J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Je sais que je dis plus grand-chose ces temps-ci mais soit j’ai pas l’énergie, soit j’ai pas l’envie.
Et puis si c’est pour raconter des trucs déprimants, à quoi bon… Bon, je dis pas que je suis déprimée tout le temps mais franchement, y’a des soirs où je donnerais beaucoup pour être seule, sans chouinement, sans bébé à coucher, sans maladie infantile, soit réveil nocturne pour cause de vomi partout, sans nuit pourrie avec un bébé malade et agité au milieu du lit, et puis surtout avec pleeeein de temps, un plateau télé en amoureux, du calme…
Depuis le retour des fêtes, Pti Tonique ne jure plus que par maman. Il me réclame à tout bout de champs, il n’y a plus que moi qui sois autorisée à aller le coucher – si son père a le malheur de tenter, ce sont des cris, des larmes, des appels déchirants « mamaaaaan » et on n'en sort pas. C’est pas comme si avant, 90% du temps, c’était son père qui allait le coucher et que ça ne posait aucun problème…
Donc tous les soirs, je me retrouve penchée pendant 20 à 30 minutes au-dessus d’un lit à barreaux, à caresser le dos d’un bébé de 17 mois pour qu’il s’endorme – c’est pas comme si ma grand-mère de 90 ans avait un dos en meilleur état que le mien et que j’avais failli m’évanouir de douleur en me levant l’autre nuit à 2h du mat). Et gare à moi si j’enlève ma main trop tôt alors que j’ai l’audace de croire que cette respiration régulière est le signe d’un état de sommeil profond enfin atteint… si ce n’est pas le cas, je me fais rappeler à l’ordre par un retournement soudain, des pleurs et des bras qui se tendent pour que je reprenne mon balai dorsal.
On ne mange quasiment jamais avant 22h avec Mr Sioux, heure à laquelle je n’ai quasiment plus la force de manger et avale à peine le plat principal, pour m’endormir sur le canapé avant le yaourt.
Comme c’était le cas jusqu’à maintenant (et toujours depuis que cette put@*~! de varicelle a déréglé le sommeil de notre fils), on continue d’endormir Pti Tonique dans le porte-bébé pour les siestes, c’est impossible autrement et surtout, quand on sait que ça prend 10 fois moins de temps qu’en le mettant dans son lit (avec 99% de chances de succès au lieu de 5%), on poursuit le rituel. Mais maintenant, fidèle à sa « mum-addiction », il n’y a plus que moi qui ai l’honneur et le privilège de chausser le Manduca pour envoyer bébé dans les bras de Morphée. Mais ça aussi, ça va devenir chaud lorsque mon ventre sera trop proéminent. Déjà que j’ai l’impression d’accorder trop peu d’attention à l’œuf Sioux, si en plus je passe mon temps à l’écraser sous le poids de son frère…
Le soir, je tiens le coup jusqu’à ce que Mr rentre puis, une fois qu’il est là, c’est comme si je rendais les armes et si ça n’était pas déjà le cas avant, chaque cri ou plainte de Pti Tonique me donne juste envie de me défenestrer. Oui, j’ai beaucoup moins de patience et je le vis mal.
Ce qui est sûr, c’est que le 3e, on risque pas de l’enchaîner aussi vite que les deux premiers, c’est pas possible !
Quand je vois le comportement de Pti Tonique évoluer, je suis de plus en plus angoissée à l’idée de l’arriver de bébé Sioux dans la famille : je sens que son grand frère va pleurer toutes les larmes de son corps à la vue de sa maman accaparée par un autre. Il n’y a qu’à voir comment il réagit lorsque j’approche, joue ou nourris un autre enfant !!!
Il m’a plusieurs fois semblé sentir quelques mouvements dans mon ventre mais je n’ai jamais réussi à fixer cette impression, à sentir réellement mon œuf Sioux onduler sous mes doigts. Et je n’arrive pas à prendre quelques minutes le soir pour lui parler, le toucher : à peine couchée, je m’effondre. J’ai vraiment hâte que Mr Sioux et moi ayons notre première séance d’haptonomie avec la sage-femme : ça sera déjà un moment rien qu’à nous, sans pleurs, sans stress et enfin un moment consacré uniquement à notre futur petit bout Sioux. Sauf que cette séance n’aura lieu que fin février, c’est encore loin…
Mr Sioux aussi se sent usé et rêve de vacances en famille et de temps de repos. Est-ce que nous allons droit dans le mur ?
Je culpabilise dans tous les sens : parce que j’ai voulu cette grossesse très fort et que je me plains des bouleversements qu’elle entraîne, parce que je n’ai plus autant de patience pour mon Pti Tonique, parce que je veux plein d’enfants et en même temps je sais que je pèterai un plomb si je devais rester à la maison tous les jours pour les élever, parce que ce blog s’étiole (et ne parlons pas de mes non-réponses aux commentaires, pardon !), parce qu’en ce moment, je ne suis pas ce que je voudrais être.
Vivement que ça passe.
Edit du 20/01/2012 : Quelques minutes après avoir écrit cet article, j'ai vu mon petit bout revenir du bain avec son papa. Il était tout calme, tout fatigué. Il était tout beau dans son pyjama propre avec ses petits cheveux mouillés. Il a voulu venir dans mes bras, il a posé sa petite tête contre moi. J'ai fondu...
Et puis ce matin, au boulot, je le revois hier, quand pour la 3e fois en 1/4h, il m'annonçait "caca" (merci la gastro), d'un air tout mignon. Il est beau, il est chou mon fils. Il m'épuise et il me fait fondre à quelques secondes d'intervalle.
"L'ambivalence de la maternité" comme dirait ma mère !! (elle dit aussi "c'est pas facile d'être maman, hein ?". Ah la p'tite marrante !!)