J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Je me suis souvent fait cette réflexion. Selon les situations, les angles de vue ou les activités, j'ai l'impression de voir mon fils différemment, tout en sachant bien qu'il n'est qu'un... et quel être unique en effet !
Il y a le petit téteur, qui ouvre grand sa bouche et vient se nicher contre le sein de maman avec avidité et douceur, tétant du bord des lèvres pour mieux promener son regard alentour et sa petite main sur ma peau, entre curiosité et repli utérin.
Il y a depuis peu le bébé facétieux, assis ou dressé sur ses petites jambes qui se laisse tomber sur nous sourire aux lèvres et bouche grande ouverte pour venir nous croquer le nez ou la joue, dans un hurlement de joie (baveuse).
Il y a depuis toujours le petit fou de la table a langer : le bébé qui bat des jambes a gogo, pousse des cris d'excitation, se marre dès que l'on se penche et rit aux éclats lorsque l'on vient embrasser son petit bidon ou la chaleur de son cou.
Il y a le magnifique petit être endormi. La sérénité qui apparaît alors sur son visage nous a toujours paru factice ou
inesperée au vu de son tempérament le jour. Mais qu'il est beau alors ce vainqueur aux poings levés, ce petit bout abandonné au visage tourné sur le côté et à la bouche sagement close.
Il y a le bébé qui lève vers moi une tête curieuse et un air sérieux lorsque je le porte en Manduca tout contre moi, comme pour vérifier que oui, c'est bien maman qui est en train de causer là, tout va bien...
Il y a son petit visage tout gonflé de sommeil au réveil, qui rouvre sur le monde ses jolis yeux brillants tandis que son sourire se dessine derrière sa sucette lorsqu'il m'aperçoit. Mon bébé tout chaud et apaisé qui sent bon et que j'aimerais garder ainsi contre moi éternellement.
Il y a la grosse bouille lorsqu'il s'endort dans son siège auto, que sa tête retombe sur le côté et qu'il s'affaisse (enfin détendu).
J'ai souvent l'impression d'avoir plusieurs bébés en un. Chacun d'eux me fait fondre et me remplit d'admiration ; alors les contempler tous à tour de rôle, amuser câliner nourrir ou promener chacun d'eux, c'est un recommencement aussi perpétuel que divin !