J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
J'aime l'été.
J'aime savourer l'alternance quotidienne de chaleur et de fraîcheur.
Ouvrir grand les fenêtres au petit matin, sentir le frais envahir l'espace intérieur, voir les rideaux s'agiter sous une légère brise et entendre les courants d'air affoler les portes.
Se sentir maîtresse de la journée qui s'annonce, remercier la fraîcheur de nous éclaircir les idées dès le petit-déjeuner, réfléchir à la tenue que l'on souhaite adopter. Un peu plus tard, passer en revue les petits ensembles estivaux, les robes originales, les jupes légères et volantes, les pantacourts pratiques, les hauts corsetés ou vagues, admirer le champ des possibles offert par la saison et le dressing, décidément plus propices à la mise en valeur et à la liberté de mouvement que la trève hivernale.
Passer la journée à jongler entre les ouvertures et fermetures des pièces afin de conserver la température optimale, à jouer avec le soleil qui poursuit sa course, profiter de sa présence tout en se gardant de la chaleur excessive de ses rayons.
Enfin, se coucher dans un lit frais, quand la chambre a préalablement été aérée toute la soirée, que le volet roulant n'est pas totalement descendu, que la fenêtre reste grande ouverte et qu'une fois la lumière éteinte, on aperçoit un bout de ciel étoilé, tout en écoutant les bruits de la nuit. Savourer le drap léger au contact de ma peau, me sentir débarrassée de toute entrave vestimentaire, me sentir libre et sereine.
Parvenir, presque, à apprécier le réveil nocturne agité de ma fille, quand je l'installe près de moi et la vois happer mon sein, qui s'offre à elle, avide et assoiffée. Admirer la blancheur de nos peaux qui se confondent tandis qu'elle s'abreuve.
Et être réveillée à 6h du matin, de bonne humeur. Parce que l'air frais entre par la fenêtre mais que l'on peut remonter la couette pour l'apprécier sans en pâtir. Observer par la fente des volets que le jour s'est levé et qu'une nouvelle belle journée commence.
Et voir arriver ma fille, portés par les bras paternels, les cheveux humides de transpiration collés dans la nuque, serrant contre elle son précieux doudou et haletant d'impatience à l'idée de saisir, à nouveau, l'objet du ravitaillement lacté.
J'aime l'été (en allaitant).