J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Ceci est ma contribution aux 5e Vendredis Intellos de Mme Déjantée.
Je n'avais plus de livre à présenter pour ces Vendredis - je n'ai tout de même pas tant de temps que ça à consacrer à la lecture, mais un autre type de lecture est venu me frapper la semaine dernière et m'a inspiré quelques mots.
Il sagit d'une page du magazine Egg de juin-juillet-août 2011, où une dame, "Annabelle", dont je ne connais d'ailleurs pas la formation ni les compétences exactes, répond aux questions des lectrices. Elle répond à une maman qui pose la question suivante : "Ma fille, je l'aime. C'est mon rayon de soleil quotidien. Mais tout est réglé à la minute près. Les matins, les journées, les soirées. Les jours se succèdent et se ressemblent trop. Avec la fatigue qui s'accumule de jour en jour, j'en suis à croire parfois, que le travail est incompatible avec une vie de famille équilibrée... Comment sortir de tout ça ?"
Et la dame d'Egg de répondre pas mal de choses, mais notamment ceci : "La vraie prison, [...] c'est bien souvent notre mental, c'est-à-dire notre évaluation de la situation et non la situation elle-même. [...] Car c'est bien ta perception qui est limitante et emprisonnante. Certainement dois-tu pratiquer aussi la comparaison avec "avant" ou "comment ce serait si..." : c'est tout cela qui crée de la déception, de la frustration et des envies de compensation".
Tu m'étonnes, John (ah non, c'est Annabelle, pardon) !!! Quel parent ne s'est jamais dit "avant, j'aurais eu le temps de faire ça, j'aurais dormi une nuit d'affilée, j'aurais passé mon dimanche à glander, j'aurais manger en même temps que mon conjoint, j'aurais eu une vie sociale, j'aurais décidé sur un coup de tête d'aller au resto ce soir, etc".
Moi, frustrée ? Not at all cher lecteur, tu n'y es pas !!
Non mais c'est vrai, en ce moment, j'ai aussi ce genre de coups de mou (c'est la fête chez les Sioux en ce moment, décidément ! y'a du soleil et du positif plein le tipi !!!). Surtout quand je regarde l'état de ma maison. Je n'ai qu'un seul enfant et je suis déjà incapable de repasser mon linge régulièrement (je fais ça fringue par fringue à l'arrache le matin), de passer la serpillère toutes les semaines (bouhhh, y'en a qui oseront plus venir mettre un pied dans le tipi), de ranger les énormes piles de papiers et objets divers qui s'amoncèlent sur mon bureau, sur le meuble de l'entrée et sur le buffet du salon, etc...
Et en-dehors de tous ces trucs qu'il faut faire, il y a aussi toutes les choses moins fondamentales mais que j'aimerais tant faire, par plaisir : le livre de naissance de Pti Tonique avant d'avoir tout oublié, l'album photo de sa 1ère année, me vernir les ongles, décorer ma maison (2 ans après avoir emménagé, faut pas désespérer), cuisiner et tester plein de nouvelles recettes alléchantes que je vois partout, faire du sport, aller au ciné...
La solution pour ne pas vivre tout cela comme des privations quotidiennes, serait de "développer une certaine souplesse par rapport à nos besoins, afin d'éviter d'être dans le tout tout de suite qui peut créer du malentendu et du conflit, d'autant que l'enfant n'est pas, lui, encore capable de souplesse." Ainsi, "Evaluer nos besoins et leur degré de satisfaction régulièrement permet d'être au clair avec nos émotions et les choix que nous voulons faire pour être bien dans notre vie. Et en prenant ce RDV avec soi-même, on s'aperçoit que le bien-être, le bonheur ne dépendent finalement pas tant de facteurs extérieurs que du regard que nous portons sur nous-mêmes, nos actes".
Qui veut commencer la mise en oeuvre de ce vaste programme ?
Sincèrement, c'est un peu ce que je fais déjà, ne serait-ce que par manque de solution alternative : mon enfant a besoin d'un rythme - je le lui donne, il a besoin de ma présence et de jouer avec moi de telle heure à telle heure - je m'y prête (avec plus ou moins de motivation selon les jours)... et donc par élimination, je suis bien obligée de repousser mes envies (mes besoins ?) à plus tard. Reste à l'accepter suffisamment, à être convaincue que c'est la seule organisation possible et viable en ayant un enfant, pour ne pas le vivre comme une privation... c'est en cours !