J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Ce samedi midi, nous étions invités à manger chez des voisins (avec un autre couple de voisins également)... où nous avons passé toute l'après-midi, jusqu'à 19h30 !
Nous avons passé un bon moment, bien rigolé, même s'il n'a pas toujours été facile de gérer Pti Tonique dans ces conditions. D'abord parce qu'il n'est pas dans son environnement : difficile donc de le coucher (le lit parapluie inconnu dans une chambre inconnue, avec un gros brouhaha au loin, j'imagine que ça déstabilise) et surtout de l'occuper. S'il ne peut pas toucher ce qu'il a à portée de main, il finit vite par s'énerver, même s'il est dans les bras ou sur les genoux.
A un moment donné, je l'ai installé sur une couverture par terre avec ses jouets : il était content de retrouver son univers mais la cadette de nos voisins (2 ans et demi, qui adore Pti Tonique et a donné son nom à son poupon préféré) venait souvent le voir, touchait ses jouets (cela perturbait un peu Pti Tonique) et s'est installée à côté de lui, tout contre (mignon !) pour jouer également. Comme elle était proche, Pti Tonique n'avait de cesse de vouloir la toucher et lui attraper les cheveux (pas très agréable pour la petite) : 2 enfants d'âge pas si éloignés mais 2 modes de jeux et d'interaction encore très différents... Pti Tonique a fini par s'énerver. Séquence-jeu de 10 minutes finie.
En toute fin d'après-midi, j'ai réussi à l'endormir dans le Manduca, en parcourant le jardin de nos voisins pendant que tout le monde discutait. Il en avait bien besoin, n'ayant dormi qu'1/2h en début d'après-midi.
Au final, une journée sympa mais plutôt fatigante pour nous, ayant à gérer un bébé au top de la forme et des envies de découverte, quand on ne peut l'avoir que dans les bras ou la chaise haute, alors qu'il se lasse très rapidement de tout. Alors qu'à la maison, nous parvenons à le laisser jouer plus longuement dans son parc et il fait de plus longues siestes dans son lit.
Ce qui a été le plus pesant, ce sont, à nouveau, les remarques et conseils non sollicités.
Les personnes qui nous recevaient ont deux petites filles : 6 ans et demi ; 2 ans et demi. L'autre couple a une fille de 5 ans.
Tous se sont à nouveau étonnés qu'à 8 mois, Pti Tonique nous réveille encore pour une tétée à 3 ou 4h du matin. Ils ont tout d'abord louer notre courage (pas le choix surtout....). En général, l'instant d'après, arrivent les conseils sur le sommeil, le "laissage-pleurer", les techniques et histoires de chacun. Mais cette fois, je pense qu'ils n'ont pas voulu rembrayer sur un thème maintes fois abordé (puisque nous nous fréquentons régulièrement) et ils ont laissé de côté ces aspects.
Cela dit, cet état de fait semble davantage perturber ma voisine que moi. A chaque fois elle me demande si Pti Tonique "dort mieux". La dernière fois, j'ai changé ma façon de répondre, de manière à ce que cela ne ressemble pas à une "invitation aux conseils" ("tu as essayé de le laisse pleurer ?"), j'ai dit "Oui oui, il dort mieux. Il se réveille juste encore une fois à 3h du matin" (plutôt qu'une réponse plus laconique visant à se faire plaindre). Du coup, je n'ai obtenu qu'un "Ah, le coquin !" en retour.
Aujourd'hui, les deux autres couples ont choisi de nous conseiller de confier notre fils pour souffler et nous reposer, passer du temps en amoureux, parce qu'il ne faut pas être trop centré sur les enfants, etc. Edit : je viens de me rappeler qu'on a aussi quasiment fini par avoir des conseils sur "comment avoir une vie sexuelle quand on a un bébé" (encore une fois, vous vous doutez qu'on avait rien demandé !).
Tout ceci, j'en ai déjà parlé. Et il me semble que c'est surtout l'affaire de chacun. C'est à chaque couple de décider à quel moment il est prêt à se séparer de son enfant et pour combien de temps (2h, une journée, un week-end, davantage...).
Là, on nous a directement conseillé de partir un week-end en laissant Pti Tonique à ses grands-parents. Ca me paraît un peu brutal, lui qui n'a jamais été séparé de moi plus longtemps que pour une journée de travail.
C'est certainement bienveillant mais Papa Sioux et moi avons-nous des têtes aussi effrayantes que ça ? Avons-nous l'air d'avoir envie de nous débarasser de notre fils à tout prix ? Il ne me semble pas. Tout comme il ne semble pas que le ressenti et la façon de faire de chacun puisse être plaqués sur autrui.
Par exemple, je ne me permets jamais de dire à ma voisine que peut-être, si sa grande fait toujours pipi au lit, c'est pour telle ou telle raison. J'ai l'impression que notre (relative) jeunesse tant en termes d'âge que d'expérience parentale, donne à nos interlocuteurs l'impression de pouvoir nous soumettre sans cesse leurs avis "avisés".
Ce fût tout de même une belle journée amicale et ensoleillée, qui s'achève avec la même impression que celle laissée par une longue journée d'été, la sensation d'avoir le corps qui irradie de chaleur accumulée, d'avoir vécu un instant d'insouciance privilégié, d'avoir fait un petit plein de douceur printanière.
Il est beau mon laurier, hein ?
(il habite dans mon jardin et pousse paisiblement à la faveur du redoux...)