J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Mes mains sont sèches comme du papier de verre, pourtant elles n'ont jamais rien eu d'aussi doux à caresser.
Mes mains sont craquelées comme en plein hiver, pourtant elles se réchauffent dès qu'elles peuvent te porter.
Les muscles de mes bras n'ont jamais autant travaillé, mais aucun effort ne leur a jamais paru aussi justifié.
Les tendons de mes poignets souffrent et leur canal devra peut-être être opéré mais ils ont permis à mes mains de t'envelopper pour mieux te sécuriser.
Ma poitrine, bien que peu généreuse mais regorgeant de lait, ne m'a jamais parue aussi belle à arborer, pleine de sa vitale utilité.
Mon dos s'est cambré et de douleur a parfois été irradié, mais c'était pour mieux te porter et te laisser grandir à l'abri ; t'avoir délivré lui a donné la fierté d'insensiblement se redresser.
Ton énergie et tes besoins incessants ont eu raison de mes rondeurs restantes.
Et si un jour des rides devaient appraître autour de mes yeux, elles seraient le riant témoin de combien j'ai pu sourire en te regardant chaque jour.
Mon corps de maman, je te le dois et je ne l'ai jamais autant aimé.
Tout comme je n'aurais jamais cru pouvoir aimer aussi entièrement, sans cesse ballotée entre crainte et félicité.