J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Ça va faire 10 jours que j'ai écrit ça, dans un élan de ras le bol de fin de week-end, de lassitude à évacuer et défouler...
Mais j'ai envie de revenir à des choses plus positives. Maintenant que la fatigue se fait moins sentir (parce que je suis au calme chez moi 4j/7... non pas parce que ma fille fait des nuits complètes, ne nous méprenons pas !
), j'aimerais écrire des choses moins déprimantes. (oui, j'ai l'impression d'écrire des choses plutôt négatives ces derniers mois, oupsss)
Ces dernières semaines ont été riches en réflexions, en questionnements personnels, en découvertes et en rendez-vous divers pour m'aider, pour nous aider à apaiser le quotidien familial, à y voir plus clair dans notre schéma de fonctionnement, à garder confiance en nos choix et capacités de parents tout en pensant à nous en tant que personnes.
Vaste programme, s'il en est. Un programme que la fatigue, physique et nerveuse, due au manque de sommeil, ne permettait plus de voir se dérouler sereinement, sans aide extérieure - je veux dire sans aide à la "prise de recul".
Il y a près d'1 mois, j'ai rencontré une praticienne de la méthode MRP (lire ici ou encore là) qui m'a ouvert les yeux. En l'espace d'1h15 d'un intense rendez-vous, j'ai été amenée, sur l'instant et plus tard, à porter un regard neuf sur de nombreuses choses, sur du vécu, sur des ressentis de mon passé et de mon présent. Je crois pouvoir dire sans exagérer qu'elle m'a aidée à me reconnecter avec moi-même : à la fois le moi-même d'avant d'être mère (mes envies, mon rythme, mes choix) et le moi-même porteur des rêves que je n'ai jamais osé concrétiser (sens du devoir, inhibition d'action).
J'ai été bluffée. Je suis devenue extrêmement attentive à moi-même tout à coup, à ce qu'il se passait en moi, à mes réactions, à mes envies, à mes freins, à tout ce qui me fait moi chaque jour, comme être pensant et agissant.
Ce que je dis paraît peut-être un peu obscur (voire mystique ?) mais ce qu'il faut retenir, c'est que j'ai tout à coup eu le sentiment que l'on me donnait les clés pour avancer sur mon chemin propre, l'autorisation de m'écouter. ENFIN.
D'un point de vue familial, quelques séances avec une thérapeute familiale nous ont énormément allégés de la perte de repères et de la pression que nous ressentions. Là aussi, en échangeant, Mr Sioux et moi avons pris conscience de notre autorisation à exister en tant que personnes et non seulement en tant que parents. Du bien-être que cela constituerait pour nos enfants d'avoir pour modèles des adultes qui savent s'écouter et se respecter eux-mêmes.
Par crainte de l'autoritarisme (ou de ce que j'appelle "interdire pour interdire") et de l'obéissance par la peur, je me questionnais énormément sur le bien-fondé et la façon de poser des limites à mes enfants. Je doutais aussi que cela soit vraiment "pour leur bien", que cela soit la seule façon de les sécuriser, comme on l'entend si souvent.
Aujourd'hui, je m'autorise surtout à poser MES limites et l'air de rien, c'est révolutionnaire (lire à ce sujet un article de Sandrine S Comm C dont l'approche m'a parue libératoire, dans mon cas et étant donné mes difficultés personnelles). Cela redéfinit naturellement l'espace vital de chacun, cela m'offre les bouffées d'oxygène dont je manquais cruellement. Cela me revalorise aussi grandement en tant que parent, lorsque je constate que ce qui ME fait du bien rend aussi le quotidien plus harmonieux et mon fils plus serein, tout en le conduisant à se détacher progressivement, de lui-même et sans heurt. (exemple : mon fils joue tout seul sans que ce soit une demande de notre part et se lit ses propres livres à voix haute, dans son coin, avec un plaisir manifeste. C'est beau et c'est tout nouveau !!!)
Aujourd'hui, je me sens pacifiée.
Vis-à-vis de mes enfants, je me sens capable de gérer à peu près toutes les situations, même seule avec eux deux. Je ne dis pas que je suis devenue le croisé d'un Bisounours et d'une statue d'airain, capable de garder calme et mesure en toutes circonstances... Non parce que je reste un simple être humain quand même (même si j'ai toujours rêvé d'être une X-woman !).
Je dis que même si ponctuellement, je dois crier un coup pour relâcher la pression (mais je travaille à la relâcher autrement, petit à petit... notamment grâce à la participation aux passionnants ateliers Faber et Mazlish (basés sur leurs ouvrages) : hiiiii... mais j'en reparlerai aussi !), je me sens de taille à faire face à des situations de crise auparavant anxiogènes, où tout le monde pleure, tout le monde hurle et veut tout en même temps, à un moment où j'aurais moi-même besoin de faire quelque chose d'urgent et d'important et en sachant que je vais de sucroît être seule pendant 3 jours. (<= exemple fort à propos puisque Mr Sioux est en déplacement toute la semaine prochaine... raison pour laquelle il valait mieux que j'écrive cet article avant son départ. Héhé ! *rire jaune*).
Oui oui, rien que ça.
J'essaie de toujours garder à l'esprit que dans ces cas-là, je suis l'adulte, le parent, le référent sur qui tout repose (satisfaction de leurs besoins, des miens, temporisation et retour au calme, câlins et apaisement) mais cela ne me fait plus supporter de pression étouffante pour autant. Exit l'envie de courir loin, de hurler, d'appeler quelqu'un à l'aide, de hurler encore un petit coup pour la route, l'impression d'être dépassée.
Je me sens de taille à faire face, à prendre les mesures d'isolement (d'eux ou de moi) qui s'imposent pour y voir clair, à imposer si nécessaire, à prioriser le réconfort, à faire patienter...
Parce que je crois que c'est ça, la vie.
Je m'efforce de jongler au mieux avec les besoins de chacun.
Je suis une équilibriste du quotidien.
En plus, un jour, le printemps sera vraiment là, à l'image de ce qui se trame dans mon jardin. Et là, ça sera vraiment le pied !