J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
C'est un livre qu'on a offert à Mr Sioux parce que normalement, c'est lui le scientifique. Sauf qu'il n'a pas encore pris le temps de le lire et que moi, une littéraire pure souche, j'ai pris grand plaisir à appréhender quelque peu des mathématiques de haute voltige ! Bon d'accord, faut dire que c'était abordable aussi, s'agirait pas que je doive refaire la démontration du théorème de la diagonale ou je ne sais plus quoi. Mais c'était plaisant.
L'histoire en quelques mots :
En 1917, Hans Singer, vieux mathématicien de renom, entre à l'hôpital psychiatrique. Il partage sa cellule avec Matthias Dutour, un jeune soldat français, conducteur de locomotive et anarchiste convaincu. Tout les oppose, pourtant ils échangent sur leurs vies, Leurs secrets, leurs folies. Jour après jour, Les deux désespérés tissent Les Liens d'une improbable et indéfectible amitié.
Grâce à la lecture de la Chute des Géants, je baignais encore un peu dans le monde de la guerre 14-18 et j'ai trouvé intéressant d'en découvrir une autre facette : la vie civile côté allemand, dans un hôpital psychiatrique plus précisément. Mais on retrace les évènements qui ont mené à la guerre dans la vie politique française, le quotidien des ouvriers avant cet évènement, leur mobilisation, les universités populaires, ...
C'était un sujet original que de se pencher sur le quotidien des malades de l'hôpital qui est le cadre de ce récit, mais aussi le prétexte pour Denis Guedj*, à retracer, à sa façon, la vie du grand mathématicien Georg Cantor - que je ne connaissais pas avant de lire ce livre, je vous rassure. J'aime la façon dont il parle des mathématiques, ça vire parfois à la métaphysique et c'est autrement plus stimulant que ce que j'ai pu en voir dans toute ma scolarité.
Si cela vous tente, je vous souhaite une bonne lecture !
* Né à Sétif, Denis Guedj (1940-2010), mathématicien et professeur d'histoire des sciences, est l'auteur de plusieurs essais et romans, dont "Le Mètre du monde", "Le Théorème du perroquet", "Les Cheveux de Bérénice" et "La Méridienne".