J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
J’ai récemment terminé le livre « Rien ne s’oppose à la nuit » de Delphine de Vigan. Il a reçu un prix mais je suis incapable de me souvenir lequel. Peu importe.
Après la mort de sa mère, l’auteure tente de retrouver et « approcher » celle-ci en retraçant sa tumultueuse et parfois douloureuse vie, à l’aide de ses propres souvenirs et de ceux de ses proches qu’elle a questionnés pour ce faire. C’est une histoire émouvante et dure. Comme beaucoup d’histoires de famille.
Si cette histoire n’a rien de commun avec la mienne ni celle de mes proches, j’y repense tout de même souvent ces derniers temps parce qu’elle me questionne, elle me renvoie à certaines difficultés, à toute l’ambiguïté des « je t’aime / moi non plus » qui peuvent jalonner la relation parents / enfants.
Lors des retrouvailles familiales que les circonstances nous ont « imposées » la semaine dernière, mon séjour s’est achevé sur un épisode compliqué dont je me serais bien passée. De façon générale, je tente d’avoir avec mes parents une relation qui m’évite de me retrouver dans les postures tant honnies dans lesquelles je pouvais me retrouver étant enfant. Je prends pour cela les distances nécessaires. Or dans de telles circonstances, ces distances doivent être revues pour apporter à l’autre le soutien nécessaire, le sentiment de ne pas être seul.
J’ai apporté ce soutien de la façon que je pouvais, avec les capacités que la vie m’a laissées et étant donné mon degré de fatigue/disponibilité. Cela ne semble pas avoir suffi, on me l’a fait savoir.
Pourquoi ne jamais prendre les choses comme on nous les offre ? Devoir sans arrêt anticiper leurs attentes, recevoir comme un signe d’honnêteté la formulation de leur déception, s’excuser de ne pas les avoir comprises… tout cela m’épuise.
On a beau prétendre que l’on s’habitue à tout, que cela fait partie de notre quotidien depuis toujours, on se lasse. Mais on ne sait pas comment faire évoluer les choses.
Bref, après ces quelques phrases brouillons, ma conclusion serait la suivante : Et si nous arrivions à prendre seulement ce que les autres sont capables de nous donner ? Humblement, simplement.
A ne pas nous laisser aveugler par nos propres exigences pour mieux percevoir le don de l’autre dans un regard, dans un sourire, dans une présence bienveillante, dans un geste esquissé même si non abouti…