des Vans à une robe habillée ! Je cherchais en permanence le "41 qui chausse grand" et une fois acheté, je réalisais qu'en fait, je n'allais pas supporter les chaussures plus de quelques heures. Ma première paire d'escarpins (ou chaussures de filles avec un brin de talon), je l'ai trouvée lors d'un séjour aux Pays-Bas en 2007 : les standards de tailles ne sont pas les mêmes qu'ici - françaises et hollandaises n'ayant pas les mêmes mensurations moyennes - aussi le 41 hollandais équivalait-il à un bon 42 français. J'étais aux anges et craignait en rentrant chez moi qu'Easyjet perde ma valise et mes précieuses nouvelles chaussures avec !
Pour la féminité, je partais donc avec quelques handicaps techniques, raison pour laquelle j'avais peut-être inconsciemment décidé d'en faire mon style : le naturel avant tout, voire la coolitude, loin de toute sophistication.
Mes études de droit (et le style vestimentaire des étudiantes en droit, pas opposition à celui des étudiants en lettres et langues que je fréquentais précédemment) puis mes balbutiements de vie professionnelle m'ont peu a peu poussée à faire des efforts, à valoriser ma féminité et moi-même tout simplement.
Etrangement (ou pas), les modifications de mon corps entraînées par la grossesse m'ont à nouveau donné un élan de valorisation de moi-même, une envie de porter plus d'attention aux détails et à mon look général - même si je n'aimais toujours pas passer 2h dans la salle de bains le matin ou préparer attentivement ma tenue du lendemain la veille au soir, j'ai bien trop de trucs plus intéressants à faire, donc vive la technique de "l'arrache" le matin au saut du lit.
Après l'accouchement, la vie de jeune mère conjuguée aux formes changeantes de mon corps m'ont fait jongler entre diverses fringues, sans parvenir à assortir vraiment quoi que ce soit, d'autant plus que je disposais de peu de vêtements d'allaitement vraiment valorisants - MamaNANA, j'écris ton nom ! mais niveau budget, ça sera pour la prochaine fois.
Finalement, physiologie personnelle ou allaitement aidant, je me suis retrouvée en quelques mois avec mon poids d'avant grossesse, et juste un peu de "relâchement abdominal". Pour les mêmes raisons, le peu de poitrine que j'avais pris au début de la grossesse puis pour l'allaitement a rapidement fondu comme neige au soleil. Sa nouvelle forme et la crainte des engorgements occasionnés par les armatures ne me permettent cependant pas de réutiliser mes soutien-gorges d'avant-grossesse.
Tout cela pour vous dire que vestimentairement parlant, ces derniers mois, je n'étais pas au top et ne parvenait pas vraiment à me reconnaître dans quoi que ce soit - que ce soit les soutiens-gorges d'allaitement à la forme brassière qui maintiennent mais tuent toute esthétique ou les pantalons qui me vont à la taille tout en étant trop larges partout ailleurs.
Le combishort, vous trouvez ça sexy ? J'espère que Papa Sioux va aimer...
Ce week-end, à défaut de dormir - merci Pti Tonique et les 1200km de route A/R - et n'étant pas chez moi accaparée par mon fils ou la maison, j'ai enfin pu prendre du temps pour moi. J'ai emmené ma mère et ma soeur faire 1 ou 2 magasins. Sur les conseils d'une vendeuse sympathique, j'ai pu retrouver de la lingerie adaptée à ma poitrine d'allaitante - autant pour la praticité que pour la mise en valeur de ses formes peu généreuses - et également un débardeur, tout simple, mais aux couleurs vives et joliment coupé.
Lorsque je me suis regardée dans le miroir de la cabine d'essayage, malgré l'éclairage catastrophique (celui qui fait ressortir toutes les rougeurs et les moindres défauts encore pire que dans ta salle de bain - et le manque évident de sommeil, j'ai eu l'impression de me retrouver un peu. Je me suis trouvée jolie et épanouie.
Un joli t-shirt, un petit push-up, un moment entre filles et je retrouve ma féminité. Je vais maintenant prendre garde à ne plus la lâcher.
Crédit photo : www.etam.com