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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 16:32

Alors voilà, comme je l'ai déjà annoncé un peu partout, notre jolie squaw, la plus brune et chevelue (proportionnellement au gabarit) de toute la famille est arrivée parmi nous vendredi 20 juillet 2012, jour ou veille du terme, selon comment on compte (les années bisextiles, ça te perturbe le décompte des semaines de grossesse !).

 

mlle-sioux-arrivee.jpg

 

Ce vendredi-là, une échographie de terme avait été planifiée, suivie d'un rendez-vous avec ma sage-femme pour faire le point. Une échographie qui me paraissait très lointaine et incertaine lorsque j'ai pris rendez-vous, le lundi précédent : je n'aurais pas pensé m'y rendre. Et petit à petit, mercredi soir ou jeudi, je me suis fait une raison, je sentais que je n'y échapperais pas : ma petite squaw semblait vouloir profiter jusqu'au bout du temps in utero qui lui était imparti.

Mr Sioux et moi sommes donc partis à l'échographie plutôt sereins. Il m'avait peut-être semblé ressentir 1 ou 2 contractions plus fortes que d'habitude dans la matinée mais je m'étais décidée à ne plus trop me faire de films.

L'échographie a été un moment agréable, nous y avons aperçu - autant que possible étant donné ses dimensions et sa position recroquevillée - encore une fois notre future petite fille. En terme de croissance, elle semblait être restée sur sa courbe : on nous annonçait un bébé de bon poids (autour de 4kg), chevelue et plutôt grande !

En sortant, j'avais hâte de retrouver ma sage-femme pour savoir quel "plan de bataille" nous allions mettre en place pour motiver Mlle Sioux et éviter un déclenchement (ma hantise, surtout étant donné mon projet de naissance clairement à l'opposé cette fois-ci et toutes les démarches mises en oeuvre pour le réaliser).

Après avoir constaté que mon col continuait d'évoluer favorablement et étudié les options qui nous présentaient la sage-femme, nous avons choisi d'effectuer un décollement des membranes, qui libérerait les prostaglandines nécessaires au début du travail, si celles-ci se trouvaient présentes et prêtes à agir. J'avais longuement hésité car cela allait quelque peu à l'encontre de mon souhait de "non-intervention", de mon envie de laisser avant tout la petite arriver à son rythme, d'avoir la surprise du jour et de l'heure... D'un autre côté, il y avait l'organisation pour la prise en charge de Pti Tonique à prendre en compte, ma fatigue et mes nombreuses douleurs, etc. Bref, ce qui me consolait, c'était que si mon corps n'était pas réellement prêt (présence des hormones nécessaires donc), cela ne fonctionnerait pas. Les hormones devant être libérées feraient donc effet sous 6 à 8h, nous laissant entrevoir un début de travail en fin de journée le cas échéant.

Je redoutais un peu l'acte du décollement, en ayant subi un pour mon 1er accouchement, par mon gynéco, et sans avertissement. Finalement, avec son consentement, un col favorable et une personne en qui on a vraiment confiance, ça se passe tout de suite beaucoup mieux !

Nous sommes rentrés chez nous à 12h, Mr Sioux est reparti travailler à 13h, alors qu'il me semblait avoir détecté quelques contractions douloureuses - mais à seulement 20 ou 30 minutes d'intervalle donc pas d'inquiétude majeure. Finalement, elles semblent se rapprocher et je commence à les noter vers 14h15. Elles ne sont pas régulières mais tout de même rapprochées de 3 à 11 minutes selon les fois... serait-ce un vrai début de travail ? La sage-femme me dit de la rappeler quand elles seront vraiment régulières. Dans le doute, je fais revenir Mr Sioux. Je gère en me dandinant d'un pied sur l'autre, en bougeant mon bassin debout ou sur mon ballon, devant la télé...

3/4h plus tard, ça devient un peu plus costaud. Mr Sioux est arrivé et il note : elles ont lieu toutes les 3 ou 4 minutes. Je me jette à quatre pattes sur le lit en soufflant lorsque j'en sens une arriver. Entre chaque contraction, je me dépêche de raccrocher les rideaux que je viens de laver (!!), de terminer le sac, de ranger un peu. Mr Sioux rappelle la sage-femme, on convient de se retrouver à la maternité. Il est 16h.

C'est là que commence mon parcours "de la mort qui tue". Evidemment, la rocade de Lyon un vendredi soir avec des vacanciers, comment dire... c'est un peu bouché !!! Et bien sûr, pas un moment je n'ai pensé à suggérer l'tinéraire bis à Mr Sioux, je ne suis plus en capacité de prendre tout ceci en considération. A quatre pattes ou allongée sur la banquette arrière, je passerai 1h15 assez difficile (sans vraiment la voir passer non plus), à tenter de produire des sons (grognements ?), à jurer (un peu), à me dire que la péridurale, ça a quand même de bons côtés (sic).

Je me souviens que je tente alors de me remémorer les témoignages autour de la douleur, lus quelques jours plus tôt dans le très intéressant livre de Maïtie Trélaün "J'accouche bientôt et j'ai peur de la douleur". J'essaie les méthodes évoquées par les mères : laisser entrer la douleur, la laisser tapisser tout l'intérieur de mon corps pour lui permettre d'officier au mieux en accompagnant mon bébé vers la sortie ; accueillir la douleur avec bienveillance, lui donner son corps, l'accepter pour qu'elle permette à mon corps de s'ouvrir pour livrer passage à mon enfant : en gros, tenter de rationnaliser sa présence pour ne pas se bloquer, ne pas souffrir plus que nécessaire et lui permettre de passer plus vite. Même plus tard, en salle de naissance, je tentais de me répéter (pour autant que je pouvais penser de façon intelligible) que cette douleur devait être à la mesure de ce que j'étais capable de supporter... ce qui ne m'empêchait pas de gémir et de vouloir que ça s'arrête ! Une pause, c'est ce dont j'ai souvent eu le plus envie.

Le plus dur, pendant cette heure de trajet qui a dû représenter en gros 1/3 du temps du travail, c'était de ne pas pouvoir bouger à ma guise pour laisser filer les contractions de la façon la plus antalgique possible.

Arrivée en salle de naissance (il est 17h15), ma sage-femme m'attend en tenue, elle a tout préparé, la pièce est accueillante, la lumière tamisée. En voyant mon visage, elle dit que les contractions ont l'air déjà bien costauds. Entre deux contractions, que je gère à 4 pattes sur le grand matelas posé au sol, elle m'annonce que je suis à 7 et que j'ai déjà bien travaillé. La nouvelle me ravit (ayant été déclenchée et sous péridurale la première fois, je n'ai pas de repères quant à la correspondance entre intensité des contractions et avancée du travail, aussi étais-je un peu préoccupée à l'idée que ça puisse être pire que ce que j'étais en train de vivre... ou alors VRAIMENT pire ??!) mais je n'ai pas vraiment le loisir de l'exprimer.

Aux rares questions que j'entends, je réponds par des hochements de tête ou des monosyllabes. J'ai presque tout le temps les yeux fermés. Ca doit être ce que de nombreuses femmes appellent "être dans sa bulle".

Assez rapidement, je réclame la baignoire, dont j'ai rêvé pendant tout le trajet. En attendant qu'elle se remplisse, je suis toujours à 4 pattes, les bras sur le ballon, je tente de m'étirer. A tour de rôle, la sage-femme et Mr Sioux me masse le bas du dos... Lorsque la baignoire est pleine, je m'y précipite entre deux contractions (maintenant très rapprochées). A peine entrée dans l'eau, je m'accroche au bord le plus proche pour expirer et laisser passer la suivante. Là, je commence à en avoir vraiment marre, je me sens fatiguée, je voudrais tellement faire une pause !!!

La sage-femme me propose d'amener le trapèze au-dessus de l'eau pour m'y suspendre. Elle y place mes mains et le règle à ma hauteur. Deux contractions plus tard, je sens une poussée incroyable dans le bas de mon corps puis j'entends un bruit mat : la poche des eaux vient de se percer. Le temps d'étudier cette étrange sensation, je dois faire face à la contraction suivante, qui semble vouloir m'écarteler. Ca n'est pas plus douloureux qu'auparavant mais je n'ai jamais rien senti d'aussi puissant, je me sens dépassée par ce qui se passe en moi, cette force qui semble vouloir ouvrir mon corps en deux. Je sais que je dois lâcher prise, accepter qu'un autre corps est en train de se frayer un passage hors du mien mais j'ai peur de ce que je ressens - d'être déchirée surtout -, tout ceci est tellement inconnu...

A la contraction suivante, la sage-femme me dit que la tête de ma fille est sortie, que je dois fournir encore quelques efforts (i.e. rester accrochée au trapèze pour ne pas l'écraser et accompagner la contraction suivante pour qu'elle l'expulse toute entière).

Lorsque ce miracle se produit enfin, elle saisit hors de l'eau une petite forme grisâtre et pleine de vernix, qu'elle pose immédiatement sur moi. Pendant les premiers instants, je peine à me concentrer sur elle, tellement je me sens secouée par la force des évènements, mais je la serre contre moi aussi fort que possible.

Il est 17h50. Nous ne sommes en fait à la maternité que depuis 1/2h !

Quelques minutes plus tard, allongée sur le grand lit-podium, je peux enfin découvrir ce petit être humide et potelé. Ma première fille. L'enfant dont j'ai vécu la naissance dans ma chair à chaque seconde.

Ma petite squaw semble déjà en quête du sein maternel, qu'elle se met à tétouiller vigoureusement.

***

Je viens de vivre les heures les plus intenses de toute ma vie, c'est absolument certain !! Le soir-même, je peine à m'endormir parce que ces instants tournent en boucle dans ma tête, je n'en reviens pas de ce que je viens de vivre. Je pense déjà à mon prochain accouchement : non pas que j'ai déjà particulièrement envie d'un nouveau bébé mais parce que je me questionne, je mets en perspective mes deux accouchements. Le dernier est clairement celui qui m'en aura le plus appris sur moi-même et dans lequel j'ai le sentiment d'avoir moi-même mis au monde mon enfant, de A à Z. Pourtant, tout ceci a été extrêmement fort, assez perturbant.

Quelques jours plus tard, je me dis que pour un 3e accouchement, j'opterai tout de même pour cette seconde approche, si tout me le permet, car même si c'est particulièrement intense, je ne souhaite vraiment plus accoucher aussi passivement que la première fois - où je pensais avoir senti la tête de Pti Tonique sortir de mon corps mais honnêtement, ça n'était rien par rapport à la puissance de ce qui se passe réellement et que j'ai ressenti cette fois !

Cerise sur le gâteau : avoir accouché dans l'eau ! C'est ce que je souhaitais, ce que j'avais recherché pour la naissance de Pti Tonique sans trouver maternité qui fournissait ne serait-ce qu'une baignoire pour le travail. Finalement, déjà ravie d'avoir trouvé un tel dispositif cette fois-ci, la rapidité du travail m'a offert quelque chose d'inespéré : une naissance aquatique, à la fois pour moi et pour ma petite squaw, dont les premières secondes de vie hors de sa maman ont eu lieu dans une sorte de prolongement du ventre de celle-ci...

***

Ma petite princesse chevelue va très bien, elle a pris le temps de peaufiner les moindres détails, elle est belle, elle est étrangement brune, elle paraît grande, elle est évidemment parfaite (mensurations officielles : 4.040kg et 52 cm).

Et elle s'avère être un bébé extrêmement paisible, vers laquelle se précipite Pti Tonique dès qu'il l'entend pleurer... pour mieux lui apporter son doudou consolateur ♥.

Etre quatre, c'est étrange et en même temps, ça nous paraît de plus en plus normal.

Vivement la suite !

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Published by Madame Sioux - dans Tout sur Ptite Iroquoise
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commentaires

Cat à Strophes 25/08/2012 18:59


Me voici à mon tour suite à ton passage sur mon blog. Et me voilà de nouveau booster pour les quelques jours qui me restent à venir, alors je t'en remercie.


Pour ma 1ère fille j'ai accouché 6 jours après terme dans le cadre d'un déclenchement, 14h allongée sans que l'on me propose une seule fois de me lever. Je ne garde cependant pas un mauvais
souvenir de cet accouchement, mais pas un souvenir d'émerveillement non plus (sauf le moment du passage et de la rencontre).


Pour mon 2ème accouchement qui approche à grands pas (J-17) je souhaiterais essayer sans la péridurale malheureusement je suis très peu soutenue dans mon projet, ma famille ne comprend pas ma
motivation, mon conjoint a peur de ne pas supporter de me voir souffrir, l'anesthésiste a fait comme si il n'avait pas entendu, idem pour l'obstétricien... Bref, je ne sais pas si je vais y
arriver, mais ton récit me motive à persister dans cette envie. Alors merci

Maman Kangourou 18/08/2012 13:21


Oh

Madame Sioux 18/08/2012 23:26



(ah bon ? bizarre pour FB, je regarderai)


Merci ! Oui, je m'en souviens aussi de mes tentatives de courbes de température et de mes prises de tête... et ça valait le coup



Lucky Sophie 07/08/2012 08:29


Félicitations pour cette très belle naissance ! Beaucoup de bonheur à 4 !

Sandra 03/08/2012 10:37


Bravo!! Et bienvenue à Melle Sioux! Cette belle naissance te suivra toujours et va te porter pour ces premières semaines toujours épuisantes!

BabyPop 31/07/2012 10:06


waaaaaah ! Fan de ton récit ! Pour ma premiere j'ai accouché en 3h, super intense, passée de 3 à 9 en  25 minutes, mais j'ai quand meme eu la péri à 8-9...


Je me dis que j'aimerai bien essayer sans, et vue la vitesse à laquelle j'accouche cela risque d'arriver !


J'hésite a m'inscrire dans une clinique pres de chez moi assez naturelle où l'on peut accoucher dans l'eau ! ça donne envie... mais j'ai tellement peur de la douleur de l'expulsion...


ton livre est à recommander ?


plein de bonheur !

Madame Sioux 07/08/2012 00:15



Honnêtement, je ne trouve pas que l'expulsion ait été plus douloureuse que les contractions qui l'ont précédée : pour moi, ça a surtout été un moment extrêmement déroutant, où il faut arriver à
lâcher prise malgré les sensations très étranges que l'on ressent (du bébé qui chemine). Je crois que c'est plus une sorte de peur qui m'a faite crier à ce moment-là, que vraiment la douleur...
Mais peut-être aurait-ce été différent hors de l'eau ?!


Oui, je recommande le livre que j'évoque, il aide à comprendre beaucoup de choses sur la physiologie de l'accouchement, je trouve.


Si tu as une clinique aussi bien près de chez toi, je te conseille de foncer !


Bonne suite de grossesse !!!



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  • : J'ai plusieurs cordes à mon arc : mère épuisée mais comblée (de Pti Tonique 3 ans et l'Iroquoise 16 mois), rédactrice Web indépendante, squaw libérée, concubine intermittente (quand il nous reste 5 min), cuisinière de trucs rapides qui prennent toujours plus de temps que prévu, écrivaine à la plume de vautour, chevaucheuse de bisons dans les plaines autour de Lyon.
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