J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Alors le sevrage, je dois vous le dire, c'est pas gagné !
Ces derniers jours, Pti Tonique est revenu à un rythme de tétées plus raisonnable que pendant nos vacances, à savoir 2 tétées par jour – et même une seule à 2 occasions ! Mais il a l’air d’y tenir et moi, je ne vois pas comment je pourrais les lui refuser. Détourner son attention, c’est un peu utopique. Remplacer par un biberon, ça ne marche pas. Il voit très bien la différence. Il prendra éventuellement le biberon parce qu’il rate rarement une occasion de manger mais il reviendra ensuite au sein quand même, parce que ça n’est pas la même chose – et pas la même fonction, comme on le sait, à savoir que le sein ne sert pas uniquement à se nourrir.
En plus, le Pti Tonique vire maniaque du tétou. Maintenant, à chaque tétée, il lui faut les deux seins. Pas pour des raisons de quantité de lait mais parce qu'il veut voir et goûter les deux. Après avoir tété celui que je lui ai présenté et une fois que j'ai déballé les deux à sa demande, il se recule et les regarde en souriant :-) Puis il attaque le 2e, il le tétouille à peine une minute, recule en souriant puis repart en se laissant tomber sur le 1er, rebelote et éventuellement retourne au 2e… et desfois je me demande combien de temps ça pourrait durer ce manège si je ne lui disais pas que maintenant, ça va bien, on va aller jouer, OK ?
Hier soir, vers 18h, heure généralement admise de la 2e tétée journalière, je l’ai assis sur mes genoux pour lire un livre et il s’est tourné vers moi, demandant à téter. Je déballe mon sein gauche, le plus pourvu, il se jette dessus en se laissant complètement tomber, rebondissant sur ma maigre mais moelleuse mamelle et il s’y complait, attrape le téton, ferme à moitié les yeux. Je me laisse à mon tour aller contre le dossier du canapé, le (grand) petit bout sur moi, qui pour une fois ne râle pas contre cette position semi-allongée (c’est qu’on ne met pas Monsieur n’importe comment et surtout rarement en position allongée, quelque soit l’activité). Je savoure… Je me dis que c’est quand même bon, surtout quand je vois sa petite tête apaisée et ses lèvres expertes qui, tout en remuant faiblement, savent activer le processus et font arriver la montée de lait en quelques minutes.
Tout à coup, je m’évade. Sans que je sache pourquoi, me reviennent les images des premiers instants après mon accouchement et plus particulièrement le calme après la tempête, le câlin en salle d’accouchement, puis la préparation à retourner en chambre, le « débranchage » de tout ce à quoi j’étais reliée, l’habillage, l’installation dans le fauteuil pour monter dans les étages, le berceau de mon petit ange qu’une autre personne pousse près de moi tandis que je sors de la salle, les félicitations et compliments des SF et puéricultrices que nous croisons dans le couloir…. En fait si, ça y est, je comprends en l’écrivant. C’est le récit d’accouchement que je viens de lire chez Maman Nature qui a fait remonter ces souvenirs à la surface.
Il vient de loin mon petit bout. Il a déjà tellement grandi ! Et malgré ça, il s’y accroche au sein de sa mère, ça lui procure toujours autant de réconfort. C’est quand même si bon… Ca n’est pas tous les jours comme ça mais hier soir, nous avons eu ce que je considère comme une vraie tétée. Il ne l’a pas bâclée, il ne me faisait pas mal, il m’a fait l’honneur de rester presque allongé sur moi, j’ai pu savourer et profiter pleinement de ce moment moi aussi. C’était parfait.
Alors voilà, je disais donc… ça n’est pas gagné !
J’attends le 7 septembre, date de mon rendez-vous chez le gynéco, pour voir comment lui voit la chose, quel lien il fait entre allaitement et absence d’ovulation et nous verrons… Même si je ne vois toujours pas comment refuser le sein à mon fils, ça me ferait trop mal au cœur de le voir pleurer en me regardant d’un air de ne pas comprendre.
Bref…