J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Qui suis-je pour parler de "désir d'enfant" ? Moi qui n'ait quasiment pas attendu pour tomber enceinte, qui n'ait jamais fait de fausse couche et qui ait un enfant en bonne santé ?
Qu'est-ce que mon envie face à celle, quotidienne et douloureuse, des femmes qui se demandent même si un jour, elles pourront porter ne serait-ce qu'un seul enfant de leur propre chair ?
Je me sens égoïste, je me sens coupable de ne pas savoir patienter sereinement et profiter de mon fils, ô combien merveilleux et que j'aime si fort (et qui fêtera ses 1 an samedi, il faut que je me resaisisse) !
Mais le désir d'enfant est si viscéral, si incontrôlable, si peu dépendant de notre fécondité réelle et du nombre d'enfant que l'on a déjà... Cette envie fait partie de moi depuis environ 6 mois : elle a d'abord été suggestive puis de plus en plus prégnante et maintenant pressante. Le fait que je ne sois pas fécondable depuis tout ce temps empêche-t-il ce temps d'être considéré comme une "attente" ? Certes, le jour où mes ovulations reviendront, je n'aurais peut-ête pas à attendre bien longtemps pour tomber enceinte, médicalement parlant. Mais psychologiquement, ça fera peut-être déjà un an, un peu plus ou un peu moins.
En plus, comme j'aime planifier les choses, j'ai des dates butoires dans ma tête. Je ne veux pas que Pti tonique et notre petit 2e ait plus de 2 ans d'écart (ce qui est déjà quasiment compromis)., j'aimerais, au pire, concevoir avant telle date... et tout ceci pour des raisons totalement irrationnelles et futiles. Il faudrait déjà que je m'enlève cette pression-là. Puis il faudrait que je m'enlève la pression (l'espoir ?) de la surveillance du moindre de mes maux, que j'analyse sans cesse comme étant peut-être le signe d'une grossesse débutante ou du retour imminent de mes règles..
Ne serait-ce que le temps des vacances, il faudrait que j'arrive à oublier cette envie rongeante pour profiter de ma famille déjà si parfaite, pour ne pas assombrir l'humeur générale, pour supporter avec davantage de sérénité les difficultés de sommeil actuelles de notre fils, pour profiter de son père et nous retrouver sans la pression de la conception... pour tout cela, au minimum.
Il faudrait.
Je sais qu'il est possible, pour cause de troubles psychologiques, de stopper ses règles. De la même façon, peut-on les forcer à revenir ?
Je veux cet autre enfant. Pourquoi mon corps n'est-il pas en adéquation avec mon désir le plus cher ?