J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Le sondage assez étrange que Maman Bavarde a relayé pour nous, lors du Vendredi Intello du 5 août dernier, ne m’a pas questionnée outre mesure sur le moment.
Il s’agissait de savoir « pourquoi fait-on des enfants ? ». Les réponses suggérées par les créateurs du sondage avaient de quoi laisser rêveur et surtout, il était difficile de se voir rentrer dans l’une de ces cases – même si on avait le droit d’en cocher plusieurs.
C’est au cours d’une autre réflexion, plus personnelle, que je vais développer ci-dessous, que j’ai fini par vraiment me demander ce qui m’avait conduite à faire un enfant (et même plus d’un, j’espère !).
Je n’ai pas d’explication toute faite. J’ai toujours eu envie de porter la vie, de savoir ce que ça faisait d’être enceinte, d’accoucher, de tenir dans ses bras son propre enfant, un nouveau-né que l’on aurait soi-même fabriqué et dont on serait seule responsable. Il y avait donc de la curiosité et l’envie de communiquer tout plein d’amour et de bons soins à un petit être neuf, en lui offrant l’étendue des possibles pour seul horizon.
Et c’est là que parfois, lorsque je regarde mon fils, je réalise avec une certaine angoisse appréhension l’étendue du chemin qu’il lui (nous) reste à parcourir. Je me dis : « Déjà 1 an, certes, mais combien d’années encore à venir !!! Combien d’apprentissages dans tous les domaines de la vie va-t-il encore devoir faire ! ». Ils sont innombrables, ça me donne le vertige.
En fait, c’est étrange ce cap des 1 an… je commence à voir mon fils différemment : tant que l’on compte l'âge en mois parce qu'il n'y a pas encore d'année complète à décompter, il s’agit d’un bébé, un petit être aux besoins et aux occupations somme toute assez basiques, même si ça ne veut pas dire que s’en occuper soit facile tous les jours. Mais depuis que je peux compter l’âge de mon fils en années (OK, il n’y en a qu’une seule mais c’est un début), je le vois davantage comme un petit enfant, un petit garçon qui va multiplier les apprentissages, se détacher peu à peu de nous pour avoir sa dynamique propre et des besoins à la mesure de sa taille et de son âge, donc grandissants. J’ai l’impression qu’il va falloir cogiter davantage (ou bien différemment) – je vois déjà d’ici les joutes oratoires, les négociations, les encouragements, toutes ces choses qui ne sont intellectuellement, et parfois nerveusement, pas de tout repos – pour assurer en tant que parent, assouvir la soif de découverte tout en sécurisant, sans brider la curiosité et l’imagination mais tout en posant des limites claires, qu’il faudra savoir parfois lever tout en expliquant pour ne pas perdre la cohérence de l’éducation… wahou ! J’ai déjà mal au crâne !!
La dernière fois qu’elle est venue garder Pti Tonique, ma mère a tenté de lui apprendre où étaient son nez, ses oreilles, ses yeux, tout en lui montrant ceux de mamie en même temps, puis les siens pour qu’il fasse le lien (chacun de nous a un nez, une bouche, etc)… Ca donne un aperçu de la chose : mon bébé ne sait pas encore nommer les parties de son corps (d’ailleurs, il ne sait pas encore parler non plus, si on va par là) alors quant à lire, faire une addition ou choisir une filière pour le bac !!!! On en très loin !!
Certains parents plus expérimentés vont me dire que « tu verras, ça va passer plus vite que tu crois ! ». Je veux bien vous croire. Mais ça va en demander du temps, de l’énergie, de l’investissement, encore quelques angoisses et préoccupations…
Par moments, comme ça, je réalise le boulot que c’est d’être parent et ce sur le (trèèèès) long terme (dit la nana qui veut 4 enfants ;-) )