J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
Cette grossesse, je l’ai ardemment attendue, souhaitée, comme vous le savez. Ces mois à attendre un improbable retour de mes cycles d’antan m’ont paru longs et la vie parfois injuste. Pourtant, lorsque j’ai appris ma grossesse et réalisé combien cela avait fonctionné vite finalement, j’ai, à l’inverse, eu le sentiment d’avoir une chance insolente, que tout cela était trop beau pour être vrai. D’où, en partie, ces angoisses. Comme si cette chance nouvelle, je risquais de la payer à tout moment [vous avez le droit de trouver que je me prends trop la tête mais ma foi, c’est comme ça, ça ne se contrôle pas vraiment].
Parmi ces angoisses plus ou moins prégnantes, j’en identifie 3 principales :
1. La peur de la fausse couche
Je connais toutes les bonnes raisons de ne pas se mettre la rate au court-bouillon avec ça (« si ça doit arriver, ça arrivera, que tu te réjouisses ou pas », « ne stresse pas comme a, c’est pas bon pour le bébé », etc) mais cette fois, davantage que pour Pti Tonique, je suis consciente de ce risque, de ce qu’il pourrait représenter de douleur, de destruction de mon schéma familial rêvé, des projections que je me fais sûrement malgré tout… et j’angoisse ! Un tout petit peu moins avec le temps qui est passé depuis que j’ai appris la nouvelle mais cependant, cela m’empêche de me réjouir quand même totalement. Je ne peux m’empêcher de me protéger, de me faire une petite carapace qui ne pourra voler en éclats qu’en janvier prochain, en sortant de la zone rouge.
Dans ces instants chaotiques et en un seul rendez-vous, j’ai déjà vu la grande différence entre le suivi par un gynécologue (60€ les 15/20 minutes, pour info) et la sage-femme (23€ les 3/4h, sans parler de l’humanité, l’empathie et tout le reste). Pourtant, mon gynéco n’était pas un connard grand indélicat comme il en existe beaucoup. C’était un type sympa et agréable, qui ne prenait pas particulièrement la tête. Mais à mes angoisses, il aurait répondu d’un sourire et d’une phrase type du style « C’est vrai que ça peut arriver mais faut pas vous en faire, ça va aller » avant de passer à la suite.
A la place, la sage-femme a débuté notre première consultation en me demandant comment ça allait. Là, je n’ai pas hésité plus de ¾ de seconde avant de lui déballer l’étendue de mon stress. Nous avons pu en parler aussi longtemps que j’en ai eu besoin, sans que mes sentiments soient niés, tout en sachant à sa façon me donner bon espoir et sans me faire entendre que le temps de la consultation nous était compté. Elle a fini par me proposer une échographie « de datation » qui me permettrait à la fois de prendre conscience de cette grossesse et de m’assurer que jusque là, mon petit embryon se développait bien. Ce rendez-vous a lieu mercredi prochain et devrait lever une partie de mes angoisses, je l’espère. Le reste de la consultation avec la sage-femme a été tout aussi passionnant, ouvert et intéressant. Si tout va bien, je vais les avoir mon accompagnement global à la naissance et mon accouchement en plateau technique !!!
2. Le mode de garde du futur bébé
Quelques jours après avoir fait le test, je n’ai pas résisté à me renseigner auprès des Super Nounous sur leurs disponibilités à la rentrée 2012. Je ne savais pas combien de places allaient se libérer à ce moment-là mais je ne pensais pas que celles-ci étaient déjà réservées, de toutes façons.
Et bien si. Et là, patatra, ça m’a fichu un grand coup. En repartant ce soir-là, j’en ai pleuré dans ma voiture, ça faisait beaucoup d’incertitudes et d’angoisses concernant l’arrivée de ce futur bébé dans ma tête. J’allais devoir faire un choix impossible : retirer Pti Tonique d’un endroit où il était enfin bien et épanoui, qui me plaisait énormément, ou séparer mes deux enfants et gérer tout ce que cela peut avoir de compliqué avec 2 assistantes maternelles différentes (congés, salaires, horaires de garde, etc). Quelques jours après, l’une des Super Nounous tentait de me rassurer en me disant qu’elles feraient leur possible pour que j’aie une place, étant donné que ça serait dommage que Pti Tonique quitte un endroit dans lequel il s’était si bien intégré, etc. Je n’y croyais pas trop mais cette promesse me rassurait en partie.
Et lundi, MIRACLE ! Une des personnes ayant réservé une place à la rentrée 2012 s’est désistée !!!! Alléluïa !!!! Totalement inespéré. Et ayant déjà un petit bout dans la place, je passais n°1 sur la liste d’attente et récupérais la place au vol ! Je me suis félicitée d’avoir finalement abordé la question avec elles aussi tôt !
Donc finalement, ça fait une angoisse de moins. Mais elle m’a bien pris la tête ces dernières semaines…
3. L’acceptation par Pti Tonique de ne plus être le seul et l’unique (de partager quoi !)
Je me trompe peut-être, je l’espère d’ailleurs, mais je pense que les premiers temps vont être très délicats. Pti Tonique sera grandement attiré et curieux de connaître ce bébé mais je crains qu’il ait du mal à comprendre pourquoi ce petit bout de 50 cm lui accapare autant ses parents et s’est installé chez lui. Il y a toujours des réactions de rejet plus ou moins fortes par le 1er enfant à l’arrivée du 2nd (du moins dans tous ceux que je connais). Mais Pti Tonique est déjà très possessif et accaparant alors qu’il nous a pour lui seul – qu’est-ce que cela va donner quand il devra vraiment nous partager ??
Pour cela, j’ai commencé à me plonger dans ce livre : offert il y a quelques temps, en prévision, par Mr Sioux !
Bien sûr, j’ai aussi conscience de tous les aspects positifs que représente cette grossesse et qui, une fois les doutes levés, ne pourront jamais être listés de façon exhaustive mais j’en ai tout de même quelques idées :
Allez, ça sera tout pour aujourd’hui.
J’ai presque oublié qu’il ne fallait pas s’emballer