J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Quand Papa Sioux s’en va, j’appréhende les soirées seule avec mon fils, les couchers qui pourraient être problématiques et auxquels je devrais alors faire face seule, avec mes seuls nerfs et mes seuls bras, sans personne avec qui partager les difficultés.
Quand Papa Sioux s’en va, je réalise combien sa présence m’est nécessaire, même si je semble parfois en faire peu de cas lorsqu’il est là, occupée soit à prendre soin de mon fils, soit à ranger la maison, soit à profiter de quelques minutes de répit pour moi et moi seule.
Quand Papa Sioux s’en va, la maison me semble bien grande pour ce petit bout d’homme et moi, même si le petit bout Sioux y met du sien pour la remplir de ses cris et de son infatigable énergie… il manque les blagues et exclamations de son père, pour parfaire l’ambiance et l’harmonie familiales.
Quand Papa Sioux s’en va, j’ai toujours une petite pensée pour les parents solos, à qui je tire mon chapeau.
Quand Papa Sioux s’en va, on s’appelle le soir et on s’envoie des textos pour se souhaiter bonne nuit, comme lorsque nous étions étudiants et séparés par quelques centaines de kilomètres. Nous attendons les retrouvailles avec la même impatience, tout en sachant qu’un petit blondinet haut comme trois pommes nous ravira la vedette le moment venu… pour notre plus grand bonheur !
Quand Papa Sioux s’en va et que Pti Tonique est couché, je me dis que je vais pouvoir « profiter » mais la fatigue me rattrape bien avant. Je vais donc me coucher tôt, en comptant : « Plus que 2 dodos et il sera là ! ».