J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
... ou comment sevrer Pti Tonique tout en douceur, à la fois pour lui et pour moi ?
L’idée me travaille depuis un moment mais elle se précise de plus en plus, toujours pour une question de retour de mes ovulations (je ne dis pas « retour de couches » parce que je suis quand même censée l’avoir eu 3 mois après l’accouchement) mais aussi parce que j’éprouve parfois une certaine lassitude. Ce ne sont plus les longues tétées câlins des débuts. Ces tétées sont différentes, plus brèves, plus « impératives » de la part de Pti Tonique je dirais. Elles restent de forts moments de partage privilégié et certainement de réconfort pour lui mais parfois, ça me semble vite expédié, un peu moins tendre qu’auparavant. En fait, mon envie est très fluctuante. Il y a toutes les raisons évoquées ci-dessus d’un côté, et aussi la difficulté à envisager que cela s’arrête définitivement d’un autre côté.
Dans ma bible de l’allaitement, il est conseillé d’entamer le sevrage à des périodes propices, c’est-à-dire en-dehors de toute période de stress, sans se brusquer et sur une plage de temps assez longue (pas en un week-end par exemple) donc les vacances sont souvent une période recommandée.
Mon but actuel serait de passer d’environ 2 tétées par jour à une seule. Sauf que chez nous, qui dit vacances dit davantage de moments ensemble, de proximité donc davantage d’opportunités pour Pti Tonique : la semaine dernière, on en était presque à 4 mini-tétées par jour ! Et dans ces moments-là, difficile de détourner son attention. Et encore plus difficile pour moi de lui refuser mon sein alors qu’il tapote le haut de ma poitrine du bout de ses mignons petits doigts, qu’il me regarde par en dessous avec cet air attendrissant, tout en poussant de tous petits cris interrogateurs, semblant signifier « Alors, quand est-ce que tu le sors ton tétou ? ». Et si ça ne vient pas assez vite, il tire sur mon décolleté et va tapoter mes seins – là, je fonds… Sans compter les fois où une petite tétée semble lui faire tellement de bien, lorsqu'il arrive en terrain inconnu (chez des gens, à l'extérieur) ou qu'un cauchemar le laisse hurlant et difficile à apaiser...
Ce que j’aimais beaucoup au départ dans l’allaitement, c’était entre autres ce sentiment d’être aussi indispensable à mon bébé (comme si j’avais besoin que cela me soit sans cesse confirmé), que moi seule pouvait le nourrir, puis l’apaiser, lui procurer un tel sentiment de réconfort et de bien-être. Et en même temps, par moments, je me demandais – parano et angoissée – si mon fils m’aimait aussi en-dehors de mes seins rassurants et nourrissants… Si pour lui j’étais autre chose qu’une poitrine contre laquelle se blottir et s’endormir.
Et bien à présent, plus le temps passe, plus j’en suis sûre (pas trop tôt !), j’en ai eu plusieurs fois la « preuve » (si besoin en est) : des moments où il m’apporte un livre qu’il veut que nous regardions ensemble, des moments où il se dirige vers moi tout sourire en disant « mAmaaaaannn » puis en enfouissant son visage contre mes jambes qu’il sert un instant contre lui, des moments où il me sourit en me voyant simplement entrer dans la pièce après une absence de 2 minutes, toutes ces activités que nous partageons et qui lui plaisent, je le sais, je le sens…
Alors pour réduire le nombre de tétées, Papa Sioux et moi nous sommes demandés quelle tétée supprimer. Pour moi, celle du matin est incontournable, c’est souvent la seule façon de calmer ses pleurs quand on le lève, il n’attend d’ailleurs que ça ! Mais pour Papa Sioux, il vaut mieux garder celle du soir, notamment dans le bain où c’est difficile d’esquiver du sein quand on a un bébé qui vous escalade ou se contorsionne pour venir téter quoiqu’il en coûte ! (et je n'ai pas envie non plus de renoncer à notre bain tous les deux, moment de détente privilégié où je ne me consacre qu'à lui et où on rigole bien !).
Sauf que si on enlève celle du matin, ça veut dire avoir un biberon prêt à dégainer dès le 2e chouinement de Pti Tonique (le 1er, souvent, on l’entend pas, on est encore dans le coltard) or nous, le matin, on est des feignasses : on va chercher bébé et on le ramène dans notre lit histoire de grapiller encore quelques minutes de « comatage » (et de tartes dans la gueule, accessoirement - Pti Tonique est un enfant plein de délicatesse).
Bref, sérieusement, je sais plus trop comment m’y prendre parce que je n’ai pas non plus le cœur à refuser le sein à mon bébé, tout en sachant qu’il est très difficile de le distraire quand il a décidé qu’il voulait téter (on pourrait aussi l’appeler Idéfix).
Y’a-t-il dans l’assemblée des mamans qui ont sevré leur bébé autour d’1 an et qui auraient des conseils ? Merci d’avance !
Edit : une précision. Les 2 tétées dont je parle sont des tétées-câlins pour Pti Tonique car dans tous les cas, je complète celle du matin par un biberon (sinon, il a trop faim, dans la mesure où je n'ai plus beaucoup de lait) et le soir, il a un vrai repas solide dans tous les cas (sinon il ne tient pas la nuit !).