J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Au début, la maternité, c'est assez flippant. Aussi euphorisant que flippant je veux dire. Tout est "trop" : trop de bonheur, trop d'émerveillement, trop de découvertes, trop de fatigue, le temps qui passe trop vite, trop d'incompréhension, trop de nouveautés, trop de beauté, tant de proximité...
Alors un espace (voire plusieurs) où on pourrait se sentir moins seule dans sa situation et écoutée, ça a un effet incroyablement soulageant, ça fait tellement de bien que ça peut rendre accro.
Voilà ce qui m'a guidée dans ma découverte de la blogosphère de mamans, ce que m'a apporté Twitter, ce que tout cela m'apporte d'ailleurs encore, mais à un rythme et une dose différents.
Mais avec le temps, et heureusement, la jeune maman stressée prend confiance en elle, son petit bout grandit, elle se sent plus apte à relativiser, à improviser, à faire ses choix sans requérir d'autres avis, sans chercher à se rassurer dans tout. Elle apprivoise de plus en plus sûrement son nouveau rythme de vie, elle le dépouille du superflu, elle apprend à aller à l'essentiel, elle ambitionne de savourer chaque jour qui passe avec sa famille, sans pour autant s'oublier. Elle guette les minutes de temps libre. Au début, elle panique à l'idée de ne plus savoir comment les occuper, quoi faire en priorité, de quoi elle a réellement besoin, comment "profiter" au mieux, que faire passer en priorité (sa maison, son sommeil, des activités annexes et non essentielles mais qui vident l'esprit et apaisent)... Puis elle réapprend à s'écouter, fait baisser la pression qui l'anime, ne se met pas dans tous ses états si elle n'a pas pu terminer son activité lorsque son petit bout se met à crier.
La jeune maman éprouve de moins en moins le besoin de parler de son bébé, sauf pour faire des sortes de bilan sur certains points de son évolution dont elle espère garder une trace, des sentiments ou des dates qu'elle souhaite figer et dont elle veut pouvoir retrouver l'émotion dans quelques années.
Même si l'idée d'accueillir un 2e petit bout aussi rapidement la stresse parfois un peu, en termes d'organisation et de disponibilité pour chacun de ses enfants, elle a aussi une assurance nouvelle qui l'habite, elle se sait riche d'expérience et apte à prendre les bonnes décisions. La fatigue du 1er trimestre s'estompant peu à peu, elle se sent pleine d'un positivisme nouveau et rafraîchissant, qui lui ferait presque pousser des ailes, si elle avait à peu près son quota de sommeil - mais c'est une autre histoire.
A présent, la jeune maman ouvre de grands yeux sur le monde, sur ses proches. Elle veut s'efforcer de redevenir en partie la jeune femme légère qu'elle pouvait être parfois avant d'être mère, de profiter de son petit garçon qui évolue tellement ces derniers temps et se montre si passionnant (et non de subir ces instants de jeux réquisitionnés comme autant d'empêchements de vaquer à ses propres activités).
La jeune maman tente de regarder d'un oeil neuf son blog, ce lieu salvateur, cet espace d'échange et de liberté. Elle veut arriver à paraître sur son blog comme dans la vie, passionnée par une multitude de choses (même si le temps qu'elle peut y consacrer n'est pas à la mesure de l'intérêt qu'elle porte à ces choses), remontée contre tout un tas d'autres, de l'ordre de l'insignifiant et du quotidien mais que l'on aime bien partager quand même.
Elle veut se sentir presque complètement représentée dans cet espace.
C'est son voeu 2.0 pour cette nouvelle année.
(PS : c'était marrant de se la jouer Alain Delon
)