Tous les soirs : donner le bain, encadrer, râler, préparer le repas, jouer, calmer, négocier, lire, câliner, s'énerver, laver, coucher et recoucher, tendre l'oreille, espérer, se doucher, débarrasser, ranger, y retourner, rendormir, espérer, nettoyer, préparer le repas pour la crèche le lendemain, mettre au sale, trier le linge, programmer la machine, en étendre une autre, nettoyer les tèterelles du tire-lait et le biberon, mettre la table du petit-déjeuner...
Se poser quelques minutes sur le canapé, quand on ose, par crainte de perdre quelques précieuses minutes de sommeil.
Le week-end en famille, espérer pouvoir passer un peu la main mais le matin, à 6h, être toujours seule avec son Iroquoise sur le bras et le salon vide. Tout le monde a passé une mauvaise nuit à cause de ses pleurs et réveils multiples, alors personne pour nous relayer. Se recoucher vers 9h quand Mr se lève ou vers 7h30, si l'Iroquoise a replongé...
Les soirées, les jours, les week-ends se ressemblent. Le répit ou le changement espérés ne sont pas au rendez-vous, l'épuisement devient notre compagnon de route, le sentiment de stagner notre seule réalité.
Un fort sentiment de non-sens m'habite parfois. Souvent. L'envie de tout envoyer promener, de se rebeller... mais contre qui/quoi ?? Pas contre ceux qui nous sont les plus chers, évidemment...
Il paraît qu'un jour, tout cela nous paraîtra lointain et de courte durée. Vraiment ?
En attendant, la fatigue est bien présente. Elle imprègne mon esprit, mes actions, mes ressentis et me fait douter, me rend lasse et pessimiste, dans (presque) tout.
En attendant, le quotidien me tue, tout doucement...
(et surtout le soir, en fin de week-end)