J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Cette fameuse semaine où Mr Sioux était en déplacement, où j'ai passé la semaine quasi seule avec mes 2 mini Sioux (merci belle-maman pour le passage et le soutien du mardi soir et du mercredi, quand même) - en tous cas totalement SEULE à gérer les nuits, ça c'est sûr - et où j'ai appris que j'étais licenciée, a été une semaine riche en émotions (noooon, tu crois ?).
Dès la première nuit, après 2h à tourner en rond dans la maison avec ma fille dans les bras, au sein, dans son lit, que j'ai changée, recouchée, reprise, à qui j'ai parlé, donné le sein, BREF que j'en pouvais plus, que je n'avais plus d'idée si ce n'était celle de lui reprocher tous les maux de la terre et de l'engueuler, j'ai pris la décision de la remettre dans son lit et de la laisser là le temps de me calmer. Evidemment, elle a pleuré. A chaque fois que j'ai pensé y retourner, j'ai senti que j'étais encore trop énervée pour la reprendre dans mes bras calmement, que ça ne servirait à rien. Que j'étais une boule de nerfs, de fatigue et de rage.
Donc j'ai attendu, la boule au ventre, quand même.
Parce qu'elle avait l'air vraiment pas contente, quand même.
Au bout de 25 min de pleurs, elle s'est endormie.
Victoire ! Ou pas.
Moi, je culpabilisais tellement que j'ai mis 30 min à me rendormir. Et 3/4h après, le réveil sonnait.
BREF.
Le lendemain soir, après tétée et câlin, j'ai décidé de la poser dans son lit à nouveau parce que ça n'était pas ma journée de boulot et ma soirée en (quasi) solo qui m'avait vraiment rechargé les batteries en sérénité et en patience. Et puis je remarquais qu'elle avait de plus en plus de mal à s'endormir dans les bras, elle s'agitait beaucoup, ne trouvait pas de position adéquate. Donc je l'ai posée dans son lit, je lui ai souhaité bonne nuit. Elle a pleuré 15 min et s'est endormie.
Bien sûr, je me sentais toujours pas très fière. Mais pendant ce temps, summum du glamour, j'avais pu aller aux toilettes. Et ouais, à quoi ça tient hein... Avant d'enchaîner avec le coucher du grand.
Dans la nuit de mardi à mercredi, ma fille ne s'est réveillée qu'UNE SEULE FOIS. A 3h30. Tétée, câlin. Reposée dans son lit sans problème et endormie après 10 secondes de pleurs/chouinements. DIX SECONDES. Wahou !!!
Le mercredi matin, j'étais juste aux anges.
Alors en fait, le "laisser pleurer", ça fonctionnerait ? Aurais-je "appris" à ma fille à s'endormir seule ? Ou alors lui aurais-je fait comprendre que de toutes façons, maman n'était plus en capacité de s'occuper d'elle sereinement 4 fois par nuit, donc elle aurait pris le parti de ne plus se réveiller ??!
J'oscillais entre culpabilité et soulagement.
La fin du tunnel était-elle proche ?
A la sieste, ça n'a pas été aussi "rapide", elle a dû pleurer environ 10 min.
Nuit suivante : 2 réveils. Mouais... Mais rendormissement rapide à chaque fois après tétée et câlin.
Les looooooongues (entre 1h30 et 2h) périodes d'éveil nocturnes semblent terminées, c'est toujours ça de pris.
Vendredi soir, au retour de Mr Sioux, je sens que ma posture vis-à-vis de ma fille n'est plus la même : nous sommes à présent 2 à pouvoir gérer la nuit, j'ai quitté le "mode survie".
*** Intermède ***
Oui parce que c'est bien ça qui m'a fait adopter la méthode du "laisser pleurer". J'ai été poussée dans mes derniers retranchements. Je suis réellement passée en "mode survie", je ne vois pas d'autre mot.
Dans le dilemme "Le bien-être de ma fille sur le moment VS. mon besoin de sommeil et ma capacité à gérer la semaine jusqu'au bout", j'ai dû trancher.
Pourtant, habituellement, comme dit la thérapeute familiale que nous voyons actuellement (j'en reparlerai), tant que je peux y aller en rampant, j'y vais.
Effectivement, on peut considérer que j'aurais dû mettre le ola plus tôt, que je ne m'écoute pas, que je ne respecte pas mes propres besoins, bla bla bla, mais COMMENT SUIS-JE CENSEE CHOISIR ENTRE MON BEBE ET MOI ? Est-ce que ça n'est pas mon boulot de parent de faire passer mes enfants avant ?? Je trouve ça juste insoluble et inhumain...
***
Alors voilà, au retour de Mr Sioux, alors que je lui ai vanté les nets "progrès" accomplis en son absence, la nuit suivante est à nouveau ponctuée de 3 ou 4 réveils.
Au réveil, c'est la douche froide. Je ne sais plus quoi croire. Nous sommes U-SES.
AUJOURD'HUI
Aujourd'hui, nous avons quand même progressé dans le sens où ma petite fille sait désormais s'endormir seule. Au départ, elle s'endormait dans son lit après tétée et câlin, en ayant pleuré 5 ou 10 min (et exit pour moi l'angoisse de l'heure du coucher, à me demander combien de temps j'allais devoir faire les 100 pas dans sa chambre ce soir, en ayant faim parce que son coucher et tombait toujours à l'heure du repas, que je devais différer...).
A présent, j'ai le sentiment qu'elle se dépêche de sombrer en étant au sein, parce que c'est quand même plus sympa qu'après avoir pleuré dans son lit. Cela dit, lorsque je la pose, elle n'est pas encore totalement endormie - et c'est essentiel si l'on considère qu'il est quand même plus agréable en se réveillant, de se trouver au même endroit que là où on s'est endormi.
Sur ce point, je précise d'ailleurs que depuis qu'elle s'endort seule dans son lit (en pleurant un peu OU PAS), elle est beaucoup plus sereine au réveil. La plupart du temps, elle se réveille en babillant, elle ne pleure plus. Et elle me SOURIT même ! Quand on dit qu'il ne faut pas endormir bébé dans ses bras et le poser dans son lit ensuite, je comprends enfin combien c'est du bon sens. Combien c'est logique que l'enfant se réveille ensuite mécontent, voire perdu car ne sachant pas ce qu'il fait là. Après, comme faire pour qu'il s'endorme paisiblement dans son lit, c'est une autre histoire... CELA DIT, Okaasan a une méthode, tout en douceur et sans pleurs, je vous invite à la lire à ce sujet (moi, j'aurais aimé l'avoir fait plus tôt - avoir eu son bon sens par moi-même, dès le départ).
Je disais donc que quand je dépose ma fille dans son lit, elle réagit au fait de quitter mes bras en se cambrant un peu en arrière et une fois sur le matelas, elle se tourne sur le côté, attrape ou non son tour de lit et s'endort, comme une grande petite fille, sans un bruit.
Depuis, il lui est arrivé de ne plus se réveiller qu'une seule fois - au pire deux. Ce qui a changé, c'est qu'à présent, les longs réveils nocturnes sont bel et bien finis. Et qu'après avoir tété, elle se rendort généralement sans souci, et que je peux la poser dans son lit sereinement - et retourner rapidement dans le mien !
MAIS (s'il n'y avait pas de mais, cet article aurait été plus court, je vous aurai livré une recette miracle et tchao), depuis 2 nuits, elle recommence à se réveiller en début de nuit (autour de 22h), toujours à cause d'une quinte de toux aussi subite que passagère (elle n'est pas malade). Je lui donne le sein, câlin, elle s'apaise dans mes bras. Je la pose, elle se met sur le côté, je quitte la chambre. Et là, au bout de quelques secondes, elle se met à HURLER ! J'attends un peu, j'y retourne, je la câline, lui parle, la repose. Et elle hurle de plus belle. J'attends, j'y retourne, lui redonne le sein, elle s'apaise. Je la repose. Elle HURLE.
Le problème, c'est que moi, je n'ai plus la force ni l'envie d'y passer des heures.
Le problème, c'est qu'elle hurle vraiment. Genre, je-ne-suis-vraiment-pas-contente et je veux que ça se sache. (non, elle n'a pas de blocage physique, je l'ai emmenée voir quelqu'un la semaine dernière).
Alors voilà. Moi, je croyais m'être rechargée en énergie positive la semaine dernière. Et la nuit dernière a été la goutte d'eau qui m'a replongée dans la déprime. Dans le "mais c'est quand qu'on en voit la fin b*rd*l de m*rd* !!!!".
Si vous m'avez lue jusqu'au bout, merci. Ca fait juste du bien de vider son sac.
On va voir comment avancer maintenant.