J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Depuis quelques mois, ma boîte fait des travaux pour rénover d'anciens bureaux afin d'y loger les nouveaux arrivants - voire les anciens. Nous assistons donc à un balai incessant d'artisans en tous genres et nous "subissons" parfois leurs méthodes de travail ou les aléas de leurs tâches : radio à fond (bon, quand c'est Shakira ça va mais desfois...!), coups de burin pour casser des cloisons, fortes odeurs de peinture (que je supporte d'autant moins à cause de mon état, toute paniquée à l'idée que ça puisse abîmer mon oeuf Sioux), etc.
Parmi ces choses, il y a bien sûr les dialogues entre les ouvriers, parfois cocasses, parfois navrants, comme c'était encore le cas hier. L'une des entreprises qui intervient le fait en duo ouvrier-apprenti. Enfin, le jeune homme en question (18-20 ans) était apprenti il y a quelques temps mais il est maintenant salairé de l'entreprise à ma connaissance. A l'époque où il était encore apprenti, la société était déjà venue effectuer d'autres travaux chez nous et ma direction avait été choquée de la façon dont le jeune homme était traité par l'ouvrir avec qui il travaillait, des remarques méprisantes et moqueuses qu'il subissait chaque jour. Ma direction avait fait remonter l'information au patron de la société pour lui signaler ce comportement que l'on jugeait déplacé.
Donc hier matin, j'ai été témoin (auditivement parlant) de l'une de ces scènes :
- Qu'est-ce que je t'avais demandé ?
- Bin des chevilles.
- Et ça, c'est des chevilles ?
- Non mais....
- Bon alors ! Putain c'est pas possible, tu comprends jamais rien toi ! J'en ai ras-le-bol !!!
Un moment plus tard :
- Putain mais METS TES MAINS là !! Tu vois pas que c'est du 6 ???
Et vas-y que l'ouvrier continuait sur sa lancée injurieuse, d'une voix forte et insupportable...Déjà le type, il ne préoccupe même pas de savoir s'il peut être entendu (or c'était le cas, par au moins 6 ou 8 personnes travaillant dans les bureaux) et surtout, je ne comprends pas comment on peut se comporter de la sorte avec un autre être humain, le rabaisser ainsi sans cesse, l'humilier chaque jour un peu plus.
En plus, si le jeune a un réel problème de compréhension, il suffit d'en parler avec la direction, de voir s'il est vraiment fait pour ce boulot, s'ils veulent le garder ou pas... je sais pas mais il y a sûrement plus constructif ! Et le jeune qui ne doit pas oser dire quoi que ce soit, certainement trop content d'avoir un job.
Et encore, je sais qu'il y a pire. Qu'en termes de harcèlement moral, on a entendu des phrases plus dures, supporté des choses plus terrifiantes encore - quoique, je ne suis pas en mesure de quantifier le mal-être du jeune homme qui se fait quotidiennement rabrouer.
Mais tout de même : faut-il laisser faire ?
***
Une autre petite remarque qui m'avait parue déplacée, alors que ça n'est habituellement pas le genre de ma direction : mon boss qui demandait à un collègue, au café, devant tout le monde, s'il était vraiment malade, parce qu'il avait "pas une tête de malade" (le collègue en question souhaitait partir chez le médecin juste après, prétextant qu'il ne se sentait pas bien, 2h après son arrivée).
Non mais franchement, que veux-tu répondre à ça devant 15 personnes ???
Déjà, que toutes les maladies ne se voient pas, certes. Ensuite qu'il n'est peut-être pas utile de faire ce type de diagnostic sauvage et mettant en doute la parole de l'autre devant tous ses collègues...
Alors certes, mon boss avait des raisons de penser que la maladie dudit collègue était peut-être un peu imaginaire (ou alors, c'était peut-être davantage un mal-être dû à une mésentente avec sa hiérarchie directe qu'un réel malaise physique) mais quand bien même ?
Restons respectueux les uns des autres.
On ne peut pas dire que l'on sorte grandit ou victorieux d'avoir mis autrui dans cette position.
Je ne comprends vraiment pas.