J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
En ce moment, Pti Tonique, il veut tout le temps marcher. Et c'est amusant de le voir aussi décidé et de réaliser comme il a bien compris comment ça fonctionne.
Souvent, il nous tend les bras et au moment où on s'approche pour le prendre, il vise nos mains et attrape nos doigts (les index de préférence) pour s'y accrocher et ainsi se relever puis marcher. Car oui, Monsieur a ses préférences pour marcher, il ne faut certainement pas le tenir n'importe comment. D'ailleurs, on ne le tient pas, c'est lui qui s'aggripe. Alors qu'il se tient après notre index, si on a le malheur de reposer notre pouce sur le dessus de sa main, il s'arrête, s'énerve, lâche notre index et cherche à le reprendre à SA façon. Il faut ensuite faire bien attention de ne pas commettre le même impair à nouveau...
Au démarrage, il a la technique suivante : il commence par regarder notre main droite, enroule sa petite main autour de notre index puis tourne la tête vers notre main gauche pour faire de même. Si la 2e main n'est pas en position, il lève la tête vers nous et d'un "EUH" impératif, nous rappelle à l'ordre. Une fois qu'il a une bonne prise dans chaque main, il contracte ses abdos et se relève. Puis c'est parti, il démarre à fond la caisse et enchaîne 5 ou 6 pas très rapides : il faut suivre !
Le sourire aux lèvres, il parcourt toute la maison en poussant de temps en temps de petits cris de joie. Il s'arrête souvent à côté des mêmes objets, qu'il aime examiner : le poste radio, la clé de la porte du buffet, le câble de l'apirateur au sol, les grandes feuilles de l'anthurium, les bouteilles de vin dans le range-bouteille vertical de la cuisine (on va passer pour des alcoolos) qui est à sa portée, la porte (froide) du four, ... Pour ce faire, il lâche une de nos mains et pose la sienne sur l'objet de sa curiosité, le tapote ou le gratouille selon duquel il s'agit et au bout de 20 secondes, il lève la tête ou cherche à nouveau notre main pour repartir de plus belle.
Parfois, entraîné par son enthousiasme, il fonce tellement que l'avant de son corps va plus vite que ses jambes : il part en avant et marche à moitié penché... déjà prêt à franchir de la tête la ligne d'arrivée du marathon cuisine-salle à manger !
Par moments, son intérêt pour un objet le pousse à s'assoir complètement à terre pour l'examiner de plus près entre ses petites mains. De même, lorsqu'il fatigue, il s'arrête en plein élan, s'assied sans nous lâcher puis au bout de 2 secondes, il tire à nouveau sur nos doigts pour se redresser et repartir.
Lorsqu'il est vraiment fatigué et qu'il a trouvé un objet intéressant à grignoter ou taper, il reste assis, lâche nos mains et il faut alors comprendre que notre mission est temporairement terminée, nous avons gagné le droit de retourner à nos propres occupations... du moins pour quelques minutes.