J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Parfois (souvent), je me demande quand est-ce que je pourrai bien parvenir à désirer un 3e enfant.
L'envie, théorique, est toujours là. L'envie de ma mini famille nombreuse, de ma petite tribu joyeuse.
Mais l'envie réelle, celle de repasser par une grossesse puis par une "première année" de nouveau-né, elle, cette envie-là ne m'a pas encore seulement effleuré l'esprit.
Je n'en peux plus des angoisses cycliques du soir de Pti Tonique. Je ne vois pas le bout des non-nuits de l'Iroquoise. Tout est prétexte à décalage, multi-réveils, négociation de coucher, difficultés de rendormissement nocturne, etc.
Ce soir, Mr Sioux était en déplacement.
Ce soir, comme je le redoutais, le coucher a été infernal. Et même bien plus.
Ce soir, avec Pti Tonique, j'en suis venue aux cris et aux menaces - et ça ne fonctionne pas, je peux vous le confirmer.
Ce soir, j'hésitais entre le passer par la fenêtre et lui filer une petite dose de Lexomil. Mais la fenêtre était fermée et je n'ai pas de tels médicaments chez moi.
Alors après avoir reconnu et répété 1000 fois son émotion, avoir admis son envie puis exprimé ma propre volonté et après que rien n'y ait fait... j'ai crié. Puis il a pleuré et réveillé l'Iroquoise. Alors j'ai tempêté. J'ai exprimé mon ras-le-bol, mon trop-c'est-trop, mon incapacité à supporter et à accompagner une telle demande le soir.
Parce que non, je ne suis plus capable de payer de ma personne comme autrefois - à l'époque où nous pouvions rester près de son lit jusqu'à ce qu'il s'endorme, que cela prenne 20 min ou 1h30.
Parce que ma personne paye déjà un sacré tribut chaque nuit, plusieurs fois par nuit, depuis près d'un an.
Parce que ma personne ne veut plus, ne peut plus donner autant.
Ce serait nier l'existence de ma personne.
Les soirées + les nuits = pas question.
Où se trouve la solution ? Que faut-il dire, que faut-il faire ou ne pas faire ?
Faut-il accepter et accompagner pour un temps indéfini ? Faut-il combattre, tout en sachant que cela intensifie d'autant plus la demande ?
Comment se construire un entre-deux ?
... comment survivre, en restant vivant ET bienveillant ?